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Full text of "Revue bryologique et lichenologique"

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TRAVAUX BRYOLOGIQUES 

DEDIES 


A LA MEMOIRE 
DE 

I*iprre-Tranqiiillc IIIXVII 

Botaniste normand 
Fondateur de la Revue Bryologique 

(1840 - 1929 ) 

Fasc. II 



Laboratoire de Cryptogamie 

MUSEUM NATIONAL DIIISTOIRE NATURELLE 

PARIS 

1944 


Source: MNHN, Paris 




SOMMAIRE 


a. Lb turn. - La corrcspondance de T. Husnot avee R. Le- 

normand.. 

I. Theriot. — Musci .. 

Margabet Fulford. - Vegetative reproduction in Bruopteris fra - 

ticulosa Tayl. 

G. O. K. Saibsbuby. — Nortiiern Mosses in New Zealand. 

Helmut Gams. - EeitrSgc anr Kenntnis der nivalen Lebermoose 

der Alpen. 

R Gaume. — Sur quelques groupemeuts muscinaux dc la foret 

de Huelgoat (Finistere). 

P. Duclos et L. Lavergne. - La Vegetation bryologique de la 

Cliataigneraie du Cantal. 

R POTIEB de la Vabdb. - Le Fl . siden , intralimbatas Rnthe dans 

les Basses-Pyr6nees. 

HEBMAM PEBSSOM. - Existence de Mousses an tend des lacs en 

Sudde. 

F. Koppe. - Das mediterrane Element in der Moosflora West- 
falens. 


M. J/eggli. — Bryophytes du Val Piora. 

Marthe Ernst-Scbwarzenbacb. La sexualite etle dimorphisme 

des spores des Mousses. 

G. Bimont. — Excursion bryologique a la tourbiere de la Cail- 

leuse (loret de Montmorency, Seme-et-Uise). 

M. Guillaumot. — Plantes rares ou nouvelles pour la France 
du Val d’lsere et de Peisey. 


Suzanne et Paul Jovet. - 
pourrissants et rochers 
(Haute-Savoie). 


- Peuplement bryologique des bois 
ombrages des environs de Samoens 


A. H. Magnusson. — Key to Hue’s Aspicilia . 

A. Bobos. - Nachtrige ram Artikel : Ueber einige interessante 
Lebermoose aus Ungarn. 


Th. Herzog. — Eine neue Plagiochila-Ail auf den Azoren .... 
V. Allorge. — Au sujet du Sphagnum molle Sull. en Espagnc et 
de sa varietd limbalum Wst. clans les Landes. 


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La correspondence de T. Husnot 
avec R. Lenormand 

par G. Le Test-u (Caen) 


L’Institut botanique de la Faculte des Sciences de Caen poss^de, dans 
les 27 volumes de correspondances revues par Lenormand, 75 lettres 
de Husnot. Toutes sont tres courtes ; une seule atteint la fin de la qua- 
trieme page d'un format 22.5 x 13.5. La plus ancienne est du 20 octobre 
1863, la derniere du 18 aout 1871, precedant de 4 mois le dec6s de 
Lenormand. 

On sait ce qu’etait ce dernier : un collectionneur d’abord. 11 a, je crois, 
caresse le reve de posseder toutes les plantes vivantes : Phanerogames, 
Fougeres, Mousses, Lichens, Algues et meme Champignons. Pour satis- 
faire ses gouts, ll s’est fait algologue, algologue pratiquant, si je puis 
dire. Car non seulement, au moins dans la premiere partie de sa vie, il 
recueillait des Algues, les preparait, les nommait, — c’est sans doute 
ce qu'il a le mieux connu du regne vegetal, — et en inondait les herbiers 
grands et petits du monde enticr, mais il tachait a en recevoir de partout 
& 1 etat brut, en quelque sortc, s’offrant a les preparer lui-meme pour les 
collcctionneurs, a condition de pouvoir s’en reserver une bonne part. 

C est done comme possesseur de materiaux importants, etudies par 
tous les specialistes, authentiques par consequent, que Husnot entra 
en relations avec lui. Mais la correspondance n’entre autant dire jamais 
dans des sujets ou des discussions botaniques. Plutot que de lui ecrire, 
Husnot trouvait plus pratique, en cas de necessity de se rendre chez 
son ami avec les echantillons qu'il desirait soumettre a des comparaisons. 

Lenormand en 1863 etait deja vieux, il avait 67 ans. Je ne sais pas 
qui mil en rapport les deux botanistes, l’ancien et 1’apprenti. 

11 est probable que ce fut sous sa propre inspiration que le second 
s adressa au premier : il hesitait sur la determination specifiquc d’un 
Gnmrnia, car, ecrivait-il, « il n’y a que 2 ou 3 mois que j’etudie serieuse- 
nient les Mousses et je suis souvent embarrass^ par les genres Hypnum, 
rinwiia, etc. » (26 fevrier 1864). Il semble n'avoir cu a cette epoque 
conime instrument de travail que le Synopsis de Schimper et l’ouvrage 
,Je Wilson (l er mars 1864). 



Source. MNHN. Paris 


ESTU 


Son gout pour la botaniquc n’etait cependant pas nouveau. Ancien 
eleve de l'Ec.ole de Grignon. ses maitres avaient conserve le souvenir 
de ses capacites ; le Directeur Bella — il 1’indique dans une, lettre du 
24 mai 1864 — lui avait deja offert d’abord une place de repetiteur, 
puis la chaire de Botanique et Sylviculture. Mais Husnot ne se souciait 
pas alors d'aliener sa liberte et il projetait dcs voyages. 

En mars 1864, il reve de parcourir le Dauphine, mais il est retenu 
par une maladie de sa mere qui mourra d'un cancer en juillet. 

Deux mois apres, il est decide a sollicitcr une place dans une expedition 
scientifique qui s’organise pour le Mexique. C'est Moriere et le D r Vaul- 
legeard qui lui en out suggerc la pensee. Et il demandc a Lenormand 
de le recommander au Comte Jaubert, botaniste amateur et membre 
de l’lnstitut (25 mai 1864). 

Ces projets de voyages lointains n’aboutiront pas et en attendant 
leur realisation hypothetique, Husnot fera son excursion dans le Dau¬ 
phine et les Alpes (aout et septembre). Lenormand l'aecreditera aupres 
de ses correspondants ; il ne rencontrera pas les uns, sera bien accueilli 
par d’autres, sauf par Jordan, qui lui a bien expose ses theories, mais 
lui a refuse l'entree de son jardin (26 septembre 1864). Plus tard, Husnot 
ficrira : « De tous les naturalistes que j’ai vus dans mes voyages, il n’y 
en a qu'un qui ne m'ait pas bien recu, c’est le fameux Jordan. Je me 
rappelle que vous m’aviez engage i\ ne pas aller le voir ; j’aurais du suivre 
vos conseils » (18 juillet 1868). Une ou deux fois, il manifestera dans.sa 
correspondance combien peu il partage les idees du botaniste lyonnais 
(5 janvier 1865). 

Lenormand met d’ailleurs son compatriote & contribution. La repu¬ 
tation de l’herbier du premier est 6tablie et on le sollicite de participer 
aux exsiccata qui se publient dans les annees qui precedent la guerre 
de 1870. Desmazieres, la Socicte Vogeso-Rhenane ont reclaim! son 
Concours. 

Mais, depuis longtemps, Lenormand ne sort plus guere ; il ne veut 
pas laisser sa femme seule. Elle a toujours ete valetudinaire, malade 
imaginaire sans doute, — les lettres de Mougeot & Lenormand sont 
farcies de consultations, — nevropathe k coup sdr, — sa m£re a etd en- 
fermee au Bon-Sauveur et y est morte, — et il compte sur ses amis. 
Husnot est du nombre. Celui-ci devait (3 juillet 1804) lui recueillir 
230 echantillons du Ranunculus Lenormaridi, c'est le cliiffre «fasciculaire» 
de Desmazieres, avec lequel Lenormand est en relations depuis trente ans. 

Plus tard, c’est la Societe Vogeso-Rhenane ; mais Lenormand n’en 
attend sans doute pas grand'chose ; il est si riche ! Et c’est Husnot 
qui lui dira : Acceptez, je recolterai pour vous et pour moi (17 mars 
1869). Et ce n'est pas une sinecure. A une offre de plantes normandes 
pour ses correspondants, Lenormand repond par une liste de 250 especes 


Source : MNHN , Paris 


UORRESFONDANCE DE T. HUSNOT AVEr. R. LENORMAND 3 

(fin 1869) ct, plus tard, janvier 1870, par une autre liste dc 70. Et pour- 
tant Husnot ecrit: Je fais peu de phanerogamic I 
En efTet, ses gouts ne le portaient pas de ce c6te. Des la premiere lettre 
que nous avons citee, il est question de Mousses, et ces plantes conserve- 
ront sa predilection avec les Hepatiques, les Fougeres et les Glumacees. 

Pourtant son voyage aux Alpes en 1864 semble avoir eu pour objet 
les Phanerogames ; il n’a recueilli que « quelques Mousses, surtout des 
Bryum » (26 septembre 1864). 

En 1865, avril-mai, il passe 6 semaines en Angleterre a Southampton 
" pour l'etude dc la langue et des mceurs ». Et ce n’est pas la premiere 
fois qu’il traverse la Manche, car, a cette date, il courait deja Kew. 

A peine de retour, il se prepare a partir pour l’Allemagne, toujours 
pour la langue. Une foulure du poignet retardera son depart jusqu’au 
mois de juillet. Il rendra compte sommairement de son voyage a Lenor- 
mano, qui l'a encore recommandd a ses nombreux amis : il n’a pu voir 
Schimper a Strasbourg ; mais il a vu Bausch a Bade ; Martin etait absent, 
mais il a rencontre Loren tz et, en sa compagnie, il a visits le Tyrol et 
la Lombardie. Et il a rdcolte surtout des Mousses (25 novembre 1865). 

L'annee n'est point terminee, qu’il prepare une nouvelle expedition, 
aux Canaries. Car ses voyages sont prepares ; pour celui-ci, il a acquis 
la partie cryptogamique de l’ouvrage de Webb et une serie de plantes 
de Bourgeau (15 decembre 1865). 

Et le projet, malgre des difficultes amenees par le cholera, se realise. 
Husnot quitte le Havre le l" mars, Cadix lc 15, sera aux Canaries 
lc 18. Il les quittera le 14 juin, satisfait de ses recoltes. « Excepte dans 

* les genres Stmpervivwn et Stalice, encore peu en fleurs, j’ai trouve la 
« majeure partie des especes speciales » (4 juillet 1866). 

Mais il y a eu des incidents desagreables : 

« J'ai ete bien malheureux 5 la recherche du Slatice, ecrit-il le 26 no- 

* vcmhrc 1866 - Je n’en ai trouve qu’un seul, le plus petit; probablement 

* ( ! ue ces especes sont assez localisees, car il est impossible de passer 

* 4 c6t ® sans les voir. Je fis une course de 3 jours a la recherche de l’imbri- 
" ta ^ a% J etais pres d’arriver k 1’endroit indique, lorsque, traversant le 

* dernier village, je fus arretd par ordre de l’Alcade (le Maire) et conduit 
8 devant ce magistrat. J’eus tort de dire que j’etais Fran^ais. On venait 
<■ d’apprendre a Teneiife que le general Priinm s’etait refugie en France. 

* iJ ° ur moi qui ne savais nullement dans quel pays etait ce general, 

<' ni ce qu il faisait, je fus fort embarrasse pour repondre aux nombreuses 
" questions qui me furent adressees k ce sujet. Monsieur le Maire en 

* c °nclut que j’etais probablement un officier de marine, envoye pour 
8 tenter quelque coup de main sur ces lies ; et defense me fut faite, au 
0 nom de la loi, et en presence d un public nombreux, d’approcher plus 
" pres du rivage. 11 me fallait obeir et dire adieu a ces rochers sur lesquels 


Source: MNHN, Paris 


G. I.E 


TESTU 

« je devais recueillir le SI. mbricala ; c’etait peu de jours avant mon 
« depart. » 

Et pourtant les voyages l'attirent loujours et ne cesseront de. 1 attirer 
jusqu’ii son mariage. 

A peine de retour des Canaries, sitot communiquees ses recoltes aux 
specialistes, les Mousses a Schimper, les Hepatiques a Gottsche. il songe 
au Senegal ct meme au Dahomey « oil on peut penetrer jusqua 25 ou 
30 lieues dans l'interieur » (29 decembre I860). En I860, c'etait beaucoup 
dire ! II pensera meme au Gabon. Sagot lui a cependant represente le 
pays comme dangereux : « Ce ne sont pas des climats sains » (23 avril 
1867). Decaisne est du meme avis, mais Aubry-Lecomte y est reste 6 ans ! 
(24 juillet 1867). 

En attendant, I-Iusnot etudie un peu les Algues et les Lichens qu il 
ne connait guere. II ne s’en occupera jamais beaucoup. 

Mais un projet de voyage succede. a l’autre. Husnot est attire par les 
pays tropicaux. II a reve Senegal, Dahomey, Gabon. Le 8 janvier 1867, 
il s’embarque pour la Nouvelle-Grenade ; il ne fera qu y toucher et revien- 
dra aux Antilles. Nous n'en trouvons pas la raison dans sa lettre du 
5 mars 1868, datee de Matouba (Guadeloupe). Une seconde tentative 
ne reussira pas davantage, ou meme ne sera pas essayee. Le 24 juin 1868, 
il est de retour a Cahan. 

Il est curieux de connaitre comment il comprend un tel voyage et 
voici ce que fut son installation dans la vieillc lie fran^aise : 

« Je suis reste une quinzaine a la Martinique... Je suis ici (au Matouba) 
« depuis le 2 (mars) et j’y resterai un mois ou peut-etre deux. J’ai loue 
« une maison dans un village appele Le Matouba, situe au milieu des 
« forets, a 700 metres au-dcssus du niveau de la mer. C’est une contree 
« fraiche et boisee, tres riche en fougeres, surtout en Hymenophyllees. 
« C’est le Laularet de la Guadeloupe. Je me porte maintenant tres bien 
a et vais faire lous les jours de bonnes courses » (5 mars 1868). 

Des lors, ses preferences sont bien etablies ; il ne parle pas des Phane- 
rogames et n'enumere dans ses recoltes que des Fougeres, des Crypto¬ 
games et des Glumacees. 

Au 6 mai 1868, son tableau est le suivant: 

Fougeres.140 (nous avons ces recoltes) 

Glumacdes. 80 

Muscinees. 9t> 

Champignons. 20 

Les Algues ont ete negligees : un catalogue a deja ete publie; il y a 
des specialistes sur place qu’il mettra en relations avec Lenormand ; 
Schramm, Pun d’entre eux, remet k Husnot pour ce dernier un paquet 
d'echantillons. 


Source : MNHN , Paris 





CORRESPONDANCE DE T. HUSNOT AVEC R. LENORMAND 


En juin, il est dc retour en France; en aofit, il rend visite a Lenormand 
avec ses Cyperacees et celui-ci lui fait liberalement part de ses richesses. 

<i Arrive & Pont-d’Ouilly & 5 heures du soir, il m’a etc impossible de 
« laisser derriere moi tant de plantes precieuses. J'ai inis le tout sur mon 
« dos et. je suis tres bien arrive jusque chez moi (6 km.) sans meme penser 
« a la fatigue. 

« Avant dc me coucher, j’ai voulu revoir ces belles Fougeres, puis les 
« Fougeres vues, j’ai pris un autre paquet, et ainsi de suite jusqu’^ la 
« fin. J’ai ete tout etonne de voir qu’il etait 2 h. f 2 , le temps avait passe 
« bien vite. » 

Les annees passent et les materiaux de Husnot se sont accumules. 
En fevrier 1870, commeneent a paraitre les Musci Gallix ; il envoie le 
premier fascicule & Lenormand qui est malade. 

En mars, il a dejh 10 collaborat’ urs pour ses exsiecata, dont le Com¬ 
mandant Paris. 

Alors vient la guerre et il vent en profiter pour faire un voyage aux 
Pyrenees. Il le commence, mais, e.tant maire de sa commune, il est rappele 
chez lui par des elections et son excursion s’est bornee aux montagnes 
du Puy-de-Dome et du Cantal. 

Puis il est mobilise, peu de temps il est vrai. Malade, il beneficiera 
d’un conge de six semaines el en profilera pour mcttre a execution son 
projet pyreneen. La encore il lui arrive une avenlure qui lui vaudra 
l’incarceration : « On ne s’amuse guere en prison ». Je cite sa lettre du 
20 mars 1871. 

«A Prats-de-Mollo (vallee du Tech, frontiere d’Espagne), le Commandant 
« de place m’a fait arrSter, mettre en prison et conduire pendant 3 jours 
« de brigade en brigade (5 brigades). J’etais muni d’un conge, feuille 
« de route, etc., mais comme j’avais avec moi une carte geographique 
<' du departement, un guide Joanne, et le Catalogue des Mousses d'Europe 
« de Lorentz, qui, comme vous savez, contient quelques notes en alle- 
« inand, le Commandant crut avoir fait une brillante capture et mis 
« la main sur un officier prussien. 

« J’avais pu provenir la veille un de mes amis, le chirurgien-major 

* Reboud, botaniste algerien ; il m’attendait et me fit immediatement 

* mettre en liberty. » 

Cette lettre est une des dernieres. R. Lenormand mourait le 10 de- 
cembre 1871. 

On s’etonnerait qu’il ne f£lt jamais dans ces lettres question de politique. 
Les deux amis etaient republicains ; Lenormand avait meme ete quelques 
mois sous-prefet de Vire en 1848. Mais Husnot trouvait que les elections 
lui faisaient perdre bien du temps et il n’admirait guere le suffrage uni¬ 
verse!. Je ne ferai qu’une citation : 

« Mon cher ami, vous connaissez le resultat de nos elections; en l’ab- 


G. LE TE8TU 


« sence de M. de Torcy, reste malade a Paris, le riche Gevelot a cte elu. 

« M. Gevelot a fait un assez grand nombre de visites et ne sortait jamais 
« de chez un ouvrier sans laisser une piece d’or. 

« II a envoye pendant la derniere semaine toute une armee d’agents, 
« jusqu’a 50 dans une seule commune, qui payaient a boire a tout le 
« monde ; c’est ainsi qu’il est arrive a obtenir une majorite de pres de 
« 6.000 voix. Que ditus-vous du Suffrage Universel ? 

« Je suis tres heureux que ce soit fini; depuis un iftois je n’ai ricn fait» 
(9 juin 1869). 


Source : MNHN , Paris 



Musci hispaniolenses 

par I. Theriot (Fontainc-la-Mallet) 


La collection qui fait 1’objet dc ce travail m’a etc confiee par le D r G. 
Samuelsson, Directeur du Departement de botanique, Naturhistoriska 
Riksmuseet, 5 Stockholm. Les Mousses proviennent de l’ile Hispaniola 
et ont ete recoltees par M. E. L. Ekman dans les deux Etats qui se par- 
tagent le tcrritoire de 1’fle : 1° en Haiti au cours de 1’annee 1917, et de 
1924 a 1928, 2° a Santo-Domingo en 1929-1930. Elle comprend 88 especes 
dont 14 nouvelles. 

Ci-dessous une liste numerotee des localites le plus souvent citees ; 
chacune d’elles sera done designee par son numero d’ordre a la suite du 
nom de l’espece. Les localites non comprises dans ce tableau seront citees 
a leur place et textuellement. 


Santo -Domingo 


. Cordillera central 


VII. Valle del Cibao. 
VIII. Llano Costero. 


prov. de Azua. 
prov. de la Vega. 

— Valle Nuevo, 2.400 m. 

- Pico del Valle Nuevo, 2.600 m. 
-— Constanzo, 1.200 a 2.200 m. 
La Cumbre, 250 a 300 m. 


IX. Massif de la Selle, Marigot, 1.900 in. 

X. — — Maine de la Selle, 2.500 m. 

XI. — — Croix-des-Bouquets, Badeau, 1.300-2.000 m. 

XII. — — gr. Crete-a-Piquants, Port-au-Prince, 1.300 m. 

XIII. Massif de la Hotte, 1.500 in. 

XIV. — — on the southern slope of« Ma Blanche#, 800 5.1.500 m. 

XV. — — western group, Mt Formon, 2.150 m. 

XVI. Departement du Sud, near Civette, Camp Perrin. 

Sphagnum guadalupense Schp. 

Haiti, massif de la Selle, Nouvelle Touraine, top of Morne La Visite 
(n° 1497). 

Sphagnum meridense (Hpe) C. M. 

Haiti, Massif de la Selle, morne Brouet, 1.700 m. (n° 1873). — Santo- 


8 I. TH&RIOT 

Domingo, prov. Monte Cristi, Laguna de Cenobi, 1.100 m. (n° 12.872). 
Andrexa pelrophila Ehrh. 

Santo-Domingo, prov. de Azua, western top of La Pelona, 3.100 m. 
(n° 13.650). — Le genre est probablement nouveau pour les Antilles. 
Fissidens petrophilus Sull. 

Haiti, Massif du Nord, Bayeux, morne Brigand, 900-1.150 m. (n° 2996). 
Fissidens polypodioides (Sw.) Hedw. 

Santo-Domingo, loc. II, Jarabacoa, 700 m. (n° 14.190). 

Fissidens julianus (Sav.) Schp. var. mexicanus (C. M.) Then 
Santo-Domingo, Cordillera Central, Moncion, 600 m. (n° 13.009). 
Dicranella (Microdus) brachyblepharis (C. M.) Mitt. 

Haiti, loc. XIV, near Douyotte, 800 m. (n° 638). 

Holomitrium marginatum Mitt. 

Haiti, loc. XV (n° 7532). 

Campylopus saxatilis R. S. Will. 

Haiti, loc. XV (n° 7561). En melange avec l’espece suivante. 

Campylopus haitensis Then sp. nov. (s. g. Palinocraspis). 

Dioicus. Cxspites densi, cohx rentes, superne virides, inferne nigrescentes. 
Caulis gracilis, simplex vel summo ramosus, 2 cm. alius, basi nudus, dense 



radiculosus, apice congesto-foliosus. Folia sicca patentia, basi obovata, 
auriculata, sat raptim in acumen longum, canaliculatum, piliformem con- 
tracla, 6 mm. longa, 0,4 mm. lata, marginibus integris, valde involutis ; 
costa basi 180 g, sat longe excurrente, dorso Ixvi, in sectione transversali 
ab eurycyslis utraque pagina stereideis composita ; auriculas magnas, exca- 


Source: MNHN, Paris 












liSCI HISPANIC LENSES 


vatas, cellulis alaribus majusculis, vesiculosis, cellulis suprabasilaribus 
laxis, reclangularibus, parietibus firmis, cellulis laminse reclangulis, chloro- 
phgllosis, paulum incrassatis, superne brevioribus, quadralis. Folia peri- 
chxlialia similia sed longiora, pedicellus tenuis, pallidus, usque ad 15 mm. 
longus, sicca et humida eredus, capsula (immatura ) suberecla vel inclinata, 
oblonga, basi altenuala, asymmetrica, sicca paulum arcuata, operculum 
conicum, longiroslralum, calyplra basi nuda (?) Gietera ignota (fig. 1). 

Haiti, Massif de la Hotte, western group, Torbec, top of Mt Formon, 
rotten log, 2.225 m. (n° 7561 pp.). 

1. Cette especc a de grandes affinites avec C. humilis Mont. ; elle s'en 
distingue ais£ment par ses pedicelles tres longs, dresses k 1’humidite 
comme a sec. Ce dernier caractere exigerait qu’elle soit rangee dans la 
section Recliseli, tandis que par ses feuilles elle doit appartenir a la sect. 
Filifolii. Une fois de plus, les faits demontrent que ces divisions ne peuvent 
etre maintenues, et qu’il conviendra de grouper autrement les especes 
comprises dans les sections Filifolii et Rediseli. 

2. La plupart des coiffes sont nues a la base ; mais le hasard m’en a fait 
decouvrir une munie de cils. A cette anomalie, je ne vois qu’une explica¬ 
tion : les coiffes sont normalement ciliees, mais les cils sont caducs et 
disparaissent de bonne heure. A l’appui de cette hypothese, j’apporte 
une autre observation : une touffe de Campylopus alopecurus C. M. recoltee 
en Bolivie par K. Troll m’a presente des coiffes ciliees et des coiffes nues 
& la base en nombre k peu pres egal! 

J’avoue que ces constatations imprevues diminuent ma confiance 
dans 1’importance du role qu’on fait jouer & l’etat de la coiffe pour le 
groupement des especes du g. Campylopus. 

3. La structure de la nervure chez C. haitensis n’est pas uniforme de la 
base au sommet de la feuille : 1° une section transversale prise tout pres 
de la base presente sur la face dorsale une bande de stereides, sur la face 
ventrale pas de stereides, mais un epiderme compose d'une serie unique 
de cellules tres encrassees a lumen oblong ; c’est la structure propre k 
quelques especes du s. g. Eucampylopus ; 2° dans la partie moyenne 
de la feuille, une section transversale presente sur la face ventrale une 
etroite bande de stereides (fig. 1) situee entre l’arc central d’eurycystes 
et l’epiderme decrit ci-dessus ; par ce caractere, notre espece justifie sa 
place dans le s.-g. Palinocraspis. 

Leucobryum albicans (Schw.) Lindb. 

Haiti, departement du Nord, Port Margot, Morne Maleuvre, 1.000 m. 
(n° 2832). 

Leucobryum Polakowskyi (C. M.) Card. 

Haiti, loc. XIV, 1.500 m. (n° 570). 

Octoblepharum albidum (L.) Hedw. 

Haiti: plusieurs recoltes, dont une forma elala, avec tiges atteignant 



10 


1. THERIOT 


3 cm., Massif des Matheux, St-Marc, source Brunet (n° 8060). 
Syrrhopodon Berteroanus (Brid.) C. M. 

Santo-Domingo, loc. VI (n° 12.405). 

Anceclangium incrassalum Broth. 

Haiti, loc. IX, 1.000 m. (n° 1918). 

Anceclangium apiculatum Schp. 

Santo-Domingo, loc. Ill (n os 13.795, 13.844). 

Trichoslomum jamaicense (Mitt.) Jseg. 

Haiti, loc. XI, 1.400 m. (n° 7647). 


Trichostomum (?) Kkmani Ther. sp. nov. 

Dioicum, gracile. Cats piles densi, fusco-virides. Caulis ereclus, circa 
0,5 cm. altus, simplex. Folia 
sicca circinato-incurva, humi- 
da valde palula subsquarrosa, 
e basi oblonga, 0,6 mm. lata, 
sat subito in subulam longam 
canaliculalam conlrada, aris- 
lata, inferiora minora, cseteris 
sensim majora, superiora 4-5 
mm. longa, marginibus inle- 
gerrimis, valde involutis ; costa 
valida, 100-110 p, in mucro- 
nem brevem excedente, dorso 
Uevi, ventre stratis pluribus 
cellularum chlorophyllosarum 
pulvinatim obtecla, in sectione 
transversali utraque pagina 
slereideis plurislratosis teclis 
composita ; cellulis laminali- 
bus quadralo-rotundatis, mi¬ 
nute papitlosis, opacis, 9-10 p, 
parietibus paulum incrassatis, 
basilaribus hyalinis, Uevibus, 
peristome. exlernis linearibus, internis 

reclanguiis. Pcdicellus tenuis, 7-8 mm. longus ; capsula erecla vel 
inclinala, subcylindrica, 1-1,5 mm. longa ( deoperculala ), peristomium sub 
ore insertum, denies e membrana basilari anguslissuna (60 p alia), leniter 
contorti, usque ad basin in 2-crura filiformia divisi, dense papillosi, 0,6 mm. 
longi, sportE papillosne. Ceetera ignola (fig. 2). 

Haiti: dep. du Sud, in the mountain forest in Cota, near Civette, 
Camp Perrin N. of the Cayes, on stones, ca. 1.300 m.; leg. Ekman (n° 99) 
[typus]. 



S, filament propagulifere ; 7, 
ieu de la fcuillc ; 8, t.issu ba 
; 10, sommet de la capsule 


Source: MNHN, Paris 






MUSCI H l SI 


IOLKNSKS 


Cuba : Loma del Gato, prov. Oriente ; leg. J. Acuna (n° 426). 

Par le port, par la forme ct la taille des feuilles, cette espece s’appa- 
rente au T. involulum Broth, de Chine ; clle s’en eloigne par la lame des 
feuilles plus etroite, a bords fortement involutes des la gaine, et par le 
tissu basilaire plus serre. 

Je ne suis pas sur que cette Mousse soit bien k sa place dans le genre 
Trichostomum : le peristome a dents legerement tordues, la nervure chargee 
de propagules sur la face ventrale sont des caracteres qui Ten eloignent. 
Mais on eprouve des difficultcs de meme ordre si on essaie de la placer 
dans d’autres genres, tels que Turckheimia, Trichostomopsis, Pseudo- 
crossidium, etc. Faut-il conclure a un genre nouveau V C’est une solution 
a la quelle j’ai renonce parce que je n’ai pas trouve de caracteres suflisants 
pour justifier cette creation, etant donne que la presence de propagules 
sur la nervure n’est pas un fait constant: la plante de Cuba mentionnee 
plus liaut est depourvue de propagules, quoiqu'identique par le port, 
la taille, les feuilles, k la plante de Haiti. 

Plcurocheete luleola (Besch.) Ther. 

Haiti, loc. X (n° 3169). 

Leptodontium subcirrifolium (C. M.) Par. 

Haiti, loc. XIII (n° 569). 

Cette espece est bien voisine du L. cirrifolium Mitt. Elle ne me parait 
s’en distinguer que par ses feuilles plus courtes et par son tissu plus serre. 

Didymodon planifolius P. de la V. et Ther. sp. nov. 

S. g. Erythrophyllum. Dioicus, exspiles densi, inferne cohxrenles, nigres- 
cenles, superne virides. Caulis 
brevis, vix 1 cm. alius, erectus, 
arcuatulus, inferne radiculosus, 
simplex vel parce ramosus. Folia 
sicca erecto-appressa, humida 
eredo-palentia, oblongo-lanceola- 
la, breniler acuminata, acuta, 
mucronata, 2 mm. longa, 0,5 mm. 
lata , marginibus planis, inleger- 
rimis, costa crassa, basi 90-100 a, 
superne 60 u, excurrcnte, dorso 
minute papillosa, cellulis lami- 
nalibus quadralis, incrassatis, 
chlorophyllosis , dense et minute 
papillosis, diam. 10 y_, basilu- 
ribus laxis, elongate reclangulis, Ixvibus, pariclibus firmis, haud 
incrassatis. Pedicellus 8-10 mm. alius, tenuis, pallido-luteus, capsula 
oblongo-cylindrica, operculum conico-rostralum, peristomium normale. 



vers b ; 5, tissu basilaire ; 0, capsule humide; 
7, uno dent du peristome. 


Source: MNHN, Paris 



12 


[. THKRIOT 


Haiti: Morne de la Selle, on shaded stones, 2.500 m. 

Barbula Ehrenbergii (Lor.) Fleisch. forma. 

Haiti: Massif des Matheux, morne Saut-d’Eau, at the waterfall, 300 m. 
(n° 5501). — Nouveaute pour Haiti. 

Differe des formes communes par le tissu : les cellules carrees de la 
lame sont encrassees, les basilaires plus courtes et plus larges. Je possede 
dans ma collection une Mousse recueillie dans le ravin du Rumel, a Cons¬ 
tantine (Algerie), qui est tout a fait identique par le tissu. 

Torlula Husnoti Schp. forma. 

Santo-Domingo, loc. VIII, eastern shore of Rio Ozama (n° 11.159). 
Pedicelles plus longs, environ 1 cm. 

Tortula (lomingensfs Ther. sp. nov. 

Dioica. Ceespiles sal compacti. Caulis gracilis, credits, 1-2 cm. alius, 
inferrte fere dcnudatus, radiculosus, laxe foliosus. Folia inferiora minuia. 



superne sensim majora, apice rosulala, 2-3 mm. X 1,7 mm., sicca crispalo- 
patula, humida palula, obovata, apice rotundata, apiculata, basi contractu, 
marginibus planis, integerrimis vel summo denticulatis, costa valida, basi 
90 u., in apiculum recurvum excedente, rete laxissimo, cellulis regulariter 
hexagonis, parce chlorophyllosis, 60 u. X 35 u ,parietibus tenuibus, basilaribus 
majoiibus, reclangulis, marginalibus (2-4 scr.) bislralosis, linearibus, 
incrassalis, opacis, limbidium terelem cfformantibus. Pedicellus gracilis, 
20 mm. alius, capsula ( immalura) erecla, cylindrica, 4 mm. longa, operculum 
conicum, obtusum. Cider a ignoia (fig. 4). 

Santo-Domingo : Peninsula de Samana, Pan de Acuzar, 500 m., on 
tree branches (n° 15.849, typus); Cordillera Central, La Cumbre, in forest, 
300 m. (n° 12.432). 


Source: MNHN, Paris 






ML'SCI HISPANIOLENSES 


13 


Plante tres proclie du T. mniifolia (Sull.), avec lequel elle constitue 
un petit groupe bien special, bien delimite, dont les feuilles par leur 
limbidium et leur tissu rappellent exactement certaines especes du genre 
Mnium. 

Tortula domingensis se distingue du T. mniifolia par la forme de ses 
feuilles, par son tissu plus lache et plus regulier, par la nervure insensible- 
ment retrecie de la base au sommet, et non subegale comme chez T. 
mniifolia. Enfin celui-ci croit sur les pierres niouillees aux bords des ruis- 
seaux, tandis que T. domingensis vit sur les branches d’arbres. 

(irimmia anlillariini Ther. sp. nov. 

Dioica. Ceespites dense puluinati, inferne fusci, superne virides. Caulis 
crectus, simplex vel parce ramosus, 0,5-1 mm. alius, inferne subnudus, 



Pig. 5. — Grimmia antillarum Tlier. — 1, deux feuilles; 2, coupe vers la base ; 3, frag¬ 
ment de cette coupe ; 4, coupo dans l’acumen ; 5, cellules de la lame, vers a ; 6, cellules 
basilaires pres de la nervure ; 7, cellules basilaires externcs ; 8, capsule humide. 

superne dense foliosus. Folia sicca erecta, humida palula, oblongo-lanceolala, 
sensim acuminata, acuta, basi biplicata, valde concava, canaliculato-carinata, 
in pilum longum albidum denticulatum producla, marginibus integerrimis, 
± revolutis, costa basi 60 g, excurrente ; cellulis laminalibus quadralo- 
rolundalis, chlorophyllosis, paulum incrassatis, 10-12 p., marginalibus 
(2-5 ser.) bislralosis, basilaribus subhyalinis, internis linearibus, externis 
quadratis vel breviter rectangulis. Pedicellus ereclus, 3-4 mm. longus, capsula 
emersa, oblonga vel subcylindrica, lie vis, 1,25 mm. longa, 0,4 mm. crassa, 
operculum convexum, roslratum, calyptra milriformis, basi laciniata, peris- 
tomium normale, 0,3 mm. allum, sporie lieves, minutse, 8-9 ^ (fig. 5). 


Santo-Domingo : Cordillera Central, prov. de Azua, Los Vallecitos de 
Yaque, 2.500 m. (n° 13.630). 

A quelques rapports avec G. commutata Hub. et G. campestris Burch. 
Ces especes se distinguent du G. antillarum par leurs capsules courtes 


Source: MNHN, Paris 





14 


et epaisscs, et en outre G. commutata par sa coillc cucullee, et G. campestris 
par la coiffe et l'opercule plus courts. 

C’est, d’apres Y Index bnjologicus, la premiere fois cju’une cspece du 
genre Grimmia est r6coltee dans les Antilles. 


Zygodon doniinjjensis Tliei. sp. nov. 

Sterilis. Ciespiles compadi, coheerenfes, fusco-tomenlosi, inferne nigres- 
centes, superne hvte-virides. Caulis gracilis , ereclus , simplex, innovando 



basilaires prds de la norvure. 
viler redangulis, incrassalis, leevii 


ramosus, radiculosus, 6-8 cm. al¬ 
ius, e sedione Iransversali pentago- 
nis. Folia caulina sicca ereclo-pa- 
tenlia, ramosa contorta, hiunida 
valde palulo-squarrosa, in series 
spiraliformis disposita, oblongo-lan- 
ceolata, late acuminata, acuta, con- 
cava, carinala, decurrenlia, 1 ,2 mm. 
longa, 0,4 mm. lata, marginibus 
planis, ultra medium ad apicem 
serratis, costa basi 40-45 a, sub 
apicem evanescente, dorso ten u iter 
papillosa, cellulis valde incrassalis, 
dense d minute papillosis, 7-9 a, 
lumine rolundato, basilaribus bre- 
i. Cider a nulla (fig. 6). 


Santo-Domingo : Cordillera Central, prov. de La Vega, Pieo del valle 
Nuevo, face of cliffs, 2.550 m. (n° 13.777). 

Tres proche du Z. peruvianus Sull. par la taille et le port, par la foime 
des feuilles, leur decurrence, leur papillosite. S’en cloigne pai ses tiges 
tres radiculeuses, feutr£es, par ses feuilles plus fortement squarreuses, 
plus courtes, a acumen moins fin, par les cellules plus petites, a lumen 
ponc.tiforme. 

Par la disposition des feuilles en spirales sur la tige, Z. domingensis 
rappelle le Z. seriatus Ther. et Nav. du Ruvenzori. 

Zygodon pentaslichus (Mont.) C. M. forma. 

Haiti, loc. X (n° 3170). - Decouverte bicn interessanle : l’espece 
n’etait connue qu’en Amerique meridionale, Patagonie, Chili, Perou. 

La Mousse de Haiti ne differe de la plante du Chili que par des carac- 
teres legers : moins robuste, feuilles plus petites, tissu basilaire occupant 
un espace moins etendu, cellules de la lame a papiiles petites, peu sail- 
lantes. Etant donnf l’amplitude des variations de l'espece, cette forme 
ne meritc pas d’etre distinguee par un noin particulier. 

Macromitrium mucronifolium (Hk. et Gr.) Schwtegr. 


Source: MNHN, Paris 


MI 


I1SPAM10LENSES 


Haiti: Massif de la Hotte, near Constant, 1.100 m. (n° 794). 

Macramilriam cirrhoswn (Hedw.) Brid. var. nov. liaitense Ther. 

Feuilles longuement et finement acuminees, k Lords sinuoles et non 
dentes : nervure le plus souvent excurrente. 

Haiti, loc. XV, 2.150 m. (n° 7533). 

Macromilriiiin haitense Ther. sp. nov. 

S° Leiostoma. Cxspiles densissimi, luteo-virides, inferne fuscescentes. 
Caulis repens, ramis rubuslis, elongalis, 2-3 cm. longis, dense foliosis, 
4-5 mm. crassis, plurimis, conliguis, 
simplicibus vel divisis. Folia sicca 
crispato-patentia, humida squarrosa, 
anguste lineari-lanceolala, sensim acu¬ 
minata, acuta, transverse undulata, 
marginibus planis, inlegris, apicem 
versus subdenticulalis, 4-5 mm. x 
0,75 mm., costa carinata, sub apicem 
cvanescenie, cellulis laminx rede se- 
riatis, quadrato-rotundalis, incrassalis, 
vesiculosis, papillosis, 12-15 u, infe- 
rioribus lincaribus, incrassalis, verru¬ 
cosis. Folia pcric/n'clialia similia, inli- 
ma minora, iatiora, ereda, subinlegra, 
cellulis Levi bus ; pediccllus eredus, 

5 mm. longus, in dimidio superne 
scaber ; capsula immalura oblonga, 
plicata, in collo eequilongo attenuala, operculum longirostralum, calyptra 
pilosa. Cxtera ignola (fig. 7). 

Haiti: Massif de la Hotte, western group, Lcs Roseaux, pineland, on 
stones, 2.400 m. (n° 10.645). 

Magnifique espece qui a beaucoup de rapports avec M. longifolium 
(Hook.), mais qui s’en distingue par ses feuilles plus longues et plus 
etroites, par ses p^dicelles deux fois plus courts, par les cellules foliaires 
plus grandes. Les feuilles ont la forme et la structure de celles du M. 
cirrhosum (Hedw.), mais elles sont plissees-ondulees en travers dans 
l’acumen. 

Schlolheimia ciliolala C. M. var. nov. lonyifolia Ther. 

Taille plus robuste, feuilles plus longues, moins profondement gaufrees, 
a nervure plus large, 60 p. 

Haiti, loc. XI (n° 7790). 

Schlothcimia torquata (Ilcdw.) Brid. forma brcviseta. 

Haiti, loc. XIV (n° 583). — Pcdicelles plus courts. 



moyennes, en b ; 4, cellules supra- 
basilaires, vers a ; 5, capsule s&chc. 






16 


[. THKHIOT 


Splachnobnjam Mariei Besch. 

Haiti: dep. du Sud, near the road from Roche-a-Bateau to Acul, 
calcareous stones (n° 739). 


Physeomitrium Ekmani Ther. sp. nov. 

Caulis gracilis, erectus, 5-8 mm. alius, infcrnc nudus, superne laxe 
foliosus. Folia inferiora minora, elliptica, superne sensim majora, spatulalo- 
oblonga, acuminata, acuta, sicca et humore palula, marginibus planis, 
summo dentalis, 2,3-3 mm. longa, 1 mm. lata, costa tenui, sub apice evanida, 
rete laxissimo, cellulis mediis breviter hexagonis, 60-100 a longis, 40-45 p 



latis, basilaribus rectangularibus, marginibus rhomboidalis, longioribus 
el anguslioribus, limbidium indistinclum efformantibus. Pedicellus ereclus, 
7-8 mm. longus, capsula ovato-truncata, collo brevi attenuata, annulata, 
macrostoma, membrana exolhecii sub ore cellulis 10-12 serialis elongate 
et transverse rectangulis, operculum breve conicum, sporx papillosx, 30 p. 
crassx (fig. 8). 

Santo-Domingo : Cordillera Central, prov. de Azua, valle del Yaque, 
moist place, 1.500 m. (n° 13.701). 

Espece remarquable par son tissu lache, a cellules allongees. Les quel- 
ques especes qui ont un tissu analogue, Ph. argenlinicum Par., Ph. Benoisti 
Ther., etc., s’en distinguent aisement. 

Funaria paucifolia (C. M.) Broth. 

Haiti, loc. XII (n° 9502). 

Slableria osculatiana (de Not.) Broth. 

Haiti, loc. XIV (n° 565). — Espece nouvelle pour Haiti. 


Source: MNHN, Paris 








Muscr 


PANIOLENSES 


17 


Epiplerygium Wrightii (Sull.) Lindb. 

Santo-Domingo: Peninsula de Samana, Rio Hato Viejo, 275 m. 
(n° 15.275). 

Brachymenium Wrighlii (Sull.) Broth. 

Haiti, loc. XV (n° 7533 pp.). — Associe au Macromitrium cirrhosum var. 
Bryum cavifolium Schp. forma. 

Feuilles un peu plus courtes, a nervure brievement excurrente, souvent 
ctroitement revolutces jusqu’au sommet, au moins d’un cote. 

Haiti : Massif de la Selle, Gauthier, Pays-Pourri, at source Petit-Pas 
1.200 m. (n° 7734). 


Bryum Samuelssoni Ther. sp. nov. 

S° Rosulata. Synoicum. Caulis ereclus, 2-3 cm. longus, fusco-tomentosus, 
laxe foliosus, innovalionibus gracilis, erectis. Folia sicca erecto-appressa, 
flexuosa, oblongo-lanccolata, acuminata, acula, mucronala, longe decurrentic, 
2 mm. x 0,5 mm., marginibus toto ambilu revolulis, apice denticulatis ; 


Fig. 9. — Bryum 
innovation; 4, 
ginalcs, vers a 



1 Samuelssoni Ther. — 1, feuille caulinairo; 2, acumen; 3, feuille d’unc 
coupe transversals d’unc feuille ; 5, cellules moyennes ; 6, cellules mar- 
; 7, tissu basilaire ; 8, capsule sechc. 


costa brunnea, basi 70 p, in mucronem excurrente-, cellulis hexagonis, 
parielibus tenuibus, 40-60 p X 15-18 p, basilaribus rectangularibus, mar- 
ginalibus linearibus (3-4 ser .) limbidium efformantibus. Pedicellus gracilis, 
ereclus, usque ad 35 mm. longus ; capsula cylindrica, collo subsequilongo 
attcnuala, horizontalis, 3-3,5 mm. longa, operculum convexum, brevirostrum. 
Ceetera ignota (fig. 9). 

Santo-Domingo: Cordillera Central, prov. de La Vega, valle Nuevo, 
au bord d’un ruisseau, 2.400 m. (n° 13.843). 

Far l’ensemble de ses caracteres, inflorescence synoique, tiges lache- 
toent et regulierement feuillees, feuilles longuement decurrentes, revo- 


Source: MNHN, Paris 








18 


[. THERIOT 


lutees tout autour, pedicelles tres longs, cette cspece ne peut etre con- 
fondue avec aucune autre. 

Rhodobryum domingense (Brid.) E. G. Britt. 

Haiti, loc. XI (n° 7674). 

Euslichia Spruceana (C. M.) Par. 

Santo-Domingo, loc. I, San Jose de Ocoa, Loma Sucia, 2.300 m. 
(n° 12.006). 

Rhizogonium spiniforme (L.) Bruch. 

Haiti, loc. XIII (n° 566), loc. XVI (n° 144), forma angustifolia. 
Philonotis elegantula (Tayl.) Jffig. 

Haiti, loc. XI (n° 7626). 

Philonotis uncinala (Schwasg.) Brid. 

Santo-Domingo : prov. Puerto Plata, near El Llano, 700 m. (n° 14.307). 
Breulelia haitensis (R. C.) Broth. ; syn. : Philonotis jamaicensis (Mitt.) 
Card. (cf. Cardot, Rev. bryol., 1911, p. 102). 

Haiti, loc. XII (n° 9500). 

Breulelia tomentosa (Sw.) Schp. forma breviseta. 

Haiti, loc. X (n° 3176). — Pedicelles 4-5 mm. 

Breulelia scoparia (Schwtegr.) Schp. 

Santo-Domingo, loc. V, road to valle Nuevo at Canada Grande, 2.200 m. 
(n° 13.882). 

Hedwigia albicans (Web.) Lindb. forma. 

Santo-Domingo, loc. IV (n° 13.775). - Jolie forme que C. Muller a 
nommee Hedwigia strida, in Hedwigia, 1898, p. 239. 

Pseudocrypheea flagellifera (Brid.) E. G. Britt. 

Santo-Domingo, loc. VII, prov. Querte, Pimentel (n° 13.267). 
Prionodon haitensis Ren. et Card. 

Haiti, loc. XI (n° 7798). 

Lepyrodon tomentosus (Hook.) Mitt, forma longipila. 

Feuilles terminees par un poil deux fois plus long. 

Santo-Domingo, loc. IV (n» 13.776). — EspSce nouveUe pour les Antilles. 
Trachypus viridulus (Mitt.) Broth. 

Haiti, loc. XV (n° 7538). 

Pterobryum angustifolium (C. M.) Mitt, forma. 

Haiti, loc. XI, 1.300 m. (n° 7667). — Cette plante porte des rameaux 
flagelliformes garnis de petites feuilles tres caduques; mais elle ne doit 
pas etre confondue avec la forma flagellifera Besch. de la Guadeloupe, 
forme qui a ete rapportee au PI. integrifolium Hpe. 

Pterobryopsis denials Ther. sp. nov. 

Dioicus ? viride-lutescens. Caulis secundarius ascendens, 8-10 cm. alius, 
sat regulariter disliche pinnatus, ramis patulis, complanatis, pane ramu- 
losis. Folia palentia, late cordato-ovata, longe et anguste acuminata, auri- 


Source: MNHN, Paris 


M LI SCI HISPANIOLF.I 


19 

culala, concava, plicalula, marginibus planis, superne dentatis, inferno 
denticulalis vel subintegris, costis binis brevibus vel nullis, rote pellucido, 
cellulis linearibus, Irevibus, parictibus incrassatis, 40-50 g x 5-6 g, alaribus 
fuscis, obovatis, valde incrassatis, auriculas distinctas formantibus. Ccetera 
desunt (fig. 10). 



Santo-Domingo : Cordillera Central, prov. de La Vega, Constanza, 
Loma La Vieja, top of Mountains, mossy forest, 2.075 m. (n° 14.032).' 

Je pense que cette espece a sa place dans la section Plerobryodendron 
a c6te du PL Bescherellei (Kiaer), de Madagascar, dont elle possede la 
taille et la ramification. Elle dilTere de celle-ci par la forme de ses feuilles 
qui rappellcnt celles du Pi. acuminata (Hook.) d’Asie ; elle s’eloigne en 
outre de toutes les deux par sa nervure double et tr6s courte. 
Orthoslichopsis letragona (Sw.) Broth. 

Santo-Domingo, loc. VIII, El Maniclito, on the ground (n° 11.294). 
Pilotrichella flexilis (Sw.) Jseg. var. gracilis B. et P. 

Haiti, loc. XI (n° 7666 pp.). 

Papillaria appressa (Hornsch.) Jajg. 

Haiti, loc. XIV (n° 643) ; Santo-Domingo, loc. VII (n° 13.266), 
Papillaria squamatula C. M. 

Haiti, loc. XI (n° 7698). — Espece nouvelle pour Haiti et les Antilles. 
Meleorium illecebrum (C. M.) Mitt. 

Haiti, loc. XI. 

Barbella diclados (Schp.) Broth. 

Haiti, loc. XI (n° 7664). 

Calyplothecium porodictyon (R. ct C.) Broth. 

Haiti: Massif du Nord, Citadelle La Ferriere, 900 m. (n° 8269). 
Porotrichum crenulatum C. M. 

Haiti, loc. XIV (n° 492). 

Porothamnium fasciculatum (Sw.) FI. 


Source: MNHN, Paris 





20 


[. THERIOT 


Haiti: Massif du Nord, Port-de-Paix, Haut-Piton, 1.150 m. 
Hookeriopsis incurva (Hk. et Gr.) Broth. 

Santo-Domingo, loc. VI (n° 14.344). 

Lepidopilum chladorhizans Besch. forma ? 

Haiti, loc. XVI (n° 143). . 

Bien conforme au type par l’ensemble de ses caracteres, sauf qu ici 
la coiffe est poilue et les tiges depourvues de radicules. 

Hypoplerygium tamarisci (Sw.) Brid. 

Santo-Domingo, loc. V (n° 13.994). 

Thuidium Wrightii Jteg. 

Haiti, loc. XIV (n° 475). 

Thuidium acuminatum Mitt. 

Haiti, loc. XVI (n° 145). 

Thuidium antillarum Besch. 

Haiti, loc. IX (n° 8016). —Determination seulement probable, l’echan- 
tillon etant sterile. 

Drepanocladus aduncus (Hedw.) Monck. 

Santo-Domingo, loc. V (n° 14.063). 

Amblystegium leilense Mitt. 

Santo-Domingo, loc. I. San Juan, Lomas de la Mediania, 1.950 m. 
(n° 13.594). — Plante h peu pres identique au type qui m’a ete commu¬ 
nique par M. R. S. Williams, du N. Y. Bot. Gart. C’est une espece ou une 
forme du gr. Dr. fluitans ou du gr. aduncus ; je ne puis preciser sa position, 
a cause de la sterilite de la recolte Ekman. 

Brachylhecium pseudo-lretum C. M. 

Haiti, loc. XIV (n° 636). 

Bhynchostegium conchophyllum (Tayl.) Jffig. 

Haiti, loc. IX (n° 8006). 

Rhynchoslegium frondicola (C. M.) Jefig. 

Santo-Domingo, loc. VII (n° 14.334). 

Erylhrodontium teres (C. M.) Par. ? 

Haiti, loc. XIV (n° 642). — Plante sterile. 

Entodon macropodus (Hedw.) C. M. 

Haiti, loc. XI (n° 7666 in p.). 

Heterophyllium affine (Hook.) Fleisch. 

Haiti, loc. XI (n° 7696). — Espece nouvelle pour Haiti et probablement 
pour les Antilles. 

Pterogoniopsis cylindrica C. M. forma. 

Haiti: Massif de la Hotte, Fond-des-Negres, Hab. Buttet, on tree 
trunk, 300 m. (n° 71.646). 

L’espfece n’etait connue qu'en Argentine. La mousse de Haiti differe 
peu du type : les dents du peristome sont ici moins largement tronquees- 
arrondies que celles qui sont figurees par Brotherus, in Engl.-Pr. 


MUSCI HISPANIOLENSES 


21 


Acroporium pungens (Sw.) Broth, forma densirelis. 

Tissu plus serre; diam. des cellules, 6-7 p. 

Haiti: loc. XIV (n« 582); Santo-Domingo, loc. VI (n° 12.407). 
Sematophyllum sericifolium Mitt, forma longiseta. 

Pedicelles 15 mm. — Haiti, loc. XIV (n° 510). 

Isopterygium tenerum (Sw.) Mitt. 

Haiti: Massif du Nord, Marmelade, 725 m. (n° 8288). 

Vesicuiaria vesicularis (Schwasgr.) Broth. 

Santo-Domingo, loc. VI (n° 11.552). 

Ptilium orthothccium Ther. sp. nov. 

Statura, habilu, foliorum forma et rete P. crista-castrense (L.) simillima ; 
differt paraphyllis raris, ramis crassioribus, foliis perichxtialibus haud 
plicalis, foliis caulinis rameisque latioribus acuminatis, capsulis erectis. 
Folia caulina 2,5 mm. longa, 1 mm. lata, auriculata, marginibus sinuo- 



7, capsule humide. 

latis, ramea minora, loto ambitu dcnliculatis, cellulis valde incrassatis, mediis 
50-60 p. x 7-8 p. Pericluelium elongatum, 4-5 mm. ; folia perictuetialia 
intima enervia, haud plicata, integra, apice paucidenlala ; pedicellus 4 cm. 
longus ; capsula erecla, cylindrica, 2 mm. longa (deoperculala ). Cxtera 
ignota (fig. 11 ). 

Haiti: Massif de la Selle : 1° Furcy, morne Brouet, in haubwald, 
1.700 m., c. fr. (n° 1869, typus); 2° Croix-des-Bouquets, Badeau, 2.100 m., 
sterile (n° 7716). 

Microthamnium diminutivum (Hpe) Jteg. 

Haiti, loc. XVI, 1.300 m. (n° 98). 

Microthamnium perspicuum (Hpe) Jteg. 





22 


l. THERIOT 


Haiti, loc. XI (n° 7630); Santo-Domingo, loc. V (n° 13.094 in p.). 
Mjerothamnium Ekmani Ther. sp. nov. 

Sterile, cmspiles sal densi, depressi, lutescenli-virides. Caulis gracilis, 
brevis, ± regulariter pinnalas, ramis patulis, hand complanatis. Folia 
sicca palula, subsquarrosa, caulina 
cordato-ovata in acumen angustum 
longum piliformem sal abruple cons- 
tricla, 1 mm. x 0,5 mm., ramea 
ovato-lanceolata, sensim acuminata, 
acuta, toto ambitu subinlegra, 0,7- 
0,75 mm. X 0,3 mm., costis binis, 
brevibus, cellulis angustis, lineari- 
bus, 40-60 «, X 6 ft, papillosis, 
papillis apicalis, parum prominu- 
lis, alaribus minutis, quadrato- 
rotundatis. Cxtera desunl (fig. 12). 

Haiti: Massif de la Selle, Croix-des-Bouquets, Badeau, slope towards 
Camp-Franc, 1.300 m. (n° 7661). 

La sterilite de cette plante en rend le classement difficile. Toutefois, 
en raison de ses feuilles etalees-subsquarreuses, des cellules alaires petites, 
nombreuses, je la range provisoirement dans la division B. d. du s.-g. 
Pseudomicrothamnium. 

CRYPTONEURUM Ther. et P. de la V. (genus novum Rhyiidiacearum). 
Dioicum, sericeum, laxe intricatum. Caulis repens, copiosis rhizoideis 
prreditus, dense et irregulariler divisus, in sectione transversali ovalis et 
prxbens : intus centralem fasciculum, e parvis elementis frequenter chloro- 
plastis prieditis composilum, deinde laxas, magnas, inanes cellulas, denique 
extus duo strata corlicalium cellularum parietibus crassis. Paraphyllia baud 
crebra, maxime ex parte late delloidea el asymelrica, raro anguste lanceolata. 
Folia distincte dimorpha : caulinaria e basi amplcctante, late obovata, sensim 
in integerrimo piliforme acumine extcnuala, longiludinalibus profundis 
rugis corrugata ; costa unica, circa ad scxlam vel maxime quartam partem 
folii perveniens, sed sxpissime difficile conspicua quia frequenter in ima 
ruga abscondila vel interdum longior vicleiur nunc propter medium rugam 
quie illam tegit et simul longe superat-, marginibus planis vel parce undulalis ; 
cellulx basilares brcviter rectangulie vel hexagonx, alares pseudo-auriculam 
formanles, medix et superiores anguste prosenchymaticee, parietibus parce 
ffexuosis, omnes Ixvissimx. Folia ramealia inferiora (ad originem rami) 
brevia, obtusa, deinde sensim magis ac magis acuminata, denique caulinariis 
similia sed angusliora in acumine ffliformi sxpe lorto vel crispato extenuata. 



ginales, vers a; 5, cellules alaires. 



MUSCI HISPANIOLKNSKf 


23 


marginibus inlegris aut hie illic denliculatis, 3-4 profundis rugis prxdita, 
erecto-adpressa ; costa sicut in caulinariis parum conspicua et abscondita ; 
cellulse basilares breviler subrectangulee ± excavate, alia :> anguste prosen- 
chymatica-. Folia perigonialia e basi ovata breviter acuminata, leevia, sine 
rugis, cnervia ; anlheridia ellipsoidea, curvata ; paraphgses longiores. Folia 
perichxtialia erecla vel inlerdum patentia, externa brevia, obtusa, interna 
longiora et ramealium similia, sed marginibus superne angustissime revolulis 
et texto laxiore, enervia ; vaginula alte cylindrica, tenuibus, jlexuosis, fili- 
formibus paraphysibus veslita ; archegonia pauca ; seta rubra, lievis ; theca 
obovoidea-cylindrica, asymelrica, tenue curvata ; operculum conicum, bre- 
vissime apiculalum ; perislomii denies ferruginei, marginati, minute slriati, 
superne pallescenles et papillali, alte trabeculali; endostomii processus 
aurali, paullo breviores, carinati, papillati ; cilia brevia, solitaria ? 


Cryptoneurum acuminatum Ther. et P. de la V. 

Sericeum, intus brunneum, extus nitide lutescens. Caulis 3-4 cm. longus. 



Polia caulinaria circa 1,4 mm. longa, 0,5 mm. lata ; paraphyllia 0,25 mm. 
longa ; cellula’ basilares et alares 24-26 p. X 13-14 u, parietibus indistincle 


Source: MNHN, Paris 





24 


I. THERIOT 


punciatis, media: et stiperiores 48-50 p x 7-8 p; folia ramealia inferiora 
iantum 0,25 mm. longa, media et superiora usque ad 1,5 mm. longa. Anthe- 
ridia 350 X 90 p; Paraphyses longiores, erectx, plerumque trisepta:. Pedi- 
cellus 15 mm. altus ; theca operculata 2 mm. longa, 1 mm. crassa; spori 
minutissime verrucosi, viride ochracei, 12-14 p crassi (fig. 13). 

Haiti: Morne de la Selle, on shaded stones, 2.500 m. (n° 3177). 

Le g. Cryptoneurum semble devoir etre place dans le voisinage du g. 
Plychodium dont il se rapproche par les feuilles profondement plissees 
et par la nervure simple. Ce dernier caractere l’eloigne du g. Gollania, 
mais il faut cependant reconnattre que son port et l’aspect que prennent 
parfois les feuilles rameales en se tordant et se crispant, et aussi la rarete 
relative des paraphylles, indiquent quelques affinites avec ce dernier 
genre. 

Pogonalum tortile (Sw.) Par. 

Santo-Domingo, loc. I, Los Lagunas, 750 m. 

Poflonatum Ekmani Ther. sp. nov. 

Dioicum. Caulis erectus, 10-20 cm. longus, basi nudus, simplex vel sub 
perichxtio innovans. Folia sat conferta, sicca ereclo-flexuosa, humida erecto- 


palenlia, 6 mm. longa, e basi 
brevi laliore subhyalina, integra, 
cellulis internis rectangulis, mar- 
gines versus quadratis, lamina 
longe lanceolata acuminata, acu¬ 
ta, marginibus planis, serratis, 
dentibus magnis, acutis, versus 
apieem conferlis, cellulis margi- 
nalibus quadrato-roiundatis, 10 p, 
valde incrassatis ; costa percur- 
renle, lamellata fere tola obducta, 
lamellis numerosis, conferlis, in 
seclione transversali e 1-3 cellulis 
compositis, cellula marginali di- 
lalala, emarginalo-bifida. Pedi- 
cellus erectus, 25-30 mm. longus, 
capsula oblongo-cylindrica, erecta 



Fici. 14. — Pogonalum Ekmani Thi'r. — 1, 
feuillc ; 2, acumen ; 3, tissu (le la gaine ; 
4, bord de la fouille et cellules marginales, 

6, fragment de cette coupe ; 7, fragment 
d’une lamelle vue en plan. 


4-5 mm. longa ( deoperculata), calyplra rufa tolam capsulam obtegens 


(fig. 14). 


Haiti: Massif de la Hotte, western group, Torbec, top of Mt Formon, 
on the ground, 2.225 m. (n° 7507). — A aussi eterecolte a Cuba, par le 
meme collecteur, E. L. Ekman, au pic Turquino (1915), et par l’ingenieur 


Source: MNHN, Paris 











MUSCI HISPANIOLENSES 25 

Y. Acuna, au meme lieu en 1936; mais les echantillons cubains sont 
steriles. 

Cette belle espece a des affinites avec P. Pillieri R. C. du Costa-Rica 
ct P. ericmfolium Besch. du Mexique. Elle differe du P. Pittieri par ses 
feuilles deux fois plus petites et par les lamelles de la nervure composees 
au centre de 3 cellules (au lieu de 2) et aux bords d’une seule cellule, 
et du P. ericxfolium par sa grande taille, par les cellules de la lame et 
des lamelles plus larges, par ses feuilles vivement dentees depuis la gaine. 



Vegetative Reproduction in Bryopteris 
fruticulosa Tayl. 

by Margaret Fulford 


Plants of Bryopteris fruticulosa collected at Punta Gorda, British 
Honduras, November 1932 exhibit an interesting example oi vegetative 
propagation by means oi young shoots. These young shoots are oi two 
types, the one arising from leal cells and known as < Erntsprossehen ., 
and the other occupying the same position as the sexual branches on 
the stem and belonging to the category < Brutaste ». 

The • Brntspriissehen i usually arise on the dorsal sides of the ordinary, 
persistent leaves, especially after they are badly weathered or « eroded >. 
The propagula occur on any portion of the surface and show no periodicity 
in their development, one leaf often bearing brood shoots of different 
sizes (see Fig, 1). They also occasionally occur on male bracts. 

This type of propagulum on persistent leaves has been described in 
Plagiochila (1) and Bazzania (2). They are also frequent in many species 
with caducous leaves, and are associated with the caducous leaves. 
Evans (3) has described them in several tropical American genera, and 
more recently Degenkolbe (4) has given a comprehensive summary 
of « Brutsprosschen ». 

An ordinary leaf cell becomes more chlorophyllose than those adjacent 
and divides by means of a wall at right angles to the surface of the leaf 
(Fig. 2) and one or both of the newly formed cells bulge on the dorsal 
surface (Fig. 3). Then from one of these new cells one or two cells are 
cut off by transverse walls parallel to the leaf surface so that a very short 
filament" is formed. An apical cell with three cutting faces devclopes 
from the end cell after a few cells are cut off through anticlinal divisions. 
The new shoot is formed by the activities ol this cell. 1 he first cells cut 
off have bulging sides and can easily be distinguished even after the 


(1) Carl (H.), Ueber die blattbiirtigen BrutsprOsschcn bei Plagiochila (Ann. Bryol, 6, 


15-19, 2 fig., 1933). . . 

(2) FULFORD (M.), The Genus Bahama in the 
Midland Nat., 17, 385-124, 12 fig.. 1930). 

(3) Hepatic® of Puerto Rico. VI. Cheilolejeum 
Pyrnolejeunea (Bull. Toney Bol. Club, 33. 1-25, 3 

(4) llrutorgane bei beblattertcn Lebemioosen (rl 


United States and Canada (Amer. 

\ea, Redolejeunea, Cyslolejeunea and 
pi., 1906). 

Bryol, 10, 13-96, 112 fig., 1937). 


VEGETATIVE REPRODUCTION IN BRYOPTERIS FRUTICULOSA TAYL. 27 

shoot has attained considerable length (Fig. 4 and 5). The first two leaves 
are very rudimentary consisting of only three cells each. Each succeeding 
leaf becomes larger, and on the fifth or sixth leaf rudimentary lobules 
become evident. These, too, become larger on succeeding leaves and are 
well developed on the ninth or tenth leaves. The typical (mature) leaves 
of these shootlets have more or less the same outline as the leaves of 
the parent plant, but they are, of course, very small, show no evidence 
of teeth on the margins and have proportionately larger lobules. The 



first underleaf usually arises after the formation of the fifth leaf and is 
very rudimentary (see fig. 5), triangular and consists of three cells. Each 
successive one is larger and more completely developed. The « mature » 
underleaf is oblong and emarginate. 

The « Brutaste » are much more abundantly produced, often hundreds 
°f them occurring on a single branch. They are characteristically on 
the primary branches but are not uncommon on the main axis. They 



28 


MARGARET FULFORD 


are produced in tufts of from ten to thirty or more just below a leaf, 
in the position of the sexual branches, often on the same axis with them 
(see Fig. 6). 

The sexual branches are of the Radula type, that is, they . arise m a 
cortical cell adjacent to the base of a leaf on the basiscopic side and 
in the ventral portion of the segment » (5) and each one has a well deve¬ 
loped sheath at its base. The tufts of brood branches arise m a similar 
position but do not develop such sheaths. 

The individual branchlets of the tuft originate in disc-like areas of 
cortical cells just below the leaves. A transverse section of the stem 
shows a medulla fifteen or more cells in diameter, surrounded by a cortex 
of one layer of cells more or less rectangular in outline, not unlike the 
structure of the stem of B. filicina described by Evans (6). The inner 
cells of the medulla have relatively thin walls and are little pigmented, 
but the cells of the outer two or three rows, those nearest the cortex, 
have very thick walls and are deeply pigmented an orange-brown color. 
The cortical cells are larger, with thinner walls, and are a little less pig¬ 
mented than the adjacent medullary cells. The cortical cells which give 
rise to the propagula are somewhat larger than those adjacent and do 
not have the typical deep, orange-brown color. In addition, the adjacent 
rows of cells of the medulla have thin walls and also lack the usual pig¬ 


mentation. 

In the formation of the propagula, a cortical cell of the sort just des- 
cribed becomes packed with material and divides by means of a wall 
at right angles to the surface. These new cells bulge out and each one 
through a wall parallel to the periphery of the stem becomes two cells. 
The outer cell, by a series of divisions at right angles to the stem axis, 
forms a mass of cells. Each one of these cells thus formed is capable 
of producing a new shootlet, through the formation of a fewcelled fila¬ 
ment, which in turn produces the apical cell of the new shoot, after t e 
manner described for the development of the brood shoots from cells 
of the leaves (see Fig. 7-10). As in the latter, the early cells cut oiT are 
rounded in outline and irregularly arranged; the early leaves are rudi¬ 
mentary, consisting, for the most part, of only three or five cells; the 
well developed lobules appear on the ninth or tenth leaves ; and e 
underleaves are at first very rudimentary, but successive ones become 
narrowly ovate, and finally oblong and emarginate (Fig. id). The branch- 
lets often become more than 1.5 mm. in length while yet attached » 
the stem. The point of attachment is a single cell (see Fig. 5 and 10- ) 
and the branchlets are easily separated by a slight movement. The rea 


(5) Evans (A. W.), Branching in the 

(6) The anatomy of the stem in tl 
250-280, 8 fig., 1935). 


xfy Hepatica! (Ann. Bot.. 
Lejeunete (Bull. Toney l 


26, 1-37, 36 fig., I" 12 '’ 
Hot. Club. 62, 187-211. 


Source: MNHN, Paris 


VEGETATIVE REPRODUCTION IN IiRYOPTERIS FRUT1CULOSA TAYL. 29 


is schizolytic; Although there was no evidence in the material examined 
tliat these leafy propagula grow into normal plants, without doubt pro¬ 
pagation by this method frequently occurs. 

These brood branches are much less highly specialized than those 
described by Evans (7) for Leptolejeunea, Drepanolejeunea and Odonlole- 
jeunea, since they do not arise singly, do not possess sheaths, or develop 
the radicelliferous discs found in those genera. Degenkolbe (8) has 
discussed the development of « Brutaste » in his summary of the brood 
organs in hepatics. Similar slender llagelliform branches have also been 
noted in B. tenuicaulis Tayl. (9). 

In addition to the above mentioned material from British Honduras 
in the Missouri Botanical Garden, plants bearing similar « Brutaste » 
have been collected at Mirador, Mexico, by F. Muller ; the East Coast 
of Guatemala, by Sereno Watson no. 58 c ; and in Bolivia by White 
(Mulford Exp. Amazon Basin no. 2133 a) and are in the collection of 
the New York Botanical Garden. 

The writer wishes to express her appreciation to Dr. A. W. Evans 
of Yale University for his helpful criticism in the preparation of this 
paper. 

(7) Hepaticte of Puerto Rico. I, II, IV {Bull. Toney Bot. Club, 29, 490-510, 1902; 
30, 19-55, 1903 ; 31, 183-192, 1904). 

(8) Degenkolbe, Brutorgane bei beblatterten Lebermoosen {Ann. Bryol., 10, 43-93, 
112 fig., 1937). 

(9) Evans (A. W.), Hepaticte of Puerto Bico. VIII {Bull. Toney Bot. Club, 35, 533- 
308, 3 pi., 1908). 




Northern Mosses in New Zealand 

by G. 0. K. Sainsbury (Wairoa, New Zealand) 


One of the most interesting features of the moss flora of New Zealand 
is the representation there of a number of genera and species which, 
according to our present knowledge, are otherwise confined to the northern 
hemisphere. The qualification is of importance because, to mention Aus¬ 
tralasia first, bryological research on the Australian continent has been 
so desultory that it is impossible to estimate the probability of any future 
discovery. The predominance of Australian species both in Tasmania 
and New Zealand, due of course to the ancient land connections, makes 
it likely that future research will show some Australasian extension of 
the distribution of these northern mosses. On the other hand it must 
be remembered that the New Zealand flora is a very distinct one, in 
many respects sharply cut of from that of Australia, and that so far 
as Tasmania is concerned there is less likelihood of the mosses in question 
having been overlooked, because there has been, proportionately to the 
size of the country, far more collecting done there than in Australia. 
Of the other parts of the southern hemisphere in which an extension 
of the distribution might be expected, South America is certainly indi¬ 
cated as the most likely region. The south-western part of the con linen 
has strong floristic affinities with New Zealand, and the antarctic land 
connection between the two countries appears to have been the bridge 
by which most of the northern mosses reached the antipodes. 

The subjoined list is of those that are confined to New Zealand, and 
also of a few other mosses whose distribution in this connection deserves 
notice. The information given as to the general distribution is derive 
from the Musci of Brotherus (2nd Edition), but details of countries 
and regions are omitted and the relative continents only are usually 
mentioned in the list. Unless individual mention is made to the contrary 
the species in question has been found in fruiting condition. 

Scania glaucescens (Hedw.) Broth. - Europe, Asia, North America 

and Hawaii. . 

The only finding in New Zealand was some 40 years ago on Mt m 
in the central southern region of the South Island, at 920 m. 


NORTHERN MOSSES IN NEW ZEALAND 


31 


Seligeria Bry. Eur. — Europe, Asia and North America. 

The two New Zealand species are sub-montane (at ca. 600 m.) and 
grow on calcareous rock. One, .S'. Cardotii R. Br. ter., is fairly common 
in the South Island, but has only been found once in the North Island. 
The first and only finding of the other, S. diminula (R. Br. ter.) Dixon, 
was at Castle Hill, Canterbury, South Island. Both species are very 
minute, and an extension of the distribution of 5. Cardotii will probably 
be established as the result of further research. This is less likely however 
in the case of S. diminula because. Castle Hill already has two mosses 
and one phanerogam which are endemic in its very restricted area. 

Eucladium Bry. Eur. — Europe, Asia and North America. 

The New Zealand species, E. irroratum (Mitt.) Par., is not uncommon 
in both islands on wet calcareous rock. It has been found at an altitude 
of ca. 600 M. but speaking generally it is a moss of the lowlands. 

Hymenostylium curvirostre (Elirh.) Lindb. 

The plant from Otago, South Island, that was formerly supposed to 
belong here is however Anceclangium Bellii Broth. 

Crossidium Jur. — Europe, Asia, North America and Perua. 

The Peruvian species are of course technically of the southern hemis¬ 
phere. The New Zealand C. Geheebii (Broth.) Broth, is near the European 
C. chloronotos (Brid.) Jur., but there are differences which are probably 
specific. The only specified station is Napier, North Island, the scene 
of a disastrous earthquake in 1931. There is reason to suppose that other 
unspecified early findings are also referable to Napier, where the moss 
was rediscovered recently on limestone boulders by the sea. Within 
the last century Napier was an island, though it is now completely joined 
to the mainland by earthquake upheaval and artificial reclamation. 
C. Geheebii is a tiny moss and may well have been overlooked in similar 
stations. 

Coscinodon Spreng. — Europe, Asia, North America and Bolivia. 

The Bolivian species are found on the high Andes, and must of course 
rank technically as southern mosses. The New Zealand species, which 
is not yet published, was found on stones in a damp open place on Mt 
Cassidy, Arthur’s Pass, Canterbury, South Island, at 1.400 m. associated 
with Andretea sp. 

Climacium dendroides (Hedw.) Web. & Mohr. — Europe, Asia, Japan 
and North America. 

This appears in the Musci as C. Novx Seelandinz C. M. It is confined 
to the South Island where it has been found in a few high and moun¬ 
tainous parts, and never in fruit. As is the case with the northern plant 
*ts habitat is marshy ground. 

Brachylhecium albicans B. & S. — Europe, Caucasus and North America. 

A recent finding on rock at De la Beche, Tasman Glacier (1.500 m.) 



32 


I. K. SAINSBURY 


in a remote part of the Southern Alps establishes it as indigenous. Other¬ 
wise it has been collected in a few North Island localities, but always 
in association with introduced pasture grasses, and under circumstances 
throwing strong doubt on its native status. Fruit has not been found 
in New Zealand. 

Eurhychium prielongum Hobk. — Europe, Asia, North America, 
Japan, Madeira, etc. 

Collected in several localities in both islands, and appears to be indi¬ 
genous, though in some of its stations it has probably been introduced. 
Barren. 

Lcplodon Smithii (Dicks.) Mohr. 

Has a wide distribution in the southern hemisphere, extending to 
South America and South Africa as well as to Australia and New Zealand. 
It is noticed here because of the remarkable fact that it does not occur 
in North America. Most of the northern mosses confined to New Zealand 
would appear to have found their way south through the North American 
continent, but L. Smithii must have reached New Zealand, as well as 
South America, along some other path. 

Pylaisia Bruch. & Schimp. — Europe, Asia, Japan and North America. 
The New Zealand species, P. australis Dix. & Sainsb., was discovered 
some years ago in Marlborough, South Island, and has not been found 
since. The plant was sterile. 

Hylocomium splendens B. & S. — Europe, Asia, Japan, North Africa, 
Canary Islands etc., North America. 

Although only discovered in New Zealand in recent years this species 
has been found to have a wide distribution in the central and eastern 
mountain range of the North Island, where it has been found in several 
localities growing in abundance at the top of the range, an altitude of 
ca. 1.500 m. So far it has not been reported in the South Island, and 
no fruiting plants have been found. 

Buxbaumia aphylla Hedw. — Europe, Asia, Japan and North America. 
Has been found at Atiamuri, in the central volcanic part of the North 
Island, in moss-covered pumice ground amongst indigenous scrub ; and 
also at Kaingaroa, not far distant, on the bases of introduced trees, 
such as larch and pine. Other species are found in Australia, Tasmania 
and New Zealand, but none belonging to the sub-genus Eubuxbaumia 
to which B. aphylla is referable. 

Polytrichum gracile Menz. — Europe, Asia, Japan and North America. 
There is only one New Zealand record — from Canterbury, South 
Island — where it was collected many years ago. 

P. formosum Hedw. — Europe, North Africa, Madeira, Caucasus, 
Syria, Japan and North America. 

After being found twice in recent years in mountainous parts of the 


NORTHERN MOSSES IN NEW ZEALAND 


33 


South Island, this species was again collected in a similar region of the 
North Island. These are the first records, but further findings in similar 
situations are quite probable. 

It will be seen that of the 8 northern species in the above list which 
are confined to New Zealand one half have never been found fruiting 
in that country, and further that these are all pleurocarpous mosses, 
whilst the fertile species are all acrocarpous. It would however be rash 
to assume that these pleurocarps, with the exception perhaps of Hylo- 
comium splendens, are normally barren in New Zealand, because syste¬ 
matic collecting has been far too scanty to warrant any such general 
conclusion. 



Beitrage zur Kenntnis der nivalen 
Lebermoose der Alpen 

von Helmut Gams (Innsbruck) 


H. B. de Saussure und L. Agassiz, die als erste nivale Flechten vom 
Mt. Blanc und der Jungfrau mitbrachten, Wui.een, Hoppe, Floerke 
und Sch-wegrichen, die 1799 und 1800 nivale Flechten und Laubmoose 
am Grossglockner sammelten, die Briider Schlagintweit, die 1850 
eine Menge nivaler Flechten und Laubmoose aus den Ost- und Westalpcn 
zusammenstellten, Lorentz und Molendo, die auf der Adlersruhe des 
Glockners (3.458 m.) « das letzte Pulsieren des Mooslebens » auf « der 
hochsten sturmgepeitschten Moosstatte Europas » gefunden zu haben 
glaubten, Arnold, der bci seinen vieljahrigen « Lichenologischen Aus- 
fliigen in Tirol » auch Laub- und Lebermoose mitnahm, Bernet, der 
1888 einen ersten Katalog der Lebermoose der Walliser und Savoyer 
Alpen gab, und viele andere Erforscher der alpinen Nivalllora fiihren 
aus dieser nicht ein einziges Lebermoos an. Die ersten Funde soldier 
in der Schneestufe machten 1880-1890 in den Westalpen Carestia, 
Camus u. a., in den Ostalpen R. Wettstein, J. Breidler und F. Stolz. 
Eine langere Liste von nivalen Lebermoosen gibt erst 1913 L. Vaccari 
aus den penninischen und grajischen Alpen, wo er 12 zumeist von Bryhn 
bestimmte Arten iiber 3.000 m. fand ; aber noch 1916 fiihrt K. Mueller 
aus solcher Hohe nur 3 Arten von Gymnomitrium an, die allein nach 
ihm « an den nackten Felsspitzen, die aus den Schneefeldern lierausragen, 
gedeihen ». Vereinzelte Angaben iiber nivale Lebermoose geben weiter 
Heinrich Handel-Mazzetti und F. Kern aus den Ostalpen, J. Amann, 
J. Braun, Th. Herzog und Ch. Meylan aus den Schweizeralpen, aus 
welchen Meylan 1924 bereits iiber cin Dutzend durchwegs akrogyner 
Arten iiber 3.000 m. lcennt. Aus dem ganzen Alpenzug kenne ich heute 
mindesten 27 Lebermoose aus iiber 3.000 m. Hohe, iiber der im grdssten 
Teil der Alpen unter 3.000 m. verlaufenden Schneegrenze mindestens 40. 

I. Die am hochsten steigenden Lebermoose der Alpen 
Den bisher hochsten Lebermoosstandort der Alpen (mit Cephaloziella 
grimsulana und einer weitern Cephaloziella neben 21 Laubmoosen) fand 

J. Amann 1918 am Combin de Corbassiere (Siidwallis) in 3.650 m. Hohe, 



BEITRaGE zur kenntms der nivalen lebermoose DER AI.PEN 35 

den zweithochsten VaccarI am Antener ErzhaupL des Mte. Rosa 3.500 m. 
(mil Cesia corallioides, Pedinophyllurn interruplum, dessen Bestimmung 
allerdings mir und auch Meylan fraglich scheint, und Blepharosloma 
Irichophyllum). Die von K. Mueller u. a. von Wettstein und Kerner 
iibernommene Angabe, dass Cesia ( Gymnomilrium ) corallioides auf deni 
Habicht in Tirol 3.500 m. erreiche, ist irrig, da dieser Berg nur 3.277 m. 
Iioch ist. 

Als dritthoclisten Lebermoosstandort kann ich die CEtztaler Kreuz- 
spitze anfiihren, deren reiche Flechten flora schon 1877 Arnold untersucht 
bat. Bci 3.450 m. fand ich 1938 auf dem Gipfelgrat Cesia corallioides 
und in einer kleinen Mulde die friiher anscheinend nocht nicht iiber 
3.000 m. beobachtete Cesia varlans. Es folgcn mil. 3.400 m. der Piz Linard 
(Barbilophozia gracilis nach J. Braun) und der Mte. Leone ( Cephaloziella 
Slarkii nach Meylan) ; zwischen 3.300 und 3.350 m. die hochsten Lo- 
phozien der Wcstalpen ( Lophozia longidens am Passo Garin nach Vaccari, 
Barbilophozia lycopodioides am Weisshorn iiber Gressoney nach Cares- 
tia). Die Angabe Breidlers fur Aslerella Lindenbergiana « am Manhart 
2.000-3.300 m. » beruht wiederum nur auf einem Schreib- oder Druck- 
fehler, da dieser Berg nur 2.678 m. hoch ist. 

Erst dann schliessen sich an mit 3.277 m. der Habicht ( Cesia coral¬ 
lioides und concinnata nach Wettstein), mit 3.207 m. der Piz Sesvenna 
(Sphcnolobus minulus und Barbilophozia Hatched nach Meylan), mit 
5.200 m. der Ilocheiser in den Hohen Tauern (Cesia corallioides leg. 
Cornelius del. Gams). Dass von den hoheren Gipfeln der Hohen Tauern, 
namenllich vom Glocknerg'ipfel selbst, wo auch ich vergeblich Leber- 
moose gesucht habe, bisher keine bekannt sind, kommt wohl daher, 
dass die meisten von ihnen aus sandig verwitterndem Kalkglimmers- 
chiefer oder nur schwach sauren Griinschiefern bestehen und die meisten 
nivalen Lebermoose streng kalkmeidend sind. Dasselbe gilt auch fur 
Andretea. 

Anthelia Juratzkana soil nach Stolz (bei Jack) im Gepatsch (Kau- 
nertal) bis 3.200 m. steigen. Ich fand sie susammen mit Lophozia alpeslris 
am Marzellkamm (CEtztal) bis 3.149 m., Rubel an der Bernina nur bis 
2.955 m. ; Handel-Mazzetti Anthelia julacea am Becher in Ridnaun 
bis 3.170 m. Ausser weiteren Funden von Cesia corallioides und con- 
cinnala (Venedigergebiet 3.100-3.200 m., Becca di Nona 3.1G5 m. u. a.) 
lolgen mit 3.100 m. der Piz Fliana (Cesia revolula nach Herzog) und 
die Capanna Linty am Mte. Rosa (Leiocolea Mulleri, Sphcnolobus minulus, 
Scapania curia und die beiden Cesien nach Vaccari). Bis 3.060 m. fand 
ich am Marzellkamm Isopaches decolorans, bis 3.050 m. Meylan am 
Piz Sesvenna Tritomaria exsecta, bis 3.040 m. Vaccari in Cogne Barbi¬ 
lophozia barbata und gracilis, bis 3.025 m. Breidler am Sonnblick bei 
Malta Barbilophozia Floerkei mit den beiden Cesien, bis mindestens 


Source: MNHN, Paris 


36 


HELMUT GAMS 


3.000 m. Meylan in den Sclvweizer Alpen ausser schon genannten Arten 
noch Marsupella sparsifolia, Lophozia alpestris und conferlifolia und 
Bazzania Iricrenata ; Kern Lophozia uentricosa und Killias im Unter- 
engadin als hochststeigendes thalloses Lebermoos Metzgeria furcala. 
Von den Marchantiaceen scheinen Marchantia polymorpha und Cono- 
cephalum conicuni nur 2.930 m. (Aostatal nach Vaccari) und Sautcria 
alpina 2.920 m. (Graubiinden nach Meylan) zu erreichen, aus welchen 
Hohen bereits eine grossere Zahl Akrogyner dazukommt. Dass sich diese 
seit 1880 und besonders in den letzten Jahren rasch vermehrt und noch 
vermehren wird, weshalb ich die Aufzahlung nicht weiter fortsetze, ist 
wohl nicht nur auf die bessere Durchforschung der Schneestufe zuriick- 
zufiihren, sondern auch auf das tatsachliche Ansteigen der Nivalflora, 
das schon viele Beobachter festgestellt haben und das in den letzten 
Jahren, entsprechend dem raschen Zuruckweichen der Alpengletscher 
und Ansteigen der Schneegrenze, immer auffalliger wird. So diirften z. 
B. die von mir 1938 auf der Kreuzspitze und auf dem Gipfel des Marzell- 
kamms gefundenen LebermoosstandorLe noch um 1920 unter Firn gelegen 
haben. 

Die bisher ostlichsten nivalen Lebermoosfundorte in den Alpen sind 
der Dachstein ( Sphenolobus minutus bei 2.990 m. nach Hinterhuber), 
der Hochgolling (2.850 m.) und der Sonnblick bei Malta (3.025 m.) in 
der Niedern Tauern (beide mit den beiden nivalen Cesien nach Breidler). 

In systematischer Ubersicht ergeben sich somit bisher folgende Hohen- 
grenzen : 

Metzgeriaceaj: Metzgcria Inrcata (L.) Lindt). 3.000 m. 

Mar-u } (Nees) Lair. 3.500, 3.450 in. 

Cesia eoneinnala (Light!,) Lindb. 3.277, 3.165 m. 

Cesia rarians Lindb. 3.450 in. 

Cesia re valuta (Sees) Lindb. 3.K'0 m. 

i . , i i mi. 3.000 ui. 

Epiruiiianilun ea- : Pnlinui ’ Hun inlcrruptum (Nees) Lindb. 3.500 m. (!)■ 

Sphtnolol Steph. 3.207, 3.100 m. 

Isopaches deealorans iLiinpr.) Buell 3.060 m. 

Leiocolea Miilh’ri (N. ■■<■) Jorg. 3.100 m. 

Lophozia alpestris (-••Ulciehev) Evans 3.149, 3.000 in. 

Lophozia confciiildlia sVhiffner 3.000 m. 

Lophozia venhieom (Licks.) Duin. 3.000 m. 

Lophozia longidens (Lindb.) Maeoun 3.350 m. 

Barbilophozia lyeopoi ioides (Wallr.) Lceske 3.300, 3.050 in. 

Barbilophvzki llatchi (Evans) Lceske 3.207, 3.050 m. 

Barbilophoz"! barbat. (Scbiuidel) Lceske 3.040 m. 

Barbilopho. i (Ortho :ulis Buck) gracilis (Schleicher) Lceske 3.400, 
3.040 in. 

Barbilopho in (Oilhocatdis Buck) Floerkei (Web. u. Mohr) Lceske 3.025 m. 

Tritomaria exsecta (Schmidel) Lceske 3.050, 3.000 in. 

Scapaniacea: : Scapania carta (Mart.) Duin. 3.100 m. 


Source : MNHN, Paris 


BEITRaGE zur kenntnis der nivalen t.ebf.rmoose der ALPEN 37 


Ceplialoziellacese : Cephaloziella grimsulana (Jack) K. Muller u. C. sp. 3.650 m. 

Cephaloziella Starkii (Funck) Schiliner 3.400 m. 

Lepidoziaeefe: Blepharostoma Irichnphyllum (L.) Dum. 3.500 m. 

Bazzania tricrenata (Wahlenb.) Trev. 3.000 m. 

Ptilidiacea;: Antlielia Juralzkana (Limpr.) Trev. 3.200, 3.149 m. 

Antlielia julacea (L.) Dum. 3.170 m. 

II. Zur Verbreitung der Ccsia corallioides (Nees) 

Carr, und der Cesieta. 

Trotz der irrigen Ilohenangabe fur den Habiehtgipfel bleibt die Tatsa- 
che bestehen, dass von alien HepaLicie Ccsia ( Gynmoinilrium ) corallioides 
als die extremste Polsterpflanze unter den arktisch-alpinen Lebermoosen 
am regelmassigsten iiber die Schncegrenze steigt. Ich Kcnne bislier aus 
den Alpen mindestens 15 Vorkommnisse zwi- lien 3.000 und 3.500 m., 
mindestens doppelt so viele als von C. concinnata und omal so viele als 
von irgend einem andern Lebermoos. Sie gehtich seltener als alle andern 
ahnlich hoch steigenden Arten unter die P umgrenze hinunter. Ihre 
untere Grenze schwankt im grossten Teil c' r Zentralalpen zwischen 
2.100 und 1.900 m. Als tiefster Standort in den Ostalpen gait bisher 
der vom Pleschitzgraben am Baclier 1.100 in. (Breidler), der selbst 
tiefer als alle bisher aus den Sudeten und Karpaten bekannten liegt. 

Eine altere Angabe fur Bozen in einem der warmsten Becken Siid- 
tirols (Bausch bei Jack 1898) schien daher iius.serst unwahrscheinlich, 
und doch konnte ich sie selbst 1936 bestatigen : Ccsia corallioides wachst 
tatsachlich auf Porphyrblocken der Eislocher iiber Eppan bei Bozen 
in nur 520 m. Hohe, zusammen mil Sphenolobus minulus und Flechten. 
W. Pfaff, der mit vieljahrigcn 1'emperaturmessungen die Erkliirung 
fur das seltsame Phiinomen gibt (nur 8 Monate mit Mittel iiber 0°, 
auch im Hochsommer nie iiber 5°, somit Temperaturen, wie sie 
normalerweise erst in der alpinen Stufe auftreten), fiihrt aus den 
Eislochern 20 zumeist schon von IIeufler gesammelte Akrogyne an, 
darunter aber nicht unsere Art. 

Obgleich diese demnach in den Alpen eine Vertikalamplitude von 
gegen 3.000 m. hat, ist sie doch nichts weniger als eurytherm, wie es 

B. Cephaloziella Slarkii und Blepharostoma sind, sondern hochgradig 
mikrotherm. Sie wachst z. B. auch in der unteren alpinen Stufe vorzugs- 
weise an Nordhangen, ist aber unter den mikrothermen Lebermoosen 
zweifellos, dank dem dichten Zusammenschluss der oberwarts friih 
absterbenden und ausbleichenden Blatter und der ganzen Sprosse, die 
gegen Austrocknung und Wind- und Schneegeblase weitaus am besten 
geschutzte Art. 

Sie ist wohl von der vorwiegend chasmophytischen, subalpin-alpinen 
C. concinnata als epipetrischer CEkotyp abgezweigt, vielleicht erst im 
Lauf der Eiszciten, Im Gegcnsatz zu Andresea und den Grimmiaceen 


CAMS 


38 HELMUT 

halte ich bei ihr die epipetrische Lebensweise fur durchaus sekundiir; 
ebenso auch, mit Gojgel, den Verlust des Perianths, das bei der dichten 
Beblatterung der Cesien iiberflussig geworden ist. Sporogone scheinen 
ubrigem nur outer der Schneegrenze gebildet zu werden. Wahrend 
C. corallioides auf den Sudgebirgen (nach Hesselbo auch auf Island) 
ganz vorwiegend epipetrisch auf geneigten bis senkrechten Felsflachen 
lebt, besiedelt sie im arktischen Fennoskandien auch schwach geneigte 
bis ebene Schutlboden. Dass sie (und ebenso Andreiea) solche auf den 
Sudgebirgen im allgemeinen meidet, komrnt wohl daher, dass derartige 
Boden dort sehr viel grosseren taglichen Tempcraturschwankungen 
ausgesetzt sind. 

C. corallioides ist wohl im ganzen Zentralalpengebiet von der Steier- 
mark bis zum Daupliine verbreitet, dagegen von den andern sud- und 
mitteleuropaischen Gebirgen bisher nur von wenigen Fundorten bekannt : 
im Westen aus dem Plateau Central und den Pyrenaen (Husnot u. a.), 
im Oaten aus den Sudeten (Nees u. a.) und Karpaten (Szepesfalvy 
u. a.), dem Kaukasus (Kasbek), dagegen noch nicht aus dem Ural. In 
Nordeuropa liegen die siidlichsten Fundorte am Snowdon in Carnarvon, 
auf den Grampian Mountains, in Saetersdal und Valdres. In der Arktis 
ist C. corallioides eins der am weitesten zirkumpolar verbreiteten Leber- 
moose ; sie reicht in Ostgronland bis mindestens 73°30\ an der sibirischen 
Kuste bis 78°20’, im Franz Josephs-Land bis 80°30' (nach Savicz), ist 
aber dabei (so auf Gronland, Island und in Fennoskandien) an den schnee- 
reichen Westkiisten viel seltener als an den schneearmen Ostkusten und 
geht erst auf den Faeroern und im nordlichsten Norwcgen bis zur Kuste 
hinunter. Bei solchen Klimaanspriichen kann sic sehr wohl alle Eiszeiten 
sowohl an den Kiisten Gronlands und Finnmarkens wie auch auf den 
Zentralalpen iiberdauert haben. 

Zu ihren regelmassigen Begleitern gehoren in erster Linie vorwiegend 
epipetrische Flechten (Arten von Ochrolechia, Parmelia, Alecloria u. a.), 
die mit ihr zusammen « Cesiolichen »-Vereine (Vkstergren) bilden, in 
zweiter andere Cesien (besonders concinnata und revoluta) und Andreiea- 
Arten (besonders petrophila), in dritter Grimmiaceen, Dicranaceen 
(besonders Dicranoweisia und Paraleucobnjum) und andere Laubmoose. 
Sowohl im Wallis wie in Tirol fand ich sie mchrmals mit dem Sulfatmoos 
Mielichhoferia nitida (s. Gams 1927 S. 238). Von Algen scheint ein Stigo- 
nema ziemlich haulig vergesellschaftet. 

Bei den von Nordhagen 1936 aus Finnmarken erwalmten basiphilen 
Soziationen mit Cesia corallioides diirften diese wohl schwerlich unmittel- 
bar auf dem Kalkgestcin sitzen. 

« Cesieta pura » hat m. W. zuerst 1887 B. Hui.t aus Enare-Lappmark 
beschrieben, « Cesiolichen »-Vereine T. Vestergren 1902 und Arnell 
und Jensen 1907 aus dem Sarjek-Gebirge. Sie sind auf den ostskan- 


Source: MNHN, Paris 


BEITRaGE ZUR KENNTNIS 


NIVALEN LEBERMOOSE 


ALPEN 39 


dinavischen Gebirgen, wie ich aus eigener Anschauung bestatigen kann, 
fur die obere alpine Stufe ebenso bezeichnend wie die Grasheiden. Ihre 
Zusammensetzung und Vertikalverbreitung behandelt besonders Du 
Rietz 1925 fur das zentralnorwegische Gebirge und 1926. fur das Kebne- 
kaise-Gebiet, wo er 5 Zonen mit Cesiolichen- Soziationen fand, die unterste 
mit Wiesen und Weidengebiischen, die mittleren mit Loiseleuria- und 
andern Zwergstrauchhciden, die oberste mit Cesiolichen allein. Seine 
1924 geausserte Ansicht, dass die Cesiolichen-Veget&tion « den Alpen 
vollkommen fclilt », konnte ich schon in den folgenden Jahren widerlegen, 
indem ich solche in der Silvretta und in den Tiroler Zentralalpen in 
weiter VerbreiLung fand, meist in Verbindung mit Junccta Irifidi und 
Loiseleuriela, also ebenfalls, wie bereits Vestergren festgestellt hat, 
durchwegs an Often ohne langdauerndc Schncebedeckung. 

Dadurch unterscheidet sich C. corallioides scharf von der entschieden 
schneeschutzbediirftigen, vorwiegend chasmophytischen C. concinnala 
und erst recht von C. varians und alpina, die ebenso wie die Anthelien 
und Cephaloziella grimsulana echte Schneebodenmoose sind und damit 
dem Pohlietnm gracilis und Polytrichetum sexangularis naherstehen als 
den Cesiolichen-V ereinen und den diesen okologisch nachststehenden 
und sic oft durchsetzenden Andreieeta. Cesiela varianlis beschreiben u. a. 
Samuelsson 1916 von der I-Iardanger-Vidda, Nordhagen 1927 von 
Sylene, Frey 1922 und Du Rietz 1924 aus dem Berner Oberland. Frey 
bewertct sie als Vorstufe des Pohlietnm gracilis, m. E. kaum mit Recht, 
da auch dieses oft erster Pionier und das Cesietum varianlis oft durchaus 
stabil ist. (Ekologisch verhalt sich C. varians zu C. concinnala ungefahr 
wie Anthelia Juratzkana zu A. julacea, doth scheinen die Cesien im 
Gegensatz zu den Anthelien nie mykotroph zu sein. 

Uber ihre Herkunft sind naturgemass nur Vermutungen moglich. 
Phylogenetisch sind sie wohl jiinger als die besonders auf der Sudhemis- 
phare viel weiter verbreiteten und artenreicheren Andreeeen und Rhaco- 
milrien. Ein praglaziales Entwicklungsgebiet (kaum das einzige) durfte 
urn die Nordsee und das Eismeer herum gelegen haben, von dem aus 
sie, vielleicht wahrend der erstcn quartaren Eiszeiten, die SUdgebirge 
besiedelt haben, doch scheint mindestens fur C. corallioides auch der 
umgekehrte Wcg nicht ausgeschlossen, wie er fur den im grossen ahnlich 
verbreiteten Ranunculus glaciulis immer wahrscheinlicher wird. 

111. Die Hohengrenzen der nivalen Lebermoose innerhalb der Unterzonen 
der Schneestufe 

Norman (1851), Sendtner (1854), Lorentz und Molendo (1864) 
haben bereits innerhalb der Schneestufe oder Nivalrcgion eine untere 
Zone der nivalen Blutenpllanzen und eine obere der Kryptogamen unter- 
schieden. Weitergehende Gliederungen liaben fur die Alpen u. a. Muhry 


40 


HELMUT GAMS 


1879, Drude 1896 und Braun 1913 (vgl. die Zusammenstellung bei 
Schroter 1926), fur Skandinavien Vestergren 1902, Samuelsson 1916, 
Du Rietz 1925 u. a. gegeben. 

Die reine Flechtenzone der hochsten Alpengipfel (Muhrys « atlier- 
mische Region ») enthalt wohl die aussersten Vorposten epipetrischer 
Laubmoose (besonders Griinmiaceen), aber nach den bisherigen Beobach- 
tungen weder Lebennoose noch Bliitenpflanzen. Die darunter folgende 
regenlose « Region des Rieselschnees » (Muhry, Drudes « supranivale 
Formation ») reicht ungefahr von der Grenze der dikotylen Polster- 
p(lanzen, die von etwa 3.300 m. in den Hohen Tauern aufuber 4.000 m. 
in den Fenninischen Alpen ansteigt, bis zu derjenigen von Ranunculus 
glacialis, die in den Zentralalpen ungefahr mit der des reichlicheren 
Vorkommens von Rhacomilrium lanuginosum und andern Grimmiaceen 
zusammenfallt, wogegen am Grossglockner und in Skandinavien Ranun¬ 
culus glacialis hoher steigt als diese. Dieser Zone gehoren wohl die obersten 
Vorposten der genannten Ccphalozicllen und Cesien an, doch habe ich 
selbst solche nie holier als Androsace alpina, somit eine dikotyle Polster- 
pflanze, gefunden, die in den penninischen Alpen mehrfach bis 3.500, 
vereinzelt bis 4.200 m. steigt. 

Muhrys Firngurtel (Drudes <<ir.tranivale Formation », Brauns « Diko- 
tylengiirtel ») ist bereits reich an Moosen und enthalt ncben Grimmiela 
und Andre.Tela bereits auch gutentwickelte Cesiela und in geschutzten 
Felsiitzen die obersten Vorposten von Hypnaceen, Lophozien, Anlhelia 
und Blepharostoma, aber noch keine ausgedehnteren Schneebodenvereine, 
die erst in der subnivalen (infranivalen) Salix he.rbficea-7.onc (Brauns 
nivalem Pionierrasengiirtel) regelmassig auftreten und ihr Optimum 
erst unter der Schneegrenze im supraalpinen Grasheidengiirtel finden. 

Dass basiphile Lebermoose nur so selten in der Schneestufe gefunden 
worden sind, beruht, wie die angefiihrten Vorkommnisse von Pedino- 
phyllum und Leiocolea beweisen, weniger auf allgemein geringerer Eury- 
thermie, sondern darauf, dass sowohl in den Alpen wie in der Arktis 
viel weniger Kalkgipfel als Urgesteinsgipfel die Schneegrenze iiberragen 
und dann meist viel weniger fiir Moose geeignete Standorte tragen. 

Eine wirklich klimatologische Charakterisierung der Unterzonen der 
SchneesLufe lasst sich bei der geringen Zahl meteorologischer Stationen 
naturgemass noch nicht geben. Die fast gleich hohen Stationen Vallot 
am Mt. Blanc, Jungfraujoch und Adlersruhe (alle 3.458-3.460 m.) ohne 
Monatsmittel uber dem Gefrierpunkt liegen in der noch lebermoosfreien 
Supranivalzone ; die Stationen des Hohen Sonnblick (3.106 m.) mit 
2 Monatsmitteln uber 0° und cbenso die der Zugspitze und des Santis 
mit 4 solchen Monaten bereits im Firn- Oder Dikotylengiirtel, die des 
Gr. St. Bernhard (2.475 m.) knapp unter der oberen Grenze des Grashei- 
dengiirtels, Ueber das tatsachlicheKleinklima der nivalen Moosstandorte 


Source: MNHN, Paris 


BEITRaGE zur kenntnis der nivalen lebermoose der ai.pen 41 

fehlcn aber noch jegliche Untersuchungen, da die hochsten Kleinklima- 
stationen, wie die von Muottas Muraigl, bereits der Zwergstrauchstufe 
angehoren und auch die kiirzeren Messungsserien, wie die Wetters 
aus dem Gotthardgebiet, nicht in die eigentliche Nivalstufe reichen und 
zumeist keinerlei Riicksicht auf die Kryptogamenvegetation nehmen. 


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Source: MNHN, Paris 



Sur quelques groupements muscinaux 
de la foret de Huelgoat (Finistere) 

par R. Gaume (Paris) 


Ayant sejourne line semaine environ a Huelgoat, en mai 1934, j’ai pu 
faire un certain nombre d’excursions bryologiques dans la belle foret 
qui avoisine ce village et etudier plus particulierement les groupements 
muscinaux des arbres et des rochers de cette interessante localile. C’est 
le resultat de mes observations que je viens donner dans cette courte 
note. 


I. Le Docteur F. Camus et la Bryologie en Finistere 

Je ne veux pas aborder l’etude des Muscinees d’une localile bretonne 
sans adresser auparavant un hommage emu a la mcmoire du D r Fernand 
Camus qui connaissait si parfaitement la flora bryologique de la region 
bretonne-vendeenne, oti il a fait tant de decouvertes de premier ordre. 
F. Camus a explore attentivement les cinq departements qui constituent 
notre grande province maritime de l'Ouest; il a relativement peu public 
sur la Bretagne en comparaison des tres nombreux documents inedits 
qu'il a laisses, a sa mort, sur cette contree. Pour etre bref, je ne parlerai 
que des travaux et des decouvertes de cet excellent bryologue concernant 
le seul departement du Finistere dont il est queslion ici. Le Finistere 
est de beaucoup le plus riche des departements bretons au point de vue 
bryologique; c’est celui, en effet, qui possede, de par sa situation, le 
climat oceaniquc. le plus accentue. 

Dans unc petite note consacree au Finistere, F. Camus donne une 
liste assez importante des Muscinees rccoltees par lui a Huelgoat; j'ai 
rctrouve beaucoup de celles-ci (-0) (1). Un certain nombre de Mousses 
< t d’Hepatiques du menje departement sont signalees par ce botaniste 
dans un travail concernant la region bretonne-vendeenne (21). Comme 
je l’ai dit precedemment, F. Camus a fait de nombreuses et belles decou¬ 
vertes bryologiques en Bretagne, particulierement en ce qui concerne 
les Hepatiqucs qui y elaienl fort peu connues avant lui; je citerai parmi 
ses trouvailles les plus remarquables en Finistere, celles de : Marsupella 
aqualica (Lindenb.) Schiffn., Alicularia compressa (Hook.) Nees (21), 
Adelanthus decipiens (Hook.) Mill. (19-21), Marchesinia Mackayi (Dum.) 
Gray (18), Jubuta Hulchinsia (Hook.) Dum. (20), Frullania microphijlla 
(Gottsche) Pears. (32) pour les I lepatiques : Sphagnum molle Sull. (12-2(1), 
Brachijdontium Irichodcs (Fuern.) Braithw. (21), Ditrichum subulalum 

11) Les chiffres en caraotSres gees icnvoient il l'inilex bibliographique situcS en Un 
U'ai'ticle. 


Source: MNHN, Paris 



44 


C A UME 


Hampe (21). Cryph.ra Lamyana Mont. (21) (1), Habrodon perpusillus 
(de Not.) Lindh. (20-21). Fonlinalis islandica Card. ((!) pour lcs Mousses. 
Cost encore le D r Camus qui rctrouva dans les Monts d’Arree la station 
du Sphagnum Pylaici Brid., rccollc la par de la Pylaie en 1825, et 
decouvril plusieurs autres localites de cettc rare Sphaigne (12-20); cet 
excellent chercheur fut le premier qui rccolta fertile, a la Breche de Toul- 
an-Dioul pres de Saint-Rivoal, le Fissidens polyphyllus Wils., dont les 
fructifications etaient alors inconnues (20) (2), et ajouta une deuxieme 
localite d'Orthodontium gracile Schwsegr. (entrc Bannalec et Scaer) (21) 
a celle qui elail due a Tanguy fils (Guipavas pres de Brest) (13). 

Le D r Camus decouvril. en Finistere beaucoup d’autres Muscinees 
d'importance moindre, quoique cepcndant interessantes (3); on peut 
citer parmi les Mousses : DicraneUa ccnnculala Schp., I). Schreberi Schp., 
Campijlopus suhulatus Schp., Fissidens erassipes Wils., Grimmia monlana 

B. et S., Rhaeomitrium prolensum Braun, Pallia crinila Wils., Torlella 
nitida (Lindb.) Broth., Amphidium Mougeotii (Br. eur.) Schp., Ortholri- 
chum pulchellum Sm., Schislostcga osmundacea Mohr., Funaria mediler- 
ranea Lindb., Mniobryum albicans (Wahl.) Limpr., Bnjum Donianum 
Grev., Brachythccium Mildeanum Schp., Oxyrhynchium speciosum (Brid.) 
Warnst., Callicrgon siramineum (Dicks.) Kindb., etc. En ce qui concerne 
les Hepatiques, leur nombre est tres grand, etant donne que leur etude 
avail etc presque totalement negligee avant les recherches de F. Camus. 
Parmi les especes les plus remarquables, dont la decouverte en Finistere 
est due a ce bryologue, sent a indiquer, entrc beaucoup d’autres : Gongy- 
lanlhus ericetorum (Radcli) Nees, Eucalyx hyalinns (Lyell) Breidl., Ha- 
plozia pumila (With.) Dum., Gymnocolea inflata (Muds.) Dum., Leiocolea 
lurbinata (Raddi) Buch, Sphenolobus exsectiformis (Breidl.) Steph., Pla- 
giochila spinulosa (Dicks.) Dum., Lc.ploscyphus anomalus (Hook.) Mitt., 
Saccogyna viticulosa (Sm.) Dum., Cephalozia Francisci (Hook.) Dum., 

C. fluitans (Nees) Spruce, Cephaloziella Turneri (Hook.) K. Mull., Odon- 
toschisma Sphagni (Dicks.) Dum., Calypogeia argula Mont, et Nees, 
Lepidozia Irichodados K. Mull., Trichocolea tomentella (Ehrh.) Dum., 
Scapania compacla (Roth) Dum., Sc. gracilis (Lindb.) Kaal., Sc. umbrosa 
(Schrad.) Dum., Madolheca Porella (Dicks.) Nees, M. Thuja (Dicks.) 
Dum., Colura calyptrifolia (Hook.) Dum., Microlejeunea ulicina (Tayl.) 
Evans, Drepanolejeunea hamatifolia (Hook.) Schffn., Harpalejcunea ovata 
(Hook.) Schffn., Fossombronia angulosa (Dicks.) Raddi, Riccia Huebe- 
neriana Lindb., etc., etc. (4). 

Un certain nombre d’autres bryologues ont public sur le departement 
du Finistere ; je citerai parmi eux : de la Pylaie, qui a donne quelques 
indications sur ce departement dans le Bryologia universa de Bridel, 
les freres Crouan (25), Le Dantec (34-35), Boulay (35), Miciol (30), 
de Bonnechose (10), Corbiere (24), Dismier (27), Plcquenard (37-39), 


(1) D’aprds un renseignement in6dit de F. (' 
que revienclrait la d^couveitc du Crypluea Lair 
Quiruperl<$ en 1804, mais non determine fi cette 

(2) D’apres P. Ai.i.oroe, e’est ms i.a Pylaie q 
•phyllux muni de sporogones, en 1822, 4 la Rhi 

(3) Hcnseignements pris dans des documents 
Professeur P. Allorge a eu 1'amal.ilite de m’a 
de bien vouloir accepter ici mes plus sinceris t 

(1) E. Rogez, dans dcs " Notes botaniques su 
1001). cite un Certain nombre de Muscinees trou 


sius, e’est plutot au D r Picquenaro 
•ana Mont, trouvii par lui a up res de 

Uiurait r4coltd, le premier, le F. poly- 
,e (Basses-Pyrenees) (4). 
umuscrits inedits de F. Camus que le 
toriser A consulter, ce dont je le prie 

la Bretagne »(Feuille des jeunes nat., 
ees en FinisWrc par F. Camus. 


Source: MNHN, Paris 



GROUPEMENTS MUSCINAUX DE LA FORINT DE HUELGOAT 45 

le D r Langeron (33). On trouvc egalement quelques renscignements 
sur le Finistere dans les flores bien connues de Husnot et de l'abbe 
Boulay, ainsi que dans divers travaux interessant d’autres departements 
bretons. Je ne donnerai pas ici la liste de ces travaux, ce qui depasserait 
par trop le cadre restreint de la presente note ; pour la meme raison, 
je ne dirai rien des ouvrages concernant la flore vasculaire du Massif 
Armoricain. Le D r Camus etant mort avant d'avoir pu realiser son projet 
d’un catalogue complet des Muscinees de Bretagne, il n’existe aucun 
ouvrage d’ensemble sur cette region (1), 1’une des plus riches de France 
au point de vue bryologique. On ne trouve pas davantage d’etude sur 
la repartition et les groupements des Muscinees bretonnes, qui aurait 
tres heureuscment complete le beau et remarquable travail de M. des 
Abbayes sur la vegetation lichenique du Massif Armoricain (1), et c’est 
grand dommage. 

II. Esqulsse des principaux groupements vegetaux de la foret 

La superficie du massif forestier de Huelgoat serait, d’apres Picque- 
nard (41), d’environ 1.500 hectares (2). Comme dans toutes les forets bre- 
lonnes, le Hetre et le ChSne sont ici les essences dominantes. Le Chene 
pedoncule est tres repandu, alors que son congenere, le ChSne sessile, 
est rare, se localisant sur les pentes seches et bien exposees des coteaux. 
Je n’ai pu visiter, faute de temps, qu’une tres petite partie de la foret 
de Huelgoat, celle qui avoisine immediatemcnt le village de ce nom. 
Sur de nombreux points, j’ai pu constater que des plantations de resineux 
divers (Pin silvestre, Epicea, Sapin) ont remplace les essences autoch- 
tones, modifiant ainsi profondement le paysage. 

Ayant ainsi consacre tout mon temps a 1’etude des Muscin6es, je n’ai 
pu examiner suflisamment la vegetation phanerogamique pour faire ici 
un inventaire complet des principales associations vegetales rencontrees 
au cours de mes excursions en foret. Je dirai simplement que la Chenaie, 
telle qu’elle a ete analysee en Finistere par MM. Tuxen et Diemont (43) 
aux environs de Rosporden et dans la foret domaniale de Kervallon 
pres Brest, existe sur le Granite dit« de Plouaret » aux alentours du village 
de Huelgoat. Cette Chenaie, dans laquelle le Hfitre est abondant, est 
presque partout ruinee, et l’acidite du sol y est decelee par l’abondance 
des bruyeres ( Calluna vulgaris Salisb., Erica cinerea L.) et de l’airelle 
Myrtille ( Vaccinium Mijrtillus L.). Le tapis muscinal, qui seul nous inte- 
resse ici, est, comme a l’habitude, tres pauvre ; dans les parties seches, 
Pleurozium Schrcberi (Willd.) Mitt, est souvent abondant avec Dicranum 
scoparium (L.) Hcdw. ct Polytrichum formosum Hedw. Sur les versants 
des vallons exposes au N, comme tel est le cas sous la belle futaie d’Epicea 
voisine de la « Grotte d’Artus », la fraicheur du lieu favorise le beau devc- 
loppement d’un tapis continu de Rhylidiadelphus loreus (Dill., L.) Warnst. 
qui domine, accompagne de Plagiothecium undulalum B. et S., tous deux 
abondamment fertiles. En raison de l’absence d’humus, le Leucobryum 
glaucum Schp. est rare dans cette Chenaie. 

La Hfitraie, repandue dans toute la Bretagne, est bien representee 

(1) F. Camus a cependant publid un Catalogue des Sphaignes de Bretagne, fait en 
collaboration avec Emile Bureau, travail malheureusement inacheve (11). 

(2) D’apr^s la Statistiquo des forets de Prance do DaUBRiSe, la foret domaniale do 
Huelgoat proprement dite aurait seulement 591 hectares. 


Source: MNHN, Paris 


40 


dans la partie de la foret situee sur les scbistes a nodules et indiquee 
sous le nom de. « Bois de Mainguen ». A eet endroit cependant, des coupes 
severes ont ires fortement eprouve de magniliques futaies, donl il ne 
reste plus que quelques groupcs de tres beaux arbres sous lesquels j’ai 
remarque deux grandcs Hypnacees : Laskeobryum breviroslre (Ehrh.) 
Fleisch. et Thuidium tainariscinum (Hedw.) Br. eur. 

Je ne dirai rien de la Lande a Ajoncs, si evocatrice du pays armoricain ; 
cette Lande, riche en Phanerogames caracteristiques, mais toujours tres 
pauvre en Muscinees sur les sols secs, represente evidemment un stade 
tres avance de degradation de la silve ancestrale. La Lande a Ajoncs 
et a Bruyeres se rencontre un peu partout en lisiere de la foret, marquant 
le terrain que celle-ci a du abandonner. Je n'ai pas eu l’occasion de visiter 
de Bruyeres tourbeuses du type de celles de Goarem-ar-Boulc’h pres de 
Saint-Hcrnin, dont P. Allorge donne un releve, pris h title de compa- 
raison, dans une elude concernant une autre region du secteur armorico- 
aquitanien (3), ou de cedes du Yeun-Elez etudiees par M. Denis (20). 

Comme on pourra s’en rendre compte en consultant ces etudes, les 
Bruyeres tourbeuses sont surtoul riches en Sphaigncs. II m’a cependant 
etc donne d’observer a la tete des vallons, aux sources des ruisselets qui 
sillonnent la foret, des pres mouillcs a Juncus siloaticus Reich, qui sont 
vraiseinblablement, a en juger par leur composition floristique, des Bruye¬ 
res tourbeuses transformer's a la suite du drainage (1). Comme j’ai pu 
le constater en plus d’un point, ces pres marecageux, partiellement inondes, 
passent progressivement a des pres mesophiles a Cynosurus cristatus L. 
et Anthoxanthum odoratum L. au fur et a mesure de l’assechement du 
sol. Laissant de cote la vegetation phanerogamique, cependant tres 
instructive relalivement a devolution du tapis herbace, je citerai seule- 
ment les Muscinees suivantes rencontrees dans ces pres a Juncus silva¬ 
licus Reich. : Sphagnum de la section subsecunda Schlieph., Aulacomnium 
paluslre Schwaigr., Polytrichum commune L., Calliergon slramtneum 
(Dicks.) Kindb. (2) (quelques brins settlement), dans les parties encore 
tourbeuses ; Calliergonella cuspidata (L.) Lceske, Ithylidiadclphus squar- 
rosus (L.) Warnst., dans les endroits mieux draincs. 

Une Aulnaic a Fougeres et a Care.c lievigala Sm. occupe le fond des 
vallons de la foret oil coulenl des ruisselets torrentiels formant, par endroits, 
de jolies cascatelles sur les blocs de granite qui encombrent leur lit. Dans 
les anses tranquilles et au voisinage des suinlements d’eau, cette Aulnaic 
forme de petits marecages tourbeux ombrages dans lesquels les Sphaignes 
sont abondantes; on y rencontre les Mousses suivantes: Sphagnum 
cymbifoliiun Ehrh., Spli. amblyphyllum Russ., Sph. squurrosum Pers., 
Mnium undulalum (L.) Weis, Polytrichum commune L., Eurhynchiim 
Slokesii Brid., Thuidium lamariscinum (Hedw.) Br. eur. C’cst il l’interieur 
de cette Auinaie tourbcuse que se localisent de preference, sur les talus 
suintants et les canalisations qui avoisinent les sources, Hookeria lucens 
Sm., Pcllia cpiphylla (L.) Lindb., Trichocolca lomentclla Dum. 

Le Montielum parait assez repandu le long des filets d’eau d’ecoulement 



siloatlcus Reich, des plantes (1c 


antes de tourbities a 
(L.) Rchb., Anagallis 


(2) Le Calliergon ulramimMin, qui n’nvait pas c-neoi 
RR en Bretagne. En Finistere, E. Caiuts u'en doniu 
avec la mention RRR. 



Source: MNHN, Paris 


GROUPEMKNTS MUSCINAUX DE LA 


DE HUE!GOAT 


47 


des abreuvoirs et sur lc.s gu6s des ruisseaux de la region ; avec Moniia 
rivularis Gmel., tres abondant, se trouvent la les quelques Mousses sui- 
vanles: Philonotis cxspitosa Wils., Ires caracteristique, Caltiergonella 
cuspidata (L.) Lceske, Rhytidiadelphus squarrosus (L.) Warnst. 

III. Groupements muscinaux des arbres, des rochers et des talus 


1. Les Arbres 


La couverturc muscinale des arbres de la foret de Huelgoat, surtout 
dans le fond des vallons au voisinage des ruisseaux, est abondante et 
specifiquernent riche. J'ai surtout examine les forces des Metres qui 
sont nombreux un peu partout, souvent meles aux Chines. Comme 
Picquenard (38) et M. des Abbayes (I) le font remarquer pour les 
Lichens, le developpement vegetatif et la fertility des Muscinees sont remar- 
quables dans les forels de la Basse-Bretagne. A l’ombre d’une belle futaic 
de Hdtre et de Chdne p^doncule, pres de la maison forcsttere de 
la Coudraie, les tronc.s sont garnis d'6pais manchons d'Epiphytes parmi 
lesquelles domine Isothedum myosuroides (Dill., L.) Brid. qui y attcint 
des dimensions inconnues pour cette espece dans la region parisienne. 

La liste globale suivante comprcnd toutes les especes que j’ai rencon- 
trdes sur les troncs en foret de Huelgoat : 


IHcranvm scoparivm Hedw. 

Zygodon viridissimus (Licks.) R. Br. 
Ulota Bruchii Ilornsch. 

VI. crispa Brid. 

VI. phyllantha Brid. 

Orthotrichum striatum Hedw. 

0. LijeUii Hook, et Tayl. 

0. affine Schrad. 

O. pulchellum Sm. 

Hr yum capillare L. 

Bryphtea arhorea (Huds.) Lindb. 
Xeckera crispa (L.) Hedw. 

X. pumila Hedw. 

X. complanata (L.) Huebn. 
Pterogowium gracile Sw. 

IIonialotheciuui sericewn B. et S. 


Isothenium myosuroides (Dill., L.) 
Brid. 

Hypnum cupressiforme L. 

II. cupressiforme v. fdiforme Brid. 
II. resupinatum (Wils.) Broth. 
JMctzqeria jurcata (L.) Dum. 

M. furcata var. prolijera Neos 
Madula complanata (L.) Dum. 
Madoiheca lavigata (Schrad.) Dum. 
Cololejeunea minulissima (Sm.) Soliffn. 
Lejeunea cavifolia (Ehrh.) Lindb. 
Microlejeunea ulicina (Tayl.) Evans 
Drepanolejeunea hamatifolia (Hook.) 
Schffn. 

Harpalejewnea ovata (Hook.) Schffn. 
Frullania Tamarisci (L.) Dum. 

F. dilatata (L.) Dum. 


Ce groupement, tel qu’on le rencontre ici, correspond evidemment 
a V Association a Orthotrichum Lyellii et Neckera pumila que P. Allorge 
signale. dans le Pays Basque (9) et qui est, dit-il, repandue dans la plus 
grande parlie de l’Europe occidentale. Les affinites entre la (lore de Bre¬ 
tagne et celle du Pays Basque sont du reste evidentes. Le caractere eu- 
atlantique de cette association corticicole est encore renforcd ici par la 
presence de nombreux petits Lejeunea et d'Ulota phyllantha. Comme 
dans tous les secteurs atlanLiques, Hypnum resupinatum est tres abondant 
sur les, arbres a Huelgoat et se presente avec des caracteres bien nets. 

•le n’ai pas rencontre le Zygodon conoideus Hook, et Tayl. ; cette espcce 
tuatlantique, assez repandue en Bretagne, existe cependant dans la region, 
car F. Camus l’a trouvdo fertile sur la route de Huelgoat a Saint-Herbot. 

Une particularity qui m’a vivement frappe, c’est l’absence de Leucodon 
sciuroides Schw;egr., que je n’ai trouve nulle part a Huelgoat. Dans ses 
uches manuscrites concernant le departement du Finistere, F. Camus 


cite peu de localites pour cette espece si repandue sur les ecorces dans 
de nombreuses regions ; ce bryologue note meme qu'il n’a pas rencontre 
le Leucodon sciuroides autour de Chateaulin et de Cliateauneuf-du-Faou. 
Dans les departements du Morbihan, des Cotes-du-Nord et de l’llle-et- 
Vilaine, les localites de cette Mousse figurant dans les fiches de Camus 
sont egalement peu nombreuses, ce qui laisse supposer que le Leucodon 
est peu repandu en Bretagne. Je n’ai pas observe non plus Leplodon 
Smithii Mohr, sur les arbres de la foret, pas plus qu’aux alentours, et 
F. Camus ne le cite pas de cette localite; cet auteur fait du reste remar- 
quer (21) que cette espece, mediterraneenne-atlantique en Europe, « bien 
que repandue en Bretagne, y est cependant beaucoup moins commune 
que ne semblent le croire beaucoup de bryologues ; elle devient plus fre- 
quente au voisinage de la Loire et de la Vendee ». 

II est interessant de faire observer ici que, si certains groupements 
muscinaux de Bretagne se font remarquer par la presence, parmi leurs 
constituants, d’especes de la zone silvatique, ou autrement dit de l’etage 
du Hetre, celles-ci paraissent manquer complelement dans les associations 
corticicoles. Les Muscinees de basses monlagnes, qui descendent jusque 
dans les grandes forets de la region parisienne (Compiegne, Villers-Cotte- 
rets, Fontainebleau) et sont repandues dans les hetraies des Vosges, par 
exemple, telles que : Dicramun viride Schp., Orthotrichum slramineum 
Hornsch., 0. speciosum Nees, Ulota Ludwigii Brid., Antitrichia curti- 
pendula Brid., Pterigynandrum filiforme Hedw., Platygyrium repens Br. 
eur., ne se rencontrent pas en Bretagne ou y sont rarissimes. Le Pylaisia 
polyanlha B. et S. manque presque completement en Bretagne ; d’apres 
F. Camus, cette Mousse n’aurait ete trouvee que sur des ceps de vigne 
et, pour cette raison, ne s’eloignerait guere de la Loire (16). Je n’ai ren¬ 
contre nulle part Madotheca plalyphylla (L.) Dum., hepatique frequente 
sur les arbres dans la region parisienne; F. Camus fait remarquer dans 
ses notes manuscrites que cette espece serait bien moins repandue sur 
les ecorces en Finistere que dans la Loire-Infericure et en Vendee. Comme 
a l’ordinaire, les Lejeunea (1) se trouvent ici aussi bien fixes directement 
sur les ecorces que rampant sur les autres Muscinees faisant partie du 
meme groupement: Ilypnum resupinalum, Isothecium myosuroides, Frul- 
lania 7'amarisci, etc. Ces memes petites Hepatiques colonisent parfois 
les frondes des Fougeres ; j’ai trouve a Huelgoat le Microlejeunea ulicina 
tres abondant sur VHymenophyllum tunbridgense Sm. avec Metzgeria 
furcata var. prolifera, et F. Camus signale Harpalejeunea ovata sur la 
m6me plante. M. et Mme P. Allorge, qui ont fait une etude detaillee 
des Hepatiques epiphylles des Azores, citent des cas identiques dans 
ces lies atlantiques (7). 

Je n’ai pas sufiisamment etudie les arbres isoles pour donner une liste 
des especes de l’Association a Torlula papillosa Wils. et Orthotrichuni 
diaphanum Schrad. ; j’y ai cependant observe Torlula papillosa Wils. 
L’ Ulota phyllantha Brid. est beaucoup plus abondant et forme des coussi- 
nets bien plus developpes sur les arbres bordant les routes que sur les 
Hetres et les Chenes de la foret, oil il m’a paru rare et chetif. 

L 'Habrodon perpusillus (de Not.) Lindb., Mousse mediterraneenne- 
atlantique en Europe, qui a ete trouve en plusieurs points du Finistere 

(1) F. Cam 08, dans uno note sur Lejeunea Rossettiana Mass., donne les locality des 
Lejeunea en Finistere (17). 


I.VUX DE LA FORET DE HUELGOAT 


GROUPEMENTS M1I: 


49 


par F. Camus, parail etre une bonne caracleristique de l’Association des 
arbres isoles a Tortula papillosa et Orthotrichuin diaphanum. C’est dans 
cettc association que M. XeGgli range VHabrodon perpusillus dans le 
i'essin (31). C’est encore dans cette association que se trouve Orthotrichuin 
tenellum Bruch. L’ Orthotrichuin Schimperi Hamm, qui appartient aussi 
a ce groupement d’arbres isoles, manque en Bretagne, de meme que 
\'Orthotrichuin obtusifolium Schrad. D’une fa?on generate, les Orthotrics 
sont plus abondants et specifiquement plus nombreux dans 1’Association 
a Tortula papillosa el Orthotrichum diaphanum que dans l'Association 
silvatique a Orthotrichum Lijellii et Neckera pumila; leur disposition 
en coussinets serres leur permet de resister mieux a l’evaporation qui est 
plus grande sur les troncs degag^s. A la base des arbres, on trouve, en 
foret de Huelgoat, quelques especes qui appartiennent plutot k la strate 
muscinale du sous-bois et stelevent sur les racines ou a peu de distance 
au-dessus du sol sur les ecorces; la plupart sont de grandes Hypnac<$es : 
Isothecium viviparum Lindb., Thuidium tamariscinum B. et S., Rhyli- 
diadelphus lorcus (Dill., L.) Warnst., etc. M. T. Wisniewski a decrit, 
en foret de Bialowieza, deux associations differentes de ces Muscinees 
constituant le manchon basilaire des troncs d’arbres (44). 

Un certain nombrc des Muscinees arboricoles, qui figurent sur la liste 
dressee prtcedemment, nc sont pas exclusives de ce genre de. station, 
elles se retrouvent sur les rochers de granite de la foret; telles sont: 
Pterogomum gracile Sw„ Isothecium myosuroides (Dill., L.) Brid., M ado- 
theca Uvvigala (Schrad.) Dum., la plupart des petits Lejeunea, Frullania 
I amarisci (L.) Dum. Je n’insisterai pas davantage sur ces especes a la 
fois corticicoles et saxicoles, P. Allorge ayant fait d’elles une judicieuse 
discrimination (3). 

J ai eu 1 occasion d’examiner la couverture muscinale de quelques 
Hetres dans la foret de Clohars-Carnoet pres de Quimperle en 1935, et 
y ai trouve l’Association a Orthotrichum Lyelli et Neckera pumila iden- 
tique a celle qui vient d’etre decrite pour la foret de Huelgoat; j’y ai 
note la presence des memes especes atlantiques : Ulota phyllantha, Cryphcea 
arborea, Neckera pumila, Hypnum resupinatum, Microlejeunea ulicina, 
Harpalejeunea ovata. 


2. Les Rochers 

Les blocs de granite sont abondants dans la partie de la for£t de Huel¬ 
goat qui avoisine le village (Granite de Plouaret) et a ete amenagee pour 
les promeneurs. Les Muscinees sont nombreuses sur ces rochers, particu- 
lierement sur ceux qui sont ombrages et situes dans le fond des vallons 
boises au voisinage des ruisselets. L'Hymenophyllum tunbridgense Sm. 
est encore assez abondant sur les rochers du vallon de la « Grotte d’Artus », 
la ou M. Guffroy l’a signale (30) (1), et ailleurs dans les environs imme- 
diats. La presence de cette delicate Fougere est un precieux point de 
repere pour le bryologue, car elle indique, la oil on la trouve, une atmos¬ 
phere tres chargee en vapeur d’eau, eminemment favorable aux Musci¬ 
nees atlantiques. 

J’ai surtout explore les rochers ombrages du vallon de la « Grotte 
d’Artus » et de la « Mare aux Sangliers »; ce petit vallon boise, au fond 

(1) M. i>. Chouard signale dgalemeut VU. tunbndgerue Sm. A la « Grotto d'Aitus »(23). 


Source: MNHN, Paris 


50 


ft. iJALMli 

duquel coule un ruisselct torrentiel, m’a paru particulicremenL riche au 
point de Vue bryologique. Sur les rocherS dc granite. Sous le cotiVert des 
arbres; j’ai riicoltc : 

Rhabdoweisia striata (Sehratl.) Kindb. 

Campylopus flcxnosus (Heilw.) Brill. 

IHcmn uni svopariuni Hedw. 

D. Scottianum Turn. 

Mnium, hornum L. 

Plerogonium gracile Sw. 

Heterodadium heteropterum (Bruch) 

Br. eur. 

Cirriphyttilin crassUiervium (Tiijrl.) FI. 

IsotheciuPi myoShroides (Dill.t L.) 

Brill. 

hsopterygium elegdns (Hook.) Linill). 

Pidgiolhecium silvaticum B. et S. 
ilypnuin vkpresSiforilie L. 

Metzgbria eonjugdtd Lllnlb. 

MarSupella emarginaid (Elirh.) Dum. 

Avec les espeees ci-dessus, on rencontre aussi, sur les roehers siliceux 
ombrages de la foret, ctes Mousses lerricoles provenant du sous-bois cnvi- 
ronnant, parmi lcsquellcs les grandes Hypnacees dominent : Pleurozium 
Schreberi (Willd.) Mitt., Plagiolhecium undulatiun (Hedw.) Br. eur., 
Hylocomiurn proliferiun (L.) Lindl)., Rhylidiadelphus loreus (Hedw.) 
War ns l., R. Iriqueter- (Hedw.) Warnsl.. Ltxskeobrywn brevirostre (Ehrh.) 
FI., Tkuidium iamariscinum (Hedw.) Br. eur., Dicranim majus rum., 
Leucobruiini gtaucum (Hedw.) Schimp., Polytrichum formoslim Hedw., 
qui se deVelopperit plutot sut la couverture d'humus qui coifTe certains 
de ces blocs granitiques que sur la roche elle-meme ; ce sonl des humi- 
coles et non des saxicoles a proprement parler. L ’Humenophyllum tun- 
hridgcnse Sm. se localise dans les anfractuosites les plus fraiches de ces 
roehers sur lesquels Umbilicus pendulinus DC. est frequent. L Hymeno- 
phylliuh uriildlerale Bory, que je n’ai pas rencontre, se trouve egalement 
sur Its rdchers de Huclgoal (28-30). 

Le peuplement niuscinal des blocs de granite ombrages de Iluelgoat 
correspond a 1’Association des roehers siliceux a Isothecium myosuroides 
decrite pour la premiere fois par P. Allorge dans la region parisienne (2). 
Par la presence d’especes lilies que. : Dicranum Scotlianum, Plagiochila 
spirullosa, Scupania gracilis, ce groupemenl a id un caractere euallantique 
bien marque, renforce encore par 1'adjonctioii des Hymenophylles. Plagio¬ 
chila spinuloSa et Scapania gracilis sont tres abondants sur les roehers 
ombrages de Huelgoat; ils y torment des touffes etendues et profondes 
frequemment gafnies de perianthes. Le Dicranum Scollianum est assez 
commun et souvent fructifie. 

On remarquera que la plupart des Muscinees qui figurent sur la liste 
ci-dessus comme se trouvant sur les blocs de granite ombrages ne sont 
pas exclusives de ce substratum : Mnium hornum L., Mursupella emar- 
ginata (Ehrh.) Dum., Diplophyllum albicans (L.) Dum. sont plus repandus 
sur les talus ombrages ; un certain nombre d’autres espeees colonisent 
aussi les ecorces. C'est sur des roehers ombrages que F. Camus a trduve 
■i Huelgoat: Cyiiodonliiun Brunloni (Sm.) Br. eur., Cephalozia media 
(= C. lunulifolia Dum.), et le rare Diplophyllum ooalum Steph. (= D. 
Dicksoni Dum.). 11 faut souligner particulierement la presence ici, sur 


Lophozin ventricosa . (Dicks.) Dum. 
Plagiochila asplenioides (L.) Dum. 
P. spinulosa (Dicks.) Dum. 
Loplwcoleu bidentnta (L.) Dum. 
Bazzonid Irilobata (L.) Dray 
Lepidoeia replans (L.) Duili, 
Diplophyllum albicans (L.) Dum. 
Hrapania gracilis (Linah.) Kaal. 
Sc. um brosa (Schvad.) Dum. 
Mtidotheca licvigata (Sc.lirad.) Dum. 
Lejennea carijolia (Ehrli.) Lintlb. 
Microiejeunea ulicina (Tayl.) Evans 
Drepanolejeuned hamatijolid (llook.) 
S cliff n. 

Fnillanid Tantdtisvi (L.) DuuJ; 


Source: MNHN, Paris 


'.r,wi_ , ti.M'.iN I.-, MUM.INAL X DE LA FORET DE HUELGOAT 51 

dcs rochers, du Scapania umbrosa, hepatique montagnafde qui est presqUe 
loujours stricteraeilt lOcalisee sur les souches pourrics ; j’ai trouve cetlfe 
espece sur deux points differents, mais assez rapproches, de la foret 
La dec ° uverU : de cc Scapania a HueJgoat est due a F. Camus (20). Une 
autre Muscinee montagnarde de rochers siliccux umbrages aurait ete 
autrefois recoltOe par Le Dantec en Finistere aux environs de Brest 
iZ re ron°n LA ^ . ( - A 1 Iuscim ' es de f^nce), c'est le Grimmia Harlmani 
Schp. (-1). II est mteressant de signaler ici que plusieurs Muscinees, qui 
sont assez repandues sur leS rochers siliccux umbrages de la region pari- 
sienne, les gres de la ioret de Fontainebleau par exemple, n'ont pas encore 
etc trouvees ou sont rarissimes en Finistere ; telles sont : Orlhodicranum 
montanum (Hedw.) Lceske, Georgia pellacida (L.) Rabenh., Aulacomhium 
androgynum (L.) bchyviegr., Orlhotrichutn rupeslre Schlcich., Sematophylium 
denmsum Mil Dolichotheca silesiaca (Selig.) Fleisch., Sphenolobus 'exsec- 
liformis (Breidl.) Steph., Blephaiosloma trichophyllum (L.) Dum. 

J’ai pu examiner quelques rochers ensoleilles clissemines dans les clai- 
nercs de la Ion?I et dans les landes du voisinage, et ai note sur quelques- 
uns de ceux-ci les especes suivantes qui caracterisent bien l'Association 
a Hedwigiu albicans (Hedw.) Br. eur. : 

Andrecea Rothii Web. et Mohr 
GrUhtnia decipiehs (Schultz) Lindb. 

G. patens B. et L. (RR) 

Ivhacomilrium heterostichum Britl. 


Rhacomitrium lanuginosum Brid. 
Ptychomitrium, polyphyllum Fuern. 
Hedwigia albicans' (Hedw.) Br. eu 
P oly trie hum piliferum Schreb. 


L Andreiva Rothii est assez repahdu et forme des petites taclles noi- 
ratres sur les blocs de granite. Le Rhacomitrium heterostichum est repre¬ 
sente iti par line forme dont les feuilles ont un poil terminal Ires'court 
et des Uges dicombantes; c’est la var. gracUescens B. et S. Le Grimmia 
patens nouveau pour la Bretagne, est une espece montagnarde de plus 
a ajouter a la flore bryologique de cette province (29). Des recherches 
plus attentives m’auraient peut-etre permis de trouver sur ces rochers 
decouverts les especes suivantes signalees en Finistere et qui preferent 
ce genre de station : Dicrdnoweisia cirrata (L.) Lindb., Grimmia campeslris 
Hruch, (,. trichophylta Qrev., Frullania fragilifolia Tayl. Deux Mousses 
assez communes sur les gres eclaires dans la region parisienne, en foret 
de Fontainebleau par exemple, Campylopus introflexus (Hedw.) Mitt, 
el biota amencana (Palis.) Limpr., sont Ires rates en Finistere ; F. Camus 
lait remarquer que la seconde est rarissime dans l'Ouest (22). UHedwini- 

iiun unberbe( Shi.) Br. eur., qui n’a ete trouve jusqu’a present qu’Urte 
seule lois en Bretagne, en Loire-Itiferieure, par E. Bureau (15), est d 
rechercher sur les rochers ensoleilles de la region des Monts d’Arree oil 
sa presence est probable. 

Les blocs de granite qui garnissenl le fond et les bords des ruisseaux 
de la foret possiklehl une [lore muscinale tres interessante. On peut 
distinguer ici, comme l’a fait M. des Abbayes pour les Lichens (I), trois 
mveaux difFrents sounds a une inondation plus ou moins prolongee et 
caractetises chacun par une population muscinale speciale. 

Les rochers qui garnissent le fond du lit des ruisseaux et sont presque 
vante" Ue k ’ mint ^ ^ 1 C ° Urant rapk ' e P r6sefttent k ’ s especes sui- 


Source: MNHN, Paris 


R. GAUME 


Fontinalis antipyretica (L.) Hedw. 
F. squamosa Schp. (1) 
Rhynchoslegium rusciforme Br. eur. 


Scapania undulala (L.) Dum. 
Madotheca Porella (Dicks.) Nees. 


Les Fontinales et Madotheca Porella caracterisent surtout ce niveau 
inferieur le plus souvent inonde. 

La partie moyenne des blocs granitiques, qui emerge cn 6te au-dessus 
des basses eaux et est submergee durant les crues d’hiver ou apres les 
grandes pluies d’orage, est colonisee par le groupement le plus riche en 
especes, conslitue par des Muscinees amphibies pouvant supporter une 
secheresse prolongee. J’ai note h ce niveau : 


Fissidens Curnowii Mitt. 

Grimmia alpicola Sw. var. rivularis 
Brid. 

Bhacomitrium aciculare Brid. 
Didymodon cylindricus Br. eur. 
Thamnium alopecurum (Hedw.) Br. 


Brackythecium plumosum (Sw.) Br. 
eur. 

B. rivulare (Hedw.) Br. eur. 
Hyocomium flagellare (Dicks.) Br. eur. 
Isotheeium rivulare Holt 
Aneura sinuata (Dicks.) Dum. 
Chiloscyphus polyanthus Lceske (2) 


C’est ici que doit se trouver Fissidens pusillus Wils. indique a Huelgoat 
par F. Camus. II n’existe evidemment pas de limite absolument tranchee 
entre les deux niveaux precedents et la transition s’opere souvent insen- 
siblement de l’un a l’autre en ce qui concerne la repartition des especes 
qui les caracterisent. 

Enfin, sur la partie superieure des rochers soumise aux eclaboussures 
de l'eau se rencontrent des Muscinees recherchant une atmosphere saturee 
d’humidite ou simplement la fraicheur: 


Mnium punctatum (L.) Hedw. Conocephalum conicum (L.) Dum. 

M. undulatum (L.) Weis Saccogyna viticulosa (Mitt.) Dum. 

Eurhynchium Stokesii B. et S. 

Grimmia alpicola var. riuularis, Rhacomitrium aciculare, Brachythecium 
plumosum, Fontinalis squamosa sont communs dans les ruisseaux de la 
foret. I,'Isotheeium rivulare, espece atlantique signalee par P. Allorge 
dans le Pays Basque (9), n’avait pas encore ete indique en Bretagne 
a ma connaissance. Pour beaucoup d’auteurs, VI. rivulare n’est qu’une 
variete hygrophile de VIsotheeium myosuroides ; cette plante attire 1’at¬ 
tention par sa couleur d’un beau brun dore. Le Fissidens Curnowii, dont 
les jeunes feuilles d’un vert glauque tranchent sur les feuilles plus agees 
d’un vert brun, parait assez frequent a Huelgoat; M. Potier de la 
Varde, qui a trouve ce Fissidens a la Roche Maurice (Finistere), pense 
qu’il est assez repandu en Bretagne (-42). Le F. Curnowii, indique au Pays 
Basque par P. Allorge (8), est, d’apres lui, une espece euatlantique. 
On peut encore souligner la presence ici de Didymodon cylindricus, espece 
nettement montagnarde, dont la decouverte a Huelgoat est due h F. 
Camus. CHaplozia pumila (With.) Dum., signale a Huelgoat par ce meme 
bryologue, doit se rencontrer sur les rochers du lit des ruisseaux. Enfin, 
pour en terminer avec les Muscinees rheophiles, je dirai qu ’Amblystegium 
fluviatile B. et S. et deux Hepatiques nettement montagnardes, Alicularia 


(1) Lc /■'. squamosa Schp. a ete trouviS fertile ft, Huelgoat par M. Potier de la Varde 
(20). 

(2) C’est aussi ft ce niveau que se trouve Fissidens polyphyllus Wils. signal* en plu- 


Source: MNHN, Paris 


GROUPEMENTS MUSCINAUX DE I,A FORET DE HUELGOAT 53 

compressa (Hook.) Nees et Marsupella aquatica (Lindenb.) Schiffn., ont 
dte recoltes en Finistere dans 1’Elorn par F. Camus (21). 

Je n’ai pu retrouver le Jubula Hutchinsix (Hook.) Dum. au voisinage 
de la cascatelle ou l’avait decouvert F. Camus : cette jolie Hepatique, 
que Mmc P. Allorge a recoltee dans une station identique & la Rhune 
(Basses-Pyrenees) (5), se rencontrera peut-etre ailleurs en Bretagne, 
ainsi que Dumorliera hirsula SchfTn., sa compagne habituelle, qui reste 
a trouver dans le Massif Armoricain. 

Des rochers suintants doivent probablement exister dans la forSt de 
Huelgoat; c’est 1& que Ton pourrait observer, avec Sphagnum quinque- 
farium Warnst., indique dans cette locality par F. Camus, Rhacomitrium 
prolensum A. Br. et Amphidium Mougeotii (Br. eur.) Sclip., rencontres 
sur d'autres points du Finistere. F. Camus fait remarquer que I'Amphi- 
dium Mougeotii est tres rare en Basse-Bretagne (20). 

3. Les Talus 

Les talus ombrages de la for&t hebergent les Muscinees habituelles 
a ce genre de station qui constituent l’association decrite par P. Allorge 
dans le massif de Multonne (3); on trouve, surtout dans les parties 
abruptes, les especes suivantes : 

Pogonalum aloides P. B. 

P. urnigerum P. B. 

Diphyscium foliosum Mohr 
Ditrichum homomallum Ilampe 
Dicranella heteromalla Schp. 

Pissidens bryoides Hedw. 

Bartramia pomijormis Hedw. 

Mnium hornum L. 
hopterygium elegans Lindb. 

Reboulia hemispharrica (L.) Raddi 
Marsupella emarginata (Ehrli.) Dum. 

Calypogeia argula parait plus particulierement localise dans les anfrac- 
tuosites du sol. Lorsque les talus sont en pente douce, ils sont envahis 
par les grandes especes des parties plates du sous-bois : Polylrichum 
formosum Hedw., Dicranum scoparium Hedw., Dicranum majus Turn., 
Eurhynchium striatum B. et S., Thuidium lamariscinum B. et S., des 
Plagiothecium, des Rhytidiadelphus, etc. 

IV. L es elements de la /lore bryo/ogique du Finistere 

Le Finistere, plus encore que les autres departements bretons, est 
caracterise par le grand nombre de Muscinees atlantiques (& divers 
degres) que l’on y rencontre ; le climat doux et tres humide de ce departe- 
ment est tout a fait favorable aux plantes appartenant a cette categoric. 
Les especes euatlantiques sont bien representees en Finistere, ainsi que 
les euryatlantiques et les subatlantiques, mais les m^diterraneennes- 
atlantiques, dont le nombre est plus grand, refletent mieux encore les 
conditions metdorologiques de la peninsule armoricaine. 

Parmi les especes euatlantiques trouvees en Finistere, il faut citer: 


Alicularia scalaris (Sclirad.) Corda 
Haplozia crenulata (Sm.) Dum. 
Lophezia bicrenata (Schmid.) Dum. 
Lophocolea bidentata (L.) Dum. 
Cephalozia bicuspidata (L.) Dum. 
Calypogeia Trichomanis (L.) C'orda 
C. arguta Nees. et Mont. 

Lepulozia replans (L.) Dum. 
Diplophyllum albicans (L.) Dum. 
Scapania compacta (Roth) Dum. 


54 


ft. GAUME 


Oampylopus subulatus .''dip. 
Dicranum Scotliqnupi Turn. 

Fissidens algarvicus Splnis 
F. ('urnpyii Mitt. 

F. polyphyllus Wils. 

Pottia crinita Wils. 

Trichoslomum Uttarqle Mitt. 

Zygo.don copgideua Hopk. et Tayh 
Orlhodonlium gracile Seliwtcgr. 
Uryphsea Lamyana Mont. 
Eyacomium fagellare (Dicks.) Br. eur. 


Isothecium rivulare Holt 
Plagiophila spinulosa (Dicks.) pum. 
Adelanthus decimeps (Hook.) Mitt. 
Lcpidozia pinnata (Hook.) Dupi. 
Scapcmia gracilis (Lindb.) Kaal. 
Colura calyptrijolia (Hook.) Dum. 
Drepanolejcunea hamalijolia (Hook.) 
Seliiff. 

Jubula Hulehinsiic. (Hook.) Dun). 
FrnUania microphyUa (Gottsdie) Pears 
Marchesinia MaCkayi (Dum.) Gray 


A pote ties especes de la liste ci-dessus, qqj sont, pour la pluparl, Iiini- 
tees aux differenls secteqrs atlantiqqes de ( Europe et a la Macaronesie, 
il ep existe qn plus grand nombrp qui penelrent plus ou inoins profonde- 
ment en Europe Centralc qu nieme se retrouvent hors d’Europp ; ce sont 
les subatlantiqueS et les euryatlantiques. Ces especes atlantiques de 
second ordre sont repandues en Bretagne, particulierement en Finistcre ; 


on peut mentionner pour ce (lepai 

Andreiea Rotliii Web. ei Mohr. 
Cynadontium Bruntoni (Sin.) Br. eur. 
Cqmpylopus atrovirens tie Not. 

C. brevipilus Schp. 

C. fragUis B. et S. 

Fissidens pusiUus Wils. 

Qrimmia deripiens Lindb. 
Plyvhomitrium polyphyllum Puern. 
Leplodontium flexifolium (Dicks.) 
Hampe 

I lain phyllantha Brid. 

Orthotrichum pulchcllum Sm. 
Diphyscium joliosum Mohr 
Fontinalis squamosa L. 

Cryphwa arborea Lindb. 

Eoolceria lucens Sm. 


>ment les suivantes : 

Hcterodadium heteropterum B. et S. 
Sderopodium c&spilosum B. et S. 
I'lagiothecimn undulatum B. et S. 
Isopterygium elegqps (Lindb.) Broth. 
Hypnum resupiuatum (Wils.) 
Sphagnum molle Still. 

Sph. Pylaiei Brid. 

Fossombronia pusilla (L.) Dum. 
Odonioschisma Sphagni (Dicks.) Dum. 
Calypogeia argnta Nees et Mont. 
Sacco gyna viticidosa (Sm.) Dum. 
Madotheca Porella (Dicks.) Nees 
Microlejeunea ulicina (Tayj.) K.vans 
Harpalejeuneq ovata (Hook.) Sehifin. 
Riccia Euebeneriana Lindenb. 


Enfin, les esp&ces qui ont leur centre de dispersion dans la region 
mediterraneenne el empruntent les seefeurs atlantiques pour remontcr 
vers lc Nord sont nombreuses en Finistcre oil ellps trouvent un climat 
qui leur est favorable ; parmi ces iqediterraneennes-atlantiques, il convient 
tie citer : 


Ditrichum subulalum Ilainpe 
Tortula atrovirens Lindb. 

T. cwneijolia Rotli 
T. marginata Spruce 
Tortella nitida (Lindb.) Broth. 
Trichoslomum flavovirens Bruch 
pialytrichia inucronqtu (Bri|l.) Ljmpr. 
Funqria atlenualu Lindb. 

Philonotis rigida Brid. 

Epipierygium Tozcri Lindb. 

Bryypi alpinum Iluds. 

B. Doniqnum Grev. 

R. murglc Wjls- 
P{erogonium gracile Sw. 


IIabmdoq per.pusiUus Ljmjl|. 
Leptodon Smithii Morh 
Sderopodium illecebrum B. et L. 
Oxyrhynchium pumiluiq (Wils.) Broth. 
Scorpiurium circinatum (Brid.) 

Riccia nigrella DC. 

Fossumbrunia anqulom (Dicks.) Raddi 
Gopgylanlhus ericelorum (Raddi) Neep 
Lfiocplea turbinata (Raddi) Buell 
Cephalonella Turneri (Hook.) K. M. 
Scapania c.ompaeta (Roth) Dum. 
!\Ia<lotbera Thuja (Dicks.) Dum. 
Colfilejeunea mingljssiyuf (ginith) 
(Spruce. 


F. Camus fait remarquer que beaucoup de ces ospecos mediterraneennes 
d’origine sont plus repandues sur les coles qu’a l'interieur du departe- 
meni ( 16 ). 


Source: MNHN, Paris 


GROVPKMKNTS Ml.'SCTNAUX DE LA FORET DE HUELGOAT 55 

Quelques Muscine.es monlagnardes appartenapt a la zone silyatique 
existent aussi en Finistere. Les plus notables sonl : Trichodon r.ylindricus 
Schp., Brachydonlium trichodes (Fuern.) Braith. W., Fissideris osmun- 
doides Hedw., Grimmia Harlmani Schp., G. patens B. et S., Rhqcomitrium 
fasciculare Brid., Didymodon cylindricus B. et S., A/nphiditup Muuyeolii 
(Br. eur.) Schp., Drepanocladus uncinalus (Hedw.) Warnst., Marsupella 
aipialica (Lindenb.) Schiff., Alicularia compressa (Hook.) Nees, Lepidozia 
Irichocladas K. M. ( Scapania unibrosa (Schrad.) Buip. 

Commc le fait reinarquer M. des Abbayes poup les Lichens (1), la 
presence d’especes montagnardes en Bretagne est due a l'humidite 
atmospherique qui regne dans ce pays et non pas a l’altitude (1) qui est 
negligeable, puisque le point culminant de cette province est le mont 
Saint-Michel d'Arree qui a seulement 391 in. Pour F. Camus, ja vegetation 
silvatique de la partie montueuse de la Bretagne est due moins a 1’altitude 
qu’au sol plus loprmente qui fournit abondamment aux especes qui les 
reclament c}es stations qu'elles ne frouvent que 4,6 loin en lpin dans les 
parties voisines de la mer (16). 

En raison de l’absence presque complete de sols calcaires en Bretagne, 
beaucoup d.e Muscinees calcicoles, communes dans la region parisienne 
par exemple, manquent ou sont tres rares daps le Massjf Armqricain; 
ces especes-sont Iocalisees sur les sables maritimes, oil les debris de coquil- 
lages fournissent du carbonate de chaux, spr le mortier des murs ou encore 
dans les rares eontrees ou les roches calcaires affleurent. 

Certaines especes calcifuges, frequentes dans d’autres regions, n’ont 
pas encore, a ma connaissance, etc signalees en Fipisterp ; telles sont: 
Dicranuni spurium Hedw., qui existe en Ille-et-Vilaine (14), Orlhodicrannm 
flagellare (Hedw.) Loeske, 0. moplanum (Hedw.) Lc.eske, Ditrichum palli¬ 
dum (Schrad.) JIampe. D'aulres de ces especes silicicoles sont tres rares 
dans cc memo departement : Campylopus intro flexps Brid., Weber q nutans 
Hedw., Breidleria arcuata (Lindb.) Loeske. Enfin, Semalophyllum demissum 
Mitt, n’a encore ete trouve nulle part en Bretagne. 

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33. Langeron (IP M.). — Contribution a l’dtude de la Flore du Finistdre 

(Bull. Soc. acad. de Brest, 1898, 14 p.). 

34. Le Dantec. — Mousses nouvelles pour le Finistdre (Bull. Soc. itudes sc. 

du Finistire, 1879, p. 55-58). 

35. Le Dantec et Boulay. — Catalogue des Muscindes des environs de Brest 

(Rev. bryol., 1881, p. 1-19). 

36. Micioi- — Bur quelques Mousses nouvelles pour le Finistdre (Bull. Soc, 

itudes scient. du Finistire, 1880, p. 96). 


GROUPEMKNTS MUSCINAUX DE LA FOR^T DE HUELGOAT 57 

37. Picquenard (D r Ch.-A.). — Additions la flore bryologique de Bretagne 

{Rev. bryol., 1897, p. 28-29). 

38. Picquenard (D r Ch.-A.). — La vegetation de la Bretagne etudioe dans ses 

rapports avee 1’atmosphere et avee le sol. These Paris, 1900. 

39. Picquenard (l) r Ch.-A.). — Session de l’Association fran$aise de Botanique 

dans le Finist&re (Bull. Assoc, fr. Bot., 5 C aimfe, 1902). 

40. Picquenard (D r Cli.-A.). — Lichens du Finistere (Bull. Acad, internal. 

Giogr. bot., 1904, p. 1-48 et 109-132). 

41. Picquenard (D r Ch.-A.). — Remarques sur la vdgetation lichenique du 

massif forestier du Huelgoat (Finistere et Cotes-du-Nord) (Bull. Soc. 
sclent, de Bretagne, 1935, p. 153-156). 

42. Potier de la Varde ( R.). — Contribution a la flore bryologique des Cotes- 

du-Nord (Bull. Soc. sc. nat. Ouest de la France, 2 e serie, 9, 1909). 

43. Tuxen (It.) et Diemont (W. H.). - Weitere Beitriige zum Klimaxproblem 

des Westeuropaisehen Festlandes ( Mitteilungen des N aturwissenschajt ■ 
lichen Vereins zu Osnabriick, 1936). 

44. Wisniewski (T.). — Les associations des Mu.scinees (Bryophytes) Epiphytes 

de la Pologne, en particulier eelles de la foret vierge de Bialowieza (Bull. 
Acad. Polonaise des Sc. et Lett., Serie B : sc. nat., 1929). 



La Vegetation bryologique 
de la Chataigneraie du Cantal 

par le D r P. Duclos (Moret-sur-Loing) et L. L.wergne (Maurs, Cantal) 


La Chataigneraie cantalienne occupe 1c versant meridional du Massif 
Central, au sud de la ligne de partage des eaux Cere (Dordogne) et Cele 
(Lot). 

« La Chataigneraie n’est pas une region naturelle, mais un nom de 
pays, ne. de la vie rurale. Les paysans du Massif cantalien qui l’ont cree 
l'appliquent d'une fa?on stride a la contree d’Auvergne qui vit essen- 
tiellement du Chataignier : le canton de Maurs et une partie de ceux 
de Montsalvy et de Saint-Mamet » (6). 

Territoire d’elude. — C’est sur cette region centrale de la Chataigneraie 
qu'ont porte nos recherches : un quadrilatere ayant pour limites, au S 
le cours du Lot de Vieillevie (Cantal), en amont, jusqu'a Port d'Agres 
(Aveyron) et Livinhac-le-Haut en aval; a l’W le cours de la Veyre ; 
& 1’E le cours de TAuze, au N les limites du bassin de reception de la 
Ranee et du Cele, quadrilatere centre par la ville de Maurs. 

Geologic, hydrologic, climal. — Au point de vue geologique, la region 
est constitute par le socle cristallin de l'Auvergne : schistes a sericite 
avec filons de quartz, localement seulement granite et dans Tangle sud- 
ouest, porphyrites basiques du houiller. A Maurs s’etablit un bassin 
lacustre oligocene avec assises superposees de sables quartzeux, argiles 
et calcaires tongriens. 

Le versant meridional du Massif cantalien se presente comme un dome 
surbaisse de plateaux mollement ondules portant un vert manteau de 
Chataigniers oti nos recherches se sont poursuivies & l’altitude generate 
250-450 m. Ses pentes sont rapides, une multitude de sources dcvalent 
en ruisseaux torrentiels a gorges tortueuses orientees generalement N-S. 
Les grands collecteurs Ranee, Cele sont diriges du NE-SO, le Lot, E-W. 
Dans Tensemble, notre territoire d’etudes represente le bassin superieur 
du Cele. Toutes ces rivieres conservent un caractere torrcntiel, des eaux 
limpides, a faible mineralisation. 

Cette abondance des eaux resulte de Timportance des precipitations 
atmospheriques qui caracterise l’ouest du Massif Central : Maurs regoit 
une moyenne annuelle de 1.003 mm. de pluie ((5). La vallte du Lot est 
deja moins arrosee avec 6 & 800 mm. annuels. 

Quant au climat, il est deja beaucoup plus chaud que le climat auver- 
gnat classique : la moyenne annuelle de Maurs est de 10°6 (30), avec 
des etes chauds et secheresse regnant souvent de juillet a septembre : 
toutes conditions d'etes submediterraneens expliquant Tempreinte mcri- 
dionale regnant sur la vegetation du bassin oligocene. 



VEGETATION BRYOLOGIQUE DE LA CHATAIGNERAIE DU C.ANTAL 59 

Historiquc. — La Bryologie de notre region a ete etudiee par Frere 
IIeribaud Joseph qui a consign^ le resultat de ses recherches dans son 
ouvrage fondamental « Les Muscinees d’Aiivergne » (22). II cite les recpltes 
de deux bryologues locaux : j’abbe Fuzet el .1. Jouve, qui ont parcouru 
noire region, mais sans laisser de documents ecrits (22). 11 faut y ajouter 
le nom du Frere Saltel, qui a explore egalement le S-0 du Cantal (32). 

Plan el syslematiqu-. — Region siliceuse avec la Chataigneraie propre- 
ment elite, region calcaire des Buttes du Bassin oligocene seront les grandcs 
divisions de la flore bryologique etudiee. Au point dq vue systematique, 
nous avons adopte la nomenclature de Brotherus (8) pour les Muscinees, 
de W arnstorf (33) pour les Sphaignes, de Kar) Muller (33) poqr les 
Hepatiques- En ce qui concernc les Groupements et Associations, nous 
suivrqns la nomenclature etablie par P. Allorge (1). 


I 


La Chataiqneraie 


Groupements silvatiques 


Les plateaux du socle cristallin du Cantal meridional et les flancs des 
ravins qui en cjcscendeqt sont fortement boises : taux du boisement 
18.8 pour le canton de Maurs ((»). Sur les schistes cristallins le Chataignier 
est l'essence dominante. En altitude, il ne depasse pas 700 m. en general, 
e’est-i-dire la limite superieure de la zone silvatique inferieure. 

Le Cbene pedoncule n’cxiste qu’& l’etat disperse le long des ruisseaux 
ou sur les pentes. II ne forme guere de massifs purs : nous avons parcouru 
ceux de la Vaysse pres Leynhac, du Vert et du Pechaire pres de Maurs, 
les garennes des buttes oligocenes, tous de peu d’etendue. 

Le Hetre est encore plus rare h ces basses altitudes : un fragment de 
Hetraie notamment existe vers le Pont des Ramiers a Leynhac. 

La Chataigneraie est constitute par des peuplements peu denses d’arbres 
dont le facies s’apparente a celqi du Cbene pedoncule. Mais le couvert 
y est beaucoup plus compact que dans la Chenaie. Partout un fourre 
dense de Pleris couvre le te rain. 

La vegetation muscinale est par suite, mal representee dans la Chatai¬ 
gneraie des plateaux, station relativement seche, mal eclairee, a h l U llus 
peu abondant, & sol caillouteux. Les Pleurocarpes xerophiles y doppqent: 


II /ilovomiuni vroliferum. 
Pleurozium Snhrpberi. 
Phi/liadel'phus lore us. 
l/hytiadelplius triquetrm. 


Ilypnum cupre.mfqrme. 

Th n idi urn tamarisc i n u til. 
Polytrichum jormosura. 
Dicranum seoparium. 


Absence de Dicranum spyrium, de Dicrartum undul(d\ur\, des Campy- 
lupus, et grande rarcte de Leucobryam (nous n’avpps releve que trois 
stations seulemqnt de L,eucobryum dans la Chataigneraie)- 
Les bruyeres et landes a Sarolhamncs monlrent |es xerophiles hanales : 
Pulytrichiun piliferum, Polylrichum juniperinum et Ceratodon purpureas, 
Les talus des sentiers fournissent quelques autres especes, IJepaLiques 
surtout, appurtenant aux groupements silvatiques des talus siliceux ; 

Poi/onatum aloides. Diplophyllum albicans. 

/' issidens bryoides. Calypofleia Irichomanis et yar. fiysfi. 


Source: MNHN, Paris 


P. DUCT-OS F.T T-. I-AVF.RGNE 


60 


Dieranella. heteromalla. Lophorolea bidentata. 

Pleuridium subulatum. Lepidozia reptans. 


Parfois les sentiers des bruyeres, sur les pentes, presentent dans des 
zones argilo-sableuses des creux humidcs ou l’eau sejourne et c’est la 
station d un petit groupement d'especes, quelques-unes subatlantiques, 
fragment probable, de Cicendielum : 


Calharinxa angustata. 
Bryum eryth rocarpum. 

A rch idi inn alterni folium. 


Haplozia crenulata. 
Cephalozia bicuspidata. 
Fossombronia Wondraczehi. 


Calharinxa angustata est frequent dans les stations de ce genre, mais 
presque toujours sterile. De ces especes est a rapprocher Prionolobus 
Turneri que nous avons observe sur le talus siliceux humide d’un fosse 
(sables quartzeux oligocenes), chemin de Maurs a Montagnac, associe 
aux especes precedentes : Calharinxa angustata c. fr., Fossombronia 
Wondraczeki, Pleuridium subulatum. Cette Hepatique, subatlantique 
mediterraneenne, est nouvelle pour l’Auvergne. 

A la pauvret^ de la strate muscinale qui caracterise la Chataigneraie 
des plateaux s’oppose le tapis muscinal luxuriant des Ch&taigneraies 
des pentes et des vallees. I-a, les conditions ecologiques changent: dans 
l’etroitesse habituelle des ravins ombrages, les sources et ruisselets mul¬ 
tiples entretiennent une humidite constante de l’air. La Chataigneraie 
descend jusqu’au fond des thalwegsen se transformant en un peuplement 
mixte aboutissant a l’Aulnaie des pentes ; station obscure et humide oil 
la vegetation muscinale est luxuriante, les grandes Mypnacees sociales 
mesohygrophiles, presque toujours en bel etat de fructification, forment 
un tapis continu : 


Coiliergonella cuspidata. 
LasJceo bryum brevirostre. 
Eurhynchium Stokesii 

Mnium undulalum. 
Mnium affine. 


Eurhynehium striatum. 
Brachythecium Rutabulum. 
Plagiothevium denticulatum. 

Cathariniea undulata. 
Plagiochila asplenioides. 


Sur les talus humides et suintants, la strate muscinale n’occupe guere 
que les espaces denudes, sables humides que recouvre un tapis dense 
d'Hepatiques vert pale d’oii emergent les pedicelles rouge vif de Fissidens 
bryoides : 


Calypogeia Trichomanis. 
Calypogeia arguta. 

('ephaluzia biouspidata. 
Haplozia crenulata. 


Alicularia scalar is. 
Diplophyllum o blusifolium. 
Diplophyllum albicans. 
Bcapania nemorosa. 


Des suintements et points sourceux sont indiques par un peuplemenL 
dense de Mnium punclutum. 

A la base de ces talus, vers les fosses remplis d’eau, quelques especes 
bygrophiles apparaissent : 

Pellia epiphylla. Brachythecium rivulare. 

Fegalella conica. Brachythecium plumosum. 


Dans les stations plus eclairees, le long des chemins d£gages et des 
routes, surtout sur les argiles infra-tongriennes, on voit: 


Source: MNHN, Paris 


VEGETATION 


LA CHATAIGNERAIE 


61 


Fossombronia Wondraczelci. Fissidens bryoides. 

Eiccia glauca. Fissidens exilis. 

Parmi cette florule, deux especes sont a remarquer : 

Calypogeia argula est unc espece nouvelle pour 1’Auvergne. Eu-atlan- 
tique, elle caracterise le climat des vallons de la Chataigneraie oil elle 
est d’une frequence remarquable. Elle est facilcment discernable sur 
place, meme melangee a Calypogeia Trichomanis, par sa taille plus grele, 
ses feuilles rectangulaires et bidentees, translucides et brillantes en meme 
temps que convexes sur le dos. Elle semble toutefois preferer les espaees 
vides, plus humides, les points sourceux. 

Fissidens exilis est aussi une espece digne d’attention. Bien que disse¬ 
nting dans l’O de la France (2'«), il semble tres rare dans le Massif Central 
[une seule localite dans le Puy-de-Dome (22)]. 


Groupements arborlcoles de /a Chataigneraie 

Les conditions climatiques sont tres differentes dans la Chataigneraie 
xerophile des plateaux et la Chataigneraie mixte des pentes. Dans celle-ci, 
couvert dense et voisinage des ruisseaux torrentiels creent une elevation 
de l’etat hygrometrique de l’air qui favorise le developpement de 1’Asso¬ 
ciation corticole sciaphile a Ulola ulophylla. Les constituants sont unifor- 
mement repartis sur les trois essences de la Chataigneraie mixte : Cha- 
taignier, Chene pedoncule, Aulne glutineux. L’ecorce du Chataignier 
participe d’ailleurs aux caracteres de l'ecorce des deux autres. Le tableau 
suivant indique la composition generate de cette Association. 


Associations corticoles de la Chataigneraie 


Caraeteristiques 

Ulota ulophylla . 

Ulota Bruchii . 

Ulota Ludwigii . 

Orthotrichum Lyellii . 

Orthotrichum speciosum ... 
Orthotrichum stramineum .. 

'/.yyodon conoideus . 

t'ryphxa arborea . 

1’latygyrium repens . 

Microlejeunea ulicina . 


1 2 3 4 5 6789 

Ca A Ca Q A Ca Qu Ca Qu A A Qu Qu Qu 


+ + +++ ++ + + + 
+ + 

+ + + + 


+ 

++ +++ ++ 
++ +++ ++ 


+ + + 


Accessoires 


Zygodon viridissimus. 


Frullania fragUifolia . + + 

Frullania dilatata . ++ + + 

Metzgeria furcata . + + -f + + 

Leueodon sciuroides . 

Feckera < omplanata . 

if. cupressiforme filijorme .. . + + + + 4- 


+ + 


+ + 


Les releves prdc&tents (classes par essence, Castanea. Quercus. A Inns) proviennent 
'les localitfe suivantes : 1, Chataigneraie du vallon de Lcstradotte a Touest de Mams ; 
2, Id. sur les pentes de Camalet; 3, Chataigneraie tres humide au-dessas jlu Pont du 
Rieu, route do Quezac ; 4, Chataigneraie ruinee, route de Saint-Cirgue ; 3, Chenes et 
Aulnes au bord du Cele sous le Chateau de Chaules a St-Constans ; 0. Aulnes au bord 
de la Ressegue, mfme localite ; 7, C'henaie pure do la Vaysse pres Leynbae ; 8, CbSnes, 


Source: MNHN, Paris 
















Dans cette association* I loin ulophylla predomine partout, Ulota 
Bruchii est rare ; trois autres Orthotrichacecs de la zorie SilvdtiqUe 
moyenne s’y rencontrent egalement, Viola Ludwigii, Orthotrichum specio- 
sum et Orlholrichum stramineum. 

Quatre especes remarquables caracterisent cette association, dont 
trois sont tres repandues, Plalygyrium repens, Microlejeunea ulicina, 
Frullania [ragilifolia et le rare Zygodon conoideus, especes qui ont echappe 
aux investigations dTlERiBAUD. 

Plalygyrium repens. « Element hygrothermique atlantique » est 
une espece disseminee dans les forets montagrieuses de 1’Est de la 
France (17), les environs de Paris (21), les Pyrenees centrales et basques. 
C’cst une espece frequente sur les troncs de Ch&taignier du Bas- 
Vivarais (2ft). Elle apparait done ainsi sur le rebord meridional du Massif 
Central. Toujours sterile id, elle porle de nombreux rameaux propagu- 
liferes : e'est sur les troncs des vieux Chataigniers qu’elle se rencontre, 
d’ordinaire et elle se localise k son origine dans les crevasses humides 
de l’ecorce. 

Microlejeunea dlicind. iiuryatlantiquc, est uiie bonne caracteristique 
de l’Association. Elle est extremement repandue sur les arbres (Cha- 
taignier, Cllenes, Aulties, Bouleaux) des ravins ombreux, surtout dans 
le voisinage des ruisseaux torretttiels. Dans la region, elle est presque 
uniquenient cofticole. 

Frullania fragilifolia. Est extremement repandue dans la CMtaighe- 
raie, mais la exclUslvemeilt corticole. Elle est photophile et occilpe le 
cote eclalte des arbres des clairieres ou des lisieres des bois. C’est une 
espece disseminee dans toute la France, mais a qui « le climat du littoral 
semble particulierement favorable » (IS). 

Zygodoii conoideiis est une espece remarquable bien que nous ne l’ayons 
bbsetvee qu’Une seule fois. Notre echanlillon n’est pas fructifie, mais 
son appareil vegetatif est conforme aux descriptions classiques, notam- 
ment ses propagules pales k 7-8 cellules, plus larges aU-dessous du 
milieu (31). Cette espece, rare en France, est encore une atlantique carac- 
teristique (Calvados, Manche, Bretagne) (Ml). C’est une espece nouvelle 
pour l’Auvergne. 

Crypluea arborea, atlantique egalement, est tres rare dans la region. 
Notons egalement la grande rarete des Neckera dans cette Association 
et l’absence assez curieuse de Pterigynandnun filiforme qui, dans notre 
region, ne descend pas au-dessous de Pelage du Metre, 

L'Association corticole silvatique a Viola ulophylla presente done 
dans les ravins de la Chataigneraie un caractere atlantique accentin'-. 
Sur les arbres isoles des clairieres et surtout. daiis les Chataigneraies 
xerophiles des plateaux, cette association se modi fie, les especes sciaphiles 
et hygrophiles disparaissent. Le. type extreme se trouve realise dans les 
Chataigneraies ruinees par la maladie de PEncre (Chataigneraies ruinees 
de la route de Lestrade et de la route de Saint-Cirgue). On y remarque 
l’absence des Ulota et de Microlejeunea ulicina. Par contre predominent 
Orlholrichum Lycllii, Leucodon sciuroides et sa var. morensis, meridionals 
(tous deux c. fr,), Zygodon viridissimus, Frullania fragilifolia. Plaly¬ 
gyrium repens y est, aussi, abondant, il revet certains troncs plus que 
ccntenaires de ses Louffes dorees brillantes au soleil. Souvent voisines 
de plaques d'Hypnum cupressiforme, celles-ci d'un jauiie verdatre pale, 


VEGETATION BRYOLOGIQl'B DE 1.A CHATAIGNEUaIE Dl' CANTAL 63 

dies s'eri differericielit facilemerit par les rameaux plus courts dresSes 
au centre de la toiiite, portant des feuilles plus courtes, exactement imbti- 
quces, a la peripherie les tiges teiiiipdttteS soht tr&s adhSrentes & l’ecorce 
a tel point qu’il est impossible d’en detacher une certaine longueur sans 
les briser. Dans ces Stations ensdleillees,- les ramuscules de propagation 
caractcristiques de cette espece (17) font defaut, on ne les retrouve que 
dans les portions des toulTes abritees dahs les fissures de l’ecorce. 

A la base des trOncs de Chataigniers se rencontre un petit groupement 
d’esp&ces Vegetant en coussinetS denses, cdracterise par la presence preside 
constante d 'Orthodicranum monldtium ; il cOmprend : 

Orthodicramm montanum. Dicranum scoparium. 

Orthodicranum flagellate. Dicranella heteromalla, 

avec quelques Rleufocarpes et llepatiques : 

Isotkecium vivvparum. Lophocolea bidentata. 

llypnmn cupressijorme. Lepidozia reptans. 

Homalia trichomanoides. Frullamia Tamarisci. 

Ce groupement est generalement repandu dans la region sans etre 
specialement attache au Chataigniet. Orthodicranum montanum est egale- 
ment frequent, sous des formes rabougries, dans les crevasses des vieux 
troncs de Chataigniers jusqu'a 2 metres au-dessus du sol. Orthodicranum 
flagellate n’a ete observe qu’une seule fois (Bois de Montagnac). 

Pour terminer, signalons sur les souches de Chataigniers arrachees 
apres les coupes et sur la masse sableuse qui les entoufe un grbitpement 
de petites Bryacees annuelles des champs Siliceux: 

Potlia trxmcatula. Weisia riridula. 

Knthostodon fasciCularis. i'unaria hygrometrica. 

Bryum erythrocarpum. Ceratodon purpureus. 

Les Chenaies pures sont rares dans la Chataigneraie. La ChgfiaiC de 
la Vaysse pres Leynhac (altitude 450 m.) peut etre prise comme type : 
peuplemenl d’arbres assez dense dans une localite aeree et assez seche. 
Castrate muscinaie y est d'une giande banalite. La fiore corticole presente 
une Association a Viola ulophglla reduile, Microlejeunccl et Plaltjgljrium 
sont fdrt rares, UMd Liidwigii, espSUe montagnarde, est ici assez abon- 
dante. Orthodicranum montanum est frequent au pied des arbres. 

Groupements rupest'es de la Chaiaigheraie 

Les rochers de la Chataigneraie sont constitues par des micaschistes, 
schistes a sericite plus ou moins injectes de quartz, quartz qui apparait 
?a et la en blocs purs et iSolds. Le granite est rare, souVent desagrgge, 
peu favdtable a lh Vegetation muscinaie. Les rochers apparaissent sur les 
llancs des valiees i la perite de celles-cl peut fitre occupge en lotalile pat 
les bides rdeheUx qui t'galement en ctnironnent la Crete d’escarpements 
pittoresques (vallee de la Ressegue, dominee par les Rocs des CorbeauX, 
Roc de Lafargue). Ailleurs, la pente est moins rapide eL les bahes rocheux 
emergent ?a eL la des bruyeres et broUsSailles. LeS climats ldcaUX sont 
par suite fort dilfereilts : ergtes arides exposees a toutes Ids irttemperieS 
et fonds de vallee aux expositions chaudes, abriLees, soumis par ailleurs 
aux brumes nocturnes ffequeiites au voisinage des rivieres torreiitieiles. 

B autre parti roriehlation genefale NE-SO des valiees principales (Ranee, 


Source: MNHN, Paris 


04 


P. DUCLOS 


L. LAVERGNE 


Cele, Lot) cree une difference de la vegetation des versants : rochers 
secs denudes, a l’exposition du midi et foret de Chataigniers avec rochers 
ombrages et frais a l'exposition du nord. 

A. — Rochers secs et decouverts 


La vegetation muscinale des rochers siliceux ensoleilles et secs est 
constitute par les representants de l’Association a Rhacomilrium hete- 
rostichum et Hedwigia albicans, groupement xerophile et heliophile, 
repandu dans toute l’Europe occidentale. 

Le tableau suivant resume nos releves dans un certain nombre de 
localites : 

Association des rochers siliceux ensoleill&s et secs 


Caracteristiques 
Rhacomitrium heterostichum . 

Hedwigia albicans . 

Campylopus introflexus . 

Ptychomitrium polyphyllum .. 

Grimmia decbpiens . 

Grimmia montana . 

Grimmia trichophylla . 

Grimmia campestris . 

Grimmia commutata . 

Coscinodon vribrosus . 

Orthotrichum rupestre . 

Bryum alpinum . 

Scapania compaota . 

Accessoires 

Rhacomitrium lanuginosum . 
Pterogonium ornithopodioides 

Polytrichum piliferum . 

Frullania Tamarisci . 


1 2 3 4 5 


7 8 9 10 11 12 


1, Rochers de Outran : haute paroi roctieu.se expos4e au SE, rive droite de la Ranco 
ontre Boisset et Maura ; 2. Rochers secs exposes au sud, Route de St-Cirgue au delA du 
ponfc de Gros. a It. 450 m. ; 3, Rochers secs eotre Bagnac et Maui'S, alt. 250 m. ; 4, Base 
de pente rocheuse au midi, AgrAs, vallee du Lot; 5, Rocheis secs au Pont de Coursavy, 
valiee du Lot, alt. 217 in. ; 0, Longue paroi rocheuse, au bord de la route de St-Constans 
au Chateau de Chaules, rive droite du Cele. alt. 350 m. ; 7, Roc des Corbeaux, crCte domi¬ 
nant la Ressegue en aval de Belguiral ; 8. Roc de Lafargue, mfmr locality ; 0, Rocheis 
du has de la cote de Sadours. a Mourjou ; 10, Rochers de quartz aux Gl'Czes de Chaules, 
alt. 500 m. ; 11, Rocheis secs A Mourjou ; 12, Rochers de serpentine A RoquetaniCre, 
vallCe de la Veyre. 


Dans ces releves, il taut noter la presence presque constante de Cam¬ 
pylopus introflexus, especc xerophotophile, caracteristique de l’Europe 
occidentale et meridionale, repandue dans le S-0 et l'O de la France 
jusqu’a la region parisienne. En Auvergne oil H£ribaud (22) le pretend 
rare, il ne semble pas quitter le bas-canton de Maurs ; il disparait vers 
600 m. dans la cote du Laurent. Par ailleurs, il suit le rebord cristallin 
du Massif Central et est abondant dans le. Vivarais (20). 

Ptychomitrium polyphyllum, presque aussi frequent que le precedent 
eL Loujours couvert de capsules, est egalement une espece atlantique, 
silicicole. 

Bryum alpinum egalement tres repandu dans la region, photophile, 
mais a un certain degre hygrophile : il ne dedaigne pas les rochers mouilles 



















'EGKTATION ] 


BE LA ClI.VTA 


RAIE DU CANTAL 


65 


expli- 


ensoleillfoi. La pluviosite elevee, l'humidite das gorges des rivieres 
quent son attendance sur des rochers secs. 

Lcs Grimmiacees ont ici une distribution interessante. Absence, de 
mutaia 10 ° mla ' rarCl<i reIative de campestris et Grimmia com- 

Grim/ma trichophyllae st par centre assez repandue. Les echantillons 
c e certames locahtes (Chateau de Chaules, Roc de Gerlcs) sent Ires voisins 
de Grimmia Lis a?. Sur les filons de quartz des Grezes de Chaules, une 
lorme intermediate se rapproche du Grimmia trichoplajlla type. 11 faut 
v raisemblablement penser que ce sont D des formes a affinites mediter- 
raneennes qu’on peut grouper dans Grimmia trichophytla var. meridionalis 
comme 1 mdique Lceske (28). 

Grimmia Montana. Sa frequence est remarquatle sur les micascliistes 
ensoleilles ou elle est been devcfoppjfe et frnctilice a la fin de l'automne. 
utte espece « sihcicole des basses montagnes, beaucoup plus rare aux 
hautes altitudes » (28), est rare dans les montagnes de l'E de la France. (2'«), 
nullc dans les Alpes sauf sur le houiller de la vallee de l’Arve oix elle coexiste 
avec quelques Muscinees allanliques (14). Elle est, par contre, frequente 
sur les colhnes sihceuses du N-0 de la France (24). C’est dans le Massif 
U n ral que Grimmia montana acquiert sa plus grande dispersion (douze 
ocahtes dans le Puy-de-D6me (22) et sept dans le Haut-Cantal). Dans 
n iHi n dU Can ^-!; nous awns releve une douzaine de stations a basse 
altitude vers 3o0 m. C est la que cette espece presente son optimum 
tie developpemcnt sur les micascliistes ensoleilles et abrites. En France 
Grimmia monlana se comportc done comme une orophyte des basses 
montagnes sihceuses de I’O et du Massif Central (27, 28). 

Coscinodon cribrosus. Silicicole des basses montagnes, est disperse ca 
ct la dans notre region, souvenL sterile, rabougri, encombre de poussieres 
terreuses ; il descend dans la vallee du Lot a 200 m. d''altitude. 

Scapama compacla est la seule Hepatique remarquable de ces rochers 
5,*“ ! C1 «“ rt fruclilic,.. Cost une espece atlantique 

pnotopluie et plutot mesoxcrophile comme Bnjum alpinum 
Dautres especes manquent ou sont rares qu’on s’attendrait a rencontrer 
avec plus de frequence sur nos rochers siliceux secs. D’abord, nous n’avons 
pas revu Hedwigidium imberbe au Roc de Lafargue et au Chateau de 
Chaules ou J'abbe Fuzet l'avait recolte jadis (22). 

Dicranoweisia cirrhala est absent des rochers siliceux dont il est ailleurs 
<me. bonne espece caracteristique. 11 est rare dans notre region et gene- 
ralement arboricole. ° y 

Orlholrichum rupeslrc est exceptionnel dans la Chataigneraie et Ulola 
americana y fait defaut comme dans tout le Cantab 
En resume : Association a Rhacomilrium heleroslichum et a Hedwiqia 
Wbicans dun type subatlantique, avec tendance mesohygrophile d’un 
certain nombre de ses constituants. 

Localement sy adjoignent quelques mckliterraneennes telles que Scor- 
Piunum circinatum au Chateau de Murat pres Mams et Sdcropodiam 
mceftrum a la base terreuse de micascliistes ensoleilles, aux Aurieres, 
mute de Ragnac pres Maurs, espece nouvelle pour l’Auvergne. 
np . 315 dans la vall6e du Lot que 1’influence mediterraneenne se 
Preci^.. Du fait de son orientation E-O. les pentes de la rive droite, assez 
up es, en partie denudees, sont exposees a une insolation vive, en 


Source: MNHN. Paris 


m&ne temps qu'elles sonl a l’abri des vents froids du Nord. Elies hebergent 
quantile d’especes thermophiles mediterraneennes, Pottiacees et Brya- 
cees annuelles surtout, donl le nombrc augmente en remontant la vallec. 
Hekibaud (22) les a signalees sur la rive droite du Lot a Saint-Projet 
ct a Vieillevie. Nous avons revu la pluparl de ces especes :, elles sont 
largement dispersces sur les micaschistes du Roc de Gerles, d’Agres, du 
Pont de Coursavy et au sud du Lot vers Conques. 

La liste suivante indique les plus remarquables de ces especes : 


Targionia hypophylla. 

Grimaldia dichotoma. 

Hymenostomum tortile. 

Trichoslomum crispulum. 

Trichostomum littorale. 

Pleurochiete squarrosa. 

Didymodon luridus. 

Barbula acuta. 

Barbula revoluta. 

Barbula IIornschuchiana. 

Barbula rigidula. 

Tortula atrovirens. 

Tortula cuneifalia. 

Tortula canescens. 

Aloina aloides. 

Cette liste contient un nombre appreciable d’especes reputees calcicoles. 
Leur presence sur les schistes cristallins peut s’expliquer — en dehors 
des influences climaliques — par la presence de poussieres eoliennes 
calcaires enlevces aux alluvions des crues lorrentielles du Lot et peut- 
etre egalement par la presence dans les schistes sericiteux de la region 
d'inclusions de calcite, d'apalite ou d’autres mineraux riches en calcium. 
Un certain nombre de ces especes sont dignes de retenir l’attention. 
Trichoslomum littorale. — Espece generalement localisee dans la region 
atlantique et mediterraneenne decouverte. sur les rochers terreux de 
Conques (Aveyron) et nouvelle pour l’Auvergne. 

Funaria pulchclla a ete decrite par Philibert (3'i) sur des echantillons 
recoltes par lui dans les interstices de murs granitiques pres Vais (Ardeche) 
associ^e a Grimaldia dichotoma, seule localile connue jusqu’ici. A Saint- 
Projet, die est bien caractdisee par son peristome el sa capsule. Non 
loin de la existe comme a Vais Grimaldia dichotoma. C’est la deuxieme 
localite frangaise de cette espece, nouvelle egalement pour 1’Auvergne. 

Anomobryum juliformc est d’apres Lceske (2!)) une espece mediterra¬ 
neenne occidentale et atlantique. Elle est repandue en Portugal et en 
Espagne (4, 5), Italic, Corse, France meridionale et atlantique [Environs 
de Brest (Le Dantec), La Chataigneraie (Vendee) (9), talus tufl'eux pres 
Limoges (25), Alpes-Maritimes (l(i, 18)]. Dans la vallee du Lot, elle est 
localisee dans les fissures terreuses seches des rochers de Saint-Projet 
ct de Vieillevie, localiles abritees et ehaudes oil la vigne apparait sur les 
pentes. Cette espece est nouvelle pour l’Auvergne. 


Urossidium squamigerum. 

Funaria mediterranea. 
Funaria pulchella. 

A nomo bryum julijorme. 
Bryum torquescens. 

Bryum murale. 

Bryum atropurpureum. 
Bryum gemmiparum. 

Bryum comenee. 

Bartramia strict a. 

Fabronia pusilla. 

Scorpiurium circinatum. 
Plerogonium ornithopodioides. 


B. — Rochers ombrages et humicles 


Les rochers ombrages sont moins repandus dans la Chataigneraie que 
les precedents. 11s se rencontrent sur les pentes boisees fraiches des ravins 
encaisses el soni souvent en partie ddsagreges, recouverts d’eboulis 
terreux. Fraicheur et lumiere attenuee conditionnent le developpement 


Source: MNHN, Paris 


07 


-v-iyuo. «« ^ CHATAIGNERAIE DU CANTAI. 

dune llore sciaphile, hygrophile, a aBlnitds montagnardes, nui serattache 

Le tab,™"" mdlerS SiH ““ ™ ab ™S« 4 
Le tableau suivant resume quelques-uns de nos releves : 

Association des rochers siliceux ombragfes 

Amphidium Mougeotii . 3 4 5 6 7 8 9 

Heterocladium heieropterum ....... , 7 + t + + 

Isotherium myosuroides .’ ~ 1 + + + 

Plagioihecium silvaiicum . 

Ctenidium molluscum . . , + 

Fissidens crislat us . . ■ d , + 

Trichostomum brachydontium ... .. " r , F + + 

Dicranum f ulvum, .• • • • • -I- _|_ 

Lophozia guinquedeniata .' ’ ’ 

Lovhocolea cuspidata . ' ’ ‘ ~ l " + 

Sphenolobus minutus ............ 

Marmpella emarginata . , , 

Rebovlia hemisphicrica . ' ^ t + 

1, liochcrs ombragcs tr£s humiili.e p„_f ,,, ,, , . ,, 

'I" , M,,,,Un d'Agms, confluent du Mourjou et du LoT-TKoolun’° R . ochols “mbragda 

Ces tochers siliceux humides et ombrages sont caracterises nar la nrn 
rSandnf T cl d 'Hiterodaiium heteroplerum largement 

epandus dans la region jusque dans la vallee du Lot (all. 210 m? Pour 

^ au-dessous de°la 

t a ion sunaipine. bn lealite, ce sont des orophyles atlanticrues aui nnt 

laFranS™* mi "“ <listri!> “ lion 9“ Orimmia mcnlana dans PO de 
poSs i Ik"™'™ 6SPteS ’ W ™ q ™ rares ' SOnt i #f|Skes i divers 
se^?,iw7“ m brachydmlium e s L une espcce submediterran&nne ob- 
tcaa de ChanlefeT 0 ” 1,r f g “ s l i' un ™“ x P™‘ Mr Ic CiU sous le Chd- 
enhe MaSs rt Rnl ° *S r 1115 micaschistes desagreges et humides 

hemlpSZa “ T “ Am ' ,Miiwn M ° “9“'" <* iMouiid 

d> fl Cha°u™ £T1 SU | l>l0C de t T rtz sous Ia CMtaigneraie du Cl,Mean 
w Uraules. Cest cn Auvergne la troisieme iocalite de Cette esncce de 
'?*“'?? anterieuremenL dans la Haute Vallee de la 
(2_) et dans la vallee de la Cere a Lamativie (10). 

Pont U ltT n " Un ( \ nc { r r°' Jl,mm sur rochers anfractueux ties humides au 
de cette ei r rarfXn;i'ta!. a ta S r. C0 * ** coaaaissi ™ 

miSk7 ft r- /, a°n““'u 0ropl,yte cli!scellll “ des montagnes snr les 
var ^ Fo " molllis ' associ& 5 Dicrcmella heteromaUa 

<***<*! OMeptionuel dans la Chataigneraie (roehers 
Pres Maurs as s d A S ris « ™ le Moulin ,le Sdnergues 

Plus al ° rs qu il est tepandu 

7 ,, na ^ dans la vallee de la Cere vers Aurillac. 

ttoidtum delicatulum sur roehers frais au bois de Lacan prds Mouriou 
St une acquisition nouvelle pour la {lore d’Auvergne. P 














(58 


1>. DUCL.OS ET L. LAVEHGNE 


En outre, deux, especes n’apparaissant pas sur nos releves se rencon- 
trent ca et la : Antitrichia curlipendula et Anomodon viliculosus. 

Mais ces tochers ombrages sont surtout caracterises par une nombreuse 
population d’Hepatiques souvent banales. Diplophyllum albicans couvre 
de ses touffcs pales ou jaunatres la plupart des blocs avec Scapama 
nemorosa (et sa var. uliginosa au Pont de Cros), Cahjpogeia Tnchomams, 
Leieunea cavifolta, Plagiochila asplenioides, Marsupella emargina a. Les 
caracteristiques sont bcaucoup plus rates : Lophocolea cuspidata dans 
le vallon du ruisseau de Lestrade; Sphenolobus minutus desccndu des 
regions montagneuses au Roc de Lafargue dans la vallee de a Ressegue ; 
Lophozia quinquedentata est un peu plus repandue, dans la region de 
Maurs, la vallee du Cele et jusque dans la vallee du Lot ou, au Pont de 
Coursavy, des rochers au nord offrent une colonie luxunante de la plante 
male ; Lophozia barbala est par contre rare ; Pleuroschisma trilobaturn 
est repandu au Chateau de Chaules et au bois de Lacan ; Jamesomella 
autumnalis sur blocs do quartz aux Neuf-virages pres Lauressergues, 
c’est la deuxieme station en Auvergne de cetle espece, signalee seulement 
jusqu’ici dans la vallee de la Rhue (22). Nous en avons d ailleurs observe 
une troisieme localite sur notre limite septentrionale, dans la cote du 
bois du Laurent. . ... ' ., 

Les rochers ombrages de la Chataigneraie, stations froides et humides, 
sont done occupes en grande partie par une flore bryologique a affimtes 
montagnardes. ... 

Parfois ces rochers offrent des conditions locales particulieres : leur 
humidite s’accroit, un filet d’eau suinte de la roche, une source parait 
a leur base avec un petit groupement fontinal: 


Brachxjihecium rivulare. Philonotis jontana. 

Calliergonella cuspidata. PeUia epvpnyua. 

Eurhynchium Stolcesii. Fegatella cornea. 

Mais Philonotis fontana y reste rabougri. Deux autres petits Philonotis 
existent egalcment dans les points sourceux : Philonotis marchica, medi- 
terraneen a Port d’Agres et Saint-Projet dans la vallee du Lot et Plulo- 
nolis capillaris, atlantique, au Pont de Cros sur la Veyre et sur la route 
de Quezac. , 

Une seule station de Sphagnum quinquefarium existe dans la Uhatai- 
gneraie, sur les rochers humides surplombant le Cele au bas de la cote 
de Fournoules (alt. 350 m.). 

D’autres points sourceux a eau plus mineralisee montrent: Brgum 
venlricosum et Cratoneurum filicinum (Rochers de Cabran). 

Un autre facies de vegetation muscinale se rencontre sur les rochers 
exposes au Nord quand l’humus est devenu assez abondant a leur surface : 
ils sont recouverts en totalite par un tapis continu de grandes Pleuro- 
carpes sociales descendues de la forct sus-jacente. Telle est la grande 
paroi rocheuse longee par la route de Calvinet au-dessus du Chateau 
de Chaules qui presente : 

Hylocomium proliferum. 

Rhyliadelphus iriquetrus. 

Pleurozium Schreberi. 

Pseudoscleropodium puruvi. 

Eurhynchium striatum. 

Isolliecium myosuroides. 

Ctenidium molluscum. 


Plagiothecium denticulatum. 
Hypnum cupressiforme. 
Neckera complanata. 
Thuidium tamariscinum. 
Madotheca platyphylla. 
Plagiochila asplenioides. 


Source: MNHN, Paris 


VEGETATION BRYOLOGIQUE DE I,A CHATAIGNERAIE DU CANTAL 69 

Les rochers de micaschistes sont souvenl disloques par clivage hori¬ 
zontal de la roche, d’oii fissures, excavations plus ou moins remplies 
d humus. Leur florule n'a rien de special : Bartramia pomiformis y est 
largement repandu, Isopterygium elegans et sa var. nnnum, frequent, 
Cynodontium Brunloni et Rhabdowcisia striata, dissemines 5a et la. 

Diphyscium sessile est assez frequent sur les bandes terreuses des 
rochers et a la base des surplombs, c’est la sa station habituelle dans 
notre region ou il est exceptionnel sur les talus. 

Zygodon rupestris, espece nouvelle pour l'Auvergne, existe dans les 
fissures des rochers de Cabran et dans les fissures d’un vieux pont sous 
le Chateau de Chaules. Dans ces deux stations, la plante est plutot lninii- 
cole que saxicole. 

Campylopus fragilis existe cgalement dans les fissures du Rocher de 
Cabran, c’est sa deuxieme localite d'Auvergne, H£ribaud ne 1’indiquant 
que dans la valiee de la Rhue, de meme que. Campylopus flexuosus (22). 
L'absence de ces deux Campylopus d’Auvergne est un fait difficilement 
explicable. Campylopus fragilis, espece de l’Europe occidentale, Campy¬ 
lopus flexuosus, euryatlantique, devraient se trouver dans notre region ; 
nous les y avons vainemcnt recherches et pourtant leurs stations favorites 
ne manquent pas dans la Chataigneraie. 

Enfin, les Hcpatiques sont rares sur 1’humus des fissures : Cephaloziella 
Starkei, Cephaloziella Limprichtii au Tunnel du Bos, Lophozia bicrenala 
aux Rochers de Cabran. 


Groupements des eaux courantes 


A- — Au fond des ravins, la Chataigneraie mixte arrive en bordure 
des ruisseaux a cours rapide ou torrentiel (ruisseau de 1’Arcambie, ruis- 
seau de Lestrade a Maurs ; Celd sous le Chateau de Chaules ; Auze h 
Saint-Projet). Sur 1'humus ombrage et sature d’eau, entre les blocs proches 
des rives, apparaissent sous les grandes Filicinees les Muscinees des berges 
des ruisseaux boises de 1’Europe occidentale. Ce groupement est bien 
caracterise, notamment au bord du Cel6 sous le Chateau de Chaules au 
pied d’une grande Chataigneraie, ainsi que dans le ravin de Lestradotte 
pres Maurs, a l’ombre d’une foret de Sapin (plantee). 11 comprend : 


Tric'nocolea tomentella. 
llookeria lucens. 
Mnium punctatum. 
Fissidens osmundoides. 


Brachytheeium- rivulare. 
Bryum ventricosum. 
Pellia epiphylla. 
Aneura pinguis. 


L’absence de Sphagnum est un fait notable. La presence de Fissidens 
osmundoides a cette basse altitude (il existe egalement vers le barrage 
de St-Constans & 250 m. d’altitude) est conditionnde par le climat atlan- 
tique : cette orophyte a, en elTet, ete observee en Bretagne et en Nor¬ 
mandie ou elle apparait comme une relique glaciaire (2). Dans notre 
contree, elle semble plutot etre descendue des montagnes le long des 
torrents, grace & des conditions climatiques favorables. 

*L — Les torrents et ruisseaux issus du socle cristallin de la Chataigne¬ 
raie sont tres faiblement mineralises, leur cours est generalement torren- 
tid, entrecoupe de blocs, de cascades ; leurs eaux sont agitees, aerees et, 
d’autre part, froides et limpides. 

L’Association b Rhacomilrium aciculare et a Scapania undulata est ici 


70 p. nucLOS nr l. i.avergne 

a son lieu d’election sur les rochers de micaschistes submerges dans le 
lit des rivieres ou sur les blocs ruisselants ou pdriodiquement exondes 
des rives : c’est le groupemcnt rheophile des ruisseaux siliceux de l’Europe 
occidentale. Le tableau suivant resume quelques releves caracteristiques 
de ce groupement tres repandu dans la Chataigneraie : 


Groupements rheophiles de la Chataigneraie et du Bassin oligocene 




Chataigneraie 


Bass 

i oligoefen 


1 

2 3 4 

5 

6 

7 8 

Caracteristiques 






Rhacomitrium aciculare . 

q. 





Sca/pania undulala . 

+ 

+ + + 




Brachylhecium plumosum . 

+ 

+ + 




Fonlinalis squamosa . 

-j- 

+ + 




Ilyocomium flagellare . 


+ 




Hygrohypnum eugyrium . 


+ 

4- 



Accessoires 






Hygroamblystegium fluviatile . 




+ 

+ + 

Fonlinalis anlipyretica . 




+ 


Chiloscyphus rivularis . 


+ 




Platyhypnidium rusciforme .... 

+ 

+ +• 

+ 



Thamnium alopecurum . 

-1- 

+ 




Brachylhecium rivulare . 

+ 

+ + 




Grimmia apocarpa . 




+ 

+ 

Grimmia rivularis . 


+ 





1, Ruisseau de Lestrade ; 2, Ruisseau do l'Arcambie (affluents de la Ranee) ; 3, Veyre 
a Roquetaniere ; I. Cele a Chaules ; 5, Auze A St-Projet ; 6, Cele A Nt-Coustaus ; 7, Ranee 
A Maura ; 8, CAIe A la Planchc de Villedieu. 


II faut d'abord remarquer la frequence des rheomorphoses des Pleuro- 
carpes dans ces ruisseaux & courant rapide : telles sont Brachylhecium 
rivularc var. fluilans, et var. cataractarum, Platyhypnidium rusciforme 
var. calaraclarum. 

Une seule espece reste constamment submergee, Fonlinalis squamosa, 
qui forme des tapis ondulants, d'un noir a relicts metalliques sur les roches 
du fond des ruisseaux. 

Dans son ensemble, ce groupement rheophile se presente ici sous son 
type atlantique : il est caracterise par la presence d’Hyocomium flagellare, 
espece oreo-atlantique, tres bien developpee et fructifiee sur les rochers 
de la rive gauche du Cele sous le Chateau de Chaules, au bas de la Cote 
de Fournoulcs ; par la presence de Fonlinalis squamosa frequentc dans 
la Veyre, le Cele, les petils affluents torrentiels de la Ranee. Hygrohypnum 
eugyrium, « hygrothermique mediterraneen » d’apres Amann, est une 
orophyte qui descend jusqu'au Lot dans la vallee de l'Auze au Moulin 
de St-Projet (altitude 192 m.) oh il se presente sous sa belle var. Mackayi 
non sans analogic d’aspcct avec Brachylhecium plumosum. 

Enfin, Grimmia rivularis est exceptionnel a ces basses altitudes (Cele 
au Moulin de Sadours); par contre, Grimmia apocarpa var. irrigala 
Warns!. (211) se rencontre assez souvent sur les pierres arrosees des ruis¬ 
seaux. 

Aux ruisseaux peuvent aussi se rattaeher les rochers et pierres humides, 
ponts, murets de leur voisinage immediat. Dissemines ?a et la, ils sont 
caracterises par Brachylhecium populeum et accessoirement: 


Source: MNHN, Paris 

















VEGETATION BRYi 


GIOUE DE LA CHATAIGNERAIE 


71 


Girriphyllum crassinervium. 
Scleropodium ciespitosum. 
Rhyncostegiella atgiriana. 
Ilnmalia trichomanoides. 


Orthotrichum rivulare. 
Trichostomum brachydontium. 
Madotheca Ixvigata. 

Madotheca platyphylla. 


Des qu’elles abordent le plancher du bassin oligocene, les caractdres 
dcs rivieres se modifient: vallees plus larges, cours ralenti, enfin eau 
plus mindralisee. La (lore bryologique est tres appauvrie, on n’observe 
plus guere qu’Hygroamblystegium fluviatile, frequent dans les rivieres 
du bassin oligocene et en France dans le domaine subatlantique, el Mado¬ 
theca Porella, Hepatique atlantique sur les pierres du Cele en aval de 
Saint-Constans (22). 


La vallee du Lot forme la limite meridionale de notre region : le Lot 
v entre a Vieillevie h 225 m. d'altitude (le Port) dans un couloir oriente 
d'E en 0 : le (leuve possede un courant encore rapide, sujet a des crues 
lorrentielles. L’eau du Lot a vraisemblablement un dcgre de mineralisa- 
Lion assez eleve du fait de la traversee du Lias et du Jurassique dans la 
region de Mende. La flore bryologique ripariale y est pauvre, elle est 
constitute par quelques elements de l’Association rheophile calcicole 
et surtout d’especes meditcrraneennes ou atlantiques. Ainsi a Agres, 
confluent du Mourjou, sur les pierres ct racines des berges se rencontrent, 
avec le banal Cinclidotus fonlinaloides, deux allantiques, Ortholrichum 
rivulare et Scleropodium aespilosum, deja observes par Heribaud (22) 
sous le Chateau de Chaules dans le Cele. Plus en amont, au pont de Cour- 
savy, les rochers des berges montrent Scorpiurium deflexifolium espece 
mediterraneenne, associec a deux especes montagnardes Orthotrichum 
eupulatum var. riparium et Grimmia rivularis, probablement descendues 
de la haute vallee de la Truyere. De Saint-Projet a Vieillevie, les rochers 
ensoleilles des rives presentent en toulTes grisatres encombrees du limon 
des crues : Grimmia commutata, Grimmia apocarpa var. irrigala, Orlho- 
Irichum eupulatum var. oclostriatum, Rhyncoslegium confertum. C'est dans 
retie region, sur les pierres de la rive droite, qu’a ete decouvert Fissidens 
Julianus (22). 

Groupement des prairies 

Dans la region etudiee, arrosee de ruisseaux multiples, les prairies sont 
Ires developpees : elles realisent le type des prairies hygrophiles sur les 
pentes ou le fond des ctroites vallees de la Chalaigneraie proprement 
dite, et le type des prairies mesophiles dans les grandes vallees de la 
Ranee et du Cele sur le bassin oligocene et du Lot a notre limite meri¬ 
dionale. 

A. — Les prairies humides des pentes, les prairies des fonds de vallees 
presentent un Lapis profond de grandes Pleurocarpes hygrophiles : 
Galliergonella cuspidata. Climacium dendroides. 

Rhytiadelphus squarrosus. Mnium undulatum. 

Ce pre tourbeux acide a Sphagnum est rare. Le plus bel exemple est 
la prairie tourbeuse de la Vaysse sur les bords du ruisseau de Leynhac, 
au niveau du plan d'eau de la rivifere h 450 m. d’altitude, avec ilots de 
•Sphaignes et quelques Muscinees : 

Sphagnum plumulosum. Dicmnum Bonjeani. 

Sphagnum inundatum. Aulacomnium palustre. 

Sphagnum cymbifolium. Campylium siellatum-. 


P. DUCLOS ET L. LAVERGNE 


En descendant la vallee, les pentes s’accentuent, les pres s’asseclient 
et les Sphaignes se localisent dans les fosses en se rarefiant: 

Sphagnum inundatum. 

Sphagnum subsecundum. 

Un autre fragment de pre tourbeux acide a Jonce.es et Cyperacees 
se rencontre sur la rive droite de la Veyre, en amont du Pont de Cros. 
La (lore bryologique y est assez riche : 


Aneura sinuala. 
Philonotis fontana. 
Galliergon stramineum- 
Drepanocladus vernicosus. 


Sphagnum teres. 

Sphagnum subsecundum. 

Sphagnum inundatum. 

Chiloscyphus pallescens. 

Calypogeia sphagnicola. 

Ce petit, marecage sur une pente exposee au N-E, dans une vallee 
profonde dirigee du N au S, presente une (lore a affinites montagnardes 
qui n’est pas sans analogic avcc celle des tourbieres de la Haute-Auvergne. 
Toutes ccs especes n'ont pas encore ete mentionnees jusqu’ici dans la 
zone silvatique inferieure de l’Auvergne : Calliergon stramineum et Drepa¬ 
nocladus vernicosus sont localises avec Sphagnum teres dans les hautes 
tourbieres du Union et de Pra-de-Bou. Les deux dernieres Hepatiques, 
sphagnicoles montagnardes, sont nouvelles pour le Cantal. 

Plus appauvrie est la flore des pres tourbeux du ravin de Rimal aux 
Estresses (alt. 500 m.). Ce ravin, draine par un ruisseau rapide a Rhaco- 
mitrium aciculare et a Platyhypnidium, presente sur ses pentes des pres 
marecageux avec : 


Sphagnum plumulosum. 
Sphagnum laricinum. 
Sphagnum■ cymbifolium. 


Fissidens adianthoides. 
A ulacomnium paluslre. 
(iimacium dendroides. 


Sphagnum laricinum etant une espece montagnarde comme Sphagnum 
teres. 

Enfin, quelques autres petits marccages a Sphaignes se rencontrent 
qa et la, plutot fosses herbus de chemins humidcs oil ne vegetent guere 
que les especes de la section Subsecunda. 

B. — Dans le bassin oligocene de Maurs, les grandes prairies mesophiles 
d’alluvions (Ranee et Cele) livrees au paturage ne montrent qu’une vege¬ 
tation bryologique discontinue et fort pauvre en especes. 

Dans les fosses humides : Oxyrrhynchium prielongum, Calliergonella 
cuspidata, Cratoneurum filicinum, Leptodidyum riparium, Mnium undu- 
latum, Climacium dendroides ; dans les haies argileuses, Cirriphyllum 
piliferum, rare dans la region ; dans les trous d'eau sourceux ombrages, 
Riccia fluilans ■ sur le bord des routes seches, Thuidium Philiberli. La 
region de l'Etang de Trioulou est dessechee depuis longtemps et les 
especes signalees par Heribaud ont disparu (22). Cependant sur les argiles 
et sables quartzeux oligocenes, sous le bois de Montagnac, une. vaste 
prairie declive a la tete d’un vallon montre encore quelques Hots de 
Sphaignes dans ses bas-fonds et ses fosses de drainage : Sphagnum cym- 
bifoliiun. Sphagnum ucutifolium, landis qu'a sa partie superieure, en 
lisiere du bois, un taillis tourbeux est occupe par un peuplement dense 
et profond de Sphagmun crassicladum. 

En resume, la vegetation bryologique prairiale n’offre aucun interet, 


VEGETATION BRYOLOGIQC'E DE LA CHATAIGNERAIE DU CANTAL 73 

si cc n’est les quelques pres acides, stations froides qui hebergent un 
certain nombre de Sphagnum et d’especes montagnardes. 


Groupements arboricoles des prairies 


Dans le bassin oligocene, les arbres torment un mince rideau le long 
des rives de la Ranee ct du Cele (Chene pedoncule, Frene, Aulne, Peu- 
pliers). Leur (lore corticole est pauvre, dc caractcre xerophile, e’est une 
Association a Tortula lievipila ct a Sircemia oblusifolia tres reduite. Ainsi 
sur les Chenes des rives de la Ranee, ou sur les Peupliers des prairies 
de Maurs, on note les especes suivantes : 


Tortula lievipila. 
Tortula papillosa. 
Orlhotrichum tcnellvm. 
Orthotrichum affine. 


Leucodon sciuroides. 
Ilomalothecium sericeum. 
Frullania dilatata. 
Radula com.planata. 


II y a lieu de noter la frequence d’ Orlhotrichum lenellum, la rarete de 
Sircemia oblusifolia, d’ Orlhotrichum diaphamun. Leucodon sciuroides 
acquiert ici un beau developpement, presque partout fructifie, ainsi 
que sa forme meridionale, var. morensis. La base des arbres dans les berges 
est occupee par l’Association a Tortula latifolia avec Leskea polycarpa, 
Dialytrichia mucronala et Tortula latifolia. 

Beaucoup plus digne d’interet est la flore corticole dans la vallee du 
Lot. £a et la, quelques prairies plantees de Peupliers bordent la riviere, 
a Agres notamment. Les troncs sont assez ombrages, l’atmosphere y est 
plus humide : aussi aux Sircemia oblusifolia et Orlhotrichum affine voit-on 
s'ajouter Lejeunea cauifolia, Zygodon viridissimus et Neckera pumila. 
La base de ces arbres montre les especes de l’Association a Tortula lati¬ 
folia, en touffes grisatres encombrees de limon designant le niveau des 
crues habitueiles du fleuvc : 

Tortula latifolia. Barbula sinuosa. 

Dialytrichia mucronata. Cinclidotus fontinaloides. 

Leskea polycarpa et var. paludosa. Scleropodium exspitosum. 


Plus en amont vers Saint-Projet, Vieillevie, la flore arboricole, comme 
la flore saxicole, revet un caractere mediterraneen. Aux Cambous de 
Saint-Projet, sur une haute terrasse sableuse en plein midi, dominant 
la riviere, au flanc d’un coteau couvert de vignes, des Noyers et des Peu¬ 
pliers montrent une flore riche ou apparaissent des especes mediterra- 
neennes : 


Hahrodon perpusillus. 
Sircemia ohtusifolia. 
Tortula Uevipila. 
Dialytrichia mucronata. 
Orlhotrichum affine. 
Leucodon morensis. 


Tortula muralis. 
Grimmia apocarpa. 
Anomodon viticulosus. 
Homalia trichomanoides. 
Frullania dilatata. 
Madotlieca platyphylla. 


flabrodon perpusillus, nouveaute pour i’Auvergne, est une espece ther- 
niophile caracteristique de la race mediterraneenne de l'Association a 
lortula Uvvipila. Notre localite relie les stations du Bas-Vivarais oh elle 
est abondante (20) a celle de Floirac (Lot) dans la traversee des Causses 
do Quercy par la Dordogne non loin du rebord cristallin du Massif Central 
egalement (10). Dans la region mediterraneenne, Habrodon est generate- 


74 


DUCLOS ET L. LAVERGNE 


ment associe a deux autres petites Pleurocarpes : Fabronia pusilla et 
Lepiodon Smilhii. Dans la vallee du Lot, Fabronia pusilla existe non loin 
de la, mais exclusivement saxicole, dans les fissures des rochers entre 
Saint-Projet et Vicillevie (22) et au Roc de Gerles pres Livinhac-le-Haut 
(Aveyron) oil le Fr. Saltel la decouvril. Quant au Lepiodon que nous 
n'avons pas rencontrd dans la Chataigneraie, il y a cependant et6 observe 
en quelques localites (Bois de Lacan, Rochers de Cabran) (22). 

A ces especes, Leucodon morensis, tres robuste, couvert de longues 
capsules arquees, ajoute encore un element mediterraneen. Remarquons 
egalement la presence de Dialytrichia mucronala qui, sur plusieurs Peu- 
pliers, s’eleve jusqu’a 1 m. 80 an-dessus du sol, dans les crevasses de 
l’ecorce, bien au-dessus du niveau des crues du fleuve. Enfin, quelques 
touffes d’Orthotrichuin slramineum detonnent dans ce milieu mediterraneen 
et doivent provenir de la Cliataigneraie de la rive opposee du Lot. 

Groupement des cultures 

Les cultures ont peu d’extension dans la Chataigneraie. C’est la llore 
bryologique des moissons argilo-siliceuses qui s’y rencontre avec peu 
d'especes d’ailleurs : 

Pottia truncatula. Ephemerum serratum. 

Entosthodon fascicularis. Weisia mueronatn. 

Bryum erythrocarpum. Pleuridium subulatum. 


II 


Les Hautes-Buttes calcaires oligocenes 

A la Chataigneraie calcifuge du socle cristallin du Massif Central 
s’oppose la region calcaire du Bassin oligocene de Maurs. Sur le plancher 
de ce bassin lacustre. (alt. 250 m.) sc dressent les buttes a flancs blancha- 
tres couronnees de bois de Chencs de la Garenne de Saint-Santin, de la 
Garenne de Montmurat avec la Butte de Rogiers et comme fond de ta¬ 
bleau, affaissde, la longue echine grisatre du Causse de Gratacap (table 
resistante de calcaire tongrien, vers 400 m. d'alt., recouvrant les marnes). 
Cette region tres differente de la Chataigneraie permet d’observer le 
contact de celle-ci avec la flore submediterraneenne des Gausses, au nord 
du Lot. 

C’est sur le Causse de Gratacap, longue pelouse xerophytique rocail- 
leuse, que la flore bryologique est mieux caracterisee et plus riche que 
sur les buttes voisines, par le fait de cette station decouverte et ensoleillee 
et de la presence de nombreux bancs calcaires et de pierrailles denudees. 

Les bancs rocheux secs et cliauds donnent asile a une serie d’Acro- 
carpes thermophiles et photophiles, la plupart mediterraneennes de l’Asso- 
ciation des rochers calcaires chauds h Grimmia orbicularis : 


Grimmia orbicularis. 
Trichostomum crispulum et v(U'- 
Tortella nitida. 

Tortella Bambergeri. 
Hymenostomum tortile. 

Barbula rigidula. 

Orthotrichum saxatile. 

Tortula montana et var. calva. 
et d’apres IUcribaud (22) 


Crossidium squamigerum. 
Aloina stellata. 

Tortula inermis. 

Trichostomum bravhydontium. 
Gymnoslomum calcareum. 
Didymodon luridus. 

Bryum torquescens. 


VEGETATION BRYOLOGIQUE DE LA CHATAIGNERAIE DU C.ANTAI. 75 


et comme accessoires : Grimmia pulvinata, Grimmia apocarpa, Barbula 
reooluta, 7 orlella lorluosa, Aloina eriaefolia , Fissidens cristalus. Les pleuro- 
carpes, rares, se rencontrent uniqucment sur les versants a l’ombre : 
Ctenidiwn molluscurn var. gracile, Homalothecium sericeiun, Neckera 
crispa, Madolheca plalyphylla. 

Les cavites fraiches y sont rares, tapissees de Rhyncostegidla algiriana 
ct d'Eucladium verlicillatum, auxquels s’ajoute Seligeria pusilla a la 
grotte de Montmurat (22). 

Les pelouses calcaires a Festuca duriuscula montrent sur leurs parties 
denudees des tapis etendus et denses d'especes xerophiles et photophiles : 
1,‘hncomilrium canescens et v. ericoides. 

Rhytidium rugosum. Abietinella abietina. 

IMnchum flexicaule. Thuidium Philiberti. 

I'tenidium molluscurn. Pleurochxte squarrosa. 

< 'ampylium chrysophyllum. 


A 1’ombre des bosquets de Genevriers, seul lieu du Causse oii persiste 
un peu de fraicheur, s’abritent quelques especes moins rigoureusement 
xerophiles: Hypnum cupressiformc v. lacunosum, Pseudoscleropodium 
purum, Camptolhccium lulescens, Oxyrrhynchium pnelongum. 

Sur la terre nue des pelouses et des rochers, toute la serie des petites 
Bryac^es thermophiles : 


Hyrnenostomum tnieronto mum. 
Barbula gracilis. 

Barbula vineaUs. 

Barbula rmguiculata. 

Bryum atropurpurewm. 

Bryum aespiticiuni. 
et d’aprOs IIAribaud (22) 


Pottia bryoides. 

Pollia recta. 

Ephemerum recurvifolium. 
Pottia lanceolata. 

Pottia minutula. 

Pottia Starkeana. 
Anisolhecium rubrum. 


A cette flore surtout terricole se rattache le groupement des murettes 
des vignes sur les pentes des buttes calcaires. Ainsi a Montmurat leur 
sommet terreux se recouvre de Abietinella abietina et Pleurochxte squar¬ 
rosa, et sur les pierres ou dans leurs interstices terreux : Aloina eriaefolia, 
Didymodon rubellus, Hyrnenostomum tortile, Grimmia apocarpa, Grimmia 
pulvinata, Torlula montana. 

Lnfin quelques Acacias sur la Butte de Rogiers prescntent deux especes 
niediterraneennes, Torlula leevipileeformis et Leucodon morensis. 

Dans toute cette. region calcaire permeable, les points d’eau sont rares : 
le lavoir de Montmurat montre un petit groupement d’especes calcicoles 
hygrophiles et thermophiles : Didymodon tophaceus et Eucladium verti- 
nllatum sur des blocs quc recouvre. egalement Cratoneurum filicinum 
var .tenuis. Quant a la Fontaine de Sainl-Santin oii vivait autrefois 
Fissidens Julianus (22), on n'y rencontre plus actuellement que Lepto- 
diclyum riparium et Platyhypnidiunx rusciforme. 

Parmi les calcicoles precedcntes presque toutes mediterraneennes, 
trois seulement sont saxicoles exclusives : Grimmia orbicularis, Ortho- 
trichum saxatile, Torlula montana; les autres sont terricoles, ou vivant 
sur les replats terreux ou dans les fissures. Celles-ci comprennent Hyme- 
noslornum tortile abondanL et fruclifie et toute la serie des Trichostomees, 
parmi lesquclles domine Trichoslomum crispulum et ses var. datum et 
orevifolium, repandu partout. Tortella nitida est une espece nouvelle 
pour 1 Auvergne, Tortella Bambergeri egalement, en meme temps qu'elle 


Source: MNHN, Paris 


1». DUCLOS ET I.. LAVERGNE 


76 


doit Sire rare en France. Nos eclianlillons sont conformes aux descriptions 
et figures de Limpricht (27) avec un faisceau central bien developpe 
et constanl. T. Bambergeri se rencontre egalement sur les orthophyres 
du houillcr (porphyrites basiques) un peu en amont de Figeac : ces roches 
presented la un complexe d'especes calcicoles et calcifuges du a leur 
composition chimique: Campylqpm intro flexus, Scapania compacla, 
Torlclla Bambergeri , Pkurochivle squarrosa, Barbula fallax. Orthotrichum 
saxalitc, Gymnostomum calcareum var. mulicum et h quelque distance 
de la Eucladium verlicillalum. 

Quant a Tortella torluosa, elle n’est pas exclusivement calcicole : cette 
especc se rencontre dans la Chataigneraie sur les micaschistes secs au 
Chateau de Murat pres Maurs oil elle couvre des blocs entiers, ct sur les 
rochers face au Don a Roquemaurel-sous-Cassaniouze oil elle est associee 
a Grimmia commutala et a Plagiothecium elegans. 

Tortula monlana se presente ca et la sur les calcaires durs du Caussc 
sous sa var. calva, race therm ophile. 

Rhacomiirium canescem couvre de grandes etendues a l’etat pur sur 
le Causse de Gratacap, le plus souvcnt sous sa var. ericoides qui fruclifie. 
Cette espece xerophile semble done assez tolerante vis-a-vis du calcaire, 
dur et compact tout au moins, car elle vegete ici sur de la pierraille qui 
n’est rccouverte d’aucun humus. 

Thuidium Phitiberli est egalement assez frequent sur le Causse, sa 
station d’eleclion. 11 se rencontre, egalement au bord des routes sur les 
talus secs et ensoleilles de la region des micaschistes (route de Bagnac 
a Maurs, Chateau de Murat, terrasse de Cambous a Saint-Projet). 

Enfin, deux especes manquent ici : Entodon orthocarpus qu’ecartent 
deja les influences mediterraneennes et Tortella inclinala. 

En resume, la flore bryologique de la region du calcaire oligocene du 
Bassin de Maurs renferme encore un nombre appreciable d’especes medi¬ 
terraneennes, calciphiles strides pour la plupart, qui s’arretent 1& en 
avant du socle siliceux plus froid du Massif Central. 


Groupements urbains 

Les groupements bryologiqucs urbains n’ont ete etudies que dans la 
ville de Maurs. 

Les vieilles ruelles sont bordees de murs en pierres seches plus ou moins 
degrades, a joints terreux. Leur flore bryologique est constituee en ma- 
jeure partie de Bryacees ubiquistes : 


Tortula muredis. 

Tortula monlana. 
Barbula revolula. 
Aloina ericiujolia. 
Orihotrich urn anomal ut 


Grimmia pulvinata. 
Grimmia apocarpa. 
Bryum nmspiticium. 
Bryum argenleum. 
Homalothecium sericeum. 


Sur une longue muraillc de soutenement a l’extremite de la rue Figea- 
guaise, en plein midi, mais avec quelques plages ombragees et humides, 
des especes meridionales s’ajoutent aux precedentes : 

Crossidium squamigerum. Barbula vinealis. 

Grimmia orbicularis. Barbula rigidula. 

Didymodon lurid us. 

Especes auxquelles Heriraud (22) ajoute Tortula alrov'renset Grimmia 


Source: MNHN, Paris 


VEGETATION BRYOLOGIOUE DF. LA CHAT V1GNERATE DU CANTAL 77 


crinita : nous n’avons jamais rencontre cettc derniSre qui doit etre rare 
en raison du substratum special (mortier calcaire desagrege) qu’elle exige. 

Pour en terminer avec cette florule urbaine, mentionnons le groupe- 
ment corticole des Platanes des avenues. Ici, les vieux arbres conservent 
en partie leur ecorce du cote de l'O ct la s’observent quelques especes : 
Frullania dilatata , Torlula papillosa, Orlholrichum affine, Ortholrichum 
lenellwn, ce dernier se presentant sous une forme a long pedicelle. qui 
n'est pas sans ressemblance avec Orlholrichum pulchellum. 


Conclusions 


L etude de la population muscinale de la Chataigneraie nous a montrd 
dans sa composition : des especes atlantiques, des orophytes, des medi- 
terraneennes, l'absence de certaines especes (element negatif), des especes 
nouvelles pour la flore d'Auvergne. 

Especes allantiques. — Liees au climat oceanique, caracterise par une 
pluviositc abondante, une temperature hivernale relativement elevee, 
une temperature estivale moderee, conditions realisees dans les vallons 
ombrages oil l'etat hygrometrique reste eleve et les oscillations de la 
temperature restreintes, les especes atlantiques sont nombreuses dans 
la Chataigneraie. Parmi les plus remarquables, il faut citer : 


Subatlantiques 
Prionolobus Turneri. 

Sr.apania compacta. 

Frullania fragilifolia. 

('ampylopus introflexus. 

Campylopus fragiMs. 

Rha co m i trium ac iculare. 
Ptychomitrium polyphyllum. 
Ortholrichum rivulare. 

Fontinalis squamosa. 

< 'ryphwa arborea. 

Hookeria lucens. 

Hygroamblystegium fluvialile. 
Brachythecium plumosum. 

II est a remarquer que les Muscinees atlantiques sont ici apparemment 
plus nombreuses que les Phanerogames atlantiques. 

Orophyles. — « Le regime atlantique combine a des pluies abondantes 
est la cause principale de l’abaissemcnt de nombreuses limites biologiques. 
Nombre d’especes montagnardes se maintiennenl dans les plaines k 
climat oceanique » [J. Braun-Blanquet (7)]. Et confirmant cette obser¬ 
vation, un certain nombre dc Muscinees montagnardes, d’orophytes, 
descendant des cretes du socle cantalien, se rencontrent dans la Chatai¬ 
gneraie (alt. 350 m.-250 m.) et m6me dans la vallee du Lot (alt. 210 m.). 
Telles sont: 


Atlantiques 
Cidypogeia argukt. 
Microlejeunea ulicina. 
Mculotheca Porella. 
Trichostomum littoralc. 
Philonotis capillaris. 
/rygodon conoideus. 

IIyocomium flagellare. 
Scleropodium aespitosum. 


Hphcnolobus minutus. 
hophozia nuinquedentata. 
Jamesoniella autumnalis. 
1 hiloscyphus pallescens. 
Oalypogeia sphagnicola. 
Sphagnum teres. 
Sphagnum laricinum. 
Fissidens osmundoides. 
Bichodontium flaveseens. 
uicranum fulvum. 


Grimmia rivularis. 

Grimmia montana. 

A mphidium Hougeotii. 
Viola Ludwigii. 
Ortholrichum cupulatum. 
Orthotrichum speciosum. 
Ileterocladium heleropterum. 
Hygrohypnum eugyrium. 
Drepanocl ad us vernicosus. 
Calliergon stramineum. 


Source: MNHN, Paris 



Toutes especes suivant les especes atlantiques dans les ravins ombrages, 
sur les rochers humides, dans les prairies tourbeuses oil l’etat hygrome- 
trique eleve et I'ombrage les protegent centre les rigueurs de l’ete meri¬ 
dional, « colonies des gorges » de J. Braun-Blanquet. 

Especes mediterraneennes. — Depuis longtemps les phanerogamistes 
ont mis en evidence le caractere meridional de la flore vasculaire du Bassin 
oligocene et de la vallee du Lot | Heribai d (23), Lavergne (2G), Braun- 
Bi.anquet (7), Luquet (30)]. 

Parallelement, les Muscinees mediterraneennes sont nombreuses dans 
notre region aussi bien sur les micaschistes ensoleilles de la vallee du 
Lot, leur couloir d’immigration, que sur les hautes buttes calcaires du 
bassin oligocene. Elies s’eteignent a la base des rochers siliceux des fonds 
de vallees abrites et chauds de la Chataigneraie et rares sont celles qui 
penetrent plus avant dans le Cantal. Les plus importantes sont: 


Targionia hypophylla. 
Grimaldia dichotoina. 
Hymenostomvm tortile. 
Trichostomum crispvlum. 
Trichostomum brachydontium. 
Tortdla nitiila. 

Tortella Bambergeri. 

Tortula ouneifolia. 

Tortida atrovirens. 

Tortula hevipihvjormis. 
Pleurochivte squarrosa. 
Crossidium squamigerum. 
Grimmia crinita. 


Grimmia orbicularis. 
Funaria mediterranea. 
Anomobryum julijorme. 
Bartramia stricta. 
Philonotis mar chic, a. 
Leptodon Smithii. 
Leucodon morensis. 
Habrodon perpusillus. 
Fabronia pusilla. 
Scorpiurium circinatum,. 
Scorpiurium deflexi/olium. 
Sderopodium illecebrum. 


Enfin quelques elements sarmatiques ( Rhytidium , Abietinella) rejoignent 
ces especes mediterraneennes sur le Causse, region a caracteres substep- 
piques. 

Elements negalifs. — Un certain nombre d’especes manquent a notre 
region oil Ton pourrait s’attendre a les y rencontrer, d’autres sont rares 
et de ces faits il y a peu d’explications valables. Telles sont: 


Campylopus flexuosns (absent). 
Campylopus jragilis (tres rare). 
Dicranum spurium (absent). 
Dicranum undulalum (abs.). 
Leucobryum glaucum (rare). 


Tortella inclinata (absent). 

I lota americana (absent). 

Brachy thee item albicans (abs.). 
BrachythccAum glareosum (abs.). 
Entodon orthocarpus (absent). 


Especes nouvelles pour l’Auvergne. — Enlin l'etude de la (lore bryo- 
logique de. la Chataigneraie nous a permis de preciser l’aire de distribution 
d’un certain nombre d’especes et de rencontrer quelques especes nou¬ 
velles pour l’Auvergne ou le Cantal comme : 


Calypogeia arguta. 

Prionolobus Turneri. 

Tortella nitida. 

Tortella Bambergeri. 

Grimmia trichophylla v. meridionalis. 
Funaria pulchella. 


Anomobryum julijorme. 
Zygotlon rupestris. 
Zygodon conoideus. 
Thuidium deUeatulum. 
Habrodon perpusillus. 
Platygyrium repens. 
Scleropodium illecebrum. 


En resume, sur le versant meridional du Massif Central, la Chataigne¬ 
raie de Maurs et le Bassin oligocene situes aux confins du Domaine atlan- 
tique (secteur aquitanien) et des Causses, « avant-postes de la region 


Source: MNHN, Paris 


VEGETATION BRYOLOGIQUE DE LA CHATAIGNERAIE DU CANTAL 79 

mediterraneenne », presentent une vegetation bryologique & caracteres 
mixtes, atlantique avec orophytes dans la Chataigneraie fraiche et sili- 
ccuse, mediterraneenne sur les calcaires secs et chauds du Bassin oligo- 
cene et sur les micaschistes ensoleilles de la vallee du Lot. 

Bibliographie 

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Bot., 1921-1922). * 

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(Bull. Soc. bot. Fr.. 62, 1915). 

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aulumnalis Stepb. (Bull. Soc. bot. Fr., 66, 1919). 

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du Var (Bull. Soc. bot. Fi., 67, 1920). 

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Source: MNHN, Paris 


80 


. DUCLO 


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1941. 


Source. MNHN, Paris 



Le Fissidens intralimbatus Ruthe 
dans !es Basses-Pyrenees 

par R. Potier DE LA Varde (St-Pair-sur-Mer) 


Dans les dermers jours de 1943, peu de temps avant d’etre brusque- 
ment enleve a la science et a ses amis, le tres regrette directeur de la 
Revue Bryologique m’cnvoyait pour la determination un lot de Fissidens 
voltes par lui et par Mme Allorge dans la Peninsule Iberique et dans 
le Pays Basque. Parmi diverses especes, j’ai reconnu F. intralimbatus 
Hu the. L etiquette portait la mention suivante : « N° 126, avec Southbua 
Sticillidiorum, talus argilo-calcaires, route d’Hasparren a Briscous (Basses- 
Pyrenees), 24.IV. 1940 ». 


Comme il s’agissait d'une espece rarissime qu’il avait longtemps 
recherchee, je me suis empresse de faire part de ma constatation a 
M. Allorge... Ma lettre est malheureusement arrivee trop tard pour lui 
donner la satisfaction de sa decouverte. 

F. intralimbatus peut, en effet, etre considere comme une des grandes 
raretes de la llore europeenne. Public en 1870 par Ruthe qui l’avait 
distingue entre des plants de Fissidens incurvus recoltes par Solms- 
Laubach, en 1866, dans le sud du Portugal, pres de Tavira, il fut retrouve 
en 1892 par Fleischer en Ligurie, pres de Rapallo, et encore reconnu 
par Ruthe parmi de jeunes tiges de F. taxifolius. Dans ces deux stations 
le support est argileux. Ces deux localites ont iRe longtemps les seules 
oil 1’espece avait etc observte. Assez recemment, le D' Latzel, d’Olmiitz, 
a fait connaitre un nouveau centre de dispersion en indiquant plusieurs 
stations sur substratum argilo-calcaire, en Dalmatie (cf. Latzel, Vor- 
arbeRen\Zu einer^Laubmoosflora Dalmatiens. Beihefle zum Bot. Cenlralb., 

La plante des Basses-Pyrenees correspond en tous points k la descrip¬ 
tion tres complete de Ruthe et est identique aux recoltes de Latzel 
que j’ai jadis dessin^es. 

Comme l’a fait remarquer Philibert (Rev. Bryol., IB annee, 1884, 
P- 57), cette espece est tres voisine de F. subimmarginalus Phil, dont en 
1-rance trois localites sont seulement connues : 1“' Aix-en-Provence oii 
1 1 a ete decouvert par Philibert, 2° Gap (leg. Girod), 3° dans les Alpes- 
Mantimes, Esterel (leg. Dismier) (Cf. Dismier, in Bull. Soc. bot. Fr 
'*7, 1920). 

Les differences donnees par Philibert (e descriplione) et precisees 
plus tard par Ruthe (Cf. Limpricht, Die Laubmoose, 3, p. 672), si dies 
paraissent assez subtiles, se verifient cependant facilement. J'y ajouterai 
une remarque personnelle : chez F. intralimbatus les feuilles etant lin- 



OTIF.B DE LA VARDF, 


82 

guides, la courbe dessinee par le bord de la lame dorsale est tres pcu 
accusee, Landis que chez F. subimmarginatus ellc est du type parabolique, 
surtout dans les feuilles superieures. II est certain que ce sont deux especes 
aflines, mais distinctcs. 

Si, d’autre part, aucun doute n’esl possible sur l’identitd de la plante 
des Basses-Pyrenees avec F. iniralimbatus, il semble, par contre, qu une 
discussion s'impose sur la place systematique dc cette espece et de 1 espeee 
voisine F. subimtnarginalus. 

Ruthe et Philibert, frappes de cette limitation du limbidium a la 
partie engainante (ou lamina veta), limitation tout a fait insolite dans la 
flore europeenne, ont immcdiatement fait un rapprochement avec cei- 
taines especes cxoliques, actuellcment classees dans la^ section Semi- 
limbidinm. Brotherus, de son cote, dans son Genera, n a pas hesite a 
les inscrire en tete de cette section avec F. exiguus Sull. ((.f. cd. II, p. 148). 
Quelqu.es lignes plus haul cepcndant, il avail bien specific que les especes 
de la section Semilimbidium ont. des cellules petites, prcsque opaques 
(undurchsichtig) et densement papilleuses. Or rien dc tout cela ne se 
constate dans les deux especes qui nous occupcnt: le tissu relativement 
a la largeur des lames est plutot lftche et parfaitement translucide ; aucune. 
papille ne peut etre observee sur le lumen des cellules qui sont done 
completement lisses. 11 est vrai que dans la section Semilimbidium, plu- 
sieurs types de papilles peuvent etre distingues (Cf. Potier de la Varde, 
Ann. de crypt, exot., 4, 1931). 11 exist© meme un groupe que j’ai appele 
sublucidi ou ces papilles tres fines et souvent distantes n ont pour effet 
que d'obscurcir tres legerement le tissu. Pour les decouvrir, decolorants 
ou eclaircissants sont indispensables. Or dans le cas de F. iniralimbatus 
et de. F. subimmarginatus, quel que soit le precede d’obscrvation employe 
et quel que soit 1’artifice d’eclairage utilise, les cellules apparaissent tou- 
jours lisses. 11 faut done conclure que si I on s’en tient aux termes de la 
definition de la section Semilimbidium, e’est ailleurs qu il faut recherchei 
les afiinites de ces especes. 

Deux directions semblent possibles : la sect. Brgoidium et la sect. 
Aloma. Evidemment ceci pourra parailre paradoxal: la premiere etant 
caracterisee par des especes dont les lames sont toutes bordees par un 
limbidium et la seconde par 1’absence (confomie a l'etymologie) de ce 
limbidium. Cependant nombreux sont les exemples dans la sect. Brgoidium 
d’especes qui poussent des re jets aux feuilles parfaitement immarginees, 
ou ayant des limbidia incomplets. Pour ne pas sortir de la flore d’Europe, 
les F. pusillus Wils. el F. minutulus Sull. oftrent souvent au debut de 
leurs existences des formes singulierement embarrassantes pour les debu¬ 
tants, en raison de l’absence ou de l’intcrmiLLence du limbidium. On 
peut en dire autant du F. Bambergeri Schp. et du polymorphe F. Warns- 
lorfii Fleisch. On doit toutefois reconnaitre que dans les especes de la 
sect. Brgoidium, ce limbidium exisle loujours virtuellement, apparaissant 
?a et 1© sous forme de vestiges sur une lame quelconque. Ces vestiges 
deviennent des ebauches de plus en plus accentuees dans les feuilles 
plus evoluees et finissent par se transformer en vrais limbidia. Nous ne 
voyons rien de sembtable chez F. iniralimbatus et especes voisines. 

Reste done la possibility d'affiniles plus reelles avec la sect. Aloma. 
Si 1’on se place sur le terrain de l'etymologie, cette pretention parait 
absurde. Dans le tome XIII de cette Revue, a propos de Fissidens afri- 


Source: MNHN, Paris 


1.13 FISSIDENS INTRAL,IM BATUS 


I BS BASSES-J’YRENKE 


cains de la sect. Aloma, j’ai montre que cettc section n’etait pas homogene 
et que des limbidia rudimentaires pouvaient v etre constates § 

Je pense done finalement que e’est dans cette section que l’on doit 
rechercher les affimtes reelles de F. intralimbatus et de F. \ubimmarqi- 
nalus. Cette conclusion rejoint en partie cello de Casares Gil (Flora 
lberu - u ’ 1 ou r preciser davantage, je rappellerai que dans la note 

precitee j indiquais que l'on pouvait considerer dans les Aloma africains 
un groupe qu, tendait vers la sect. Bryoidium. C’est evidemment dans 
cc groupe que doivent prendre place : F. exiguus Suii. de l’Amerique 
* nNord, Finlrahrnbatus Ruthe, F. subimmarginaius Phil, et F. Kosanini 
Latzel, de Dalmatie (Cf. Latz., loc. cit.). 



Existence de Mousses au fond des lacs 
en Suede 

par Herman Persson (Stockholm) 


En 1870, se trouvant au lac de Stavsjon en Suede, Hj. Mosen fit la 
decouverte surprcnante que le fond etait couvcrt d’un tapis um de Mousses 
a une profondeur de 2 m., sur une etendue d’environ 3.000 m. Examinant 
ces Mousses, il constata qu’elles ne se composaient que d’une seulc et 
unique espece presentant de grandes difficultes & identifier. Perseverant 
dans ses recherches, Hj. Mosen arriva enfin a trouver qu’il s agissait 
d'une forme de Rhynchoslegium riparioides (Hedw.) C. Jens. (Hypnum 
rusciforme Neck.), sensiblement modifie et dont il donnait la description 
sous le nom de var. lacustrc Mos. 

En 1883, H. W. Arnei.l (1886) trouva, de son cote, des grandes parties 
des fonds des lacs Glappsj-m et Torpsjon couvertes de Mousses jusqu’a 
une profondeur de 6 m. et composees d’une quantite de differentes especes. 
Examinant la litterature bryologique, il ne trouvait que fort peu dc 
renseignements les concernant et, bien quo certaines especes, telles que 
Fissidens Jiilianus (Sav.) Scbp. et Fontinalis hypnoides Hn., fussent 
deja connues de differents lacs, leur existence n’y avait ete constatee 
que par petites quanlites et toujours dans des eaux peu profondcs. D un 
autre cote, le Thamnium alopecurum (Hedw.) Br. eur. nous est mdique, 
dans ce sens, par Arneix comme existant dans le lac de Geneve a une 
profondeur de 60 m. (Schnetzler, 1885). 

Quelques decades se passerent ensuite avant que les Mousses des fonds 
de lacs fussent de nouveau mises a l’etude d’une fa?on plus circonstanciee ; 
ce fut le commencement des recherches limnologiques dans divers pays 
qui, en meme temps, reveilla 1’in tore t pour elles. Quoique notre connais- 
san’ce de leur existence au fond des lacs en ait pas mal profitc, il reste 
cependant beaucoup a faire dans ce domaine et de grandes parties de 
l’Europe ct du globe sont encore entierement inexplorees. 

Sur ce sujet, la Suede peut etre consideree comme le pays oil 1 on a 
fait les recherches les plus approfondies ct je pense qu’un expose des 
resultats obtenus pourrait ainsi etre a sa place ici. 

Trois cents lacs environ ont, de ce fait, ete examines, plus ou moms 
consciencieusement. Ainsi, G. W. F. Carlson (1902) a trouve dans le 
Smaaland (Suede meridionale) que les Mousses des lacs de cette province 
y jouaient un role preeminent et il en cite 13 especes differentes. Apies 
lui, trente annees s’ecoulerent sans recherches de grande importance 
et ’ce nest qu’a partir de 1928 que celles-ci ont ete reprises par G. Eo 
hammar, qui les continua jusqu’en 1937 (1938) ; pendant cette penode, 



EXISTENCE DE MOUSSES AU FOND DES LACS EN SUEDE 85 

il a explore environ 150 lacs de la Suede centrale et septentrionale. Ses 
recherches visaient, en premier lieu, les conditions hydrologiques, ainsi 
que les plantes superieures; toutefois, un bon nombre de Mousses fut 
aussi recolte et ce materiel a etc determine par moi, mais non encore 
publie. Depuis, M. Lohammar a continue ses recoltes de Mousses dans 
les lacs des parties meridionales et. centrales du pays dont j’ai regu du 
materiel provenant d’environ 75 lacs. 

Le professeur T. G. Halle, qui a explore environ 70 lacs, m’a aussi 
fourni un materiel important et de grande valeur en ces dernieres annees 
et qui a fait l’objet, egalement, d’examen de ma part et dont une partie 
a dejh ete publiee (Persson, 1942). 

Des Mousses ont 6te trouvees dans les deux tiers des lacs examines. 
L'cxamen a porte sur une profondeur d’au moins 1 m. et s’cst fait gene¬ 
ralement sur 2 m. ou plus, les Mousses croissant a fleur de l’eau ou imme- 
diatement au-dessous n’ayant pas ete comprises. Comme la plus grande 
partie des lacs n’a pas ete exploree en detail, il est permis de prevoir 
qu’on trouvera des Mousses dans beaucoup de lacs ou, jusqu’a present, 
on n’en a pas signale. Souvent aussi, c’est seulement dans une certaine 
partie d’un lac que les Mousses se presentent, par exemple. dans une 
baie, etc., et il en ressort done une importance considerable jouee par 
la vegetation des Mousses au fond des lacs suedois, surtout que celles-ci 
existent en masse. 

En general, elles se tiennent sur des fonds de 1 & 5 m. de profondeur, 
variant ainsi dans les lacs. Rarement on les trouve plus profondement 
et la plus grande profondeur d’ou elles ont ete pSchees en Suede se 
tient a environ 15 m. 

Dans les lacs ayant fait 1’objet d’examen, l’ensemble des especes ren- 
contrees est d’environ 45 et le nombre maximum trouve dans un seul 
lac est de 15. Plus souvent, cependant, ce n’est qu’une demi-douzainc, 
voire mSme qu’une seule espece qui alors, generalement, se presente 
en masses enormes comme, par exemple, les Fontinalis antipyietica Hedw. 
et Scorpidium scorpioides (Hedw.) Limpr. qui sont les pius frequents 
et qu’on a bien trouves dans une centaine de lacs. Je considere le F. 
goiica Card, et Arn. comme une forme du premier, ayant remarque tous 
les passages au F. anlipyretica normal. C’est une forme extreme, grele, 
a feuilles etroites, et dont les contrastes sont representes par les var. 
lalifolia, etc., formes robustes & feuilles larges, croissant dans les lacs 
calcaires. Parmi les especes les plus communes se trouvent ensuite les 
Calliergon megalophyllum Mikut., Drepanocladus exannulatus (Gumb.) 
Wrnst., D. Sendlneri (Schp.) Wrnst., I), capillifolius (Wrnst.) Wrnst., 
ainsi que lc Fontinalis hypnoides Hn., qui ont ete trouvees en 50 lacs 
environ. Calliergon megalophyllum Mikut., connu dernierement grace 
a R. Tuomikoski (1937, 1940), est tres repandu dans rhemisphere Nord 
(Persson, 1942), pour manquer entierement en Europe centrale. Il joue 
1111 grand role dans les lacs suedois du Nord. Drepanocladus exannulatus 
est certainement compose d’un nombre de petites especes qui ont ete 
soumises a une etude approfondie par Tuomikoski. A cause de la guerre, 

11 n’a pu achever ces interessantes recherches. Drepanocladus capillifolius 
est prouve par Tuomikoski etre une espece bien determinee, opinion 
a laquelle je me rallie aussi. D. Sendlneri se presente, generalement, 
s ous une forme fort contrastante aux fonds des lacs. La nervure est 


Source: MNHN, Paris 


86 


faiblissime et de 50 u (contre ordinairement 75-125 (<) de largcur seule- 
ment, finissanl au milieu de la feuille, el cette Mousse aurait facilement 
pu etre prise pour unc espece speciale si, en des cas rares, on n avail, 
pas rencontre de Sendtneri plus typique, ainsi que sous des formes qui, 
tout, au moins, auraient pu etre supposees etre des varietes. Commc 
pour le Calliergon megalophyllum , il parait ne pas exister en Europe 
ccnlralc ; toutefois, il esl bon de noter que les lacs de cette region sont 
loin d’avoir ete aussi bien examines que ceux des pays nordiques. 

Comme especes abondantes suivent ensuite les Drepanocladus aduncus 
(Hedw.) Mdnkem., D. trichophyllus, Bryum pseudolriquctrum (Hedw.) 
Schwsegr., D. tundra ? Arn., Colliergonella cuspidata (Hedw.) Lske, Cam¬ 
py Hum polygamum (Br. et Sch.) J. Lange et C. Jens., Fissidens Julianus 
(Sav.) Sehp. et Rhgnchoslegiwn riparioides (Hedw.) C. Jens. (R. rusci- 
forme Br. eur.) qui ont etc trouvees en 25 lacs environ. Drepanocladus 
trichophyllus et D. lundnv constituent deux des especes considerees par 
Tuomikoski comme appartenant a D. exannulatus et toutes les deux 
paraissent faire defaut eu Europe centrale. Campylium polygamum 
n’avait guere ete demontre commc existant au fond des lacs, et etant 
donne sa frequence a ces cndroits, il faut convenir que 1’eLude des Mousses 
de lacs a etc bien negligee jusqu’a present. 

Les Mousses pleurocarpes sont, apparemment, plus communes que les 
Mousses acrocarpes, les Hepatiques et les Sphaigncs, provenant de ce 
que celles-la, fort longues et branchues, sont plus facilement attrapees 
au fond que les autres Mousses, souvent plus courtes et sans branches, 
ou, en ce qui concerne les Hepatiques et les Sphaigncs, asscz fragiles et 
ainsi susccptibles d’etre brisces. Des observations directes ayant 6tc 
failes sur ce point, il a ete demontre, en tous cas, que les Mousses pleuro¬ 
carpes dominent absolument. 

Il a <5te rendu compte dans ce qui precede des Mousses importantes 
des lacs sucdois. En dehors de celles-ei. il existe un grand groupe de 
Bryophytes rencontre.es dans une dizaine de lacs seulement, parmi les- 
quelles je cite ici les Calliergon trifariiun (W. et M.) Kindb., Chiloscyphus 
pallescens (Ehrh.) Dum. (C. fragilis (Both) Schiffn. : C. Nordstedtii 
Schiffn.), C. polyanthus (L.) Corda, |C. rivularis (Schrad.) Lceskej, 
Cladopodiella fluilans Jdrg., Climacium dendroides (Hedw.) W. et M., 
Fissidens adianthoides Hedw. et F. osmundoides Hedw., Fontinalis dale- 
carlica Schp., ainsi que Sphagnum conlorluni Schultz (avec var. platy- 
phyllum (Sull.) Aberg) et S', subsecundum Nees. Le Fontinalis dalecarlica 
apparait sous des formes tres differentes de l’aspect de l’espece habituelle 
qui croit dans l’eau courantc. Une partie se rapproche le plus de la var. 
microphylla (Schp.) Limpr. et j’avais d’abord rapporte une de ces formes 
au F. dichelymoides Lindb. (seul representant de la section Stenophyllce 
Card.), mais il y aura probablement lieu de la ranger plutot sous I'- 
dalecarlica comme une forme extreme. Les deux Sphagnum ci-dessus, 
ainsi que d’autres, sont presque impossibles a reconnaitre comme appar¬ 
tenant h ce genre quand ils poussent sur les fonds de lacs et lcur deter¬ 
mination est sujette a de grandes dillicultes et complications. 

Il y a enfin un groupe assez considerable d’especes qui n’ont ete trou¬ 
vees que dans quelques lacs, voire meme qu’en un seul lac : Amblystegium 
riparium (Hedw.) Br. eL Sch., A. lenax (Hedw.) Dix. (A. irriguum Br. 
et Sch.), Blindia acuta (Hedw.) Br. et Sch., Calliergon giganleum (Schp.) 


Source: MNHN, Paris 


Kindi)., Calypogeia submenu (Am.) Wrnst., Campylium helodes (Spr.) 
Broth., Cinclidium slygium Svv., Dichelyma capillacewn (Dicks) Hn 
Drepanocladus revolveris (Sw.) Wrnst.., Hygrohypmun ochraceum (Turn.) 
l.ske, Mecsea Inquelra (Hook, cl Tayl.) Angstr., Mnium einclidioides 
(lilytt) Ilu])., M. punc.talum Hedw., M. ruyicum Laur., Riccardia pinguis 
(L.) Gray, R. sinuata (Dicks.) Trev., Sphagnum magellanicum Brid. et 
S. obtusum Wrnst. 

Comme deja indique, les Mousses des fonds de lacs different sensible- 
incnt comme formes et sont ainsi souvent sujettes a des erreurs dans la 
determination dc 1especc cl du genre. La ladle varie aussi beaucoup et, 
comme exemple, je pourrais citer le Callicrgon megalophylliun qui se 
presente, on general, en formes assez grosses, mais qu’on rencontre ici 
parfois comme fo. micropluylla. La forme des feuilles varie aussi enor- 
mement chez plusieurs especes et le Callicrgon dont j’ai parle ci-dessus 
pent avoir des feuilles qui, pratiquenient parlant, pour avoir ete circu- 
laires, vont a la forme lanceolee ovale ; il ressemble alors beaucoup au 
C. cordifolium (Hedw.) Kindb. et est souvent pris pour celui-ci. Comme 
deja connu et constate par des essais de culture, les variations sont assez 
typiques, en certains points du moins, pour la plupart des especes qu’on 
rencontre au fond des lacs. Tiges et Louffes deviennent ainsi allonge.es, 
les feuilles etalees et memo saillantcs, parfois squarreuses. De nombreux 
details morphologiques sont plus ou moins effaces. Denticules ct marges 
opaisses disparaissent, le tissu foliaire devient plus uni et non differencie, 
etc. II faut enfin rerriarquer la sterilile absolue qui distingue cos Mousses, 
car non settlement on n’y trouve jamais de fruits, mais le plus souvent 
on n’y rencontre pas de fleurs. 

Peu de Mousses de fonds de lacs sont reslreintes a ces stations exclu- 
sivement, mais la plus grande partie d’entre elles croit aussi dans des 
rivieres, sur les rives, etc. Elies sont pechees au moyen de dragues confec- 
tionnees de diverses fa?ons, sans qu'il y ail eu possibility de se rendre 
compte de leur aspect sur place, el il est done permis de se demander 
si ces .Mousses n auraient pas etc amenees des rives et rivieres au fond 
des lacs par le courant. J’ai pu constater qu’en effet ces transplantations 
se produisent, mais, :i part quelques rares exceptions, ceci n’a cju’une 
importance minime et la construction morphologique memo fournit 
presque toujours des renseignemenls precis a cet egard. D’un autre cote, 
il peut bien etre considere comme forL probable que les Mousses des fonds 
de lacs proviennent de pareilles stations par la dispersion des spores, 
des touffes, etc., et sans doute aussi par des animaux tels que les 
oiseaux, etc. 

loute la presentation des Mousses de fonds de lacs nous parait assez 
capricicuse, mais ceci tient probablement beaucoup & ce que nous n’avons 
pas etudie sullisammenL les conditions exigees de leur existence et de leur 
prosperity ct il nous reste enormement a faire a ce sujet. Des recherches 
approfondies dans la nature ainsi que des essais de culture s’imposent. 
•Maints facteurs jouent ici. Les conditions du fond doivent exercer une. 
inlluence decisive et l’examen de cos derniers au point de vue morpho- 
logique et chunique devient necessaire. Dans mon pays, le Suedois Lund- 
yvisx (1927, etc.) a effeclue un travail remarquable dans ce domaine 
l ’t public plusieui's ouvrages importants. 


HERMAN PERSSON 


Bibliographie 

Arnele (H. w.). — Bryologiska notiser frjn Vesternorrlands lan (Bot. Not., 

Camion (G. W. F.). — Om vegetationen i niigra smftlandska, sjadr (Bih. t. 

K. Sv. Vet.-Akad. Handl., Bd. 28, Afd. Ill, n. 5, 1902). 

Lohammar (G.). — Wassercliemie und hokere Vegetation sckwedischer Seen 
(Symb. Bot. Upsal, III, 1. 1938). 

Lunuqvist (G.). — Bodeuablagerungen und Entwicklungstypen der Seen 
{Die Binncngewdsser, Bd. II). 

— Sjosediment fr&n omr&det Abisko-Kebnekaise {Svenges Geol. Unders., 
Ser C, n. 423, 1939). 

Persson (H.). — Bryopliytes from the bottom of some lakes ii 
(Bot. Not., 1942). 

Schnetzler (J. B.). — Vorlaufige Notiz uber ein Moos des Genfersees (Bot. 

Centralbl., Bd. 23). , „ 

Tuomikoski (R.). — Vorliiufige Mitteilung iiber die Revision des Calliergon 
giganteum-Materials sowie einiger Plagiothecium-Arten im Herbarium Musei 
Fennici (Ann. Bot. Soc. Zool.-Bot. Fenn. Vanamo, 9, n. 7). 

— Calliergon megalopliyllum Mikut. und Drepanocladus capillifolius (Warnst.) 
Warnst. in Finnland (Ibid., 15, n. 3). 


i north Sweden 



Das mediterrane Element in der Moosflora 
Westfalens 

von Fritz Koppe (Bielefeld) 


Der BegrilT « Element » wird hier nach dem Vorschlag von Braun- 
Blanquet (1923) geographisch, nicht genetisch Oder noch andersartig 
aufgefasst. Auch beschranke ich mich auf die Beachtung der europaischen 
\ erbreitung der Moose, da die Behandlung der aussereuropaischen Areale 
Fragen aufwerfen miisste, die auf knappem Raume nicht besprochen 
werden konnten. Die mediterranen Moose sind im Schrifttum Mittel- 
europas bisher nicht so eingehend behandelt worden wie beispielsweise 
die atlantischen. Auf die Lebermoose geht K. Muller (1906/16) ein, 
Herzog (1926) erwahnt einc Anzahl charakteristischer Arten, die Deuts¬ 
chland und teilweise auch noch das siidliche Skandinavien erreicht haben, 
und deutet kurz ihre Wanderwege an, ohne im Rahmen seines Werkes 
auf Einzelheiten eingehen zu konncn. Amann (1928) bringt fiir die Schweiz 
zwei Listen von Arten, die zu unserem Element gerechnet werden konncn : 
die mediterrane und die siideuropaische Gruppe. Zur ersten zahlt er solche 
Arten, die ihr Verbreitungszentrum im Mittelmeergebiet haben ; in der 
Schweiz besiedeln sie gewohnlich trocken-warme Boden, die kalkhaltig 
bis indifferent sind. Zur siideuropaischen Gruppe werden solche Moose 
gezogen, die den sudlichen Teilen Europas eigentiimlich sind, in den 
nordlichen Gegenden sind sie selten und meist steril. Da sich nun die 
Angaben « im Mittelmeergebiet » und « in den sudlichen Teilen Europas » 
iiberschneiden, ist eine scharfere Trennung der beiden Gruppen kaum 
moglich, und so ist es verstandlich, dass Herzog und andere Autoren 
manche Moose als mediterran bezeichnen, die Amann zu den siideuro- 
paischen zieht. Wesentlich ist jedenfalls, dass beide Gruppen im Mittel- 
meergebiet verbreitet und haufig sind und nach Mitteleuropa hin mehr 
Oder weniger schnell selten werden und verschwinden. Deshalb erscheint 
es mir zweckmassiger, die beiden Gruppen als « mediterranes Element » 
zusammenzufassen, wie auch Walter (1927) von mediterranen oder 
siideuropaischen Pflanzen sprieht. Analog der Untertcilung des « ozeanis- 
chen Elementes » (vgl. daruber die Ausfiihrungen von Degelius 1935), 
kann dann die mediterrane Gruppe unterteilt werden in 
1) eumedilerrane Arten, die auf das engere Mittelmeergebiet beschrankt 
sind. 



90 


FRITZ KOPPE 


2) submcditerrane Arten, die in klimatisch giinstigen Gebieten. bis 
Mitteleuropa vorstossen, bier aber selten sind ; nur in Ausnahmefallen 
erreichen sie noch das sudliche Skandinavien. 

3) eurymedilerrane Arten, die ihre grosstc Haufigkeit im Mittelmeer- 
gebiet erreichen, aber auch in Mitteleuropa eine weitere Verbrcitung 
erlangt haben. Sie erreichen fast alle auch noch Skandinavien, sind dort 
aber selten und auf die siidlichen Gebiete beschrankt. 

Innerhalb dieser Untergruppen lassen sich dann weitere Verbreitungs- 
typen erlcennen, auf die ich aber nicht eingehen will. Hingewiesen sei 
nur darauf, dass mehrere Arten innerhalb der atlantischen Gegenden 
recht weit nach Norden vorstossen, z. B. nach Grossbritannien und Noi- 
wegen. Das diirfte der Grund sein, weshalb Podpera (1902) die medi- 
terrane und die atlantische Verbreitungsgruppe nicht scharf auseinander- 
halt. Tatsachlich kann man in manchen Fallen im Zweifel sein, zu 
welchem dieser beiden Elemente man eine bestimmte Art ziehen soli. 
So ist der im Schrifttum mehrfach gebrauchte Ausdruck « mediterran- 
atlantisch » fur einige Moose durchaus angebracht. 

Da Westfalen vom Mittelmeergebiet ziemlich weit entfernt, durch 
den Wall del Alpen und durch Mittelgebirge davon recht scharf getrennt 
ist und wesentlich andere Klimaverhaltnisse aufweist, ist die Zahl der 
mediterranen Moose nicht sehr bedeutend. Eumediterrane Typen fehlen 
ganzlich. 

Submediterrane Arten 


a) im engeren Sinne 
Hymenostomum tortile var. crisp alum 

(Weisia crispata). 

Trichostomum paUidisetum. 
Pleurochmte squarrosa. 

(Barbula eordala). 

Barbula revoluta. 

(Crossulium squamigerum). 

Acaidon triquetrum. 

b) mediterran-atlantiseli 
Cololejeunea Rosettianu. 

Pottia recta. 

P. etespitosa. 

Epliemeruui minutissimum. 

Funaria obtusa. 


Pottia Starkeana var. brachypoda (P. 
mutica). 

Cinclidotus aquaticus. 

Cvndidotus riparim. 

Grimmia orbicularis. 

Funaria dentala. 

Bryum torquescens. 

Rhynchostegium rotundi/oUum. 


Cryph.ra heteromalla. 
Plerogonium gracile. 
Scleropodium illecebrum. 
Rhynchostcgiella curviseta. 


Eurymediterrane Arten 


Riccia ciliata. 

Astomum crispum. 
(symnostom um calcareum. 
Gyroweisia tenuis. 
Eucladium verticillatum. 


Triclwstomum crispulum. 
Tortella wclinata. 
Barbula lurida. 

B. tophacea. 

B. gracilis. 


Source: MNHN, Paris 


DA.8 MEDITERRANE ELEMENT IN HER MODSFLORA WE8TFALENS 91 


B. Hornschuchiana. 

B. vinealis. 

Synlrichia montana. 
Aloina aloides. 

A. eridfolia. 
Pterygoneuron p uts iliu m . 
Acaulon muticum. 

Poltia rufescens. 
Grimmia campeslris. 
Mniobryum carneum. 


Bryum bicolor. 

Philonolis marchiea. 

B rackytlieciu m eampeslre. 

Oirriphyllurn crassinervium. 
C. Vaucheri. 

Phynchostegiella algiriana. 
Bhynchostegium conjerlum. 
llh. megapolitcmum. 

Entodon orthoga/mus. 


An submediterranen Arten sind 1 Lebermoos und 20 Laubmoose aus 
der Provinz bekannt, dazu kommen 2 Varietaten, die oft als besondere 
Arten aufgefasst werden, ferner 2 Arten, die in unmittelbarer Nahe 
unseres Gebietes gefunden wurden, diese sind in der Aufzahlung in Klam- 
mern gesetzl. Das sind bei 13(i Leber- und 530 Laubmoosen, die insges- 
amt in Westfalen vorkommen, 0,73 % der Leber- und 3,77 % der Laub¬ 
moose. Von eurymediterranen Arten sind 1 Leber- und 28 Laubmoose 
aufgefiihrt, das sind 0,19 und 5,28 %. 

Verbreitung der mcditerrancn Moose in Westfalen 
Die medilerranen Moose sind in Westfalen sehr ungleichmassig ver- 
teilt. Die grosste Artenanhaufung treffen wir in der Umgebung von 
Hoxter. Mier tritt die Weser dicht an die Hoxtersche Muschelkalkplatte 
und schaITt steil abfallende Hange. Diese sind teilweise slid- oder siid- 
ostgerichtet, so dass warme, sonnige und relativ trockene Standorte 
entstehen, die nur mil lichlem Gebiiscli orMf- sparlichem Rasen bedeckt 
sind. Die nackten, besonnten Felsen tragen von unseren Arten Grimmia 
orbicularis, Pleuroduclc squarrosa, Crossidium squamigerum, Didymodon 
cordatus, Bnjum torquescens. An beschatteten Felsen gedeihen : Barbula 
lurida, B. vinealis, Cirriphyllum Vaucheri, Rhynchostegiella algiriana. 
Auch die humoscn Kalkfelsritzen sind bevorzugte Standorte unserer 
Arten ; wir treffen bier : Trichostomum pallidiselum, T. crispulum, Potlia 
nespilosa, Aloina aloides, A. eridfolia. An anderen Stellen sind die Hange 
llacher und mit lehmigem oder mergeligem Verwitterungsboden bedeckt, 
der gleichfalls nur lichtes Gebiisch oder eine lockere Grasnarbe tragt. 
Hier finden sich auch zahlreiche warmeliebendc Phanerogamen, z. B. 
Aceras anlhropopiwra. Von unseren Moosen gedeihen dazwischen : Potlia 
Starkeana, P. rufescens, Astomum crispum, Pterygoneuron pusillum, Bar¬ 
bula gracilis, Acaulon muticum, Ricc.ia dliata. In nassen Kalkfelsritzen 
oder auf feuchten Kalkblocken wachst Eudadium vcrtidllalum, auf 
feuchtem Lehmboden Mniobryum carneum, Barbula tophacea ; auch 
Cirriphyllum crassinervium und Entodon orthncarpus lieben schatlige, 
ziemlich feuchte Kalkfclsen oder Mergelboden. Buntsandstein ist bei 
Hoxter nur in geringerem Umfange aufgedc.ckt; auf ihm gedeihen an 


95 


FRITZ 


PPI3 


schattig-feuchten Stellen Rhynchostegium rotundifolium (sehr selten) und 
R. conferlum, an trocknen Fclsen Rhynchoslegiella algiriana. Auf Steinen 
in der Weser findct sich Cinclidotus riparius. 

Ausserhalb des engslen Wesergebietes fehlen der Hoxterschen Mus- 
chelkalkplatte Lrotz vorhandenen Muschelkalkes und trotz vieler stark 
besonnter Felsen und Triften alle submediterrancn Arten bis auf Barbula 
revoluta und Pollia Starkeana. Von eurymediterranen finden sich noch 
Gyrnnostomum calcareum, Eudadium vertidllalum, Trichostomum cris- 
pulum, Tortella indinala, Barbula tophacea, B. vinealis, Plerygoneuron 
pusillum, Mniobryum carneum, Cirriphyllum crassinervium und Entodon 
orthocarpus. 

Westlich der Hoxterschen Muschelkalkplatte erstreckt sich der Teuto- 
burger Wald. Er hat eine Lange von etwa 150 km. und eine grosste Hohe 
von 468 m. Er bildet im allgemeinen drei parallele Bergzuge. Der nordliche 
Zug besteht aus Muschelkalk, der Mittelzug aus Neokom-Sandstein, der 
Siidzug aus Kreidekalk, besonders Cenoman und Turon. Kalk ist also 
in grosser Menge vorhanden, vielfach finden sich besonnte Felsen und 
diirre Grastriften, trotzdem fehlen die meisten mediterranen Moose, die 
bci Hoxter vorkommen. Nur Ephemerum minulissimum und Barbula 
revoluta sind davon vorhanden, dazu kommen 2 Arten, die bei Hoxter 
fehlen : Cryphwa heleromalla und Plerogonium gradle. Von eurymedi¬ 
terranen Arten wurden beobachtet: Astomum crispum, Trichostomum 
crispulum, Tortella indinala, Barbula Hornschuchiana, B. gracilis, B. 
vinealis, B. lurida, B. tophacea, Aloina aliodes, A. eridfolia, Plerygoneuron 
pusillum, Acaulon muticum, Mniobryum carneum, Bryum bicolor, Philo- 
notis marchica, Cirriphyllum crassinervium, C. Vaucheri, Rhynchostegiella 
algiriana, Rhynchostegium conferlum, Entodon orthocarpus. Haufig ist 
im Teilgebiet keine dieser Arten. 

An den 'I'eutoburger Wald schliessen sich nordwarts das Ravensberger 
Hugelland und das Lippische Bergland. Im Ravensberger Hugelland 
finden sich Jurakalke, haufig uberdeckt von diluvialen Lehmen, z. T. 
Losslehm ; bei Biinde ist ein kleines Vorkommen von kalkreichen oligo- 
zanen Meeresablagerungen. Sudlich von Vlotho bieten harte KalktulTe, 
die « Horststeinc » giinstige Moosstandorte. Auch im Lippischen Berg- 
lande finden wir gelegentlich noch Jura-, meist aber Keuperablagerungen. 
Diese sind entweder lehmig und tonig, odcr in den hoheren Erhebungen 
(250 bis fast 500 m.) als Quarzite entwickelt. Vielfach treten diluviale 
Ucberlagerungen auf. Von unseren Moosen sind aus dem Lippischen 
Bergland nur Mniobryum carneum, Cirrhiphyllum crassinervium und 
Rhynchostegiella algiriana < als Seltenheiten bekannt. Auch das Ravens¬ 
berger Hugelland ist arm daran ; beobachtet wurden Barbula revoluta, 
Eudadium vertidllalum, Tortella indinala, Aloina aloides, Acaulon muti¬ 
cum, Pottia rufescens, Bryum bicolor und Rhynchoslegiella algiriana, 


Source: MNHN, Paris 


DAS MKDITERRANI! ELEMENT IN DER MOOSl'LOHA WESTFAI.ENS 93 

Nach Norden werden diese beiden Hiigellander vom Wesergebirge 
(rechts) und vom Wiehengebirge (links der Weser) begrenzt. Kalke, Tone 
und Sandsteine setzen die niedrigen Bergzuge (grdsste Hohe 320 m.) 
zusammen. Aus dem Wiehengebirge, das weit in das nordwestdeutsche 
Tiefland vorgeschoben ist, ist keine der mediterranen Arten bekannt, 
aus dem Wesergebirge : Hymenoslomum tortile var. crispatum, Barbula 
vinealis, Aloina abides und Rhynchostegiella algiriana. 

Sudlich vom Teutoburger Wald, zwischen diesem Gebirge im Norden, 
dem Eggegebirge im Osten und dem Haarstrang im Siiden, debut sicli 
die Munstersche Tieflandsbucht aus. Im Westen ist sie weit nach dem 
Nordwestdeutschen und Hollandischen Tieflande geSfinet. Den Unter- 
grund der Tieflandsbucht bilden senone Kreideablagerungen. Diese 
erreichen in den Beckumer Bergen und in den Baumbergen westlich 
Munster die Oberflache, wahrend sie sonst von diluvialen Sanden und 
Lehmen uberdeckt werden. Von submediterranen Moosen kommen im 
Tiefland vor : Funaria obtusa, Cryphtea heleromalla, Scleropodium illece- 
brum (nur bei Handorf) und Rhynchostegiella curviseta (in Brunnen bei 
Handorf). Von eurymediterranen Arten wurden festgestellt: Astomum 
crispum, Tortella inclinala (selten auf Sand), Barbula lurida, B. Hornschu- 
chiana, Aloina abides, A. ericifolia, Acaulon muliciun, Poltia rufescens, 
Mniobryum carneum, Bryum bicolor, Philonotis marchica, Brachythecium 
campestre, Rhynchostegium megapolilanum, R. conferlum (Mauern), Rhyn- 
choslegiella algiriana (Mauern) und Entodon orthocarpus (selten auf Sand). 
Die aus dem Lehmund Sand emporragenden Kalkhiigel haben : Tri- 
chostomum crispulum, Aloina ericifolia, Mniobryum carneum, Pterogonium 
gracile (Stromberg), Rhynchostegiella algiriana und Rhynchostegium 
confertum. 

Das Munstersche Tiefland wird im Siiden, wie erwahnt, vom Haar¬ 
strang begrenzt. Dieser ist ein schmaler Streifen von Kalkablagerungen, 
namlich von Kalken des Cenomans und von Griinsandsteinen des Turons. 
Vielfach werden sie oberflachlich von Losslehm uberlagert, der frucht- 
baren Ackerboden bildet. Nur die eingeschnittenen Bach taler erreichen 
die Kreideablagerungen ; der Grunsandstein wird bei Buthen u. a. Orten 
durch grosse Steinbriiche erschlossen. Weiter westlich setzt sich der 
Haarstrang im Ardeygebirge fort, dieses besteht im wesentlichen aus 
karbonischen Sandsteinen. Von submediterranen Moosen finden sich im 
Haarstrang nur Poltia Slarkeana und Rhynchostegium rotundifolium 
(Grunsandstein bei Riithen). Reichlich treten eurymediterrane Arten 
auf: Riccia ciliata, Astomum crispum (Acker gemein), Barbula lurida, 
B. gracilis, B. tophacea, B. vinealis, B. Hornschuchiana, Syntrichia mon- 
tana, Aloina abides, A. ericifolia, Pterygoneuron pusillum, Acaulon muti- 
cum, Poltia rufescens, Mniobryum carneum, Bryum bicolor, Cirriphyllum 
crassincruium, C. Vaucheri, Rhynchostegiella algiriana, Entodon ortho- 


Source: MNHN, Paris 


carpus. Im Ardey bei Hohensyburg wurde Pterogonium gracile beobachtet, 
bei Witten Funaria denlata : auch diirfle in dieser Gegend Pollia recta 
« an der Ruhr » (Hiibener) gefunden Worden sein. 

Der siidliche Teil Westfalcns wird von dern Sauerland eingenommen. 
Dieses hdchste Bergland der Provinz (Kahler Asten 840 m.) besteht 
fast ganz aus Ablagerungen der Devonzeit, vor allem aus Tonscliiefer. 
Im Nordteil des Sauerlandes treiTen wir einen viclfach unterbrochenen 
Zug von Massenkalk. Gut entwickelt ist dieser l)ei Padberg, Messing- 
hausen, urn Brilon, hier besonders schdn im oberen Almetal ; zwischen 
Callenhardt und Hirschberg, besonders an der Bilslcinliohle; im Hdnnetal; 
um Iserlohn, besonders; am Fclsenmeer, und am Weissenstein bei Hohen- 
limburg. Von hier aus setzt er sich dann westlich in der Rhein provinz 
fort, z. B. in dem bekannten Neandertal bei Dusseldorf. Im mittleren 
Sauerland tritt er noch einmal im Kr. OIpe zwischen Grevenbriick, 
Heggen und Attendorn auf. Der Tonscliiefer wird vielfach von vulka- 
nischen Massen devonischen Alters unterbrochen. Bei Brilon-Wald liegen 
die Porphyre der Bruchhauser Steine (756 m.); im Hoppecketal und im 
oberen Ruhrtal und seinen Nebentalcrn haufen sich Durchbriiche kalk- 
reicher Diabase und ahnlicher Gesteine. Eine weitere Gruppe devonischer 
Vulkane liegt im Gcbiet- der oberen und mittleren Lenne ; hier handclt 
es sich um kalkarme Keratophyre. Die svidlichste Spitze Westfalens 
gehort schon zum Westerwald und hat Anteil an seinen Basaltvulkanen. 

Auf den Massenkalkbergen, aber auch auf den zwischen ihnen liegenden 
Diabas- und Tonschieferhangen kommt eine bedeutende Zahl mediter- 
raner Moose vor. Eine Anhaufung dieser Arten trelfen wir aber nur 
zwischen Niedermarsberg und Messinghausen. Die zur Weser fliessende 
Diemel und ihr Nebenlluss, die Hoppecke, haben hier ein tief eingesch- 
nittenes Tal gebildet, an dessen Hangen Tonscliiefer, bei Messinghausen 
auch Massenkalk und Diabas mehrfach besonders warme und trockene 
SLandorte schaffen. In diesem Gebiet linden sich von submediterranen 
Arten : Hymenoslomum tortile var. crispalum, Trichostomurn pallidisetum, 
Barbulu revolula, Pollia Starkcana var. brachypoda, Grimmia orbicularis, 
Funaria oblusa und Pterogonium gracile ; die eurymediterranen sind fast 
vollzahlig vertreten, darunter die seltenen Gyroweisia tenuis, Grimmia 
campeslris und Brachylhecium campestre. 

Weiter westlich treten alle submediterranen Formen selten und verein- 
zelt auf: im Almetal Funaria dentata, bei Warstein Cinclidolus aquaticus ; 
auf Diabas bei Ostwig und auf Massenkalk bei Sundwig : Cololejeunea 
Rosetliana ; im Hdnnetal Grimmia orbicularis, Hymenoslomum tortile 
und Funaria dentata ; bei Hohenlimburg Pollia ciespitosa, auf einCm 
lehmigem Acker siidlich Meschede Acaulon triquetrum, bei Meschede 
auf Diabas Pterogonium gracile, an einer Buche bei den Bruchhauser 
Steinen Cryphaui. Einige eurymediterrane Arten sind hier recht verbreitet; 


DAS MEDITERRANE ELEMENT IN DER MOOSFLORA WESTFAI.ENS 95 

namlicli Gymnostomum calcareum, Eucladium verticillatum, Trichoslomum 
crispulum, Torlclla indinala, Syntrichia montana, Barbula lurida, Cirri¬ 
phyllum crassineruium, C. Vaucheri, Rhynchostegiella algiriana und Enlo- 
don orthocarpus ; selten sind dagegen Barbula lophacca, B. gracilis, B. 
vinealis, B. Hornschuchiana, Aloina aloides, A. ericifolia, Poltia rufescens, 
Mniobryum carneum, Bryum bicolor und Philonolis marchica. 

Uas sudliche Massenkalkgebiet zwischen Grevenbruck und Atiendorn 
hat noch aufzuweisen : Aslomum crispum, Trichoslomum crispulum, Tor- 
tclla indinala, Barbula revoluta , B. lurida, Syntrichia montana, Aloina 
ericifolia, Rhynchoslegiclla algiriana, Enlodon orthocarpus. Auf trocknen 
Tonschieferfelsen bei Kirchhundem, in der Nahe dieses Gebietes, gedeiht 
Bryum torquescens. 

Aus den hoheren Sauerlandbergen sind nur noch wenige Arten als 
Seltenheiten bekannt geworden : Potlia rufescens, Pterygoneuron pusillum, 
Mniobryum carneiun, Bryum bicolor, Cirriphyllum crassineruium, C. Vou¬ 
ched und Rhynchostegium conferlum. Auf dem Westerwald findet sich 
nur noch Cirriphyllum crassineruium. 

Griinde der Moosverbreitung. 

Es sei nun kurz angedeutet, wie weit klimatische, edaphische und 
historische Griinde fur die heulige Verbreitung der mediterranen Moose 
in Westfalen anzufiihren sind. 

Westfalen liegt innerhalb des atlantischen Klimagebietes Deutschlands. 
Es hat infolgedessen milde Winter und relativ kiihle Sommer. In den 
niederen Hohenlagen betrjigt das Januarmittel iiberall etwas mehr als 
0 Grad, im hohen Sauerland etwa — 3 Grad. Die mittlere Jahrestem- 
peratur liegt im grdssten Teile Westfalens und auch in den meistcn 
Gebieten, die eine reichere mediterrane Moosvegetation haben, zwischen 
8 und 9 Grad ; nur im Lippegebiet steigt sie etwas dariiber. Der Teuto- 
burger Wald und das Gebiet an der Diemel und Hoppecke haben nur 
'-<S Grad Jahresmittel; dieses sinkt im Sauerland mit zunehmender 
Hohenlage von 8 auf 4 Grad. 

Die jahrlichen Niederschlage betragen nach Lucken (1903) im allge- 
meinen 80-90 cm., bei Hoxter nur 73, auf der anschliessenden Muschel- 
kalkplatte 80-85 cm., im Ravensberger Hugelland je nach Hohenlage 
'0-90, im Teutoburger Wald 80-90, in seinen hoc-hsten Gebieten etwa 
'°0 cm. ; im Sauerland meist liber 90 cm., in den hoheren Teilen etwas 
fiber 100 cm. Auch im flacheren nordlichen Sauerland, das reicher an 
mediterranen Moosen ist, liegen die Niederschlagsmengen zwischen 90 
und 100 cm., nur im Diemel Hoppeckegebiet in kleinen Teilen etwas 
unter 70, auf den hoheren Bergen gleichfalls etwa 90 cm. 

Die Jahrestemperaturen liegen in Westfalen also uberall unter, die 
Niederschlagemengen iiber denen des Mittelmeergebietes. Die mediter- 


Source: MNHN, Paris 


ranen Moose haben dahen nur an ortlich begiinstigten Stellen die Moglich- 
keit der Ansiedlung; daraus erklart sich ihr zerstreutes Vorkommen. 
Solche ortlich begiinstigten Stellen sind slid- und siidwestlich gerichtete 
Berghange, namentlich auf Kalk and Diabas, wahrend Tonschiefer mit 
seltenen Ausnahmen auch dann gemieden wird, wenn er trocken und 
besonnt ist. Das diirfte dadurch bedingt sein, dass viele mediterrane 
Moose kalkliebend sind. Besonders ist dies in der C.ruppe der im engeren 
Sinne submediterranen Arten der Fall. In der Gruppe der mcditcrran- 
atlantischen Arten tritt die Abhangigkeit vom Kalk weniger in Erschei- 
nung. Bei diesen Moosen diirfte vielmehr das verhaltnismassig milde 
Winterklima und die gleichmassig uber das ganze Jahr verteilten 
reichlichen Niederschlage wescntlich sein. Die eurymediterranen Moose 
sind weniger empfindlich und daher weiter verbreitet. Doch fallt auf, 
wie stark auch sie das hohere Sauerland und andere Berggegenden meiden. 

Mit klimatischen Grunden allein lasst sich die Verteilung der medi- 
terranen Moose in Westfalen nicht erklaren, da die Gegenden des reichsten 
Vorkommens nicht auffallend begiinstigt sind, und andererseits langst 
nicht alle giinstigen Standorte besiedelt sind. Die mediterrancn Moose 
haben bei uns keine bedeutende Ausbreitungskraft; sie sind von ihren 
Wanderstrassen her nur vereinzelt weiter vorgedrungen. Wie friiher 
gesagt, ist bei uns das Wesergebiet besonders reich an diesen Arten. 
Es steht auf zwei Wegen mit siidlichen Gebieten in Verbindung : 1) von 
der Balkanhalbinsel her durch Ungarn, Mahren und Bdhmen uber Thii- 
ringen und die Werra ; 2) aus dem Rhonegebiet uber die Oberrheinische 
Tiefebene durch das Maintal langs der Rhdn und durch das Fuldatal. 
Andererseits geht aber auch ein Wanderwcg von der Oberrheinischen 
Tiefebene zur Moosel und Eifel und von dort zum nordwestlichen Sauer¬ 
land. So erklart es sich, dass Bdhmen und die Eifel, aber auch noch 
Rhdn und Thiiringen, reicher an mediterranen Moosen sind als Westfalen. 
Die mediterran-atlantischen Arten aber sind wenigstens teilweise auch 
aus dem atlantischen Gebiet zu uns gestossen. Wie wir wissen, war das 
Klima der Nacheiszeit nicht gleichfdrmig. Es ist naheliegend, die Ein- 
wanderungszeit dcr verschiedenen Gruppen auf verschiedene Klima- 
perioden zu verlegen, das ware fur die meisten Arten der warmste Absch- 
nitt der Ancyluszeit und fiir die mediterran-atlantischen Arten die feucht- 
warme Litorinazeit. 


SCHRIFTTUM 

Asian N (J.). — Bryogdographie de la Suisse. Zurich, 1928. 
Braun-Blanquet (J.). — L’origine et le d&velopptement des flores dans lo 
Massif Central de France. Paris et Zurich, 1923. 

Degblius ((>.). — Das ozeanischo Element der Strauch- und Laubflechten- 
flora von Skandinavien. Uppsala, 1936. 


S ME) 


ERRANE ELEMENT IN DER MOOSFLORA WESTFALENS 97 


Lucken (W.). — Die Niederscklagsverhaltnisse der Provinz Westfalen und 
ilirer Umgebung ( Jhrsber. Westf. Prov.-Ver. Eunst u. Wissensch., Munster 
1903). 

Muller (K-). — Die Lebermoose Deutschlands, Osterreicbs und der Schweiz. 
Abt. II. Leipzig, 1912/16. 

Podpera (J.). — Einige Bemerkungen zur geographischen Yerbreitung der 
Laubmoose in Mitteleuropa (Buglers Bot. Jlirb. System, u. Pfl. aeotir., 
31, 1902). 

Walter (H.). — Einfiihrung in die allgemeine Pflanzengeographie Deutsch- 
lands, Jena, 1927. 



Bryophytes du Val Piora 

par M. J.eggli (Bellinzona, Suisse) 


Le Val Piora, oil nous fimes les recoltes et les observations qui forment 
l’objet de ce modcsle expose, est situe a la limite meridionale du massif 
du St-Gothard, a une direction Est-Ouest et apparait comme une haute 
vallee suspendue au-dessus de 1.800 m., sur la rive gauche du Tessin, 
dans l’axe d'un synclinal forme par des schistes lustres, metamorphoses 
en schistes sericiteux, granitifcres, etc., et de gisements calcaires et dolo- 
mitiques du Trias et du Lias qui eftleurent surLout sur le versant droit 
de la vallee, tandis que, sur le versant de gauche, se presentent des ortho- 
gneiss el des micaschistes du massif du Lucomagno. Bien des savants 
se sont occupes, a maintes reprises, de la structure gcologique et petro- 
graphique du territoire et de la genese des lacs qui forment le plus superbc 
attrait de l’imposant paysage alpestre (1). Le plus vaste et le plus char- 
mant, le lac Ritom, qui a une longueur de 2.034 m. el une largeur maxi¬ 
male de 538 m., est surtout interessant a cause de ['utilisation de. ses 
eaux pour les usines electriques du chemin de fer du Gothard. Nous 
remarquons, tout de suite, que les travaux necessaires a la creation du 
bassin d’accumulation ont cause la submersion periodique d’une vaste 
plaine marecageuse, longue do 500 m. (palude dell’ alpe di Campo), a 
l’extremitc orientale du lac. La formation la plus etcndue de plantes 
hygrophiles a ainsi disparu. Heureusement, la plupart des especes sont 
encore plus ou moins representees autour des pelits lacs epars dans 
1’alpestre region et que nous avons visites. Ce sont: Lago di Cadagno 
(1.921 m.), Lago Tom (2.023 m.), Lago Piano dei Porci (2.200 m.), Lago 
Taneda (2.250 m.). 

La flore du Val Piora, pour ce qui se rapporle surtout aux Phanero- 
games et aux Fougeres, au point de vue systematique, est assez bien 
connue. Bon nombre de botanistes (Luizet, Bqrnmuller, Favrat, 
Schroter, etc.) y ont herborise. Leurs trouvailles sont enregistrees dans 
le Catalogue des plantes vasculaires du Tessin de P. Chenevard. On ne 
peut en dire aulant pour les Cryptogames, a l’exception du Phytoplancton 
qui fut suffisammcnt etudie avant les travaux entrepris pour FuLilisation 
des eaux du lac Ritom. Rares, en tout cas, sont les indications sur les 


(1) Eautensach, Dio klein 
kunde, N. S), 1B14). 

Bachmans (H.), Der Riloi 
anderungon. E. Tompuraturoi: 

NiquXJ (l 1 .). Preisswerk, 
dor Tessiner Alpen zwisclicn 


ion Seebecken der Tossineralpon ( ZeiUchnjl 

msec. A. Geologische Uebersiehb. B. Morpbo 
n (Xcitschrijt f&r Hydrobiologie. N. 2. Aarau. 
(.1 RUTTER, BOSSARD, KUNDIO. Geologische 
Maggia- und Bleniot.al ( Beilr. zur geol. Karl 
■ern, 1930). 


fur Gldscher- 

fll'li)! 

Bescbreibung 
le der Schweiz. 


Source: MNHN, Paris 



BRYOPHYTES D 


VAL PI ORA 


Bryophytes du Val Piora. Une quinzaine de Mousses, recoltees par 
Brkdelar, Culm an, Aman, vers la fin du siecle passe (1), est indiquee 
dans la Flore des Mousses de la Suisse d’AMANN. Dans ses«Beitrage zur 
Laubmoos- und Torfmoosflora der Schweiz » ( Hedwigia , Bd. ^1897, 
Dresden), J. Roll donna la liste des Sphaignes qu il a trouves au Val 
Piora. Ce sont : Sphagnum acutifolium, S. Schimperi, S. robustum, S. 
Cnrgensohnii, S. leres, S. compactum, S. cymbifolium avec plusieurs 


varietes. 


Nous devons la meilleure contribution a la connaissance botanique 
du Val Piora a M. le D r Walo Koch (2) qui a, pour la premiere fois, 
explore et etudic diligemment, selon les principes modernes de la socio- 
logie vegetale, les formations marecageuses le long des lacs de noire 
territoire. Ce qui nous interesse ici, c’est que, dans son travail, il mentionne, 
outre les Phanerogames des marais, une trenlaine de Mousses hygrophiles 
pas encore connues pour la region et cinq especes de Sphaignes (.S', platy- 
phyllum, S. subsecundum, S. subbicolor, S. magellanicum, S. Russowii) 
pas encore signalees par RoLLet quclques Hepaliques. La plus belle trou¬ 
vaille de Koch, c’est Paludella squarrosa, rare en Suisse, nouvelle pour 
le Tessin. Tout compris, on avait enregistre, jusqu’a nos jours, au Val 
Piora, soixante especes de Bryophytes. Dans le cadre des recherches 
que nous poursuivons pour le recensement des Mousses du canton du 
Tessin, nous avons, pendant plus d’une semaine, parcouru le Val Piora 
sur une longueur de 5 km. et dans les limites d’altitude entre 1.800 a 
2..500 m. Quoique 1'exploration soit bien loin d'etre epuisee, nous voulons 
quand meme resumer ci-dessous toutes les connaissances actuelles sur 
les Bryophytes du Val Piora, puisque la liste s’est enrichie de plus de 
100 autres especes, et nous ne sommes pas surs de pouvoir continuer 
les herborisations dans la paisible contree. 

Pour une rapide orientation sur la ilore bryologique du territoire 
explore, nous estimons qu’il convient de distinguer trois secteurs : les 
deux versants et les marecages, qui sont pour la plupart autour des lacs 
et au fond de la vallee. 


Le versant droit 


Par rapport aux Mousses, les deux llancs de la vallee offrent des condi¬ 
tions de vie bien difTerentes. La pente droite, nettement exposee au Sud, 
a un substratum presque entierement calcaire, permeable et, sauf dans 
les depressions oil reposcnt les petits lacs, une forte inclinaison. La seche- 
resse du terrain revetu, pour la plupart, d'une couche herbeuse, le manque 
absolu de vegetation arborescente, ne favorisent evidemment pas le 
developpement des Muscinees. Meme les rochers tres aridcs qui efllcurent 
et la du gazon vert n’abritent qu'un petit nombre d’especes rupicoles. 

Sur la terre, entre les souches de la prairie et du paturage, on ren¬ 
contre des Mousses assez communes et repandues. Telles sont: 



«r subalpinen Seen und Moorge 
mg, Heft 3 und 4. SauerlAnder, 


chance do rctrouver : Mnium 
'hi oblusifolia, Campylopus 


Moorgebiete des Val 
lander, Aarati, 1928). 


Source: MNHN, Paris 


100 


Ceratodon purpureus (1). 

Barbula unguiculata. 

Tortella tortuosa. 

Bryuvi ciespilicium. 

Moins frequentes : Dicranella 


DwHcliium montawum. 

Bryum pollens. 

Polytrichum piliferum. 

Poly trichum j uniperinum. 

subulala et D. crispa, sur la terre de 


temps en temps humide. 

Relativement pauvre est la florule bryologique des rochers calcaires 
cnsoleilles de ce versant entrc 1.800 et 2.000 metres. Pas de peuplements 
eontinus, mais de maigres colonies, surtout dans les fissures, et dans des 
niches oil l’on rencontre quelquefois Timmia bavarica, Orlhothecium 
inlricatum et parfois Gijmnoslomwn rupestre. Parmi d'autres especes 


rupicoles nous notons : 


Ditrichum flexicaule. 

Erytrophyllum rubellum. 

Barbula gracilis versus var. icmado- 
pliila. 

Tortula muralis var. mstiva. 
Syntrichia ruralis var. norvegica. 
Leslcea catenulata. 

Lescurxa alrovirens. 


Homaloihedum sericeum. 
Encalypta contorta. 

« rhabdocarpa. 

Grimmia apocarpa var. conferla. 
Bnrtramia (Eden. 

Thuidium abietinum. 

Hypnum Vaucheri, rare. 


Sur ces pentes fortement exposees au soleil et calcaires, on rencontre 
en gazons asscz denses Grimmia alpestris sur les pierres, acalciques des¬ 
cends des sommets oh efileurent des rochers siliceux. 

D'abondantes touffes de Mousses prosperent sculement le long des 
torrents et. des ruisseaux qui descendent aux lacs de Tom, Cadagno, 
Ritom, etc. Mais il s’agit d’un nombre tres limite d’especes. Oh les eaux 
sont relativement riches en sels dissous, a reaction alcalinc, domme le 
Craloneuron comnmlalum var. falcalum et les Phanerogames : Saxifraga 
slellaris, Epilobium alsinifolium, Cardamine amara, e t, oh les eaux sont 
plus rapides, la var. irrigatum et le Hygrohypnum dilatalum. Ces Mousses 
y torment de vraies associations avec les Phanerogames caracleristiques . 
Arabis bcllidifolia, Saxifraga amides, Carex [erruginea. La oh les eaux 
sont faiblement mineralisecs, a reaction neutre ou acide, domme Bryum 
Schleicheri avec B. ventricosum et Philonolis seriala. Cette association 
(Bryelum Schleicheri) est, au Val Piora, bien moins difTusee que la prece- 
dente du Craloneuron commutaium. 


Les rivages des lacs 

C’est le secteur qui fut explore par W. Koch et qu'il a illustre dans la 
monographic a laquelle nous renvoyons le lecteur qui desire des renseigne- 
ments detailles a ce propos. Nous nous bornons a renumeration des 
Mousses qui font partie des associations marecageuses comprises par 
Koch, sur l’exemple de Braun, sous le nom de Caricion fusex et qui 
est, au Val Piora, surtout represente par le Caricetum fusex alpinum 
et le Trichophorelum exspitosi alpinum avec leurs diverses variantes. 
Le Caricetum fusex, qui s’installe frequemment sur l’association ou du 
Bryelum Schleicheri ou du Caricetum in flat x ou sur des gazons serres 
de Drepanocladus sp., est a son tour ordinairement substitue par le 2ri- 
chophoretum exspitosi. 

(1) Pour la nomenclature, nous suivons l’ouvrage de W. MO.nKEHEYER, Die Laub- 
moose Duropas, Leipzig, 1927. 


Source: MNHN, Paris 


BRYOPHYTES Dl' VAL PIORA 


101 


Les especes caracteristiques du groupe (Verbandscharakterarten au 
sens de Braun) seraient, scion Koch (1): 


Drepanocladus intermedius*. 

» exannulatus et var. purpurascens*. 
Colliergon trifarius*. 

ii sarmentosum*. 

Paludella squarrosa*. 


Especes concomitantes (Begleiter): 


Blindia acuta*. 
Dieranum Bonjeani. 
Bryum pollens*. 

Mniurn Seligeri*. 
Aulocomium paluslre. 
Pkilonotis fontana*. 
Pkilonotis tomentella*. 
Oligotrichum hercynum. 
Camptothecium miens *. 
Scorpidium seorpioides*. 


Calliergon gyganteum*. 
Calliergon stramineum*. 
Drepanocladus uncinatus*. 
Climacium dendroides. 

A crocladium cuspid alum. 
Chrysohypnum stellatum*. 
Gymnocolea inflata*. 
Scapania irrigua*. 

» subalpina. 

» uliginosa. 


Comme nous l’avons deja dit, la plaine. de l’alpe de Campo, longue 
d’envirpn 500 metres a l’extremite Est du lac Ritom, etait constitute 
par des peuplcments du Caricion (uscae. Apres 1’elevation du niveau du 
lac, ils sont disparus presque entierement, mais deux seules especes 
(Splachnum sphxricum et Calliergon cordifolium) que nous avons trouvees 
en 1916, avant la creation du bassin d’accumulaLion, nc se rencontrent 
plus ailleurs. Aujourd'hui les associations martcageuses occupent surtoul, 
ii environ 100 metres plus en haut du lac Ritom, la vaste depression 
qui s’etend sur une longueur de 1.500 metres, de la « cappella di San 
Carlo »jusqu’au rivage du lac Cadagno (1.921 m.), lequel repose au milieu 
d'une magnifique couronne de montagnes. C’est la que le Trichophorclum 
ciespitosi est le plus developpe et oil Ton trouve toutes les Mousses enu- 
merees, y compris des Sphaignes qui preparent la transformation des 
marais plans en marais bombes, oil domine le Sphagnum aculifolium 
avec S. Schimperi , .S'. Russowii, S. Girgensohnii , S. compuctum, Aulo- 
comnium paluslre, Polylrichum slriclum, etc. 

La oil les caux sont moins acidiphiles, on rencontre plutot : Sphagnum 
platijphgllum, S. teres, S. cymbifolium, S. subbicolor, S. magellanicum 
avec Care. r pauciflora et d’autres Phanerogames (Voir Koch, op. cil.). 

Avec l’altitude, le nombre des Mousses hydro- et hygrophiles, autour 
des petits lacs, diminue sensiblement. Au lac Tom (2.023 m.), nous n’en 
trouvons que trois ( Drepanocladus intermedius, Calliergon Irifarium, 
Calliergon sarmentosum). Plus haut encore, pres du lac Taneda (2.308 m.), 
oil les colonies de Carex fusca vonl se dissoudre, ces Mousses disparaissent 
et, 5 la place du Caricetum fusex, se developpe. le tapis caracteristique 
des depressions a neige (Schneesalcheurasen) avec les Phanerogames 
bicn connues ( Carex fcelida, C. Lachenalii, Alchemilla pentaphyllea) et des 
Bryophytes, telles que : Gymnomitrium concinnatum, Webera commulata, 
W. Ludwigii, Dieranum falcatum, Polytrichum sexangulare, Olygolrichum 
hercynum. 


(1) Les espfcces signages, pour la premiere fois, par Koch sontsuivies il'un asterisque. 


Source: MNHN, Paris 


102 


rjEGGLI 


Le versant gauche 

Le versant gauche est bien autremcnt favorable au deployment de 
la vie bryologique que le versant oppose. L’humidite, la fraicheur y sont 
abondantes. De nonibreux ruisseaux parcourcnt la pente, desormais 
recouverte, jusqu’a 2.100 metres, par de denses formations de Rhodo¬ 
dendron, Alnus viridis, Vacciniurn Myrlillus. La forel des Sapins et des 
Melezes, parnii lesquels apparaissent quelques exemplaires de Pinus 
Cembra (survivants d'une association jadis prospere ?), s'eclaircit rapide- 
ment. Sur la pente escarpee, la vegetation des arbrisseaux et des arbres 
est pourlant £a et 14 interrompue par des blocs, des rochers, des pierriers 
presque nus, oil les gazons des Mousses, au moins pour un certain temps, 
sont a l'abri de la concurrence des plantes superieures. II y a, en tout cas, 
sur ce flanc de la vallec, une grande variete de stations qui abritent 
des Mousses aux exigences les plus diverses par rapport a l'humidite, 
a la lumiere, a la nature du terrain. Le substratum est, ici, presque 
entierement acalcique. Nous allons fairc suivre, d’apres l’habitat, les 
Bryophytes recoltees : 

Roches seches, decouvertes. — On y trouve surtoul : Grimmia alpes- 
Iris, Grimmia anomala (pas frequente), Schistidiiun apocarpum var. 
confertum, Synlrichia ruralis var. norvegica. Parfois, aussi, Grimmia 
commutata, Coseinodon cribrosus. 


Roches moins exposees a la lumiere. — De denses colonies de : Grim¬ 
mia palens, Rhacomilriam hetcroslichiim, R. sudeticiun. Pas rarement, 
sont dominantcs: Andriea pelrophila, Bryum alpinum et, par place, 
Andrrea frigida. 

Dans une phase successive, ce gazon peut etre envahi par : Clcnidium 
molluscum, Chrysohypnum stellatum, Hypnum cupressiforme, etc. 

Parmi les Phanerogames qui prenncnt presque toujours demeure les pre¬ 
mieres sur les coussinels des Mousses rupicolcs, il faut signaler les especes 
du genre Sedum et Sempervivum el, surtout, Sedum dasyphyllum, Sedum 
album, Sedum mile, Sempervivum arachnoideurn, Sempervivum monlanum. 


Blocs et pierres entre les Melezes. — Nous nous rapportons ici aux 
Mousses saxicoles relevees dans une raide formation qui se trouve au- 
dessus de I'Hotel Piora, a l'Ouest du lac, entre 1.800-1.950 m., sur un 
terrain constitue par de la dolomie et des schistes calcaires (schistes 
grisons). Les voici par ordre de frequence : 


Distichvum monlanum. 
Ditrichum flexicaule. 
Dicranoweisia crispula. 
Dicranum longi/olium. 
Tortella iortuosa. 

Tortilla ruralis. 

Grimmia Hartmanii. 
Pterygynandrvm filijorme. 
Ditrichum tortile. 

Leskea catenulata. 

Leskea nervosa. 


Lescurcea atrovirens. 

» mutabilis. 

Anomodon viticulosus. 

('amptothecium lutesccns. 
Brachylheci um re/lexum. 

» Starkei. 
Ptycodium plicat u m. 
Brachgthecium Geheebii. 

Hypnum Vaucheri. 


Les Braehylhecium sc retrouvent meme sur la terre. A signaler parti- 
culicrement, pour 1’altitude exceptionnclle de la station, Anomodon 
viticulosus et Braehylhecium Irntum. 


Source: MNHN, Paris 


BRYOPHYTES DU VAL PIORA 


103 


Cette vegetation muscinale, assez riche et vaviee, est fortement menacee 
par la flore phanerogamique qui, se rejouissant au sol de la foret des 
Melezes d’une lumiere abondante, est bien plus prospere et envahissante 
que celle des Sapins. Parmi les Anthophytes qui, accompagnees de Mousses 
humicoles (Rhyliadelphus Iriquetrus, Hylocomium prolifcrum, Eniodon 
Schrcberi, Potytrichum sp.), occupent volontiers les coussinets des Mousses 
saxicoles, nous signalons : Sempervivum arachnoideum, Alchemilla Hop- 
peana, Dryas odopelala, Salix retusa, Saxifraga oppositi folia, Saxifraga 
aizoon. Thymus Serpyllum, Bellidiastrum Michelii, suivies, a leur tour, 
par des Graminees et enfin par des arbrisseaux du Rhododendron et Alnus 
viridis avec Vaccinium. 

Rochers humides et pierres, la long des ruisseaux plus ou moins ombra- 
ges. — Dans les fissures des parois plus ou moins verticales, c’est 
VAmphidium Mougeotii, qui est caracteristique. Dans les memes stations 
on rencontre : Rarlramia ilhgphylla, B. (Ederi, B. norvegica. Plus rare- 
menl, Anacectangium compadum. Sur la surface massive du gneiss, on 
trouve, plus frequente, Blindia acuta. 

Sur les pierres des eaux ruisselantes croissent Brachythecium plumosum, 
B. riwulare, B. rutabulurn, Chrysohypnum stellatum, Scapania imdulata, 
Marsupdla sphacelala. 

La oil elles sont moins touchees par l’eau courante, les pierres sc recou- 
vrent, & et la, d’une mince couche d'Hepaliques, parmi lesquelles nous 
avons note la rare espece Haplozia cxspiticia avec : 

Gymnomitrium concinnatum. Blepharostoma trichophyllum. 

Sphendlobus minutus. liadula complanata. 

Marsupella emarginata. Calypogeia Neesuma. 

Lejeunia camfolia. 

Dans une phase successive de developpement, nous avons constate 
des Mousses ( Dicranum falcatum, Grimmia palens, Tortdla lorluosa), puis 
des Phancrogames ( Primula viscosa, Saxifraga steltaris, Valeriana mon- 
tana, Sernpervivum monlanum, etc.) et enfin le Vaccinietum. 

Terrain humicole frais. — C’est la station dominante du versant dont 
nous parlons, et qui est peuplee, en grande partie, par des brousses de 
Alnus viridis, Rhododendron, Vaccinium sp. el des exemplaires dissemines 
de Larix, Picea, Pinus Cembra. Ou les arbrisseaux sont moins denses, 
il y a une foulc d’especes communes silvicoles, telles quo Hylocomium 
prolifenun, Rhyliadelphus Iriquetrus, Eniodon Schreberi, Polytrichum 
alpinum, P. altenuatum, P. juniperinum. En moins grande quantite : 
Hylocomium pyrenaicum, H. umbratum, Dicranum scoparium, D. conges- 
lum, D. albidum, Leucobryum albidum, Hypnum cupressiforme, H. calli- 
chroum. 

Sur la terre non encore envahie par la vegetation superieure, on peut 
noter : 

Brachythecium. reflexum. 

» collinum. 

» velutimim. 

Plagiolhecium striaiellum. 
diversi- « silesiacum. 

a Rmseanum. 


Pohlia cruda. 

» nutans. 

Meesea Iridiodes. 

Mymella julacea. 
Burhynchium slrigosum var. 


104 JJEGGLT 

A ces Mousses vont parfois s'aj outer des Hepatiques, telles que : 

Lophosia lycopodioides. Cephalozia bicuspidata. 

» Morkei. Leptoscyphus anomcdus. 

» gracilis. Lophosia longiflora. 

» incisa. 

Meme ces peuplements finissent, dans la majorite des cas, par etre 
submerges par les Rhododendron et les Vaccinium. 

Sur le versant frais, dont il est question ici, on observe aussi, pas 
rarement, des etangs de proportion reduite avec quelques-unes des especes 
des rivages marccageux dont nous avons deja parle ( Drepanocladus 
exannulalus dans les varietes brachydidns et Rosae, I), fluilans, Callicrgon 
straminenm) et, aux marges de ces petits bassins d’eau : Alicularia geo- 
scypha, A. scalaris, Cephalozia connivcns). Des Sphaignes sont groupes 
aussi, ?a et la, sur la pente, surtout au voisinage du lac Piora, dans les 
endroits plus humides, entre les arbrisseaux (Sphagnum Girgensohnii, 
S. teres, S. subsecundam). 

Nous avons fait une revue, rapide, d'apres les stations plus importantes, 
des Bryopliytes observecs au Val Piora. II nous reste a indiquer les especes 
arboricoles et des murs. Les premieres sont, a cause de l'altitude et de 
la pauvrete de la vegetation arborescente, en petit nombre. Nous n’avons 
vu que : Orlhotrichum striatum, 0. rupestre, 0. leucomitrium, Hypnum 
cupressiforme var. filiforme, Pterygynandrum filiforme. Sur les troncs 
pourris, tres dissemines, Georgia pellucida, Dicranum monlanum, Lepi- 
dozia replans, Tritomaria execla, Blepharostoma trichophyllum. 

On ne trouve de murailles, dans notre territoire, qu’a certains points 
de la route qui va de la partie superieure du funiculaire qui relie la plaine 
du Tessin au Val Piora. II s’agit d’une station qui n'existe que depuis 
une vingtaine d'annees et qui abrite un nombre limite de Mousses et 
de peu d’exemplaires. Nous y avons remarque : 

Brijum avspiticium var. Kunzei, B. pollens, B. capillare, Barbula 
gracilis, Schistidium apocarpum, Lescurxa alrovirens, Ceralodon purpureus 
var. breuifolius, Polytrichum pilifenun, Barlramia ilhyphylla, Torlula 
ruralis. Parmi les Fougeres et les Phanerogames : Asplenium trichomanes, 
Aspidium lonchilis, Campanula pusilla, Biscutella levigata, Rumex scu- 
talus, Cerastium arvense. 


Nous resumons : La florule bryologique connue jusqu’ici du Val Piora 
compte 180 especes, y compris les 60 deja enregistrees avant nos recher- 
ches. Si Ton consktere qu’elles se sont poursuivies pendant une br6ve 
periode de temps, sur une zone restreinte entre 1.800 et 2.300 metres 
d'altitude, on peut bien affirmer que lc Val Piora, assez connu par ses 
beautes naturellcs et tres interessant au point de vue scientifique par sa 
morphologic, sa gencse et sa constitution geologique, est bien digne 
d’attention et d’etude pour la variete et la richesse de sa vegetation 
bryologique. 


Source: MNHN, Paris 



La sexualite et le dimorphisme des spores 
des Mousses 

par Marthe Ernst-Schwarzenbach (Zurich) 


Le determinisme du scxe des Mousses s’exprime le plus clairement par 
la sexualite de leurs spores. Le gametophyte entier : spore, protonema 
et tige feuillee, constitue la generation sexu<5e, tandis que le sporophyte 
est normalcment asexue (les experiences de E. et Em, Marchai, ont prouve 
que le sporophyte est en realite genetiquement bisexue). La reduction 
chromatique, lors de la formation des spores, marque le commencement 
de la phase haploide sexuee, la fecondation la termine. C’est done dans 
le gametophyte quo la morphosexualisation a lieu d'apres le mode soit 
genotypique, soit phenotypique de determinisme du sexe. 

Quand le determinisme est genotypique , le scxe de l’individu est fixe 
de.j& a l’etat de spore. Les tendances bisexuees des cellules-meres des 
spores sont reparties sur les 4 spores de maniere a ce que deux spores 
soient mSles, deux femellcs. De ces spores unisexuees, les stades suivants 
du gametophyte, protonema et tige feuillee, prennent leur origine et 
gardent naturellement la tendance sexuee, Le gametophyte entier est 
done dioique. 

Quand le determinisme du sexe est phenotypique, les spores sont gene¬ 
tiquement bisexuees. Les stades du gametophyte issus de ces spores se 
comportent di(T6remment. Chez certaines especes, Ephemerum serratum 
par ex., les tiges feuillees sont ou males ou femellcs, mais dies proviennent 
du meme protonema, e’est-a-dire de la m6me spore. La disjonction tissu- 
laire doit avoir cu lieu tres t6t, probablement dans le protonema. Chez 
d’autres Mousses, certaines branches des plantes feuillees portent des 
archegones, d’aulres des antheridies. Un dernier groupe porte archegones 
et antheridies dans les memes inflorescences. Ces dilferentes categories 
de sexualisation sont toutes phenol ypiques, ces Mousses sont toutes 
monoiques, car elles remontent a des spores bisexuees. L'interet genelique 
de cette classification se borne aux problemes genetiques-physiologiques 
concernant le mecanisme de la determination au point de vue physio- 
logique. 

La sexualite de toute planle peut se manifester differemment. La 
polarity des sexes est en premier lieu d’ordre physiologique. Certains 
Basidiomycetes heterothalliques et les Algues isogames ne montrent que 
cette expression toute primaire de sexualite. Plus souvent, la sexualite 
s'exprime aussi dans la morphologie, ce qui mene a la grande variete 
d’organes de reproduction sexuelle connus dans le regne vegetal. Ces 
differences des organes reproducteurs constituent les caracteres sexuels 
primaires. 

Dans certains organismes, le dimorphisme sexuel peut embrasscr, en 



MARTHF. ERNST-SCH W ARZENBACH 


plus des organes de reproduction, les individus entiers, c’est-a-dire leurs 
parties vegetativcs. II s’agit dans ces cas de caracteres sexuels dits secon¬ 
daires. Ceux-ci sont rares chez les plantes et ne se trouvent chez les Pha- 
nerogames guere autrement qu’en differences quantitatives si minimes 
qu’on ne les reconnait que par les methodes de la biometric. Des carac¬ 
teres sexuels secondaires ne se trouvent d'une maniere plus evidente 
que chez certaines Mousses et Hepaliques (Sphierocarpus !). Bon nombre 
de Mousses europcennes portent leurs antheridies sur des tiges plus petites 
et a feuilles rcduites en comparaison de celles qui portent les archegones 
et les sporogones. Cette difference est independante du mode de deter- 



la feuiUe 



Fig. 1. — .Miles nt 


minisme du sexe, les caracteres sexuels secondaires peuvent se trouver 
aussi bien chez des especes monoiques que chez des especes dioiques. 
11s peuvent etre limites a la plante feuill^e ou comprendre protonema 
et spores. 

Dans les Mousses du genre Macromilrium, repandues dans les regions 
tropicales du monde enticr, ce diinorphisme est specialement prononce. 
On sait depuis les etudes de Max Fleischer (1920) que, dans les especes 
dioiques, les m&mes sporogones ferment des spores de taille differente. 
Ces especes presentent, en plus, un diinorphisme des plantes feuillees 
tres prononce : les tiges feuillees males sont naines et vivent, issues des 
spores tombees sur les feuilles des plantes femelles, sur celles-ci meme 


Source. MNHN, Paris 


SEXUALITE ET DIMORPH13ME DES SPt 


1USSES 


107 


qui sont beaucoup plus grandes que les plantes males (fig. 1). Les especes 
monoiques ne montrent pas de differences entre leurs spores. 

II s’agissait done de chcrcher s'il y a des relations entre le dimorphisme 
des spores el c.clui des plantes feuilUes dio'iques. A Java, pendant un sejour 
en hiver 1931/32, il nous fut possible de recolter plusieurs especes et 
d’en faire des cultures pares soit a Buitcnzorg, soil de retour a Zurich. 
Petites et grandes spores ont montre la faculte de germer (fig. 2). II nous 
fut possible de demontrer aussi que les petites spores donnent naissance 
aux plantes males naines, les grandes spores aux grandes plantes portant 
les archegones et sont purement fcmelles (fig. 3). Les petites spores ont 
une determination male, les grandes sont femelles. 



Le dimorphisme sexuel embrasse done chez le Macromilrium la phase 
haploi'de entiere. La difference qui cst la plus nette dans les plantes 
feuillees a ete etudiec par quelques mensurations (tabl. 1). 

Les dimensions des organes dependent en general du nombre et de la 
laille des cellules qui les forment. Dans le genre Macromilrium, le nanisme 
des males provient exclusivement du nombre des cellules. Chez 4 plantes 
males et femelles, le nombre des cellules foliaires en longueur et en largeur 
a ete determine a l'aide du planimetre, ainsi que la surface de la projec¬ 
tion des cellules. Les dimensions des cellules sont a peu pres les meines ; 
en tout cas, les cellules des femelles ne sont pas plus grandes que celles 
des males. Leur nombre, par contre, differe considerablement: les feuilles 
des tiges males sont formees en moyenne par 33,5 cellules en longueur 
et 23,2 cellules en largeur, tandis que les feuilles des femelles ont 204 
cellules en longueur et 74,7 en largeur. Les feuilles des plantes femelles 
ont done en longueur h peu pres 6 lois, en largeur a peu pres 3 fois le 
nombre des cellules des plantes males. 


Source: MNHN, Paris 


108 


MA RTHE F.R NST-SCHWARZENBACH 


Tableau 1. — Le dimorphisms du Macromitrium Sa'akanum 


Plantes 

femelles 


Hauteur des tiges. 20-30 nun. 

Longueur des feuilles.1,5-2,5 mm. 

Nombre des cellules foliaires en longueur. . . . 204 

Nombre des cellules foliaires en largeur .... 74,7 

TaiHe des cellules foliaires .. 54,7 unites 

Diametre des spores. 0,0365 mm. 

Couleur des spores. vert 


0,5-0,7 mm. 
0,30-0,45 mm. 
33,5 
23,2 

61,7 unites 
0,0196 mm. 
jaune 


II est probable que le protonema issu des spores est dimorphe aussi, 
mais aux differents stades de son developpement il est tellement soumis 
au milieu, que des differences genoty piques ne peuvent se manifester. 
Seul, le protonema secondaire, qui prend son origine des tiges feuillees, 




Fio. 3. — Macromitrium Satakanum, males nains portent des anth&idies et jeunes 
plantes femelles dans une culture issue de pctites et grandes spores. 18 x. 

est dimorphe : il a le caractere de rhizo'ides quand il est femelle et le 
caractere dit chloronema, c'est-a-dire de protonema primaire, quand il 
est male. 

Le dimorphisme des spores est d’un interet special. Bon nombre de 
Mousses ont des spores de variability assez large. Pour trouver l’origine 
de cette variation, il est n^cessaire de compter un certain nombre de 
spores pour voir la relation numerique entre grandes et petites spores 
et de determiner, s'il y en a, le nombre des spores degenerees. Un petit 
nombre de grandes spores unicellulaires parmi un grand nombre de petites 
spores non degenerees montre que la formation des spores n’est pas 
toujours normale. C’est le cas lorsque certaines spores sont devenues 
tetraploides par des irregularitcs de la meiose. Quand les deux categories 
de spores se trouvent & peu pres en nombre 6gal, il est probable que leur 
difference provient de la determination sexuee genotypique, par laquelle 
deux spores de la meme letrade sont males, les deux autres femelles. 







SEXUALITE ET DIMORPHISME DES SPORES DES MOUSSES 109 

II s’agit alors de faire des cultures et de les poursuivre pendant un certain 
temps pour voir si la meme categoric de spores donne constamment des 
individus du meme sexe et dont le sexe ne change plus. 

Pour l'etude du dimorphisme des spores, un grand nombre de Macro- 
mitrium d’herbiers d’origine differente (voir publ. 1939) a complete ceux 
de Java. De chaque espece trois sporogones et de cliaque sporogone 
200 spores furent prises pour les mesurer. Les spores furent prises des 
sporogones mures et mesurees dans un melange d’alcool et de glycerine 
avec une plaque Deniermeter d’apres Herzog. C'est un petit reseau 
grave sur verre avec lequel on compte le nombre de carres couvrant 
la coupe optique de chaque spore. La distance des lignes formant les 
carres est de 0,162 mm., en combinaison avec l’optique du microscope 
utilise, chaque carre represente une surface de 27,56 milliemes de mm 2 . 



Ainsi fut mesure le materiel de Java. Pour simplifier la methode en don- 
nant des resultats presque identiques, du materiel des herbiers seul le 
diametre des spores fut mesure a 1’oculaire ordinaire de mensuration. 
Les resultats ont et6 reproduits graphiquement par des polygones de 
variation (fig. 4-6). . , , 

Dix especes mono'iques, dont trois d’origine asiatique, ont ete etudices. 
Elies sont toutes isospores, leurs spores ne montrant aucune difference. 
Le polygone de leurs mesures n’a qu’un sommct, c’est le cas, entre autres, 
pour le Macromilrium Reinwardti (fig. 4). Des 28 especes dioiqu.es etudices, 
l’une ne montre ni heterosporie ni dimorphisme des plantes feuillees. 
Les 27 autres ont des plantes males naincs vivant sur les feuilles de fe- 
melles de grandeur normale. Sept de ces especes sont isospores, 20 hete¬ 
rospores. Les especes heterospores donnent des polygones de variation 
a deux sommets (fig. 5). Le prototype de cette categoric, est le Macro- 
milrium Salakanwn, qui se montra le plus apte a la culture et produit 


Source : MNHN, Paris 








110 


E ERNST-SCIIWARZENRACH 


de nombreux males nains et quelques plantes femelles. Ses spores different 
aussi par leur couleur, les petites spores males sont jaunes, les grandes 
spores femelles d’un vert pur. 

D’autres especes, le Macromitrium Bhimei par ex., ne sont qu'indis- 
tinctement heterospores, leur polygone ne montre ni deux sommets 
distincts, ni conslamment un seul sommet (fig. 6). Chez le M. Bhimei, 
cela pourrait etre explique par des irrcgularites dans le determinisme 
sexuel, observees par K. Dening (1935/36). 

Dans le genre. Macromitrium, la sexualite des spores est done, pour un 
grand nombre d’especes, etroitement liee a un dimorphisme tres prononce. 
La difference des dimensions des spores n’est visible qu’assez tard dans 
leur developpement. Apres la formation des tetrades, les jeunes spores 
sont toutes de la meme grandeur. Les spores de la meme tetrade se 



separent longtemps avant le point assez avance de la maturation oil la 
difference entre les spores devient visible. Ainsi, ce qui est bien regrettable, 
il n’est pas possible de faire de cultures pures des 4 spores issues de la 
meme tetrade. 

Dans sa Flore des Muscinees de Buitenzorg, Max Fleischer enumere 
8 autres genres et specialement Schlotheimia dont certaines especes 
forment des spores d'assez grande variability. Des mensurations du ma¬ 
teriel de Schlotheimia Grevillcana Mitt, que H. N. Dixon de Northampton 
a eu l’amabilite de me procurer ont donne un resultat assez interessant 
(fig. 7); les spores de 3 sporogones de plantes du Ivaapsche Hook, 
Transvaal, donn^rent des polygones de variation a un seul sommet, mais 
de variabilite assez differente. Les spores de 3 sporogones provenant 
des Monts Nilghiri dans les Indes anglaises donnerent des polygones 
a deux sommets tres peu distincts, ressemblant a ceux de M. Blumei, 
tandis que les spores d'un sporogone dont l'origine est, d’apres les notes 


Source: MNHN, Paris 






SEXUALITE EX DIMORPHISMS DE$ SPORES DES MOUSSES 111 

du collectionneur, dans les Palmi Hills, donnent un polygone & deux 
sommets tres prononces. La meme espece est done, dans une region, 
monomorphe, dans une autre assez eloignee, vaguement dimorphe, dans 
une troisieme plus pres, distinctement dimorphe. 

Tableau 2. — Mensurations des spores do Schlotheimia 



Quelques especes de Schlotheimia du Bresil, provenant de l’herbier 



de l’Ecole polytechnique federale (Prof. Gaumann) et recoltees par Th. 
Herzog, ont donne un resultal semblable. Elies portent sur leurs feuilles 
des nains males tout a fait semblables a ceux de Macromitrium. Le Schl. 
brevisela a un polygone a deux sommets distincts, le Schl. Campylopus 
un polygone a deux sommets tres distincts, le Schl. elata un polygone 
a un sommet. Le materiel etant rare, ces mensurations ctaient moins 
nombreuses que celles des especes de Macromitrium. En plus, dans un 
sporogone de Trismegislia Brauniana de Java provenant de l’herbier 
Boissier (Geneve) (Prof. Hochreutiner), materiel encore plus rare, il a 


Source: MNHN, Paris 




























112 


MARTHE ERN8T-SCHWARZ'ENDACH 


pu etre constate que les spores sont dimorphes aussi, les grandes ayant 
un diametre a peu pres le double de celui des petites. 

Quant aux Mousses europeennes, des males nains ont ete decrits sou- 
vent : Fissidcns dccipiens, Campiothccium lutescens et Homalothecium 
fallax par Philibert (1883) et devaient etre revus. Pogonatum nanum, 
Lcucobryum glaucum ct Buxbaumia aphylla ont ete Studies plus recem- 
ment par divers auteurs. Chez le Pogonatum nanum, le determinisme 
du sexe n’est pas encore dclairci. Chez Leucobryum glaucum, A. Wcesler 
a montre quc le nanismc n’est pas general chez les plantes males; on 
trouve tous les degres depuis des plantes presque de la grandeur des 
femelles jusqu’ii dcs plantes tres petites. Ce nanisme semble provenir 
d'un manque de nourriture qui n'influence que la grandeur des males. 
Pour les males nains de Dicranum undulalum et D. Scoparium de 
M. Fleischer el Clausen, l’origine est probablement la meme, car normale- 
ment les plantes males ne sont qu’un peu plus petites que les femelles. 



Fig. 7. — Polygones do variation des spores do 3 races du Schlothcimia (Irevillcana, 
originaires : du Transvaal, des Monts Nilghiri, de Palmi Hilts. 


Chez Buxbaumia (etudie par K. Dening), il s’agit par contre d’un dimor- 
phisme tres prononce, tous les males sont nains. 

Quant aux mensurations des spores dcs Mousses europeennes, le resultat 
est peu encourageant. Divers auteurs (Correnz, Schratz, Dening, 
Wcesler) ont fait des mensurations tres exactes, mais n’ont pas reussi 
a trouver un dimorpliisme sexuel. Les polygones n’ont jamais deux som- 
mets distincts et les plantes diblques n’onl pas, en general, une variabilite 
plus grande que les plantes monoiques. Chez le Buxbaumia aphylla, la 
variabilite est mC>me specialement petite. 

Des confusions sur l’etendue de l’het^rosporie sont possibles par le fait, 
brievement note, que certains auteurs out abuse de l’expression « het£- 
rosporie » pour designer des spores a differents stades de leur germination 
(par ex. dans les Dicnemonacees) ou meme par erreur, prenant des corps 
etrangers aux Mousses (spores de Champignons parasites des sporogones 
ou restes d’animaux entres dans les sporogones) pour des spores de 
Mousses. 

Les recherches sur le dimorpliisme et la sexualite des Mousses mon- 


Source: MNHN, Paris 





SEXUALITY ET D1M0RPHISME DES SPORES DKS MOUSSES 113 

trcnt done qu'unc vraie heterosporie, genotypiquement determinee, liee 
au sexe des plantes, n’a ete constatee jusqu’a present que dans des 
Mousses tropicales, specialement dans le genre Macromilrium, tres pro- 
bablement aussi chez Schlotheimia. La difference entre les deux sexes 
est visible dans les spores, le protonema secondaire et les plantes feuillees. 
I.es grandes spores donnent les grandes plantes femelles, les petites spores 
les males nains qui vivent sur les feuilles des plantes femelles. 
(Institut de Bolanique generate de VUniversite dc Zurich.) 


Bibliographie 


Chodat (F ). — 1942. Problemes du d6terminisme phdnotypique du sexe chez 
les vegetaux (Arch. d. .Julius Klaus-Stijtung, Zurich, 17 p 496-512) 

( orrens (C.). — 1928 Bestimmung, VerteUung und Vererbung des Geschlechts 
bei den lioheren 1 flanzen (Handb. d. Vererbunqswiss. 2. 138 p ) 

Dening (K ). — 1935/36. Untersuehungen fiber sexuellen Dimorphismus der 
(liimetophyten bei heterothalliscben Laubmoosen (Flora 30 p 57-86) 
Ernst-Schwarzenbach (M.). — 1939. Zur Kenntnis des sexuellen Dimor- 
474* mUS ^ 6r ^' au * )moose d. Julius Klaus-Stiflung, Zurich, 14, p. 361- 

- 1942. Weitere Mitteilungen fiber den sexuellen Dimorphismus der tropischen 
Laubmoosgattung Macromitrium (Arch. d. Julius Klaus-Stijtung, Zurich, 

Fleischer (M.). — 1900-1922. Die Musci der Flora von Buitenzorg 1-4. 

1920. Ueber die Entwicklung der Zwergmiinnchen aus soxuell differenzierteu 
bporen bei den Laubmoosen ( Ber. d. Deutsch. Bot. Qes.. 38, p. 84-92). 
Maresquelle (H. J.). — 1936. La signification generate de la difference 
_ sexuelle. Hermann & Co, Paris, 74 p. 

Schratz (E.). — 1928. Beobachtungen an Pogonatum nanum (Schreb.) P. B. 

und Pogonatum aloides (Hedw.) P. B. ( Planta , 6, p. 192-215). 

Wcesler (A.). — 1935. Zur Zwergmiinnchenfragc bei Leucobryuin glaucum 
Schpr. I. (Planta, 24, p. 1-13). 



Excursion bryologique a la tourbiere 
de la Cailleuse 

(foret de Montmorency, Seine-et-Oise) 

par G. Bimont (Paris) 


Dans le but tie reinplacer le Catalogue des Sphaignes ie la Flore pan- 
sienne du D r Camus pare an 1903, nous avons entrepns, depuis 1929, 
d c s recherches methodiques anx difKrentes tourbieres des environs de 
Paris, dans 1'espoir d'y decouvrir des especes non encore srgnalees ou 
de nouvelles localites des especes les moins communes. 

Une de nos premitres visites a ete pour une tourbiere de la Fortt de 
Montmorency exploree en 1892 par le D r Camus. 

Sous le litre Excursion bryologique a la tourbiere ie la Fonlame iu 
Four (fortt ie Montmorency), le D r Camus a public, dans le Bulletin de 
la Sociele bolanique ie France, tome 39, le recit de trois excurs.ons qu .1 
avail taites 4 cette tourbiere, sen!, les 20 mars et 4 avril 1892, en compa- 
anic d’Ed. Jeanpert le 31 mars de la mtme annte. Dans son recit, le 
D' Camus mentionnait six especes de Sphaignes; nos recberches pour- 
suivies jusqu'4 ce jour nous permettent d'en citer quatorze dont le rare 
Sphagnum Russowii Warnst., decouvert en 1933. 

La foret de Mont.no,eney s'etend du Sud-Est an Nord-Ouest, depuis 
Montmorency jusqu'4 Bessancourt, sue une superficie d'environ 3-000 ha. 
Sa plus grande longueur est de 9 km., sa plus grande largeur de - km 
La route de Domont a Montlignon la divise en deux parties mega es e 
bien distinctes : a l'Est, un plateau de 188 m. d'altitude maximum, riche 
en meuliercs, peu interessant pour le botaniste, et a l'Ouest, trois chainons 
paralleles s’etendant respectivement jusqu’a Chauvry-Bethemonl-Bessan- 
court et dont les points culminants, atteignant 182 a 185 m. d altitude, 
se situent a la route de Saint-Leu a Chauvry, qui traverse la fort* dans 
sa plus grande largeur. 

Cette partie Ouest est tres accidentee, coupee de vallons riches 
ruisseaux, ttangs, prairies humides. Les localites les plus interessantes 
au point de vue bryologique sont les environs du chateau de la Lhasse, 
Sainte-Radegondc, le ru de Corbon et, enfin, la tourbiere de la Cailleuse. 

On accede & la tourbiere, soit par Saint-Leu, soit par Chauvry (gare 
de Bouffemont), mais le premier parcours est plus profitable. 


115 


EXCURSION A LA TOURRIERE DE LA CAILLEUSE 

De la gare de Sainl-Leu-la-Foret, on gagnera, peu apres la mairie, 
la route de Chauvry. Cette route monte en lacets relies par des sentiers 
encaisses jusqu’a la route de la Croix-Jacques. Des la montee, on obser- 
vera sur le talus de droite quelques Mousses et Hepatiques communes : 
Aulacomniiun androgijnum Schwgr. avec propagules, Webera nutans Hedw., 
Ccralodon purpureus Brid., Diplophyllum albicans Dum., Calypogeia Tri- 
chomanis Corda, etc., et le rare Dicranum flagellare Hedw., abondant 
sur les souches des Chataigniers. Le Chataignier est 1’essence forestiere 
la plus repandue de la forfit; on l’emploie pour reboiser les terrains d’oii 
1 on a extrait la meuliere et il progresse tres rapidement. 

De la route de la Croix-Jacques, la route de Chauvry s'6tend en ligne 
droite sur un plateau toujours plante de Chataigniers, puis, peu apres 
la route du Milieu, oblique a droite, descend brusquement jusqu’a la 
route des Fonds que nous trouvons a quelques metres du restaurant 
du Faisan dore. 

La route des Fonds, qui s’etend du sud de Bethemont a la rouLe de 
Domont k Andilly, conduit, a droite, au chateau de la Chasse dont les 
environs tres humides sont bien connus des botanistes. Nous prenons 
la route des Fonds, a gauche, et a 70 metres environ de la route de Chau¬ 
vry, nous sommes a la tourbiere. 

En reality nous avons affaire le long de la route des Fonds k trois 
petites tourbieres situees dans un vallon de peu d’etendue, s’etendant 
sur une longueur de 700 metres. 

Chaque tourbiere possede des especes caracteristiqucs, c'est ainsi que 
le Sphagnum Russowii est cantonne dans la deuxieme et ne se retrouve 
pas dans les deux autres. 

La premiere tourbiere, a droite de la route des Fonds, s’etend sur 
150 metres environ, peu apres la route de Chauvry jusqu’au sentier des 
Six-Chiens. C’est dans cette partie et pres du sentier que se trouve l’etang, 
tr£s profond, d’oii sort le ruisseau de la Cailleuse.. 

La deuxieme tourbiere, separee de la premiere par le sentier des Six- 
Chiens, s’£tend sur une longueur de 250 metres, parallelement au ruisseau 
qui devient de plus en plus encaisse, et dont les environs cessent d'dtre 
tourbeux, mais sont riches en Muscinees des lieux humides. 

La troisieme tourbiere se trouve a gauche de la route des Fonds, a 
500 metres de la route de Chauvry, dans un vallon tres encaisse, tres 
tourbeux, coup£ de fosses d’assechement. C’est ce vallon que le D r Camus 
designait sous le nom de vallon sud ou affluent. 

Les deux premieres tourbieres sont parcourues dans touLe leur longueur 
par un ruisseau appele ruisseau du Mont-du-Bois (1) ou ruisseau de la 
Cailleuse, qui se jette dans l’Oise k Mery-sur-Oise. 

(1) Le nom de Mont-du-Bois est une alteration de Montubois, nom port<5 par un chateau 
C une ancienne tone situes au-dcssus de Bessancourt, A la lisidre de la forC't. 


Source: MNHN, Paris 


116 


G. B1M0NT 


C’est improprement que ce ruisseau a ete appele ruisseau de la Fon- 
tainc-du-Four ; ce nom, qui figurait sur les anciennes cartes d’etat-major, 
a d’ailleurs disparu sur les nouvelles cartes, c’est pourquoi nous avons 
du substiluer au nom de « Fontaine-du-Four » celui de « la Cailleuse » 
dans le titre de cet article. 

En suivant la route des Fonds, depuis la route de Chauvry jusqu au 
sentier des Six-Chiens, le talus, a gauche de la route, procurera quelques 
Hepatiques des terrains siliceux : Diplophyllum albicans Dum., Scapama 
nemorosa Dum., Alicularia scalaris Corda, Lepidozia replans Dum., 
Haplozia crenulala Dum., Lophocolea bidentala Dum., Cephalozia bicus- 
pidala Dum., avec perianthes, Calypogeia Trichomanis Corda, Lophozia 
venlricosa Dum., Sphenolobus exsecliformis Steph. 

A droite de la route des Fonds nous penetrons dans la premiere tour- 
biere. Autour du petit etang l’on recoltera plusieurs especes de Sphaignes : 
Sphagnum inundatum Warnst., S. subsecundum (Nees) Limpr., S. rufescens 
(Bryol. germ.) Limpr., S. aurieulatum Sclipr., S. cymbifolium Ehrh. (1). 

Dans les parties humides avoisinant l'etang : Campylopus turfaceus 
Br. Eur., Dicranum Bonjeani De Not., Fissidens adianloides Hedw., 
Aulacomnium palustre Schwsgr., etc. _ , 

La queue de l’etang atteint le sentier des Six-Chiens. De l’autre cote 
du sentier, nous penetrons dans la deuxifcme tourbiere en suivant la rive 
droite du ruisseau de la Cailleuse. Immediatement nous trouvons en 
abondance le Sphagnum fimbriatum Wils. qui existe ici sous sa varietc 
gracile Grav., toujours tres fertile jusqu'a fin octobre. Apres avoir suivi 
le ruisseau pendant une quarantaine de metres, nous obliquons a droite 
et renconlrons un petit layon qui serpcnte a travers le marecage : c est 
entre le ruisseau et ce layon que l’on recoltera le rare Sphagnum Russowii 
Warnst. II est assez abondant et se presente sous sa forme caracteristique, 
c’est-a-dire teinte de rouge, mais on le trouve aussi de teinte vert pale 
et jaune verdatre. La plante male avec chatons rougeatres est frequente. 

Continuant a suivre le layon et avant d'arriver a un petit bois de 
Pinus silvestris L., nous recoltons Sphagnum amblyphyllum Russ., de 
diverses teintes : vert, jaune pale, jaunatre, S. aculifolium Ehr. et 
S. rubellum Wils. qui s’observe, teinte de rose ou de rouge, mais aussi 
completement vert. La plante male est tres commune et ses chatons 
sont toujours colores en rouge, meme dans les formes vertes. 

Depuis plusieurs annexes nous constatons, sans variation, la presence 
d’une forme de S. rubellum Wils. formant des touffes compactes de taille 
bien au-dessous de la moyenne, les tiges n’ayant pas plus de 3 a 4 cm. 

En se rapprochant du ruisseau, sous les arbres, le S. cymbifolium 


(1) Les sphagnologues ne sont pas 
avons adopte la nomenclature et les 
par Ci. Dissuer en 1927. 


d’accord sur la valeur de ccrtaines espece: 
noms de la Flore des Sphaignes de France 


s. Nous 


Source: MNHN, Paris 


EXCURSION 


LA TOURRIERE 


LA CAILLEUSE 


117 


Ehrh. cst commun sous differentes formes : brachycladum, dasycladum, 
compaction, laxifolium, glaucescens, glauco-virescens, fuscescens. 

Dans cette tourbiere Ton observera encore : Hypnum slellatum Schr., 
Hypnum cuspidatum L., Plagiolhecium deniiculatum Br. Eur., Campylopus 
turfaceus Br. Eur., Pellia epiphylla Corda, Aneura pinguis Dum., etc., 
et dans les parties seches, a gauche du layon : Polytrichum formosum 
Hedw., Hypnum purum L., H. Schreberi Wild., Tetraphis pcllucida 
Hedw., etc. 

Nous reprenons la route des Fonds qui pendant cent metres se divise 
en deux branches. Les talus de la branche de droite sont converts d’une 
forme de Pellia epiphylla a thalle de couleur violet fonce. A la descente, 
nous laissons la route pour penetrer, a gauche, par un petit layon tr6s 
humide, dans la troisieme tourbiere. En suivant ce layon sur une cin- 
quantaine de metres, nous arrivons h un petit bois coupe dc fosses. 

Sur les talus, une jolie fougere : Blcchnum Spicant Sw. est abondante. 
Autour des arbres, lc Sphagnum fimbrialum Wils. var. gracile Grav. est 
commun et forme des bombements compacts et tres profonds. 

En penetrant plus avant dans la tourbiere, Ton recoltera Sphagnum 
plumulosum Roll., S. recurvum P. de B., S. amblyphyllum Russ., S. 
squarrosum Pers. et sa variete imbricaium Schpr., S. rubellum Wils., 
S. cymbifolium Ehrh. sous differentes formes ou varietes, principalement 
la variete brachycladum Warnst., bien typique. 

En 1892, le docteur Camus avait recueilli a cet endroit le Sphagnum 
Girgensohnii Russ, a qui il donnait peu de temps h vivre, vu sa rarete 
et son etouffement par les autres Sphaignes qui l’entouraient. Le 13 no- 
vembre 1932, nous avons pu en recolter deux ou trois tiges ; depuis, 
nous ne l’avons pas revu, mais il n’est pas prouve qu’il n’cxiste plus. 

En contournant la tourbiere pour revenir a la route des Fonds, nous 
recolterons Sphagnum fimbrialum var. robuslum Braithw., S. acutifolium, 
bien typique, et plusieurs des especes de Sphaignes dej& signaldes. 

Nous reprenons la route des Fonds dans la direction du carrefour des 
Six-Routes, en notant, h gauche, dans les fosses et sur les talus : Mnium 
punclatum L., Ms homum L., M. undulatum Neck., Pellia epiphylla Corda, 

& thalle entierement violet fonce, Marchantia polymorpha L. et enfin, 
formant d’abondantes touffes, Trichocolea tomentella Dum. 

L’exploration des tourbieres se termine au carrefour des Six-Routes, 
d'oii nous regagnons Saint-Leu en prenant, h gauche du carrefour, le 
chemin de l’lsle-Adam, puis la route de Chauvry. 


Source: MNHN, Paris 



Plantes rares ou nouvelles pour la France 
du Val d’Isere et de Peisey 

par M. Guillaumot (Limanton, Nievre) 


Cette annee 1938, abandonnant le val de Peisey, nous avons herborise 
au pittoresque village de la Gura de Sainle-Foy dans le Val d'Iserc. Nous 
y avons deco uvert: 

Slylostegium aespiticiwn Schp. C'est. la premiere fois, a notre connais- 
sance, que cette espece est signalee en France. Nous l'avons recoltee au 
fond d'une petite grotte suintante, dans la region de la cascade qui descend 
du glacier de la Savine, un peu au-dessus du sentier. Elle etait entourte 
de touffes dcnses de Gymnostomum calcareum. Elle n’etait pas abondante, 
mais cn bon etat et robuste. Le substratum etait ce gres dur et feuillete 
tendant au schiste, si commun dans ces regions. L’aspect exterieur est 
a peu pres celui de Blindia acuta; mais la touffe est plus dense, moins 
soyeuse et tournant au jaune, Landis que Blindia , dans les stations simi- 
laires, est vert. Dans le sujet que nous avons examine, le tissu est celui 
decrit dans les flores, mais le sommet des feuilles est aigu et decolore. 
La fructification est abondante mais peu visible, la capsule, tres petite 
etant enfouie dans les feuilles perichetiales. Nous l’avons retrouve en 
abondance a Nangroix dans une station semblable. 

Tayloria serrata Br. eur. Recolte sur des debris vegetaux cn petite 
quantite. Cette espece est beaucoup plus rare que Tayloria splachnoides 
Hook. La frequence des Tayloria me semble d’ailleurs tres capricieuse. 
En 1932, nous avons rencontre frequemment Tayloria splachnoides. Les 
annees suivantes, aux mSmes stations, nous ne l’avons pas retrouvee. 
C’est pourquoi nous accucillons avec circonspection les reflexions de la 
Br. eur. rapportecs par Boulay et nous pensons que cette plante est rare. 
Quant a la serrata, elle est tres rare. 

Scopelophila ligulata Spr. C’est la premiere fois, a notre connaissance, 
que cette plante est signalee dans les Alpes frangaises. Boulay et Husnot 
ne l'indiquent que dans les Pyrenees, et encore rarissime. Je l’avais prise 
pour une Gyroweisia tenuis. C’est M. Ch. Meylan qui a rectifie ma deter¬ 
mination en faisant remarquer que cet exemplaire etait plus petit que 
le type. Je l’ai recoltee dans l'anfractuosite d’une roche humide sur une 
argile sablonneuse rouge, le long de la petite rouLe qui monte a la Gura. 
Husnot n’en indique qu'une station dans le Tyrol suisse. Sen imper 
egalement qui le nomme Merceya ligulata. 

Webera gracilis de Not. Sous deux formes differentes. L’une en touffes 
tres denses et assez etendues se presentant comme un tapis vert gai, 
l'autre en brins allonges et greles faisant penser h quelquc Philonotis, 
mais la couleur est d’un vert tres pale. La premiere espece tend vers 



PLANTES RARES OU NOUVELLES DU VAL D’lSF.RE 1 19 

commutata, ce qui confirme cette remarque de Dixon : « It is undoubtedly 
closely allied to it (commutata), and the characteristic growth and habit 
may be occasionally seen in that species ; have thought it, therefore, 
more satisfactory to consider it a sub-species of W. commutata. » Le 
Webera commutata est beaucoup plus frequent. C’est evidemment une 
plante d’altitude, mais je l’ai trouvee abondamment en allant au col 
du Palet entre le lac de Plagne et le col, au-dessus de la plaine de la 
Grasse, a c6te du Gymnomitrium varians. Elle forme des plaques vert- 
brun sombre, presque noir comme la plupart des especes qui demeurent 
longtemps enfouies sous la neige. 

A signaler encore sur la petite route de la Gura de belles touffes fruc- 
tifiees de Webera albicans sous une forme gracile, elancee, a feuilles etalees 
et nullement glauques, mais d'un beau vert. 

A Plagne de Peisey, le Meesea uliginosa var. minor Schmp., qui parait 
Stre plus qu’une variete, mais une sous-espece. Les feuilles sont aigues 
ou subaigues. Le tissu est plus ferme. L’aspect general de la plante bien 
different de Meesea uliginosa Hedw. La capsule est plus arquee et plus 
enflee. Aucun intermediate avec la plante-type qui croit a c6te. 


Source: MNHN, Paris 



Peuplement bryologique des bois pourrissants 
et rochers ombrages des environs de 
Samoens (Haute-Savoie) 

par Suzanne et Paul Jovet (Paris) 


Au cours des etes de 1936 et 1937, l’un de nous sejourna a Samoens, 
la deuxieme fois au Laboratoire ecologique de la Jaysinia. Plutot que de 
dresser une liste aussi longue que possible des Muscinees de la region, 
l’attention se fixa surtout sur le peuplement muscinal de quelques stalions 
precises de localites restreintes. 

II ne sera question que de stations ombragecs : bois pourrissants, parois 
et blocs rocheux des environs immediats de Samoens, surtout: partie 
inferieure du vallon du Clevieux (affluent de droite du Giffre) jusqu’a 
la Grotte de l’Ermoy, et, dans la vallee. du GifTre, les Vieilles Gorges 
des Tines. Ces dernieres constituent l’ancien cours du Giffre, avant qu'il 
ait entaille sa gorge actuclle aux parois verticales et inaccessibles : e’est 
presqu’exclusivement le long du sentier (avec echelles) qui permet de 
parcourir les Vieilles Gorges que les observations furent faites. Quelques 
recoltes interessent un petit nombre d’autres stations de la vallee du 
GifTre, notamment les environs de la Cascade du Nant Dant. Toutes 
ces localites sont a basse altitude : entre 760 et 800 m. environ. 

Au Laboratoire de Cryptogamie du Museum furent determinees unc partie 
des Musciu6es, et les pH evalues eii avril 1942 (echantillons conserves dans les 
papiers de recolte). 

Nomenclature adoptPe i 

Mousses. — Brotiierus, Musci (Laubmoose) (iu Die naturlichen Pflanzen- 
fanvilien de A. Engler et K. Prantl, 10 et 11. 1924-192.1, Leipzig). 
Hepatiques. — Buck (H.), Evans (Al. W.) and Verdoorn (Fr.), A preliminary 
check list of the Hepaticif of Europe and America (North of Mexico) ( Annales 
Bryologici, 10. 1937 (1938), pp. 3-8). 

Lichens. — 11 arm and (Abbe), Lichens de France, I, 1905, Epiual ; 111, 1907 ; 
IV, 1909, Paris. 

Fougferes et Phanfirogames. — Fournier (P.), Les quatre flores de la France, 
1934-1940, Poinson-les-Grancey (Haute-Marne). 

I. — Bois pourrissants a Noweiiia curvifolia (Dicks.) Mitt. 

61 Stepiaros'.oma trichophyllum L. Dum. 

Les bois pourrissants gisent dans des vallons encaisses oh coulent des 
torrents, done dans une atmosphere toujours fraiche ; la foret mixte 
les ombrage (les feuillus dominent au Clevieux et au-dessus du village 
des Vallons, les Epiceas dans les gorges des Tines); leurs belles teintes 
vertes sont dues a une quarantaine d’especes qui les recouvrcnt entiere- 
ment. 



121 


I 1 |2|3|4 ,5,G| 7 |. 8 | 9 |,0|n|, 2 |, 3 




ItSfe 




Tf 


SSSSSslSs:;. 

Total des esftces . 4 

p.H (voir tableau 11). . 

< i/o/ioles Clfimb ~ 


5 14 


4.7 5.7 

'W-P yr„^ 


2, trono brisd, tom bo. assez 

3. — Vieilles Gorges ties Tines. Epictia. I 


sieves concernent des troncs d’arbres brisks, done dPta- 
e du Clevieux. Feuillus * —^ 1, D = 10 cm., trono tres 


Source: MNHN, Paris 





































































122 


SUZANNE KT PAUL JOVET 


Cinq bases enracinfies (d’arbres tronyoimds), done dressees et. ayant, a 1’inverse 
des precedents, un large contact avec le sol, ont permis d’ctablir les releves 

4. —- Rive gauche du Clevieux. Feuillu ou resineux I H = 40 cm.; D = 
60 cm. Dans le voisinage immediat d’un torrent, sous foret (Frenes, Hetres, 
Epicdas. etc...). Ombre epaisse. Atmosphere trfes liumide. 

5 - - Au-dessus des Vallons. Resineux. Ombragee par la foret mixte. 

6 — Gorges des Tines, rive gauche du Giffre vers la passerclle du monument. 
Epieea. H = 30-40 cm. ; D - 80 cm. Ombragde par de grands Epiceas. 

7. — Partie superieure des Vieilles Gorges des Tines. Epicda. II = 40 cm.; 
D = env 50 cm. au sol, 30 cm. au sommet. Ombragee par Epiceas et Hetres. 

8. — Rive gauche du Giffre, au-dessus du pout de Samoens. Vieille souche 
encore debout, sous foret mixte sur pente boisee. 

Aioutons encore la vegetation eu coussinet dense qui recouvrait, au niveau 
du sol, remplacenient d’une vieille souche disparue ombragee par la foret 
mixte (9. - Au-dessus des Vallons); deux notations d une seule espece cha- 

cune (10. _ Souche dans un chemin creux pres de Samoens. 11. — Gorges 

des Tines. Morceau de hois pourrissant detaclie a l’intdrieur d’une vieille souche 
(•reuse) • et deux observations concernant des branches mortes tombees (12. - 
Rive gauche du Clevieux, branches a terre sur pente forte. 13. — Bnndilles 
pourrissantes suspendues entre les blocs du fond du vallon du Clevieux). 

Les especes se repartissent assez irregulierement : telle peut abonder 
sur un support et manquer absolument sur les autres, Ditrichum flcxicaule 
par exemple ; Tetraphis pellucida couvre entierement les morceaux de 
bois detaches contenus a l’interieur d’une vieille souche (n° 11). Ces 
irregularites s’expliquent en partie par le hasard des trouvailles, mais 
aussi de la dissemination des especes. 

Les especes les plus frequentes ne figurent que dans 5 releves, c cst-a- 
dire mcme pas la moitie du maximum possible. Les deux premieres carac- 
teristiques, veritables exclusives des bois pourrissants, ne sont notees 
que deux fois et n’existent pas dans les releves 4 et 7 qui possedent cepen- 
dant la population la plus variee : 14 et 19 especes ; ces derniers nombres 
n’egalent cependant ni le 1/3, ni la moitie du total des especes recen- 
sees (44). 

Le peuplement anterieur des ecorces vivantes ne rctentit que faible- 
ment sur celui des bois pourrissants. Dans les exemples etudies, aucune 
parcelle d’ecorce n’a pu etre decelee. 11 faut que les especes corticoles 
puissent subsister en depit des modifications du bois et de la concurrence 
des mieux adaptees au bois pourrissant. 

Parmi le petit lot d’especes corticoles mentionnees, les unes se tiennent, 
sur les arbres vivants, assez loin du sol ( Isothecium viviparum, Homaliu. 
trichomanoides, Radula complanala, Leskeella nervosa ), d’autres hantent 
piutot la base des troncs ( Plagiothecium silvalicum, Peltigera, Plagiochila 
asplenioides) ou la terre du voisinage immediat ( Thuidium , Mnium, 
Hylocomium, etc.). Toutes ces especes vigoureuses sont, sauf Dicranum 
scoparium, plus ou moins couclices, a tiges rampantes et rameaux plus 
ou moins dresses, quelques-unes ayant de veritables stolons. Elies rcsis- 
tent victorieusement a la concurrence, ou en maintenant une occupation 
lotale qui empeche les immixtions ulterieures, ou en tolerant l’intro- 
duction d’etrangeres & l’interieur de leurs touffes. 

Cependant, presque toutes les vraies corticoles (1) manquent sur les 



es au peuplument bryologiqne (le 1'ecorcc d'acbres 
Sur un Sapin (8-10 cm. do I)) : au-dessus du village 
foret mixte : I'rullania dilatata (L.) bum., Radula 
brmant pas plaquettcs, et ddpiirissant.; Orthotrichum 


Source: MNHN, Paris 


PKUPI.F.MENT BRYOLOGIOI E 


bois pourrissants, sauf Isothecium viviparum et Radula comptanata qui 
sont aussi des saxicoles, et, la derniere, accidentellement terricole. Les 
nouvelles arrivdes prccxistaient sur les bois deja pourrissants du voisi- 
nage; leurs spores, propagules, rameaux-marcottes, sont transposes 
par le vent, l'eau, les pelits animaux ; leur developpement est lie a leurs 
facultes d’extension vegetative plus ou moins rapide. 

Exposition. — Sur les troncs horizontaux (ou presque), les Muscinees 
n’occupent que la face superieure qui rec/oit la pluie : elles sont presque 
toutes terricoles ou saxicoles (rel. 1, 2). La meme influence de la pluie 
explique I’emplacemcnt d'especes de grande taille (Hypnacees, Dicranum 
scoparivm) au sommet et a mi-flanc des souches tronconiques (rel. 7, 4), 
mais ne se fait plus senlir sur les parois verticales du Lronc n° 3 ou des 
bases restees cylindriques. 

Humidite. — L’etendue de la surface de contact avec le sol agit sur la 
composition du peuplement. La presence de quelques calcicoles (rel. 1, 2) 
est a la fois attribuable a 1’humidite plus faible due au contact reduit 
avec le sol et a l'environnement calcaire ; celle du Campylium protensum, 
plutot heliophile calcicole, correspond a l’cclairement plus fort du tronc 
n° 2. Au contraire, les bases trongonnees enracinees, ayant un large 
contact avec le sol, en pompent facilement V humidite, de plus, la pluie 
ne ruisselle pas rapidement du sommet et s’infiltrc ; aussi, leur masse, 
maintenue humide, pourrit, devient spongieuse et nettement acide, d'oii 
presence et souvent dominance d’especes reputees calcifuges (rel. 4 a 8). 
Sauf Nowellia curvifolia et Isopaches Hclkrianus, les autres caracteris- 
tiques et le premier lot de compagnes sont des silicicoles exclusives ou 
preferantes (rochers, talus, et meme tourbicres des terrains siliceux). 
L’ombre, l’humidite, la transformation du bois en humus cxpliquent 
la presence de terricoles silvatiques a quelque distance du sol (rel. 4, 7, 9). 

Acidite. — Des mesures d’acidite ont ete effectuees par la methode 
colorimetrique (appareil Helige). Quand plusieurs essais ont ete faits, 
ils peuvent concerner le meme echantillon laisse dans le tube de verre 
neutre et soumis a une nouvelle maceration, ou bien un echantillon 
reparti en 2 lots soumis & des macerations de duree differente. Le pH 
est celui du liquide surnageant, tres exceptionnellcment du liquide obtenu 
par legere pression. 


Tableau II 

Rhytidome rouge brun de Sapin vivant, 4 essais.5.6, 5.7, 5.6, 5.7 

Souches dressees : 

N° 4. Particules ligneuses tri'S friables, 3 essais. 5.0, 5.0, 5.0 

Particules terreuses pour les 3/4 du volume, ligueuses 

pour le 1 /4, 2 essais. 5.0, 4.7 

N“ 5. Parcelles de bois, 4 essais.4.3, 4.5, 4.3, 4.4 

Gros fragment ligneux. 4.5 



Source: MNHN, Paris 





PAUL JO VET 


SUZANNE ET 1 


N° 7. Parcelles de .. 

Parcelles de bois 4- debris muscinaux. 

N° 8. Parcelles de bois, 2 essais. 

Coussinet au niveau du sol n° 9 : 

Ddbris noiratres avee aiguilles de Picea, 3 essais . ..... 
Bris de bois n° 11 avec. debris organiques (foliaires, ligneux, 

muscinaux, buiniques), 2 essais. 

Brindilles n° 13. Debris ligneux spongieux, mais consistants. 
Memo milieu + aiguilles de Picea et particules huimques . . 


Si le rhytidome de Sapin vivant se montre deja acide (pH 5.7), les bois 
pourrissants le sont davantage (pH de 5.0 k 4.3). Le pH de la souche 
n° 4 (de 4.7 a 5.0) differe nettement de celui de l’environnement.: humus 
des rochers moussus assez elcves au-dessus du sol 6.0 ; particules terreuses 
detachees des Mousses des rochers has 6.8, alors que cclui des pierres 
elles-memes est 6.0-7.2. L’acidite s’attenue quand la decrepitude de la 
souche est complete, mais 1’influence de celle-ci est encore manifesto 
(n° 9, pH 5.7), tandis que le pH des debris de bois contend# dans une 
vieille souche s’approche de la neutrality (n° 11, pH 6.5). Les brindilles 
n° 13 suspendues entre les rochers du fond du vallon ont exactement 
la mcme acidite que l’humus detache des Mousses de ces rochers, pH 6.0. 
Seuls, avec HC1 dilue, 11 et 13 ont fait, sur plusieurs essais, chacun une 
fois, legere effervescence (audible, non visible) qu'on pout evaluer 1, 
si Ton convient de noter 1'effervescence de 0 a 5. Ces echantillons etaient 
au contact du sol. 

L’absence presque complete des calcicoles-basiphiles, la frequence et 
l'abondance des especes reputees silicicoles-acidiphiles concordent avec 
les mesures d’acidite reportees sur le tableau 1. 

Evolution. — Ii faut se garder des generality concernant revolution 
du peuplcment. Signalons une lacune tres importante : il faudrait con- 
naitre les elements fongiques et algaux libres ou associes : certains desa- 
gregent le bois, d’autres attaquent et detruisent les colonies muscinales 
deja installees (tres petits Nostocs spheriques et Cyanophycees formanl, 
a sec, des pellicules translucides). 11 serait evidemment desirable de suivre 
revolution du peuplement a partir de la chute des arbres jusqu’a la dis- 
parition complete de la souche : on y obvie par l’observation sur place 
des bois pourrissants d’ages divers, puis par l’examen detaille des echan¬ 
tillons recoltes. 

La base tron?onnee n° 4 comporte plusieurs petites stations. Un cha¬ 
peau la coiffe (grandes Hypnacees : Thuidiuin recognitum, Rhytidiadelphus 
triguetrus, melees de quelques Oxalis Acctosclla). Le I huidium , par ses 
tiges couch6es garnies de minuscules chevelures de rhizoi'des penetrant 
jusqu’h 3 mm. dans le bois, possede un grand pouvoir recouvrant: sous 
ses touffes aplaties se voit la litiere des Ditrichum flexicaule, presque 
tous morts : quelques-uns seulement, deperissanls, percent avec peine 
le reseau de l’Hypnacee. 

Ce chapeau deborde legerement la plate-forme culminale abritant un 
peu les parties superieures des flancs presque verticaux formes de bois 
non decompose ou, au contraire, tres spongieux. De toute evidence, 
localement, pionniers sur le bois encore compact, Blepharostoma tricho- 
phyllum et Lepidozia replans ne penetrent pas dans le substrat ferme et 
etaient leurs ramifications en stolons; sur d'autres surfaces & population 
melee coexistent, avec les deux precedents: Pedinophyllum inlerruplum 


Source: MNHN, Paris 






PEUPI-EMENT BRYOLOGIQUE DES BOIS P0URR1SSANTS 125 

(pa), Ditrichum flexicaulc (ta), Telraphis pellucida (pa), ainsi que de tres 
menus Plagiothecium silvaticum et Mnium affine. 

Sur le bois deja spongieux, Tetraphis pellucida, favorise par ses moyens 
de propagation rapide (spores et propagules), domine tout de suite et 
peut meme former un peuplement pur. Mais le bois spongieux se desa- 
grcge vitc : superficiellement les particules humiques se melent aux 
ligneuses, creanl un milieu complexe que maintient le laris des tiges et 
rameaux du Ditrichum. Ces deux Acrocarpes, portant a leur base de courts 
rhizoides, semblent implantees dans le substrat. Dans le gazon du Ditri¬ 



chum, les Lepidozia reptans et Blepharostoma s’infiltrcnt en se ramifiant 
beaucoup : ils ont tot fait d’escalader, de recouvrir et d’etoufTer le pre¬ 
mier occupant dont on retrouvc les nombreux cadavres. Le Lepidozia 








replans (fig. 2 et 4) se montre remarquablement doue pour l’extcnsion 
vegetative : ses extremites peuvent s’effiler boaucoup, se decolorant et 
se garnissant de feuilles de plus en plus petites a mesure qu’elles penetrent 
dans la masse du Ditrichum ; quand les rameaux en ressortent, les feuilles 
reprennent la taille normale. Ces stolons-drageons, Ires nombreux et 
blancs, s’enfoncent obliquement. dans la masse spongieuse oil lls ne portent 
que de minuscules ecailles et des rhizoldes. 

L’evolution du bois spongieux-terreux semble rapide. Parnn le gazon 
haut de 7 a 8 mm. des Telraphis et Ditrichum detruil plus ou moins par 
les Lepidozia replans et Blepharostoma, et oil Pedinophyllum domine 
parfois, se piquent les Eurhynchium striatum, Mnium affine (qui se mar- 
cottent par les rameaux « penetrants » garnis de petites feuilles-ecailles) 
et, surtout, Plagiothecium silvaticum. Ce dernier etend a profondeur 
constante (2 h 8 mm.) dans le bois pourrissant un reseau de ventables 
rhizomes a petites feuilles-ecailles et nombreux rhizoldes; ses rameaux 



aeriens se transformed aussi en s’effilant (les feuilles s’espacent, de- 
viennent etroites, se dressent plus ou moins conlre la tige); les rhizoldes 
apparaissent sur les rameaux penetrant dans le substral, les feuilles tres 
reduites s’accolent a la lige (fig. 1). Derniers venus, quelques Cladonia 
squamosa vivaient en epiphytes sur les Ditrichum. 

Void les observations concernant la base tron?onnee n° 7. Sur le bois 
consistant : Lepidozia replans, Calypogeia Trichomanis (r.), Lophozia 
vcntricosa, rampent en pionniers ainsi que Riccardia palmata ; ce dernier 
applique les ramifications extrememenl droites de ses thalles sur le bois 
dans lequel ne penetrent pas ses courts rhizoldes, puis, ses thalles se 
superposant, il pent remporter, dans sa lulte avec Lepidozia et Blepha¬ 
rostoma, des victoires temporaires, mais il linit par succomber sous l’aclion 
de ces Hepatiques auxquelles se joint Cephalozia media (fig. 2). 





PEUPl.IJMENT BHYOLOGIQUE DES BOIS. POURR1SSANTS 127 

L’ Eurhynchium striatum (fig. 4) et VIsothecium viviparum vivent au 
contact immediat du bois pourrissant et cnvoient dans ce substrat friable 
leurs rameaux modifies qui atteignent 5 4 6 cm. de longueur, ceux de 
VIsothecium viviparum ressemblent a s’y meprendre aux « rhizomes » 
du Plagiothecium silvalicum, mais les feuilles different a fort grossisse- 
ment (fig. 3). 

Les precedentes especes disparaissent k leur Lour : on les retrouve 
mortes ou mourantes sous les Jungermannia lanceolata aux rhizo'ides 



longs et ramifies ; par contre, Dicranum scoparium , egalement lignicole 
direct, mais vigoureux, survit en traversant la masse des Hepatiques. 
Toute Cette couche vivante reste mince : 2 mm. d'epaisseur, et peut 
succomber sur de grandes surfaces sous l’attaque de filaments algaux 
blanc-verdatres en nappe mince mais dense. 

Nowellia curvifolia et Cephalozia media ne penetrent pas non plus 
dans le bois. Sous le Nowellia, qui semble en profiter (sa vigueur en te- 
moigne), un enduit fonce brillant sans epaisseur recouvre la surface du 
bois oil court un reseau lache de filaments bruns. Ces deux Hepatiques 
ne modifient nullemenl leurs rameaux en filaments plongeurs. Les quel- 
ques rameaux a minuscules ecailles ou a rhizoi'des 3 fois plus longs que 


Source: MNHN, Paris 







SUZANNE El 


PAUL JOVKT 


128 

les feuilles reduites du Cephalozia media ne font que cheminer en surface 
dans les creux du bois (fig. 4). La couche vivante de ce Cephalozia prospere 
sur un feutrage de ses propres filaments morts, mais recouvre aussi 
Riccardia palmala et Noiuellia ; quelques brins de ce dernier traversent 
cependant 1'ensemble et, atteignant la surface, s’y etalent. Les Isopaches 
et Tritomaria sont aussi des lignicoles directs. 

Sur les troncs d’arbrc, revolution differe. En 2, toutes les especes sont 
directement lignicoles : survivantes probables de l’ecorce comme Radula 
complanala ou Leskeella nervosa, ou provenant du voisinage du sol calcaire 
comme Leiocolea Muelleri et Pedinophyllum interruption. La iutte n’appa- 
rait pas encore. Au cours du vieillissement, Mousses et Hepatiques s’en- 



chevelrent (releve n° 1): Thuidium recognitum rampe sur le bois comme 
les tiges primaires de VIsolhecium viviparum. Les Plagiolhecium silvaticum 
et Hgpnum cupressiforme emettent des rameaux fiucts a feuilles minus¬ 
cules. La masse vivante recele des ecailles de bourgeons de HStres, des 
feuilles mortes, de menues brindilles, etc.; s’y trouvent aussi les Ne- 
phromium et Peltigera qui, epiphytes sur les premiers occupants, les 
detruisent ou, tout au moins, diminuent leur vitalite. 

Parmi les derniers arrives, citons : Trichocolea lomentella (sur Eurhyn- 


Source: MNHN, Paris 





PEUPLEMENT BRYOLOGIQUE DES BOlS POURRISSANTS 


129 

chium striatum et Dicranum scoparium) et Oxalis Aceiosella dont les 
feuilles se montrent eparses au milieu des grandcs Mousses et Lichens. 
Quelques Lichens epiphytes ont ete deja sign ales. L'Icmadophita s’etale 
directement sur le bois nu, mais recouvre aussi les Mousses el Hepatiques 
pionmers dont il epouse exactement la forme : dies succombent tres 
vite, mais les Tetraphis percent quelque temps encore sa croute meurtricre 

A mesure que la matiere ligneuse disparait, la souche s’affaisse sous 
le convert forestier. Les silvatiques neutrophiles el acidiphiles, quelques- 
unes ncttement hygrophiles, prosperent sur le milieu humique touiours 
irais. Le nombre des Muscinees se reduit par suite de 1'extension des 
plus vigoureuses (surtout des plagiotropes): Rhylidiadelphus triquetrus, 
R. squarrosus( L.) Warnst., Hylocomium prolife-rum, Polylrichum attenua- 
lum Menz., Tnchocolea tomentella, etc. Phanerogames et Fougeres se 
multiphent -. Oxalis Aceiosella L. (toujours present), Vaccinium Myrtillus 
L., Dryoplens Linnxana Chrsn., D. Phegopteris (L.) Chrsn., etc. (Vieilles 
Gorges des fines) (1). 

Beaucoup plus tard, quand il ne restera plus aucune partie saillante 
au-dessus du sol, on pourra retrouver quelques debris ligneux sous le 
coussinet dense et surbaisse forme par des Muscinees silvatiques plus 
vigoureuses et plus groupees qu’au voisinage (n-> 9). Les branches et 
bnndilles tombees sur le sol disparaissent plus vite : des le debut, les 
Hypnacees de l’environnement se fixent sur dies (n°s 12, 13). 


En se souvenant qu’un certain nombre d’cspeces peuvent coexister 
parfois presque des le debut, et en ne tenant compte que des plus impor- 
antes, on peut ainsi resumer revolution du peuplement des bois pour- 
nssants: 1 ^ 



(1) La vegetation difterait 
^arie haut d’l m. se cUessan 
1 Ermoy : Selaginella Helvetic 
phaneroganiique, dont : Festu 
L., Oxalis Aceiosella L., Vero 


ncttement de ce qu’elle est sous le couvcrt sur un trono 
it dans un lieu plus degagd aux environs de la Grotto de 
a (L.) Link rampait parmi les Muscinees, et une florule 
tea silvalica Vill., Saxifraga rotundifolia L„ Fragariavesca 
idea latifolia L., Campanula rhomboidalis L., ... 



130 


SUZANNE ET PA 


JOVET 


Ainsi, le bois maintenu humide se pourrit sous Taction des organismes 
fongiques et algaux, puis muscinaux. Le milieu s’acidiFie. La formation 
d’humus, augmentee par les debris tombes de la voute (aiguilles de Resi- 
neux, feuilles et ecaillcs de bourgeons de feuillus), est activee par la destruc¬ 
tion des Muscinees due aux Algues, Lichens, petils Gasteropodes, larves 
d'insectes. Podurides, Finterieur de la masse est sillonnt 1 de galeries minus¬ 
cules oil les larves laissent les produits de leur digestion... Finalement., 
les Muscinees de grande taille, Phanerogames et Fougeres, en meme temps 
qu’agissent ruissellement et pesanteur, conduisent a l’incorporation au 
sol forestier. 

11. -— Rochers ombrages a Tortella tortuosa ( L .) Limpr. 
et Ctenidium molluscum ( Hedw .) Mitt. 

Situcs presque tous aux memes localites que les bois pourrissants, 
les rochers ombrages par la foret mixte varient de formes et de dimensions. 
Dans les Vieilles Gorges des Tines, les parois verticales hautes de plu- 
sieurs metres ombragent elles-memes leurs bases. Deux releves proviennent 
des environs de la Cascade du Nant Dant. 

Les releves 1 a 5 concernent des blocs de faibles dimensions ou des 
parois proches du sol. 

I et 2. — Rive gauche du Clevieux. 1, rocher tendre. 2, petit bloc 
depassant le sol de 7 a 8 cm. 

3 , 4 , 5 . _ Vieilles Gorges des Tines. 3, petit bloc en haut de la grande 
echelle. 4, paroi presque verticale, vegetation jusqu’a 20-30 cm. du sol, 
vers le haut du sentier. 5, bloc de 40 X 80 cm., en haut de la grande 
echelle. 

6 a 10 : parois verticales. 6 h 8 . — Sentier des Vieilles Gorges des Tines. 
Bases ombrag 6 es par les parties supdrieures. 6 , le long de la grande echelle. 
7 , derriere la petite echelle. 8 , en haut de la dcrniere echelle, eclairement 
oblique. 

9 . — Un peu en aval de la Cascade du Nant Dant. Gros blocs calcaires 
tres ombrages par la foret.. 

10 . — Sentier des Vieilles Gorges, presque en haut. Paroi haute d’l m. 
s’arrondissant superieurement en croupe, tres inclinee. Sous Hetres et 
Epiceas. 

N 08 11 a 21, sous couvert forestier, done eclairement modere, cependant 
quelque peu variable. 

II a 16. — Gorges des Tines. Rochers. 11 a 13. — Vers le haut du sentier 
un peu encaisse des Vieilles Gorges ; ombrages surtout par Hetres et 
Epiceas, portent de nombreuses Phanerogames. 

14 . _ Partie moyenne de la pente amont. Rocher en saillie avec vege¬ 
tation en pendeloque. Sous Epiceas. 

15 et 16. — Rochers de la partie superieure. 15, en amont. 16, en aval. 

17 . __ Chemin au-dessus de la Cascade du Nant Dant. Parois verticales 
assez ombragees. 

18. — Vallon du Clevieux. Blocs tres moussus sur pente a 45°. Sous 
Fagus, Corglus, jeunes Picea, etc. 

19. — Au-dessus de Fcntree aval du tunnel du tram. Sous taillis. Bord 
du sentier. 

20 a 24. — Vallon du Clevieux. 20. Environs de la Grotte de FErmoy. 
Abondante vegetation phanerogamique arbustive et herbacee. 


Source; MNHN, Paris 


JPLEMENT BBYOl.C 


ICII HISS A NTS 


131 


99 ’ oV mitC de * a pente de la rive gauche et de l’Aulnaie. 

— et -3. — Sous 1'Aulnaie (Alnus incana, Epicca Frene etc \ 
22, petits blocs. 23, gros blocs. P ’ ’ etc ->* 

24. — Rocher. Base de la pente droite, sous foret 
2o. — Plantes observers en dehors des releves precedents 
Sur le tableau III (1), les relevds groupent souvcnt la population de 
plusieurs rochers, alors cju’un seul presente presque toniours plusieurs 
stations elementaires a microclimats different*. Les vegetaux superieurs 
ne hgurent pas toujours au complet, leur total pent done exceder le 
“7?; ^ UX \ asards des cccoltes, on pent imputer des inexacti¬ 
tudes de distribution. Le nombre assez eleve des observations (24) pallie 
en par tie a ces inconvenients. ' " 

Sur notre tableau ne figurent pas les especes suivantes signalees par 
C. Sarrassat (2): Lophocolea minor Nees, environs de Samoens ; Barfoda 
pa/udosa Schw., rochers calcaires humides ou suintants, Gorges des Tines • 
Orthothecmm intricatum Br. Eur., Gorges des Tines ; Hypnum uncinatum 
Hedw. var. plwriulosum Sell., vallee du ClevieuX (non trouvees dans 110 s 
notre^tude 1 “ “ ^ ^ ^ A1Iamands 9 ui n ' est P as comprise dans 

des L MusTn^p?i C T CWri f iq ^V at,;eint P resc I ue le 1 /5 du nombre total 
des Musances et Lichens ; deux d entre elles sont presentes dans la moitie 

Ce soItT ’ V d f. S I 6 ^ ° U Vantage, du nombre des relevS 
U sont toutes des calcicoles decidces : nous verrons pourquoi 1 epithete 
« calcaire » n est pas ajoutee a « rochers ombrages ». 
tn .H S “ ascin ees du groupe 11 (qui englobe un peu moins du 1/3 du nombre 
total) bien que preferantes des roches calcaires ombragees, peuvent 
vivre (plus de la moitie d'entre elles) sur roches siliceuses; Clenidium 
molluscum, Dichodonhum pellucidum , etc., d'autres, sur ecorces souches 
bois pournssants (Neckera crispa, Ditrichum flcxicaule, ...), sols argilo- 
calcaires (Brachythecium glareosum, Barbula acuta) 011 varies (Mnium 

1CS5 ter6es de “ urs (Hraro ' w "“ m pa,mlK - 

Presque toutes presentes tine ou deux Ms (3 seuleraent se voient dans 
t' 1 des releves), les Muscinees du groupe III habitant assez indiffc- 
remment les roehers, ecorces, vicilles souches, sol forestier. Peut-etre 
duT.a “ nS ‘ lie , re , r ? mme «*** preferante la var. HamsknecUii 
du Caaor ( ra“ uniulpfa. La plupart de ees especes tolerent un eclairemcnt 
moyen, parfots relativement fort (Mrtzgena [unala, Thuiiimt) 

Le deuxieme sous-groupe compreud une douzaine d'especes hygrophiles 
mill, J' grei d ™ rS ’ calclco11 -' 5 : Conocephalum, Prussia, Cratoneuron 
manarn, ... inihlterente au sol: Mnium pimclalim. Les Brawn pallens 
et Climacuim lrequentent aussi des stations non franchement calciques 
ct se dessechant beaucoup. 1 

ConsidMes comme accessoires du point de vue < rochers calcaires 
umbrages ,, Muscinees et Lichens du'groupe IV sent, plus ou tlK! 
silvatiques terncoles. Certaines, vivant en epiphytes, echappent en 



Source: MNHN, Paris 



11121314 1517161S19 llO| 11112| 


132 


SUZANNE ET PAUL JOVET 



Source: MNHN, Paris 



































































PEUPLEMF.NT BRYOLOGIQUE DES BOIS POURRISSANTS 133 




























































134 


ET PAUL JOVET 



Source: MNHN, Paris 































































PriUPLEMENT BRYOLOGIQUE DES BOIS POURRJSSANTS 



Source: MNHN, Paris 

















































136 


SUZANNE ET PAUL JOVET 


% partie a l'influence du substrat ( Trichocolea tomenlella, Lejeunea cavifolia). 
Si une dizaine se montrent indifferentes a la nature chimique du sol 
( Plagiochila, Mnium, Eurhynchium striatum, Rhylidiadelphus triquetrus, 
etc.), d’autres fuient le calcaire ( Dicranum scoparium, Scapania nemorosa, 
Pleurozium Schreberi, Polytrichum allenuatum, etc.). Quelques-unes 
peuvent supporter un eclairement variable : Lepidozia replans, Pelligera, 
tandis que prosperent parfois en pleine lumiere Brachythecium rulabulum, 
Eurhynchium prielongum, Hypnum cupressiforme, Cladonia squamosa. 
Le Plagiochila asplenioides est present dans la moitie, et trois especes 
dans le 1 /3 du nombre des releves. Mais les 5/6 ne figurent qu’un tres 
petit nombre de fois. 

On a essaye, sur ce tableau III, de disposer les releves de maniere a 
donner une idee de 1'evolution de la vegetation des rochers ombrages, 
tout en groupant Muscinees et Lichens suivant leurs preferences vis-a-vis 
du calcaire. Parmi les caracteristiques calcicoles, plusieurs manquent 
ou sont tres rares sur les releves 11, 12, 15, 16, 20, 24. Les saxicoles pre- 
ferantes, en majority a la fois calcicoles et silicicoles, assez bien reparties, 
dominent cependant nettement dans la moitie gauche du tableau. Alors 
que les hygrophytes se distribuent un peu dans toute la largeur du tableau, 
les Muscinees silvatiques indifferentes au substrat ou calcifuges sc mon¬ 
trent surtout a parlir du releve n° 10. De meme, les vegetaux superieurs, 
absents des premiers releves, sont abondants et varies dans le releve 11. 
Ainsi, on note, en allant de la gauche vers la droite, des modifications 
tres nettes du peuplement global des rochers ombrages. 

Si toutes ces stations relativement proches subissent les memes condi¬ 
tions climatiques generates, elles different cependant les uncs des autres. 
Comparons les bases dc murailles verticales du sentier des Vieilles Gorges 
(n 08 6, 7) aux parois hautes d’l a 2 m. du rocher n° 19 sur pente assez 
faible exposee au SW et couverte par la hetraie. De toute evidence, les 
ecarts de temperature sont plus grands pour le rocher n° 19, l’ombre 
et l’humidite, plus elevees pour les releves 6-7, y varient moins. La nature 
physique differe : roche tendre et permeable localement, recevant plus 
aiscment la pluie (n° 19); substrat dur, moins permeable, sur lequel 
l’eau peut ruisseler apres avoir ete collectee par la paroi verticale (n os 6, 
7), etc. Bien qu’en dehors du pH et des notations de 1’efTervescence 
aucune mesure n’ait ete faite, quelques remarques dues a la simple obser¬ 
vation s’imposent. 

Le tres petit nombre d’especes (2 et 5 pour les pierrailles n os 1 et 2, 
8 pour le rocher n° 24) peut s’expliquer par l’Sge du peuplement: stade 
tres jeune sur surface tres reduite pour les deux premiers, stade tres 
avance oil les Muscinees sociales tres recouvrantes occupent toute la 
place pour le n° 24. L’eclairement varie d’une station & une autre ; ainsi, 
le n° 19 comporte des especes tolerant une lumiere assez vivo : Isothecium 
viviparum, Metzgeria furcala, Thuidium Philiberti, les Peltigera, et meme 
une vraie heliophile : Orthotrichum anomalum. La permeabilite, en meme 
temps que la verticalite (tout au moins locale), explique aussi la pauvrete 
du n° 19 en silvatiques accessoires ; mais l’etat anterieur du peuplement 
joue egalement: ce dernier rocher a du etre, au moins en partie, decouvert. 
Presque tous les rochers re?oivent, parfois seulement pendant un tres 
court laps de temps, une lumiere tamisee, mais directe et oblique ; ainsi 
peut s’expliquer le nombre reduit de caracteristiques du n° 8 beaucoup 


Source: MNHN, Paris 


PEUPLEMENT BRYOI.06IMUE DES BOIS POURRISSANTS 137 

moins riche que le n° 10, peu eloigne mais plus encaisse (et de surface 
un peu plus grande). L’eclairement tres attenue varie peu pour 6, 7 (ou 
il est indirect, reverberation par les parois) et pour 9 (sous couvert tres 
epais). Partout 1’atmosphere reste fraiche (couvert forestier, bas de parois 
verticales). L’action de l’eclairement direct une partie de la journee sur 
la pente a Ptilium (n° 21) ou les rochers h Selaginelle (n° 22) se combine 
a l’evaporation de l'eau du Clevieux. 

Le comportement des especes est, bien entendu, primordial. Les plus 
exigeantes trouvent moins souvent la place favorable et risquent d'etre 
eliminees par celles qui possedent une grande amplitude ecologique. 
Ainsi, les stations n° 11, 12, 15, 16 manquent de caracteristiques calcicoles 
et possedent un faible contingent de saxicoles preferantes : le substrat 
(gres luteticns ?), impermeable aux rhizoi'des et a l’eau, se montre 
inhospitalier aux lithophytes, mais leur surface plus ou moins arrondie 
ou plane permet la facile installation des grandes silvatiques sociales qui 
s'imbibent facilement de pluie. Les lithophytes vraies \Seligera, Fissidens 
minululus) ne craignent pas, en general, les parois verticales ou fortement 
de dives, pourvu que leurs rhizoi'des puissent s'y cramponner et y trouver 
l’humidite necessaire. Plagiopus Gsde.ri et quelques autres peuvent egale- 
ment vivrc a meme le roc, mais evitent, en general, les stations stricte- 
ment verticales. Tous ces rochers n’offrent que de rares fentes, d’oii 
l'absence presque complete de Chasmophytes (le n° 19 en heberge quel- 
ques-unes). La plupart des Phanerogames et des Fougeres vivent en 
exochomophytes. 

Le peuplement depend aussi de nombreux facteurs : surface favorable, 
duree de l'cnneigement et quantite d’eau de fusion, retention de l’eau 
par le substrat, modifications de l’dclairement et des conditions ther- 
miques au cours de l’annee, actions des organismes entre eux et sur le 
rochcr (modifications superficielles, formation d’humus), etc. Les quel¬ 
ques exemples resumes ci-dessus ne donnent qu’une faible idee de la 
multiplicite des facteurs qui conditionnent la vie sur ces rochers. Quelques- 
uns d’entre eux nous retiendront davantage. 

Substrat. — Relativement au substrat, la carte geologique indique 
aux Gorges des Tines la presence de Cretace superieur, de calcaires num- 
muliliques, de calcaire et gres du Lutetien. Ces notations concordent 
avec la presence d’especes calcicoles caracteristiques et preferantes et 
l’absence de silicicoles (rel. 4-8, 10, 19). La partie etudiee du vallon du 
Clevieux se trouve dans la bande d’eboulis (qui peuvent provenir des 
memes etages que ci-dessus, et de l’Urgonicn constituant la masse du 
Criou qui domine la rive gauche), aussi la nature lithologique y varie- 
l-elle beaucoup : si certaines roches sont calcaires (1, 2), l'acide acetique 
dilue ne cause aucunt? effervescence ou une tres faible sur les petits cailloux 
inclus dans la couverture muscinale des n oa 18 et 24, ce qui a motive 
la non adjonction de l’epithete « calcaires » a la designation « rochers 
ombrages ». 

Ce ne sont la que des indications... Apres identification de chacune des 
roches, on devrait etudier son comportement vis-a-vis des agents atmos- 
pheriques et de l’eau qu’elle re?oit (pluie, ruissellement) ou absorbe 
par capillarite : quels sont les elements qu’elle cede aux organismes ? 
Les blocs k Pliliiun (n° 18) h effervescence tres faible, et plus souvent 
nulle, hebergent cependant un nornbre eleve de caracteristiques : situes 


IBS 


SUZANNE E'f PAUL JOVE 1 ; 


a la base du Criou (Urgonien), sont-ils arroses par une eau calcique ? 

Rappelons qu’un rocher est un complexe de stations elementaires 
souvent intriquees : une inesure faitc on un point donne peut perdre 
sa valour a courte distance. De plus, le revetemont muscinal cree son 
propre milieu en incorporant a ses morts les debris tombes de la voute 
(brindilles, debris d'Epicea, ecailles de bourgeons de Hetre, fragments 
foliaires de Hetre, Sorbus aria, Salix grandifolia, etc...). D’autre part, 
si les lithophytes vraies peuvent etre considdrees comme des exclusives, 
un grand nombre de caracteristiques capables de vivre au contact du 
rocher subsistent et prosperent sur milieu organique, quelques-unes 
mdmc en veritables epiphytes, ce qui n’empeche pas Cololejeunea calcarea 
de mdriter son nom specifique. 

Acidile. — On a employe la meme technique que pour les mesures de 
pH des hois pourrissants (1). Dune maniere generate, les echantillons 
sont mis a macerer dans un poids d’eau 5 ou 10 fois plus grand. L effer¬ 
vescence, evaluee de 0 a 5, est produite par HC.1 ou CH 5 COOH ddues. 
Quand ltechantillon dont le pH a etc mesure a fait 1 objet, apres mace¬ 
ration, d’une appreciation de l’effervescence, les chiffres de cellc-ci figurent 
sur la meme ligne que le pH. Dimension des petits cailloux, en milli¬ 
metres : 6-8 a 10-12 x 4-6 a 12 X 1 a 4. 


Tableau 


IV 


N os des 
relevds 

3. Humus grossier noir • • ....• 

4. Particules calcaires et liuiuiques sons Jungermanma 

atrovirens .. 

5 . Particules terreuses noires grumeleuses, avec tres 

petit caillou, 3 essais de durdes diffdrentes . . ■ • 

6. Terre gris clair, poussidre 4- grumeaux, 2 eclian- 

tillous diff. 

7. Part icules rocheuscs. 

Particules humiques, grameleuscs, noires, retenncs 

par rhizoides.. . 

8. Petit caillou + particules ligneuses (pulverisation 

facile).. 

Particulesnoiratres fines i- quelq. aiguilles d Epicea. 
Particules noirfttres lign. et terreuses + quelq. aiguil. 

d’Epicda... • ■ ■ • 

Humus terreux se detachant facilement des Fissulens . 
i0. Particules noires (et en petite quantity, bruncs) f 
pous8ifere. 

Humus sdpare de rdcliantillon prdeedent. . . . . • 

Particules noires + etc. (ci-dessus) - parcelles d’Ho- 

patiques.. 

Humus separd de l’dohantillojl precedent. 

12. Petits cailloux gris ... 

Particules orgauiques grossidres (ccaill. bourg. de 

Hetre, f. uiortes, aig. d'Epicea., rliiz. de Muse., bois 
decomposd pr. les 8/10 du vol.) detachdes de Pla- 
yiotheciwm silvaticum . 

13. Feutre organique brun noir&tre + particules fines en 

proportions vaxides, 2 dchantillons differents . . • 


pH Efferv. 


6.8-7.3-7.5 2,5 

7.6-7.7 4-4,75 
4 

4 

6.7 3,5 

6.6 3,5 

6.7 3,5 

1 

6.7 1,5-2 
0 

6,6 1,5 

0 

7.0 4,75 

6,5 0 

6.3-6.3 2-2,6 


( 1 ) Un commontaire plus ddtailU aurait quelque intdrfit, inais ne peut trouver place icl. 


Source: MNHN, Paris 















IKS HOIS POUHRISSA 


PEUPLEMENT HRYOLOGIOL'K n 


139 


15. Humus brun rougefttre (pulverisation facile), sous 
Plagiothecium sttvaticwm, 3 essais do dulses (lift'd - 

reutes. 

Petits cailloux gris pale. 

18. Humus grumcleux (pulverisation difficile), poudre 


Debris muscinaux + aiguilles d’Epieea -) partic. 

bumiques. 

5 defiant. : 2 petits cailloux ; particules bumiques 
uoires; particules terrcuses ; terre brun fonoe, lcs 

5 essais . 

19. Particules rocheuses tres friables blanch&tres, sous 

Muscindes. 

Caillou gris. 

Terre brun-rougeatre adber. aux Hypnacdes (ss. 

Orthot. ru/escens) .'. 

Particules bumiques. 

24. 2 dchant. : caillou gris foncd ; part, bumiques, 2 essais. 

22. Pierraille grise, 3 essais de durees differentes .... 

Particules terrcuses grises (pulverisation facile) . . . 
Bone grisiltre tres fine, detaebee de Fissidens crislatus. 

23. Humus grossier, pulvdrisat. diff.. poudre brun foncd, 

2 essais . 

(°) = tres localeroenfc. 


5.0-5.2-5.3 0-0,5 
7.8 4,75 

6.0 0 
6.2 1 (o) 


0 


3,5 

3 

0,5 

0 

6.9-7.0-7.2 4,5 

3 

6.8 3 


6.0-6.0 0,5-1 


Si ces chiffres ne permettent pas de fixer ^amplitude ecologique indi- 
viduelle des especes, void cependant quelques deductions. 

Quand des particules calcaires se trouvent incluses dans l’humus, 
le pH varie avcc la duree de maceration (n° 5), les premiers resultats 
eorrespondant & l’humus. Pour les parcelles rocheuses seules, la variation 
cesse apres une maceration de 30 a 40 minutes. En milieu humique homo- 
gfcne (n° 15), le pH varie a peine pour des durees superieures a 20 minutes. 

Pour les particules organiques identifiables et l'humus grossier, le 
pH est acidc : 6.5 a 5.0, avec effervescence de 0 a 1. Melange de ces m£mes 
particules avec de la poussiere terreuse ou de la terre : pH voisin de la 
neutrality : 6.6 a 6.8 avec effervescence de 1.5 a 3.5. Pierrailles et terre 
poussiereuse faisant effervescence de 3 k 5, pH : 6.8 & 7.7. II existe done 
une concordance nette entre l’effervescence, me me grossidement appre- 
ciee, et le pH; les melanges donnent des chiffres intermediaires. 

Les stations n oa 5, 6 (pH 6.8, 7.7) possedent. un lot important d’especes 
calcicoles, mais aussi les rochers n° 18 (pH 6:2-6.0) : une l^gere acidity 
(sous reserve d’un ruissellemcnt calcique probable) n’est done pas un 
obstacle absolu au devcloppement des calciphiles, ceci Confirmc maintes 
observations de telles especes sur des substrats faiblement calcaires. 
Par contre, les n os 13, 23 et les memes rochers n° 18 (pH 6.3, 6.0) montrent 
<le nombreuscs preferantes des rochers et sols siliceux (la comparaison 
ties n 08 22 et 23 se trouvant dans des conditions analogues est demons¬ 
trative). Quelques especes (Hylocomium proliferum, Isothecium viviparum, 
picranum scoparium ) n’ont Cte observees que sur des milieux de pH 6.7 
n 6.0. La calcifugie apparalt beaucoup plus stricte que la calcicolie. 

La difference se montre parfois considerable (n° 15) entre le substrat 
calcaire (meme les simples cailloux inclus dans l'humus, pH 7.8) et l’humus 
(pH 5.0-5.3). Quand le pH paralt constant (n os 8, 10), il faut noter que 
1 humus n’a ete separe des poussieres terreuses qu’au moment de l’essai 
avec 1’acide qui n’a cause alors aucune effervescence. Done, en un point 


Source: MNHN, Paris 













140 


SUZANNE ET PAUL JOVE 


doime a la roche se superpose un milieu organique tie propriety diile- 
rentes : revolution du peuplement sera, Svidemment, en correlation avec 
ces changements. 

Subslral humide. — La presence des Hepatiques, CQllemaees Mnmm 
(surtout M. punctatwn), des formes a feuilles sans dents de M. affine, etc., 
atteste que la couverture muscinale retient une notable quantite d eau. 

Mais c’est surtout la base des parols verticals (murailles et blocs 
iusqu^ environ 30 cm. du sol) qui constitue un milieu frais. Dans une 
atmosphere fraiche, l’humidite depend de l’eau (pluie, fus.on de la neige) 
accumulee dans le rocher ou le sol (d’oii elle remonte par capiUante et 
s'evapore). C'est la station des lithophytes pionmers ( Sehgera, Fmidens 
minutulus), mais aussi de trois Hepatiques qui luttent avec leurs hotes . 
Premia quadrata, Riccardia pinguis et Conocephalum comcum. Si 1 humi- 
dite favorise Conocephalum, il I’emporte sur Mmum lycopodwid.es (terre 
des fissures verticales, n° 6) et sur les Muscinees anteneurement installees 
sur un petit terre-plein incline devant une fente horizontal^ d ou ses 
thalles s’elancent a la conquete de la couche muscinale et hurmque. Lotte 
petite station bien individualisee ne comporte cependant pas d especes 
speciales; de l'humus legerement acide (pH 6.6) jailhssent quelques 
feuilles d 'Oxalis acetosella : c'est deja un stade evolutif assez avance. 
Les crues submergent en totalite ou en partie les pierres et blocs (2- tt 
23) gisant dans les parties dessechees en etc du lit du Clevieux : Lampijuum 
slellatum, Grimmia apocarpa fo. irrigata, etc... forment transition avec 
les groupements muscinaux hydrophiles. 

Subslral permeable. — Examinons le comportement des especes sur 
roche friable, done permeable (n° 19). Les rhizoides des Ggmnoslomum 
rupeslre , Barbula rigidula, Dichodonlium pellucidum (qui forme gazon 
epais de 4-5 mm.) s’enfoncent dans le calcaire tendre blanchatre. Solonna 
saccala vit egalement au contact direct de la roche, mais aussi de quelques 

Si l’on sectionne perpendiculairement une toulfe de Tortella lortuosa, 
on observe les couches suivantes (sur 12-25 mm.): verte, vivante, tiges 
verticales serrees, 3 mm.; jaunatre (facultative), 0-2,5 mm.; brun-roux, 
tiges alignees, verticales, puis rhizoides dans toutes directions, passant 
au gris a la base, 7 mm. ; blanchatre de plus en plus clair, 1 a lo mm., 
enfin roche-mere. En surface, dans le voisinage, Tortella se melange de 
Clenidium molluscum, Cirriphyllum Vaucheri, Pelligera aphthosa et mclut 
des debris provenant des Hetres. Le Tortella tortuosa desagrege la roche 
et s’accrolt done sur lui-meme. .. 

Rhynchostegium confertum et Campylophyllum Hallen peuvent croiire 
directement. sur rocher, mais aussi former une epaisseur vivante cie 
2-3 mm., le premier recouvrant Ortholhecium rufescens dont les rameaux 
« hypogees » se glissent sous 1’ensemble au contact du substrat (et se 
garnissent, quand ils sortent, de rameaux courts feuilles). Le C. tlalleri 
prospere sur lui-meme, ses rameaux morts enfermant des particules ter- 
reuses-humiques : cet humus provient de sa destruction et de celle e 
ses hotes (Hygrohypnum palustre, Webera commutata) par les orgamsmes 
h Cyanophycees ; de la couche engluee sortent les petites feuilles vertes 
ou bronzdes des Mousses. . , 

Egalement sur ses rameaux pionniers morts, Leiocolea Muellen ctai 


Source: MNHN, Paris 


PEUPLEMENT BRYOLOGIQIJE DES BOIS POURRISSANTS 141 

ses plaques vert-brun olivatre (1-3 mm.); l’humus grossier qu’il recouvre 
comprend aussi les tiges mortes de Grimmia apocarpa, tandis que sa sur¬ 
face heberge Ctenidium molluscum, Bryum pollens (minuscules rosettes), 
Jungermannia atrovirens, Barbula gracilis, Distichium capillaceum, Fissi- 
dens decipiens, de petits Galium et Geranium Robertianum. C’est aussi 
sur sol brun que repose le lacis (7,5 mm.) des tiges et rhizoides roux sous- 
jacent aux parlies vertes du Mnium stellare ; les rhizoides de Mnium 
lycopodioides consolident le sol terreux jusqu'a 2 cm. Dans leurs parties 
aeriennes cheminent quelques Hypnacees. 

Ainsi, sur la roche tendre, quelques organismes ne peuvent guere former 
de peuplements importants; d’autres, attaquant la surface et s’accrois- 
sant sur eux-memes, creent un sol, seuls ou avec l’aide de destructeurs 
(modification de l’effervescence : particules blanchatres friables 4 ; humus 
mele de terre 3 ; humus seul 0,5) et servent de support pour les nouveaux 
arrivants : ce sont done les Muscinees qui peuvent vivre a la fois en litho- 
phytes et exochomophytes qui jouent le role le plus important dans 
('installation de la vegetation. Cette station comporte aussi quelques 
fentes, d’ou la presence de chasmophytes ( Asplenium viride, A. Tricho- 
manes, Cystopteris fragilis, Lamium Galeobdolon). La chute de brindilles 
y a amene Isothecium viviparum et Metzgeria furcata (rr) subsistant au 
milieu des saxicoles. 

Stations subaeriennes. — Par suite de legers encorbellements, quelques 
Mousses pendent. Eurhynchium morale , Orthothecium rufescens, mais 
surtout Grimmia apocarpa (rameaux de 2-4 cm.), et encore davantage 
Plagiopus CEderi, supportent.: Hygrohypnum palustre, Scapania sequiloba, 
S. aspera, Tortella tortuosa, Leptogium et Collema, ... qui, ainsi, n’adherent 
a aucun substrat solide. Si les tiges de Plagiopus atteignent 8-10 cm., 
celles de Neckera crispa (qui ne portent rien) s’allongent davantage : 
30 cm. (elles s’accrochent aux racines dechaussees d’ Asplenium viride). 

Sur le rebord d’un rocher en saillie (14) se voyait un bel exemple de 
coussin epais, pendant, forme par les tiges paralleles et verticales (dont 
beaucoup etaient mortes) de Plagiopus CEderi portant aussi Scapania 
xquiloba; a l’interieur des longues pendeloques du Melzgeria pubescens 
(epiphyte sur Hylocomium proliferum) se faufilaient les tres oombreux 
et tenus filaments du Ctenidium molluscum var. gracile, couraient les 
Mcehringia muscosa, tandis que les rosettes du Saxifraga cuneifolia sem- 
blaient piquees a la surface. 

Evolution sur substrat dur. — Sur les parois verticales a peu de distance 
du sol et sur les blocs de petites dimensions, les pionniers sont des Bryacees 
minuscules : Seligera pusilla, S. Doniana, Gyroweisia tenuis, Fissidens 
minutulus, mais sur ces parois adherent aussi des Algues filamenteuses 
et se collent de petites Nostocacees. 

Ensuite s’appliquent des Hepatiques: Jungermannia atrovirens et 
Leiocolea Muelleri ; l’epaisseur ne depassc pas 1-2 mm. La complication 
commence : J. atrovirens recouvre les parties feuillees de Barbula acuta 
et de Fissidens minutulus, mais leurs pedicelles percent sa plaquette 
qui, elle-meme, sert de substrat a Gymnoslomum rupestre, quelques Mnium 
rampants, de tres jeunes Orthothecium rufescens. Favorise par une humidite 
un peu plus forte, Pedinophyllum inlerruptum forme aussi plaque (epais- 
seur 4 mm., humus deja present) oil vegetent Riccardia pinguis, quelques 


Fissidens cristalus, Hygrohypnum palustre, Clenidium molluscum, tout petits. 

Si 1'atmosphere est un peu moins humide (<>, 10), les pionniers sont 
des Hepatiques et Ilypnacees adnees : Campyloplujllum Halleri, Clenidium 
molluscum tressant un reseau assez dense oil s'etalent : Grimmia apocarpa, 
Fissidens cristalus, Jungermannia atrovirens, et, en petites colonies epi¬ 
phytes, Cololejeunea calcarea. J. alrovirens vit egalement sur Orthothecium 
rufescens (mort) et retient un mince humus grassier oil s’entremelenl 
les nombreux stolons, longs de 10 cm., de Mnium affine var. rugicum. 
Sur J. atrovirens et Leiocolea Muelleri sont litteralement codes, avec 
Cololejeunea, de tres petits Fissidens cristalus, des rosettes de Tortella 
iortuosa, Dichodonlium pellucidum, Gymnostomum rupcslre. Ailleurs on 
observe Preissia quadrala (mort) dans un gazon de Mnium undulalum 
avec Scapania aspera et de nombreuses autres Muscinees. Ce ne sont 
la que quelques exemplcs de ce stade de peuplement. 

Tres souvent, quand le placage vivant n’a encore que 2-3 mm., il est 
severement altaque. Les Collemaces, Nostocacees, surtouL Cyanophycees, 
detruisent presque entieremenl les feuilles : de la masse, cngluee recou- 
vrant le lads de rameaux noiratres emergent de rares feuilles bien vertes. 
Cololejeunea, epiphyte sur de nombreuses especes, reste vivant sous le 
reseau d'Algues filamenteuses vert jaunatre ; il reoccupe les rameaux 
encore englues. Apres cette destruction, Fissidens cristalus et Tortella 
Iortuosa prospered a nouveau. Solorina saccala, qui s’installe aussi sur 
les cadavres, meurt rapidcment, mais revit tout a cdte. 

Les notations ci-dessus ne donnent qu’une idee incomplete de l'enche- 
vdrement des organismes dans le stade auquel nous sommes parvenus 
et auquel on pourrait donner le nom de deux especes toujours presentes : 
Tortella Iortuosa et Fissidens cristatus. Ce dernier, rapprochant ses frondes, 
constitue, sur humus noir, comme Dichodonlium, un gazon epais de 
2 mm. ; Cratoneuron filicinum, Eurhynchiwn striatum et E. pndongum 
tissent un reseau lache de rameaux souvent tres ddies. Mnium affine 
accroit beaucoup le nombre de ses stolons, Orthothecium rufescens et 
Dichodonlium emettent des tiges pendantes au pourtour des plaques. 
Les rameaux d' Orthothecium portant des rhizoldes a l’extremitd se rccour- 
bent, peuvent penetrer a nouveau dans la masse, ressortir 2-3 cm. plus 
loin (fig. 5). A l'interieur de la couche vivante (maintenant epaisse dc 
1 cm.) ou sous elle, contre le roc, s’allongent les tiges vert pale a feuilles 
courtes et espac6es de Ctenidium molluscum. Les Hypnacees s’enehe- 
vetrent, leurs rameaux, colies a la paroi, se dirigent souvent vers le haul, 
vcrticalement. Tres vives apparaissent les competitions : Riccardia pinguis 
recouvre Tortella tortuosa, Dichodonlium, mais les Hepatiques le « sub¬ 
merged » a leur tour; Collema granosum mulliplie ses thalles sur Jun¬ 
germannia atrovirens, Campylophyllimi Halleri, Clenidium molluscum, 
mais celui-ci, aide de Tortella tortuosa, Unit par l’emporter, a moins que 
ce ne soit J. atrovirens, Scapiwia cequiloba et S. nemorosa. Conoccphalum 
et Leiocolea Muelleri ont alternativemenL 1'avanlage. Preissia escalade 
atrovirens, etc. N’oubljons pas Cololejeunea qui festonne sur des hotes 
varies. Et, toujours, veillcnt les petits Nostocs el les Algues... 

Toutes ces peripeties s’observent sur parois verlicales ou presque ver- 
ticales, L’cvolution est arretee par la pcsanteur ; le placage, par son 
propre poids, se decode et tombe, parfois en s’enroulant, masse vivante 
a l’interieur de la volute. 


Source: MNHN, Paris 


PEUPLEMENT BRYOLOGIOUE DES DOIS POURRISSANTS 143 

Sur les parois fortcment inclinecs s’observe le slade a HypnaceeS adnees, 
d’abord de petite taille et en reseau, puis Orthothecium rufescens et Pla- 
giopus (Ederi (dont nous avons vu l’importance dans la constitution de 
la vegetation pendante aerienne). Sur les bourrelets muscinaux et hu- 
miques epais de 3 cm., on note de grandes Mousses : Dicranum scoparium, 
Hylocomiwn proliferum, Neckera crispa. Mais ces bourrelets ne sauraient 


Orf Hotheeium ruf.scens (Dick^Bn/ot. our 



s’accroitre sur ces surfaces lisses : revolution qui s’accomplit tres rapide- 
ment s’arrete par manque d’adherencc. 

Sur les rochers a meplals, ou arrondis en croupe, ne se decele aucune 
trace d'un slade pionnier a Bryacees. Quoique des Muscinees de grande 
taille se trouvent au contact de la rochc (d’ou possibilite de leur installa¬ 
tion directe), il semble bien que Involution dcbute normalement par une 
vegetation basse appliquee, mais on ne peut remonter a des stades ante- 
rieurs a celui des plaques peu epaisses (2-3 mm.) auxquelles participent: 
iMocolea Muelleri, Scapania aspera, Fissidens cristatus, Tortella tortuosa 
(n° 13); Hygrohypnum palastre, Eurhynchium murale, Mnium punc- 
tatum (tres stolonifere) (n" 1(5); Amblystegium serpens var. knur, Grimmia 
opocarpa ssp. vulgare fo. epilosa, Mnium rostralum, Plagiochila aspic - 






144 SUZANNE ET PAUL JOVET 

nioiies (n» 17); CaUiergtmdla cmpiiala, Neckera complanata, Hyloa- 
m ium nrdifcrum, FMrhynchium striatum, Cirnphyllum Voucher! (n 23). 
Ces Ensembles corespondent a pe„ pres a la M ia stade a Ft mdem 
cristalus et Tortella lortuosa. Quelques-unes des Muscmees prfcedrntis 

subsistent vivaatcs sous les pcuplements qui se superposent d elies et 

qu’elles percent encore un certain temps. L epa.sscnr attaint cm. (C e- 
nidiurn mdluscum, Mnium marginatum, et nombreuses autres), purs 
'•-3 cm tantot Encalypla contorto et Tortella abondent, tantot C. mol- 
luscum forme soul des coussins, on encore (n" 23) les deuxdemitos CB^ 
servant de support a une douzaine d autres ; les toufles de Mnium margi 



F, “' vi .vssss, 

* travera la eouche inuaeinale, pm. vit au cralatt Uu .oclur, 

liut. WM iri'Sgule'lvmcnt, pta. long. ,t abo.rfante ™ D, EDJ.B. . 

tS-xt S2S * qsssn 

minuscules ; cette sorte de vegetation sympodique s’obscrvo aussi en JJ, u, w. 

natum penvent etre profondes de 5 cm., Dimmum scoparium alteindre 
IS cm etc Des Hypnacees (C. mdluscum, Campylmm sldlalum, Cirn- 
pbplta Vunrtari) serpentent dans cet ensemble dense ; Cotorta ct 
Lejeunea covifolia s’installent en epiphytes. L evolution se montrc done 
friquemment raccourcie, brusquee. La formation d humus s augmc 
par la « sedimentation • souvent importante des debris silvatiques et 




Taction des larves (grumeaux, galcries). Lcs Iittt.es do recouvremcnt sont 
meurtrieres. Scapania wquilobu, capable de s'epaissir (3 mm.) et de 
s’etcndre rapidertient, tue ses predecesseurs molluscam, Orlholhecium 
rufescens, P'issidem, etc.), tandis qu'Eurhynchium pnelongurn continue 
a vivre «souterrainemcnt»par ses ramcaux a feuilles modifiees qui cOurent 
sous la masse contre le roc (lig. 0); Men tot lcs Hypnaeees reprendront 
T a vantage eL elimineront le Scapania (n° 20). Autre succession : Pelligera 
aphlhosa nicurt sous l’ccran de feuilles mortes quo rccouvre Neckera 
c-rispa ; cclui-ci, a son tour, succombe presque complelement sous Pla- 
giothecium silvaticum ; enfin Trichocolea tomentella domino le tout (oil 
s’obserVent 7 autres Muscinecs) (n° 12). Sur le rochcr n° 13, les dominances 
furent ephemeres, car la litiere se compose, sur 1 cm. settlement, des 
strates suivantes : feutrage brun rougealre avec fragments foliaires 
(feuillus et Epicea), ramcaux normaux morts, mais filaments modifies 
vivants des C.. molluscum ; Trichocolea mort; C. molluscam vivant; 
Conocephalum vivant; Trichocolea vivant; sur lc tout, 8 autres Muscinees, 
Mcehringia muscosa et quelques Phanerogames. D’autres successions 
pourraient etre donnees en exemple ; ici, Scapania nemorosa servit de 
fond ; ailleurs, les Milium, etc. Le nombre des especes en melange depasse 
sou vent 10. 

Quand les parodies de bois decompose abondent dans le revetement 
muscinal (n° 18), avec Torlella lortuosa comme soubassement, on note, 
en particular, Dilrichum flexicaale et Rhodobryum roseum. Les Rhodo- 
brijum, Mnium cuspidalum, M. affine, se font remarquer par leurs longs 
stolons, alors quo les Hypnaeees elfdent beaucoup leurs tiges et rameaux 
aeriens: Eurhynchium pradongwn, Cirriphyllum Vaucheri, Thuidium 
Philibcrti, etc. D’autres utilisent les aiguilles d’Epicea comme support, 
forment des touffes profondes et des peuplemenls epais (15-20 cm.): 
Calharinea, Polylhricum allenualum, Plagiochila dsplenioides var. major, 
Uylocommm proliferum a rameaux julaces, etc. (n° 21). 

Mais cetlc vigoureuse vegetation, peu adherente, pent etre arrachee; 
des especes de grande Laille s’installent sur les places denudees de la roche. 
Ajoutons a cclles dejii mentionnees les Anomodon, Dicranum scoparium, 
Madotheca leevigata, Anlitrichid curlipendula, etc. 

Dans les stades tres evolues, le nombre des Museinee's diminue, alors 
(jue le recouvrement des especes restantes augmenle (n° 24); les epiphytes 
sont variees (Metzgeria furcala, M. pubescens, Pelligera, Collemaces), 
ainsi que les Fougeres et les Phanerogames ( Oxalis Acelosclla et Mcehringia 
muscosa souvent presents). 

Sur la penle forte aboutissant au Clevieux, dans le taillis clair (Coudrier, 
Sorbus aucuparia, Rosa pendulina L., Aruncus silvesler Kostel...) que 
dominent les Metres, quelques grandes Hypnaeees ( Rhytidiadelphus 
triquetrus, Hylocomium proliferum, Plilium Crista-caslrensis ) en tapis 
tres epais et conlinu ; les herbacees (Care.v montana L., C. digitata, Pirola 
secunda L., P. minor L., Veronica latifolia...) sont eparses et beaucoup 
moins abondantes que dans la proche aulnaie a Senecio cordatus Koch. 
Dans celle-ci, tres ombragee (n° 21), sur les roches moussues, oh, parmi 
beaucoup d'autres, abonde Climaciiim dendroides, les Phanerogames 
lont courir leurs tiges, stolons et drageons (Viola biflora L., Mcehringia 
muscosa, Oxalis Acctosclla, Asarum europeeum, Circeea alpina, etc.); 
la Myrtille est presente, ainsi que Saxifraga rolundifolia et quelques autres, 


Source: MNHN, Paris 


mais surtout des Fougercs : Dryopleris Phegopteris (L.) Chrstn. Pohjsli- 
clmm Filiv-nws (L.) Roth., P- dilatation HoiTm. et un grand nombrc. 

siiivanLcs ciui peuvcnt vivre sur sol pierreux, avec ou sans humus 
mprSlle :Dr„:Urh Linneumi Chrstn., U. RobeMana (Hoflm.j Chrstn., 
CiKtopIme frnjiiis, Asplmium Trithomams, A. inntlr, A. fonlanum. 
/SZ lJLL (Huds.) Sw. Rappelons, pres dr la Grotte de 1 Ermoy, 
kLa de MM hr mica (a" 20) airr les rochers moussus ou le 
nombre d’especes est ileve, et qui portent one vegetation nrbustive at 
lierbacee a la tois saxicole et hnimoole silvulique. 

Aux Gorges des Tines, a pen de distance du rooher aux pendeloques 
(n» H), sou’s la Pessiere, sur sol penteux, Ires rocailleux, pourvu d un 
peu de terra et dTiumus grossier, parrni les Mniwn punclatum , M. cuspt- 
L>, Dicranum scoparim,, Ptagwlhedm, Man Cfemdium molius- 
„u m EmhpncMum Smartrii (Turn,) Hoik., Plagiochlla ahplmmitt,, Ble- 
pharosloma IrichophijUwv, on remarque i Cystoplens frajilu. Park guadn- 
Min L., Mcrcurinlis perenn is, Saxifraga amnfdm. Mahnngui musmea, 
Valeriana tripteris, Clrciea intermedia Ehrh. (et a pen de distance, C. 
cl/pilia et C. Lutetiana L.), Oralis Acet.mlla, etc. Si 1 miluenee des resnicux 
aiigniente (abondance des aiguilles), la vegetation muscmale s efface. 
Enbas de Cette pente, de gros blocs torment chaos. La vegetation musci- 
nale, tres epaisse, eomprend seulement «n petit nombre d especes, avec, 
entre les blocs, dans les depressions, un epais lapis de bphaigncs (Sap- 
passat y cite seulement S. oculifolium Ehrh.). Void on 
ment • Ronccs, Myrtille, Rhamnm alpma L... Samfraga amnfolm.Lgco- 
podium Sclago L.( L. annolirmm L., OmtUmidpIme tnquelrus, Mmam 
undulatnm, etc. Ces rochers mcritent, au point do vue ecologique, une 

C \1nsi!Tmesure que Am se forme, lc substrat agit de moins en 
moins. l'acidite augments el. encore davantage s ll s ajonte des parcel cs 
ligneuses ou des aiguilles d'Epicea, revolution sur rochers aboutll aux 
■groupements silvatiqnes sur sol humique ou pierreux. On pent aussl 
observer sur les inuretles de soulien le passage aux groupements anthro- 
popbiles parietaux liclaires : (irimmia apacarpa ssp. iiiilsorf. Tar ala 
muralis, Trichoslomum rigidulum van densum Bry. eur. (tr.), Brachylhc 
c ium rutabulum, Radula complanata, etc. 


i dont les 
cristalus) sont deja plus 


Dan, les premiers Btades. les Bryacees null qu un role edificateur 
modeste, sauf TorkUa lortuasa, et a moindre degre Didwilontmm prllu- 
ciiillm; cellos qui oouchent leurs tiges (Plagiopm (Eden) 
feuillcs sont conligues et disliques (Fisslden. 

li!1 Les^lhpotiqiies 1) pclites feuillcs et les Hypnaoees etalent rnpidonient 
lours ramoaux cl, capables de former des plaquettes denses, agissent 
activement ; destrucleur, vis-a-vis de ceux qui les precedent, ils servent 
de support et crecnl un taible humus ii leurs successeurs. Mais les Hypna- 
cees surtout. on pnrticulier dans les stades d'age moyen, sont efficients, 
insistons a nouveau sur lent faculte d'allonger tiges et ramcaux oenens 
ou d'emettre des organon soulerrains (porteurs dc feuilles modiliccsentre- 
melees de rhizoides) qui, quoique cheminant sous une hliere epaisse tie 
plusieurs millimetres, voire plusieurs centimetres, sont vert clair. On peut 


YuLUGiyu 


* HOIS POURUISS/ 


147 


parin' lei tie rhizomes, stolons, tnarcoltcs. Lcs Bryacees, donees normale- 
"K'Ut tie stolons, » elendent aussi avec faeilite (Mnium, Rhodobniwn 
™ ™ ) - D ? ns , k ' s slades I*. Is* Bryacees capaljles tie formc/dcs 

»»; i pe„ pr it:„s 5perent ***““ < P ° ¥mm «- 

Les epiphytes Its miens <t adaptees . possedent des thalles cpais a 
croissance rapide, qur rnterceptent lumicre et pluie ( Pdlujtra ); leur (opt 
pendant et souvent concurrence les espeers qni, comme Trichocolea 
tnmcnlella, multiphent rameaux cl tcuilles an point d'cn laire an feutre 
VIVant, Les epiphytes ne manifested aucunc preference pour un bote 
determine, amsi Colcleje.unea calmrea, trouve senlement une fols en 
pionmer Mr roclier, a etc note sur Fissidms erislatus, Grimmia apocatpa, 
Orthotlmmm rufaams, Clmidmm tmltmum , CmpylophylMm Halter! 
sur'TS™, et mtmi 

Dans 1’ensemble, les espdces qni paraissent le plus favorisees pour vivre 
sur les rochers umbrages possedent des organes vegetatifs pbgiolropes 
a grand pouvoir d extension, done de reeouvremenl, el capabies de 
triomphcr des envalusseurs. II existe peu d’epijitlies obligatoires ■ beau- 

on U u,r qi l'r ) “ V ‘ I ‘Id ,1Vrc S “ r ™ C P ros P™ nt sur 1’bumus, memo mince, 
ou sur d autres Muscmees. 

Le graphique ci-dessous schematise lcs diflerents stades du peuplement 
des rocliers onibragcs. ‘ 



done nlus homier ,c f cs a sn S»« plane ou airondie, 

S tat“3 I t-JT ! , “ * grand ' ^ l es'olulion debate 
les Mu,cin f LIT FiSSidem *»rtout 

du schema ^ reeouvremenl et les plantes vasculaires. En has 
schema sont i cunts un certain nombre de vegetans vivant surtout en 



Source: MNHN, Paris 

































148 


SUZANNE ET PAUL JOVET 


aninbvtes ■ k. Blepharostoma et Upidozia replans, pionniers et. souveat 
epiphyte . ' , r ] es ) l0 i s pourrissants, n existent pas sur 

« s ab “"t”Mes t n’a^paralaaent queWa tardieemenl sur lea rochera 
CSS- MoLes silvatiques humicolea. Trkhacolea lomen- 
derniereset eat done conaidere e„ 

faisant partie. 

Auteurs ensfes 

EotILAT (Alibi). - ***** * 1*»«•“' I- ***** “•*> P ““ ‘ “■ HdP “' 

d,Sh"»V-»‘ >““•'* 4 BrU “ k *“*“■ 3 “ e4 ' 1924, 

Ilf,™? 0 ?”)” - aSi |i« galliea. Acrom r V „, 1884-1890, Ikta •* P»*> 

togamen-Flora...IV, 1927, Leipzig. 


Key to Hue’s Aspicilia 

by A. H. Magnusson (Goteborg) 


During my work on the paper : Studies of the Aspicilia — group in 
the genus Lecanora —- which is to be published in Acta Royal Swedish 
Academy of Science — I examined many of the species treated by Hue 
in his extensive work on Aspicilia in Nouv. Arch. Mus. Paris, ser. 5, II 
(1910). 

As several of them were cotypes to his new species and others were 
well known species I had an opportunity of studying his methods, his 
terminology and the results of his research : his arrangement of the 
species, which probably is meant to be a systematic one. 

Long ago I heard an eminent lichenologist complain of the impossi¬ 
bility of conceiving Hue’s species in spite of, or perhaps rather on account 
of, his long descriptions, as much more as his system was founded upon 
subtile anatomical characters taken from microtome sections. And the 
whole exhaustive work seems not to have furthered the knowledge of 
this undoubtedly difficult group but on the contrary frightened licheno¬ 
logist from every attempt of extricating this section. 

The most important matter, the thourough knowledge of the authentic 
specimens of old species — preserved mainly in Helsingfors, Uppsala 
and Stockholm — has gained practically nothing by Hue’s work. Therefore 
1 had myself to start from the bottom and have had little or no use of 
his examination, as much more as mine was based on a les subtile method. 

The results and the differences of our opinions on the species will not 
lie treated here. But as I think I have gained a conception concerning 
the leading systematic characters in the section I have tried to group 
Hue’s species according to my poinls of vue — as much as this has been 
possible from the descriptions only. But thanks to my on researches 
1 have been able to interpret many of Hue’s expressions which I did 
not understand formerly. Thus « articulis sphaericis et triplice D rls 
Gueguen reagente rubentibus » means that the medulla, at least its lower 
part, contains oil — a stuff of common and often abundant occurrence 
in Aspicilia. Perithecium in Hue’s work seems to comprise as well the 
basal stratum usually named hypothecium as the often distinct cup¬ 
like stratum from the upper margin round the hymenium and below 
the hypothecium. It is often very distinct in sections and sometimes 
assumes a dark blue colour well limited from that of the hypothecium. 
But I can still not understand how Hue has obtained his measures of 
the thickness of the paraphyses, 4-12 u. And he seems not to have made 
due distinction between the different nubilations in the thallus : if from 
oxalate crystals, particles from the substratum and perhaps air. 

I too have noted a difference in the form of the paraphysal cells but 



I do not think that this difference which is somewhat difficult to state 
with certainly and somewhat varying according to tile employed reagent, 
has the importance given to it by Hoc. I have no conception ot the 
importance ot the different branching ol the cortical hyp!* because 
this difference can only be studied on thinner sections than I have had 
the possibility ol making. At all events these facts can certainly not lie 
used for the every day work of determining species. 

I made it evident in my monograph of the genus Acarospom that 
Hue had described the. same species several times because he laid so 
much stress upon the anatomical details that he lorgot — or probably 
had no eye for — the habitus of the examined species. The same seems 
to be the case in his research on Aspiciliu, I will give the following preli¬ 
minary notes from my studies on the Aspic-ilia gibbosa group. 

1[ seems me likely that L, Candida and rosacea is one species and — 
though I have not studied them in detail - L. adunans, lap pa men and 
Murini 1 have proved that Hue’s (and Arnold's) A. lacvala v. albicans 
is L. superlegens, that Hue’s A. lacvala (KOH -) is not that of Acharuis 
(KOI I + yellow), that L, cuproeogrisca produces rusty crystals in KUli 
(Hue • KOH - ), that his A. gibbosa ( caesiocinerca) and subdepressa 
arc not the real ones ; that A. lobulala is synonymous to L. verrnculosa 
Krmpli (KOH r yellow). A. amphibola Hue is L. aqualica Hepp which 
curiously enough is not treated, and A. clula is only a form of L. aqualica, 

In order to facilitate the survey of Hue’s system I have quoted the 
species in his own arrangement with the group characters established 
1 >v him. When his descriptions are rounded on exsiccatas 1 have given 
their name and number (according to Lyngc's Index). They are all pre¬ 
served at Paris like most of the other described species. When the species 
is known from several countries I haye given no note of its distribution. 

I have brought the species under the generic name of Lccanora in my 
key but I have quoted only the first author of the name in order to save 
space. In Hue’s arrangement they remain under the genus Aspicilia, 
but there I have also quoted the author combination for the species 
in the genus Lecanora, if placed there before the publication of Zalil- 
bruckner’s Catalogus. 

Notes to the key : Ap. several means that there are several apotnecia 
in ope areola, ap. 0,5 mm. broad means the breadth of the disc, K+ 
red means the formation of rusty needles in sections under the microscope 
on addition of KOH, exc. quite blue (according Lo Hue) probably means 
that both liypolhecium and excipulum (parathecium acc. Lo Frey) slam 
blue in iodine. 


Key 



A. Tliallus effuse (not distinctly radiate or effigurate). 
la. Med. P -f red. lipitli. black. Con. unknown. 

2a. Tli. sorediate, verrneose, pale brown. Sp. 16-20 x 9-12 p 
686. Bockii (Rodig.). 


Source: MNHN, Paris 



ASI'ICIL! • 


151 


2h. Th. non-soredlate, ar. plane, dark brown. Sp. 10-16 x 8-11 y 
687. eantracta Th. Fr. 

lb. Th. I + blue. 

3a. Th. ocliraceous. Ap. often several, 0.3-0.5 mm., black. Sp. 9-14 x 5-7 y 
Con. 4-5 y. 604. r.inereorufeseens v. diamarta (Ach.) 

3b. Th. brown, ar. white marginated. 

4a. Th. pale brown to white. Ap. 0.2-0.5 mm., pruinose. Sp. 16-24 x 9-14 y 
508. umbrinella (Hue). 

4b. Th. dark red brown. 

5a. Th. shiny. Ap. solitary, 0.5-1 mm., ± red brown. Sp. 10-12 x 5-7 y 
606. olivacea Bagl. & Car. 

5b. Ar. dark castaneous, margin often violet (or white). Ap. black, pruinose. 
Sp. 12-17 x 6.5-8 y 653. psoroides Anzi 

3c. Th. gray to white. 

6a. Th. K -f- red (see below lc). 

6b. Th. K —. 

7a. Sp. 14-20 x 10-14 y. Ar. 0.4-0.6 mm. on blackish hypothallus. Disc 
dark red, margin of ar. narrow 605. sanguined (Knnph.) 

71). Sp. 12-16 x 5-7 y. Ar. 1-2 mm., ± contiguous 

604. cinereorufescem (Ach.) 

7c. Sp. 10-12 x 5-6 y. Th. white, shiny. Ap. 0.4-1 mm., solitary or 2-3 
663. eremicolor (Hue) 

lc. Th. K 4 yellow or red. 

Ha. Th. 1\ 4 yellow to red without crystals, pale yellow, dark from black dots. 

Sp. 8-14 X 5-8 y 607. aterrimg (Fde) 

8b. Th. K 4 rusty crystals. 

9a. Med. I 4 intensely blue. Sp. 5-7 y broad. 

10a. Th. gray to whitish. Ap. 0.5-0.8 mm. Sp. 8-17 y long. Con. 4-6 g 
603. alpina (Smrft.). 

101). Th. pale, gray, shiny. Ap. one to several, 0.3-0.5 mm. Sp. 16-20 g 
long. Con. absent. Ilym. and exc. I 4 blue 

662. stenospom (Hue). 

9b. Med. I 4 bluish or I — ?. Con. short. Hym. I 4 blue. Sp. 12-20 y 
11a. Cortical hyphae rarely simple mostly branched. Th. yellowish white, 
1-2 mm. thick. Ap. 0.3-0.6 mm. Con. 5-7 y 650. Myrvni (Fr.) 
lib. Cortical hyphae always branched. Ap. 0.5-1 mm. 

12a. Th. white to pale ocliraceous, 0.5-2 mm. thick, Ap. levej with thallus 
Sp. 8-10 y broad. Con. 5-7 u 679. adunans (Nyl.) 

12b. Th. bluish gray, 0.4-0.5 mm. thick. Ap. emergent. Sp, 5-9 y broad. 
Con. 4-6 g 680. lapponica (Hue) 

9c. Med. I —. 

13a. Th. sterile, scantily sorediate. gray, thin 693. grisea (Arn.) 

13b. Th. fertile. 

14a. Sp. large, generally above 24 y long. Hyp). 1 4 blue. 

15a. Con. 19-25 g. Th. white, ar. plane. Ap. 2-4, dark brown red, 0.7-1 mm. 

Sp. (18) 24-28 x 12-16 y 595. Myssalongii (Hue) 

15b. Con. short. 

16a. Ap. pruinose, Th. pale reddish yellow to white, smooth. Ap. 0.5- 
0.7 mm. Sp. 26-28 x 13-14 u-. Con. 6-10 g 597. amiyotropha (Hue) 
16b. Ap. naked, 0.3-0.6 mm. 

17a. Th. thin, white to bluish gray. Sp. 22-28 X 12-14 y. Con. 7-9 y 
630. inlermutans Nyl. 

17b. Tb. + thick, whitish gray. Sp. 20-22 x 12-16 g. Con. 6-7 y. Exc. 

I 4 blue. 594. cupreogrisea Th. Fr. 

14h. Sp. small, generally below 14 u long or below 8 y broad. 


Source: MNHN, Paris 


18 a. Tb. gray, thick. Ap. 0.5-0.8 mm. g mm Sp . 12 -18 

]9a. Hvm. 1 + blue. '1 b. pale gray. Ap. seveial, 0.5 0.8 m -F 
, 6-7 p. Con. absent. 634. lecideotdea (Nyl.) 

19 h Hvttf. 1 4 red. Th. bluish gray, vermcose in centre. Sp. K.-18 X 
' 4.5 it 612. dimnrphodes (Hue) 

18b. Tb. very pale to whitish. n , H m 

20a. Sp. 17-20 X 7-8 y. Th. greenish white, smooth Ap. 0.5-1.5 
jl [ L r ,,(i ('on. absent 631. lewcera (Hue) 

20b. Sp. shorter. Th. white or yellowish ^ite ^mooth^ 

21a. Ap. 0 .1-0.3 nun., several confluent Sp 10- 3 X 6 7.5 y. tly 
] 4 - blue. Con. 18-22 y 655. nigntella (*Ge) 

21b. Ap. 0.4-1 mm. 56 Con . 10-12 y 

22a. Th. tlvm. Ap. partly convex. Sp. 8 10 x 0.0 

Exe. 1 + blue. 661. »* eras pore a (Hue). 

22b Th. 1 mm. thick. Sp. 10-13 x 5-6 u. Con. absent Exc. I » 
' K + yellow 608. subimmersa (We) 

14c. Sp. generally 15-25 y long, above 8 ft broad 
33 a. TJ, tanm olfy. gray. thin. JE». 1 + H . 1 +,'“L 
24 a Con 10-12 a. Th. brownish gray, plane. Ap. m swelling .u., rare, 
0.4-1 nun. Sp. 12-10 x 7-11 P 618. lumens (Hue) 

24b Con 18-24 u. Th. olive, shiny, non-contmuous. Ap. 0 2-0.4 mm., 
concave. Sp. 12-22 x 9-12 y 671. silvaticav. docellensis ( Hue) 

23b. Th. gray to dark gray. . , , _ 

25a Con 10-12 a. Th. determinate, indistinctly radiate. Ap. 0.3-0.O nun., 
often pniinose. Sp. 19-24 x li-lip 875 Fmnaa (Si>«) 

25b. Con. 12-16 ft. Th. often ± verrueose. Ap. 1-4. mam. 

Sp. 12-20 x 8-10 y 615. cinerea (L.) 

25e. foil. 1.-20 ’ 

2,8,1 Cm‘"2 24'o.Ap.'2irtary, 0.8-1 m,4 Sp- 20-24 x 12-14 u. Epitli. 

rugose. ' 591. epigli/pta, Nyl. 

23c. Th. yellow- or reddish-gray, thin. Ap. 0.7-1 mm. s l l - l4 '. l8 | < !l ‘ 14 •“ 
Con. 15-27 it. Exc. I i quite blue 668. gerdemis (Hue) 

23d. Th. pale gray or whitish, llym. I J red. 

26a. Exc. 1 1 quite blue. Th. thick, L shiny, uiu vei • P- 
0.4-0.5 mm. Sp. 19-20 x 8-12 y. Con. absent 
• 676. mwquatula (Hue) 

26b. Exc. x- blue. Ax. plane, rngulose. Ap. 0.5-0.7 mm. Sp. 14-20 X 

8-10 a. Con. 8-12 y 623- tephroda (Hue) 


26c. Exc. I - . 
27a. Sp. 16-22 > 


12-14 ft. Th. tliii 


■acky. Con. 14-16 y. Ap. 0.2-1 mm. 
617. adamanticola (Hue) 

27b. Sp. 15-24 X 10-12 u. Th. thin, plane. K + yellow ! Ap. 0.2- 
0.3 mm., in convex ar. Con. absent 619. tofacea, (Hue) 

23e. Th. yellowish white to whitish. Hym I -I red. 

28a. Ap.' less than 0.5 mm. diam., immersed. 

29a. Th. thick, sordid white. Ap. several. 0.3-0.o mm. Sp. I* lb 

9- 10 ft. Con. absent 667. tyrohama (Hue) 

29h. Th. thin, smooth, yellowish gray. Ap. 0.2-0.6 mm. Sp. 16-24 x 

10- 12 ft. Con. 15-16 y 673. Arnold 4 (Hue) 

28b. Ap. mostly 0.5 mm. diam. or more. 

30a. Th. thin, dirty white, ar. plane- Ap. 0.4-0.8 mm. bp. 16— x 
8 lOu Exc I— Con. absent 592. chwnampoana (line) 

30h. Th. 0.4-0.6 mm. thick, whitish. _ „„ .. rl „„ 


KEY TO 


ASPICILIA 


153 


311). Ar. plane. Ap. 0.5-1.5 mm., emergent. Sp. 15-20 x 9-10 a. Exc. 
1 + blue. Con. absent 036. exserta (Hue) 

8c. Th. K. -f yellow. 

32a. Tli. brownish, white pruinose, tliiok. Ap. 0.2-0.4 mm. Sp. 13-16 x 8-9 p 
Exc. I T blue. Con. absent 633. Owaniana (Hue) 

32b. Th. pale to dark gray. 

33a. Exc. quite blue. Th. thin, pale reddish gray. Ap. 0.2 mm. Sp. 20-30 x 
14-18 y. Con. absent 682. prolula (Nyl.) 

33b. Exc. I + blue. Th. verrucose. Ap. 0.3-0.4 mm. Sp. 14-22 x 8-11 p 
Con. 15-22 u 626. verrucigera (Hue) 

33c. Exc. I -. Th. olive gray, shiny. Ap. 0.3-0.6 mm. Sp. 14-22 x 9-12 p 
Coil. 18-22 u. 671. silvatica (Zw.) 

32c. Th. whitish. 

34a. Hym. I | blue. Th. zonate. Ap. 0.2-0.5 mm. Sp. 10-12 < 5-6 p. Con. 

6-7.5 u. Exc. I — 660. geographica (Hue) 

34b. Hym. 1 + red. 

35a, Ap. 0.4-1 mm. Th. thick, smooth. Sp. 10-13 X 5-6 y 

608. subimmersa (Fee) 

35b. Ap. 0.5-0.8 mm. Th. white. Sp. 12-16 x 8-10 p- Con. 6-7 p. Med. 

partly It ! orange, white-granular 641. eireummunita (Nyl.) 
35c. Ap. 0.2-0.4 mm. Con. absent. 

36a, Exc, I T . Th. yellowish gray to white, thick. Sp. 16-20 X 10-15 y 
Ap. one to several 635. straminella (Hue) 

36b. Exc. I - -. Th. white to gray, thin. Sp. 15-24 x 10-12 y. Med. K + 
yellow, -+- ferrugineous 619. tofacea (Hue) 

Id. Th. K —. 

37a. Med. granular. 

38a. Sp. unknown. Hym. I + red. Con. absent. 

39a. Th. yellowish ochraceous, rimose. Ap. 0.3-0.5 mm. Exc. I —. On 
granite 632. oreinoma (Hue) 

39b. Th. bluish white, thick, smooth. Ap. 0.4-1 min. Exc. I + blue 
683. pyrenaica (Hue) 

38b. Sp. 10-12 x 3-4 u. Th. white, very thin. Ap. 0.2-0.3 mm, reddish. Con. 

absent 654. laclea (Mass.) 

38c. Sp. usually between 12 and 20 y long. 

40a, Epitheeium bright blue green. Th. yellowish gray, very thin. Ap. 0.2- 
0.3 min. Sp. 14-16 x 8-10 ft. Con. Chroolepus ? 

688. flavida Hepp 

40b. Epitheeium olivaceous to brownish. 

41a. Ar. blackish brown, white marginated. Ap. 0.3-0.4 mm, pruinose. 
Sp. 12-22 x 9-14 y■ Con. absent. On volcanic rock 

593. albomargmata (B. de Lesd.) 
41b. Th. pale, yellowish or grayish, uneven. Ap. 0.5-0.8 mm. Sp. 15-18 
X 8-10 y. Con. 16-20 p. Exc, I + blue, hym. red 

629. polychroma (Nyl.) 

41c. Th. 4; white, ± effigurate. 

42a. Ap. 0.2-0.3 mm, oblong. Th. bluish white, calcicolous. Sp. 12-14 
x 8-10 y. Con. absent. Hym. I + red. Exc. I + blue 
644. lobulala (Anzi) 

42b. Ap. larger. 

43a, Th. ± thick, K + ? Ap. 0.5-0.8 mm. Sp. ,12-16 x 8-10 y. Con. 
6-7 y Exc. I + blue, hym. red. Calcicolous 

641. circAimmunita (Nyl.) 

43b. K —. 

44a. Hym. I -f blue. Ap. 0.4-0.6 mm. Sp. 14-16 x 9-12 p. Exc. I —. 
Calcicolous 643. Candida (Anzi) 


Source: MNHN, Paris 


154 


A. H. 


44b Hym. I 4= red. Th. Indistinctly lobate. 

45a. Exc. below (= hyp. t) I + blue. Th. whitish gray, verrucose. 


Ap. several, 0.5-1 mm, Sp. 14-22 x 8-16 t 

638. ctesioalba ( LePrev.) 
white. Ap. 0.3-1 mm., pruinose. Sp. 11-16 
lalcicolous 640. farinosa (Plk.) 


xc . i + blue. Hym. I + red. Ap. 0.5-1 n 


45b. Oxc. I t blue. Th. 

X 7-10 (a- Con. 5-6 ja. 1 
38d. Sp. usually 20-80 p long. 

46a. On wood, th. verrucose. E 

n „ V? n *' , f . -20.25 u 589. lundensis (Ft.) 

47a. Th. bluish white, bp, 4-7, 18-.iu x v .... 

47b. Th. white, thick- Ap, urceolate. Sp. 8. 18-22 >- I* 

627. lignicola (Anzi) 

46b. Ou stone. 

48a, Th. + distinctly gray. (In Europe). 

49a. Cortex translucid. Th. with a bluish shade. Sp. 18-24 X 10-44 p 
Ap. 0.5-2 mm., level with th. Con. 10-12 P Exc, I + quite 
bl y e 632. rolleana (Hue) 

49b. Cortex opaque. Th. with a violet shade. Sp. 18-22 x 12 -‘4 4- Al>- 
o.s-o.5 mm. Con. 22-40 f. Km. t dr. Mr*. 6T0. < A ”-> 

48b. Th. white to whitish. n a 

50a. Sp. narrow, 22-25 X 8-12 (i. Th. thick, uniform- Ap. 0 4-0.8 mm. 

Con. 6-6 p. Hym. I + blue 656. entypia (Krmpli.) 

50b. Sp. broader. 

51a, C'alcicolous. 

52a. Sp. 4-8, often subglobose. Con. 7-11 p. Ap. pruinose. 

53a. Ar. often dispersed. Sp. 20-30 18-20 p. Ap 0.2-0.6 mm.. 

immersed 628. contorUi (Hoffm.) 

53b.T areolate, often effigurate. Ap. 0.3-0.6 mm often oblong. 
Sp. 20-28 x 18-26 p. 639. calcana (L.) 

52b. Sp. 8, not subglobose. . , „ T . llvm 

54a. Ap. 0.5=1 mm., pruinose. Th. determinate. Exc, \ + blue, hym. 

5oa U Th. grayish white. Ap.-margin farinose. Sp. 20-25 x 17-20 p 
Con. absent 620. premadina ( Huc > . , 

55b. Th. bluish white. Ap. several, margin black. Sp, 20-24 x 12-16 p 

Con. 21-22 p 645. rosacea (Hue) 

54b. Ap. smaller, 0.2-0.5 mm- Th. verrucose. Con. absent. 

56a. Th. grayish white, thick. Ap. pruinose. Sp. 22-24 X 16-1. p 
Exc, I + blue 584. niphetoda (Hue) 

56b- Th. white, tlijn, Sp= 2Q-24 K 12-15 H 

665. verruculosa (Ei'inpu.) 

51b. Non-caleicolous. 

57a, Hym. I .+ blue, Ap, pruinose, 28 

58a. Th. gray to grayish white, smooth. Ap- 2-4, O.o-l mi i. P- 
x 12-14 p Con 6-7 p 596. pavimcnUms (Nyl.) 

58b. Th. reddish white, Ap. 0.4-0.8 mm-, immersed. Sp. 18-28 X 12- 
16 p. Con. 16-24 p 651. helveticfi (Hue) 

5 59a.^pm ahint ed Th. effigurate, white, farinose. Ap. 0.2-0.6 mm., 
pruinose. Sp. 20-24 x 14-18 p 649. virgmea (Hue) 

59b- Con, «-7 P- Th. whitish gray, Ap- ".4-0.6 mm., irregular, Sp. 20- 
22 x 12-16 p. Exc. I + blue 594. cupreqgnsea 1 li. Jr. 

59c. Con. 17-25 p- Tli. grayish white, thick. Ap. 0.5-1 mm. bp. ■ 
X 14-16 p (= supertegens i.) 669. Ixvaki v. albicans (Am.) 

38e. Sp. above 30 p long. , . . 

60a. On earth etc, Sp. 30-50 X 21-30 p. Exc. ± brownish blackish at 
surface. Hym. I + dark blue 647. verrucosa (Acli.) 


Source: MNHN, Paris 


60b. On cortex or wood. Sp. 40-54 x 24-30 p. Th. yelowiah sordid white. 
Exc. I 4- blue 648. mutabilis (Aoh.) 

37b. Med. not granular, translucid or air-filled. 

61a. Sp. below 15 (17) p long. 

62a. Ap. -j- yellowish red. Th. oohmoeous. Sp. 13-18 p. Ilyin. I + red. 

Exo. I + blue 624. lamstris (With.) 

62b. Disc, brown to black. 

63a. Hypothecium dark brown. Ilyin. I + blue. Sp. 12-17 p. Ap. 0.3- 
0.5 min. 609. plumps (Nyl.) 

63b. Hypothecium colourless. 

64a. Th. blackish, shiny. Sp. 7-9 a long. Hym. I + blue 

659. morioiiles (Blomb.) 

64b. Th. ochraceous, pale. Ap. 0.2-0.3mm. Sp, 10-14 X 7-10 p. Con. 

3.5 p. Hym. and exc. I + blue 678. rivularia Ny. 

64e. Th. -|- gray. 

65a. Con. 18-22 a. Th. reddish gray. Ap. 0.3-0.8 mm. Sp. 9-13 x 5-6 p 
Hym. 1 blue. Exc. 1 -. Asci 40 p long. 657. romplanata Klir. 

65b. Con. 10-15 p. Th. bluish gray. Ap. 0.3-0.6 mm. Sp. 14-16 x 6-7 p 
Hym. I -f- red. Exc. I —. Asci 65-70p 666. aomoriana (Hue) 
65c. Con. 3-5 p. Hym. I + red. Exc. I -f blue. Th. gray. 

66a, Th. pruinose. Ap. 0.3-0.7 mm., (lark red. Sp. 12-i4 x 7-8 p 
Asci 70 p 646. Ilarmandiana (Hue) 

66b. Ap. 0.5-1 mm., dense. Sp. 10-14 X 9 p. Th. thick, cracky 
590. recedem (Tayl.) 

61b. Sp. about 17-20 p long. 

67a, Th. dark, ± olivaceous. Hym. I + red. 

68a. Ap. 0.5-1 mm. Th. blackish olive. Sp. 16-20 X 9-10 p. Con. 12 p ! 

Exc. below I -f- blue 664. obscurata (IT.) 

68b. A].. 0.2-0.4 mm. Exc. 1 —. Th. olive, shiny (Europe). 

69a. Con. 18-22 p. Th. olive, shiny, thin. Sp. 14-20 x 9-10 p. 

671. silvatica v. lusva (Nyl.) 

69b. Con. 20-32 p ?. Tb. K — ?. Sp. 16-22 x 9-13 p 669. hvvata (Ach.) 
67b. Tb. pale. 

70a. Th. n; thick, olivaceous yellow. Ap. 0.5-0.8 nun. Sp. 15-18 X 8-10 u 
Con. 10-20 p, Exc. 1 4- blue, hym. red 629. poli/chroma (Anzi) 
70b. Th. very thin, gray. Ap. 0.2-0.5 mm. Hym. 1 + blue. Gonidia Ohroo- 
lepus. 

71a. Th. reddish gray. Sp. 14-20 (24) • 10-12 (18) p, Exc. I I- quite 

blue. Con. absent 691. niteUina (Hire) 

71b, Exc, I Sp. 17-20 > 7-10 p. Con. absent 090. mdranica (Hue) 
71c. Exc, I 4- bine, Sp. 18-21 x 11-12 p, Con. 4 p. Par. Iv + violet. 
Calcioolous 689, lwmalomorplui Nyl. 

61c. Sp. 20-25 p. 

72a, Ap. very pale. Th. pale, very thin. Sp. 14-24 x 8-12 p. Exs. I -f quite 
blue, bym. red 602. ceracea Arn. 

72b. Ap. blackish. 

73a. Th. olive, shiny, thin. Ap. 0.3-0.6 mm. Sp. 19-25 X 10-18 p. Con. 

10-12 u. Exc. 1 - , hym. red 681. Flagei v. palyophthalma (Hue) 
73b. Th. grav to white. 

74a. Hym. I + blue. Th. white. Ap. 0.4-0.8 mm. Sp. 22-25 x 6-12 p 
.Con. 5-6 u. Exc, 1 4- quite blue 656. enlypta (Krmpli.) 

741). Hym. I 4 red. 

75a, Exc. I . Th. dirty grayish white, thin. Ap. 0.3-0.5 nun. Sp. 20-26 
X 10-18 p. Con. 8-9 p 674. inornata Arn, 

75b. Exc. I 4- blue. 

76a. Th. gray. Ap. 0.5-1 mm., 4- emergent. Sp. 20-24 X 9-12 a. Con- 
9-14 a ? 614. subdepressa (Nyl.) 


156 


MAGNUSSON 


76b. Th. bluish- to whitish-gray. Ap. 0.5-2 mm., ± confluent. Sp. 18- 
24 x 10-14 p. Con. 10-12 p 632. roUeana (Hue) 

76c. Th. reddish white, thicli. Ap. 0.4-0.6 mm. Sp. 18-28 X 12-16 p 
Con. 15-24 p 651. hdvetica (Hue) 

61d. Sp. often surpassing 25 p in length. 

77a. Con. unknown. Th. whitish, partly verrucose. Ap. 0.3-0.8 mm., margin 
prominent. Sp. 24-30 X 15-20 a. Exe. 1 ± blue, hym. red 
601. eluta (Nyl.) 

77b. Con. 6-10 u. 

78a. Th. olive, very thin, Ap. 0.2-0.3 mm., circumseissed. Sp. 30 X 14 p 
Con. 8-10 p 681. Piaget (Hue) 

78b. Th. gray to white. 

79a. Th. bluish gray, verrucose. Ap. 0.4-1 mm. Sp. 20-30 x 11-16 p 
Con. 6-10 p. Exe. I d: blue 611. uesiocimcrea (Nyl.) 

79b. Th. pale gray, verrucose. Ap. 0.3-0.6 mm., crenulate. Sp. 23-30 X 
18-24 u. Coil. 7-10 P- Exc. 1 rX blue 610. gibbosa (Ach.) 

79c. Th. white, K 4- rose-coloured. Ap. punctiform to 1 mm. Sp. 20-34 
X 14-17 p. Con. 6-10 u. Exc. I + blue 600. arvernica (Hue) 

77c. Con. 9-15 p. _ 

80a. Hym. 1 + blue. Th. pale bluish gray, smooth. Ap. 0.5-0.6 mm. Sp. 
22-36 x 11-16 p. Con. 11-15 p. Exc. I -!- blue 

652. bricvonensis (Hue) 

80b. Hym. I -+- red. Exc. I —. 

81a. Th. yellowish gray, shiny, smooth. Ap. 0.5-0.8 mm., reddish. Sp. 

20-30 X 17-21 p. Con. 10-12 p 625. submersa (Lamy) 

81b. Th. bluish olive, -+- verrucose. Ap. 0.3-0.5 mm., urceolate. Sp. 20- 
30 x 16-20 p. Con. 9-12 p 599. amphibola (Ach.) 

B. Th. distinctly radiate or etfigurate. 
la. Th. with distinct lobes. 

2a. Th. K -+- red. 

3a. Sterile. Th. dark gray, granular, radiate, lobes 5-7 mm. long, 0.2 mm. 

broad 692. mastrucata v. pseudoradiata (Am.) 

3b. Fertile. Hym. I + red. 

4a. Corticolous. Th. gray, very thin, lobes long. Ap. 0.3-0.6 mm. Sp. 13-20 
X 9-11 p. Con. absent 672. teplira (Hue) 

4b. Saxicolous. 

5a. Th. bluish gray, laciniate-squamulose, granular. Ap. 0.3-1 mm. Sp. 

11-15 x 8-12 p. Con. 4-5 p. Silicicolous 677. squamulala (Hue) 
5b. Th. whitish. 

6a. Th. shiny. Ap. 0.3-0.5 mm., immersed. Sp. 14-24 x 8-9 p. Cortex 
10-20 p thick. Exc. I + bine 658. stellata (Hue) 

6b. Th. yellowish white, subfarinose, smooth. Ap. emergent, 0.6-0.8 nun. 
pruinose. Sp. 11-14 x 6-8 p. Calcicolous 642. endoleuca (Hue) 
2 b. Th. K —. 

7a. Th. bluish gray, med. granular. Ap. 0.2-0.5 mm. Sp. 16-20 X 10-14 p 
Con. 11-14 p 616. asteria (Hue) 

7b. Th. x white. Ap. pruinose. Hym. I + red. 

8a. Ap. 0.5-1 mm. Sp. 20-24 X 12-16 p. Con. 21-22 p. Calcicolous. Exc. 

1 + blue 645. rosacea (Hue) 

8b. Ap. 0.2-0.6 mm. Sp. 20-24 x 14-18 p. Con. absent. Exc. I — 

649. virginea (Hue) 

8c. Ap. 0.2-0.3 mm. Sp. 12-14 X 8-9 p. Con. absent. Exc. I + quite blue 
644. lobulata (Anzi) 

lb. Th. zonate. 

9a. Th. K + yellow. Ap. 0.2-0.5 mm. Sp. 10-12 X 5-6 p. Con. 6-7.5 p 
660. (jeographiia (Hue) 

9b. Th. K —, med. granular. 


Source: MNHN, Paris 



AS1MCILIA 


10a. Silicicolous. Tli. bluish gray. Sp. 18-22 x 12-14 y. Con. 22-40 y 
670. supertegens (Arn.) 

10b. Calcicolous. Th. white, 

11a. Sp. 4-8, 20-28 x 18-26 u, subglobose. Ap. 0.3-0.6 (1.7) mm. C< 


lib. 


7-11 y 
Sp. less than 20 y long, 
llym. 1 + blue. Ap. 0.4-0.6 i 


630. calca 


x(L.) 


i. Sp. 14-16 X 9-12 y. Exc. I — 
643. Candida (Anzi) 

12b. Hym. I -[- red. Ap. 0.3-1 mm. Sp. 11-16 x 7-10 y. Con. 5-6 y. Exc. 
I + blue 640. farinosa (Plk.) 

Hue's arrangement of the treated species 
I. Hypliae cortieis superioris simplices vel parce ramosae. 

A. I’araphvses summae moniliformiter articulatae. 

1. Cortex lateralis praesens. 

589. A. lundensis Hue ; L. ealcaria f. lundensis (Fr.) Nyl. Exs. : Fr. 321. 

590. A. recedens Am.; L. recedens (Tayl) Nyl. L. subcinerea Nyl. Exs.: 

Norrl. 244. 

v. griseola Iluc. L. griseola Th. Fr. 

591. A. epiglypta Hue. L. epiglypta Nyl. Exs. : Norrl. 240. 

592. A. chinnampoana Hue. Corea. 

593. A. albomarginata B. de Lead. Mexie 


594. A. cupreogrisea 
l. Cortex lateralis deficiens. 

595. A. Massalongii Hue 

596. A. pavimentans Hue 

597. A. ammotropha Hue 

598. .1. umbrinella " 


L. cupreogrisea Th. Fr. Sweden. 

A. cinerea v. alba Anzi. Exs. : Lang. 565. 

L. pavimentans Nyl. Exs. : Lojka Hung. 46. 
A. trachytica Flag. Exs. : Alg. 123. 


B. Paraphyses summae simul sphaeroideo et oblongo articulatae. 

599. A. amphibola Arn.; L. amphibola Wain. Exs.: Norrl. 243. 

600. A. arvemica Hue; L. calvaria v. Hoffmanni (Aoh.). France. 

601. A. eluta Hue; L. caesiocinerea v. eluta Nyl. France. 

C. Paraphyses summae oblongo articulatae. 

602. A. ceracea Arn. ; L. ceraeea Zw. Exs. : Arn. 9 ; Flag. Fr. — C. 367. 

D. Paraphyses summae c-lavatae. 

603. A. alpina Arn. ; L. alpina Smrft. Exs. : Arn. 341 a, b. 

604. A. cinereorufescens Th. Fr.; L. cinereorufcscens Nyl. Exs.: Lojka 

Hung. 128, Arn. 623. 

'.aria Th. Fr. ; L. cin. ruf. v. diamarta Nyl. Exs. : Arn. 455, 


884, 


cheer. 128. 


: 1729. 

'.; L. cupreoatra Nyl. E: 


Am. 1114, Lojka 
L. alroflavens Vain. Exs. : 


605. A. sanguinea Krnipln 
f. subcandida Am. Ext 

606. A. olivacea Bagl. & 

Hung. 44. 

607. A. atcrrima Hue; Lecidea aterrima Fee; 

Bras. 1314 b. 

608. A. subimmersa Hue; LeeUlea subimmersa F6e; L. swbimmersa Vain. 

Brazil. 

609. A. phaeops Arn. ; L. phaeops Th. Fr. Exs. : Arn. 403. 

II- Hypliae cortieis superioris rare simplices, saepius ramosae. 

A. Hypliae medullares plerutnque Bicut corticales, moniliformiter articulatae. 
Paraphyses summae eodem modo articulatae. 
a. Cortex lateralis praesens. 

610. A. gibbosa Kbr. ; L. gibbosa (Ach.) Nyl. Exs. : Harm. 81. 
v. xyloides Hue. Finland. 

611. A. caesiocinerea Hue; L. caesiocinerea Nyl. Exs.: Norrl. 242 b. 

612. A. dimorphodes Hue. Corea. 

613. A. MaurilH Hue; Switzerland. 

614. A. subdepressa Arn.; L. subdepressa Nyl. Exs.: Arn. 1168. 

615. A. cinerea Kbr ; L. cinerea (L.) Smrft. Exs. : Zw. 764, Flag. Fr.-C. 366. 

v. alba (Schaer.) Hue. 
f. tigrina (Schaer.) Hue. 


Source: MNHN, Paris 


I. MAliNUSSON 


). Cortex lateralis ileficiens. 

616. /I. asteria Hue. Corea. 

617. A. adamanticola Hue. Corea. 

HIS. A. lumens Hue. Corea. 

619. A. tofacea Hue. Corea. 

620. A. premadiana Hue ; A. calvaria v. vi 

Lang. 324. A. 

621. A. Hoffmanni Hue ; Lichen Hoffman, 
v. griseola Hue; Nyl. Exs. : Pyr. or 

11 e ; A. calvaria f. ocln 


622. A. orcinoma Hi 

623. A. lephroda Hui 

624. A. lacuslris Tli. 




ridula f. pruinosa Anzi. Exs.: 

•u Ach. Ess. : Am. Mon. 152. 
. 59, Harm. Loth. 695. 

■acea Anzi. Exs. : Lang. 69. 


L. lacuslris Tli. Fr. Exs. : Fr. 328, Am. 435, 


Zw 


766. 


f. diamartoides Keriist. ; L. lacuslris f. diamartoides Nyl. 
v. rhenana Aru. Exs. 590. 

625. A. submenu Hue ; L. subdepressa v. submenu La my. 

B. Hypliae medullares multae oblongo, paucae sphaerico artieulatae. 

1. Paraphyses sununae moniliformiter artieulatae. 

a. Cortex lateralis praesens. 

626. .1. verrucigera Hue; L. subdepressa Hnsca Nyl. Exs.: Norrl. 241. 

627. A. lignieoia Hue; A. gibbosa f. ligwicola Anzi. 

628. A. conlOrta Kbr. ; Yerruvariaconlorln Hoff in. Exs. : Fr. 396. Ilepp 629. 

629. A. polychroma Anzi. Exs. : Lang. 277. L. polychroma Nyl. 

630. v. ochracea Anzi. Exs. : Lang. 70. 
v. pallesvens Anzi. Exs. : Lang. 530. 

630. A. intermulans Aru. ; L. intermulans Nyl. Exs. : Pyr. or. 11 et 12, 

Am. 1257 b. 

631. A. leucera Hue. Corea. 

632. A. rolleana Hue; A. caesiocinerca Am. Exs. 1169. 

633. A. owaniana line. Japan. 

634. A. lecideoidea Hue; L. cinerea f. lecideoidea Nyl. Norway. 

635. A. straminella Hue. Japan. 

b. Cortex lateralis ileficiens. 

636. A. exserla Hue. Corea. 

637. A. trachyUca line ; Paehyospora calvaria v. trachitica Mass. 

638. A. c aesioalba Hue; Uroeoiaria cacsioalba Le Prev. Exs. : Malbr. 175. 

639. A. calcaria Kbr; L. calvaria (L.) Sinrft. 

f. concreta (Schaer.) Kbr. Exs. : Fr. 397. Nyl. Par. 126. Ilepp 627. 

640. A.jarinosa Hue ; L. jarmosa (Flic.) Nyl. Exs. : Par. 127, Flag. Alg. 244. 

641. A. circummunita Flag.; L. ciroummunita Nyl. Algier. 

642. A. endoleuca Hue; L. endoleuca Hue. Belgium, 

643. A. Candida Hue ; L. Candida (Anzi) Nyl. Exs. : Anzi Lang. 325. 

644. A. lobulata Hue ; L. calcaria f. lobulata (Anzi) Nyl. 

645. A. rosacea Hue ; A. polychroma *candida Am. Exs. 999. 

646. A. Harmandiana Hue : L. complanula Harm. Exs. : Loth. 688. 

2. Paraphyses surnmae simul sphaerico et oblongo artieulatae. 

a. .Cortex lateralis praesens. 

647. A. verrucosa Kbr.; L. verrucosa (Ach.) Laur. Exs.: Anzi It. 211, 

Ilepp. 193, Tli. Fr. 36. 

648. A. mulabilis Kbr ; L. mutabilis (Ach.) Nyl. Exs. i Schaer. 134, Harm. 

Loth. 697. 

649. A. virginea Hue. Spitsbergen. 

650. A. Myrini Hue ; L. Myrini (Fr.) Nyl. 

b. Cortex lateralis ileficiens. 

651. A. helvetica Hue. 

652. A. bricconensis Hue. Exs. : Am. 1113, Zw. 834. 

653. A. psoroides Anzi. Italy. 

3. Paraphyses summae oblongo artieulatae. 

654. A.'lactea Mass. Italy. Exs. : Anzi 52. 

655. A. nigritella Hue; L. nigrilella (Fee) Zahlbr. Brazil. 

656. A. entypla Hue; L. enlypta (Krinplr.) Zahlbr. Brazil. 

4. Paraphyses sununae olavatae. 


. Cot 
657. A. 


: lat. 


* pr; 
mplanala 1 


; L. 


mplanala Kin 


; Aru. 496. 


Source: MNHN, Paris 


KEY TO IIU 


ASPICILIA 


159 


b. Cortex lateralis (leflciens. 

658. A. siellata Hue. Corea. 

659. A. morioides Blomb. Exs. : Arn. 904. 

660. A. geographica Hue. Corea. 

661. A. microsporeta Hue. Japan, Corea. 

662. A. slenospora Hue. Corea. 

663. A. cremicolor Hue. Japan. 

III. llyphae corticis superiors rarapsae. 

A. Gonidia cystococcoidea velut in precedentilms speciebus. 

1. Parapbyses summae moniliformiter articulatae. 

a. Cortex lateralis praesens. 

664. A. obscurata Arn. L. obscurata (Fr.) Nyl. Exs. : Fr. 343. 

665. .4. verruculosa Krmpb. Exs. : Arn. 1728. 

666. A. aomoriana Hue. Japan. 

667. A. tyroliana Hue. Exs. : Arn. 1228 b. 

668. A. gerdensis Hue. France. 

b. Cortex lateralis deficiens. 

669. A. luevata Arn. ; L. laevata (Ach.) Nyl, Exs. : Fr. 367. 
v. albicans Arn. Exs. : Arn. 1167, 1618 ( - superteqens). 

670. A. supedegem Arn. Exs.: Arn. 668. 

671. A. silvatica Arn. Exs. : Arn. 7o3. 

1. doceUensis Hue. L, lusca Harm. Exs. : Harm. 389; 
v. lusca Hue. L. lusca Nyl. Hungary. 

672. A. tephra Hue. Finland. 

673. A. Arnoldi Hue. Exs. : Am. 1228. 

674. A. inornata Arn. Exs. : Arn. 669. 

675. A. Ftturiana Hue. Corea, 

676. A. inaequata Hue. Japan. 

677. A. squamulala Hue. France. 

678. A. rimldria Hue. L. rivulatia Nyl. France. 

2. Parapbyses summae simul sphaerico et, oblongo articulatae. 

a. Cortex lateralis praesens. 

679. A. adunans Arn. L. adunans Nyl. Exs. : Loika Hunir. 45 Z\v 938 

Arn. 622 b. 8 

680. A. lapponica Hue. Exs. : Norrl. 247. 

b. Cortex lateralis deftcicns. 

681. A. Flagei Hue. Exu : Flag. Alg. 124. 
v. polyophlhalma Hue. Algier. 

682. A. proluta Hue. L. caesiovinerea f. proluta Nyl. France. 

683. A. pyrenaica Hue. France. 

684. A. niphetoda Hue. W. Africa. 

685. A. parinijormis Hue; L. porimformis Nyl. Exs. i Johns, 274. 

3. Parapbyses summae oblongo articulatae. 

686. A. Bockii Hue; L. Bockii Rodig. Exs.: Arn. 932, 1583. 

687. A. conlracta llue; L. Bockii f. contrada Th. Fr. Norway. 

B. Gonidia cln'oolepoidea. 

688. A, Ilavida Arn. ; L. flavida Hepp, Exs. : Hepp 630, Anal Lang. 278. 

689. A. homalomorpha Hue; L. hvmalomorpha Nyl. France. 

690. A. vulcanica tine. Corea. 

691. A. nitdliiiu Hue. Japan. 

Thalli steriles usque modo observati. 

692. .1. maslnwala f. pseudoradiata Arn. Exs.: Arn. 1043. 

693. A. grisea Arn. Exs. : Arn. Mon. 36. 


Source: MNHN, Paris 



Nachtrage zum Artikel : « Uber einige 
interessante Lebermoose aus Ungarn » 

von Dr. A. Boros (Budapest) 


Mein Artikel (Trav. Dryologiques dedies a la Memoire dc Pierre-Tran- 
quillc Husnot, fasc. I, Paris, 1942) wurde vor mehr als 2 Jahren geschrie- 
ben. Seitdem sind in der Literatur neure Daten erehienen und ich sclbst 
machte weitere Funde. Auch aus der alteren Literatur stand mir damals 
nicht alles zur Verfiigung. Die l'olgenden Erganzungen sollen diese Mangel 
beseitigen. 

Riccia Froslii Austin land ich heuer (1942) an dem Ufer der Donau 
auch bei Dunaalmas im Komitat Komarom, l'erner bei Ujvidek im Ko- 
mitat Bacs-Bodrog und bei Erd im Komitate Fejer. Uber ihr Vorkommen 
"in der Umgebund von Budapest bcschaftigt sich J. Szepesfalvi in Annales 
Mus. Nat. Hungar. Pars Botanica, 34. 1941 : 5 eingehend. 

Unser Sphaerocarpus lexanus gehort nacli Lorber ( Jahrb. wiss. Bol., 
80 , 1934: 065), K. Muller (Die Lebermoose, Erganzungsband, 1940: 
206) wolil zu S. europaeus Lorbeer. 

Lophozia Baueriana ScliilTn. wurde auch aus der Tatra von V. Krajina 
(Beih. Bol. Centralbl., 1933 : 820-208, Veda Prirodni, 1933 : 184), aus 
der Kleinen und Grossen Tatra vom . 1 . Smarda ( Sbornik Idub. prirod. 
Brne 1936 : 43, 1939 : 12) publiziert. In der Tatra land ich sie neuerlich 
selbst, undwar neben dem Tarajka (gegen Kecskeko) oberhalb Otatrafiired 
(Stari Smokovec). 

Scapania aspera Bernet fanden unsere tscliechischen und polnischen 
Kollegen noch nordlicher als ich selbst, sic wurde namlich von J. Vilhelm 
(Vestnik Krai. Ces. Spol. Nauk., 1927 : 7, Preslia 1938 : 97) aus der Tatra, 
aus der Umgebung von Eperjes und von Ban von J. Smarda (1. c. 1939 : 
17), endlich aus den Pienninen von St. Kulczynski (Bull. I Acad. Polon. 
des Sc. Cracouia, 1928 : 132) mitgeteilt. Ich selbst fand sie in der Schlucht 
Revi-zsoros bei Rev im Komitate Bihar und oberhalb dem Tale Vinkely- 
volgy bei Barka im Komitate Gomor. 




Eine neue Plagiochila-Art auf den Azoren 

par Th. Herzog (Iena) 


Plagiochila Allorgei Herz. et Perss. n. sp. (1). 




A. StengelstUck von tier Unterseite 10/1. — B. 2 Stengelbliltter 10/1. — C. Ventrale 
Blatt basis 10/1. — D. Blattzellnebz im oberen Blattteil, 132/1. — E. Bandcilie, 132/1. 

(1) = Plagiochila Agostinhoi P. Aixoboe in Exsicc. Bryophyla Azorica, N° 18,^1939. 








162 


TH. HERZOG 


Laxe ciespitosa, pallide viridis, mediocris. Caulis 4-5 cm. longus, cum foliis 
ca 3,5 mm. latus, rigidulus, parum ramosus, fuscus. Folia plano-disticha, con- 
tigua vcl parum legeutia, e basi late, inserta latiuscule ovata, vix 2 nun. longa 
et 1,6 mm. lata, mnrgine antico (dorsali) e basi vix decurrente breviter smuato, 
dein apicem versus curvato-arcuato, margine postico (ventrali) e basi plerumque 
breviter reflexa alte arcuato, apice basi parum angustiore, ubique fere longe 
eiliata-margine antico tamen ultra medium plerumque subnudo-eilus basin 
posticam versus creberrimis et saepius reflexis. ad 10 cellulas longis, tenerrimis. 
rectis vel liamatis ; cellulae apicales ca 36 x 36 p metientes, basin versus sub- 
aequales, parum longiores, ubique pellucidae, parietibus tenuibus, trigonis 
parvis. — Cetera desunt. 

Azoren : San Miguel, Furnas, pentes d'un ravin, leg. V. et P. Allorge, 
VI.1937. 

Plagiochila Allorgei diirfte die nSchsten Beziehungcn zu P. blepha- 
rophora (Nees) Lindb. einerseits, anderseits zu den Arten der Gruppe 
« Acanlhophyllae » H. Carl aufweisen, unterscheidet sich abcr von alien 
hierher gehdrigen Arten durch die reichlichen und sehr dunnen, oft 
schlafTen Blattwimpern. Mit P. blepharophora , der sie unzweifelhaft 
am nachsten kommt, besteht eine grosse Ahnlichkeit noch dadurch, 
dass der untere Blallrand an der Basis oft in Form cines kleincn bewim- 
perten Ohrchens zuriickgeschlagen ist, doch finden sich Anklange dieser 
Art auch bei einer der « Acunthophytlac ». namlich P. subpropinqua 
Schifln. (vgl. H. Carl, Die Art typen und die systematische Gliederung 
der Gattung Plagiochila. Ann. Bryol. Suppl., Vol. II, 1931, S. 196). 

Aus geographischen Griinden merkwurdig ist, dass diese Plagiochila 
viel nahere Anklange an eine Reihe ostasiatischer Arten, als an irgend 
eine der neotropisclien Typen zeigt. 




Au sujet du Sphagnum molle Sull. en Espagne 
et de sa variete limbatum Wst. dans les Landes 

par Valia Allorge (Paris) 


En automnc 1943, mon mari et moi avons precede a la revision des 
echantillons de Sphagnum molle Sull. recoltes par nous au cours de nos 
explorations botaniques en Espagne. 

La fin prematuree de Pierre Allorge ne lui a pas permis de rediger 
cette note qu’il se proposait de publier et je me fais un pieux devoir 
de terminer ce travail (1). 

Le S. molle Sull. est une espece atlantique nord-americaine : Table 
Mountain, Caroline du Nord (Gray) ; Tallulah Falls, Georgie (Lesqu- 
reux); Quaquer Bridge, New Jersey (James, Austin) (2), Floride, 
Alabama, Louisiane (Wst.). 

F.n Europe, cette espece n’a etc trouvee quo dans quelques regions, 
mais elle s'avance assez loin des cotes. Nous avons releve dans les Herbiers 
du Museum les localites suivantes : Suede, Bergyven (1863); Lindberg, 
dans le Westergotland; Allemagne : var. pulchellum Limpr. : Bassum, 
prov. de Hanovre (leg. Beckmann, 1833), en Baviere (leg. J. Kaulfup, 
1900); pres d’Aurich, en Frise orient, (leg. V. Eiben) ; Friglitr, dans le 
Priegnitz (1899, Warnstorf el Jaap); Kreis Stormann, dans le Holstein 
(leg. G. Timm, 1905); Prussc orient. (Koppe), Breme (Folke), dans le 
Harz (Lceske) ; Hollande : Frise (Koopmans) ; Belgique : Calmpthout 
(leg. Vanderbrceck, 1884); Villerzie (Gravet, 1916) ; var. squarrosum, 
fiords de la Gileppe pres de Liege dans l’Hertogenvald (Vanderbrceck, 
1887); Angleterre : pres de Warren, Croneborough, dans le Sussex (W. 
E. Nicholson, 1900). En Suisse, Ch. Meylan 1’a trouve dans plusieurs 
tourbieres du Haul Jura (Vraconnaz, La Thomasctte, aux Cornets 5 
1.400 m. d’altitude). 11 faut remarquer que cet auteur ne considere plus 
le .S', molle coniine une espece aulonome, mais comme une sous-espece 
du S. acutifolium. Pour lui, le caractere des feuilles caulinaires Ires elargies 
au milieu est tres variable. « Quant aux feuilles rameales, clles sont fre- 
quemment absolument entieres jusqu’au sommet, memo lorsque la plante 
est caracterisee par les feuilles caulinaires nettement rhomboidales. » 
En ce qui concerne le sillon de resorption, Ch. Meylan n a pas etudie 
suffisamment la Constance de ce caractere qu’il croit egalement variable. 
Malheureuscment, nous n’avons pas pu, par suite des circonstances, 
examiner des echantillons de ces provenances. 

A ces localites il faut ajouter deux localites russes peu connues, decou- 
vertes par I). K. Zerov en Ukraine, dans les marais de Korosteni (marais 



Source: MNHN, Paris 



164 


VALIA ALLORGE 


de Gvosd pres du village Ozeriane et dans les marais de l’etang Dodove 
pres du village de Perg). Dans ces localites ce Sphagnum se rapproc.he 
de la variete molluscoides (C. Muller Wst. fo. heterophyllum) (1). 

En France, les premieres indications sont des Ardennes a Montherme 
et entre Revin et Fumay (leg. Cardot), ensuite viennent les localites 
tres disjointes : Finistere, Saint-Hernin, Chateaulin et Commana (Camus) ; 
Sarthe, Parignc-l’Eveque (Theriot el Monguillon) ; Foret de Courcelles 
(Richard) ; Vosges, Roehesson (Dismier) (2); Basses-Pyrenees, les 
Aldudes (Dismier, Bryotheca gallica, n° 109, 1925). 

Nous l’avons retrouve, tres abondamment fertile, en septembre 1926, 
aux Aldudes, vers 400 in. d'altitude, sans doute dans la localitc de 
G. Dismier. Comme cet auteur l’a justement remarque, le 5. molle croit 
tres frequemment avec le S. rigidum avec lequel on pourrait le confondre, 
mais il s’en distingue sur place par sa teinte legerement violacee. 

Dans la Peninsule Iberique, cette Sphaigne a ete citee par I. Newton 
pr6s de Porto. 

Au cours de nos voyages en Espagne, nous avons trouve le S. molle, 
pour la premiere fois, en 1927, dans une lande tourbeuse sur les pentes 
du Monte Ames, a 450 m. d’altitude, aux environs de St-Jacques-de- 
Compostelle. II etait accompagne de S. rigidum Schimp., S. subnilens 
Russ, et Wst., S. mottuscurn Bruch, S. papillosum Lindb., Odontoschisma 
Sphagni Dum., Campylopus brevipilus Br. eur. et Aulacomnium paluslre 
(L.) Schvsegr. (3). 

En 1933, nous avons eu la chance de rencontrer ce Sphagnum aux 
Asturies, dans une lande tourbeuse pres de Luarca (vallee du rio Negro), 
puis egalement dans une lande du meme type entre Luarca et Carroyas, 
a peu pres avec le meme ensemble de Sphaignes : A. rigidum, S. subnilens, 
S. tenellum, S. cuspidatum et S. cymbifo'lium (4). Enfin, nous l’avons 
r>volte, en Galice, entre Ribadeo et Fonsagrada. dans une localite dite 
« La Garganta », a 823 m. d’altitude, avec le S. rigidum, S. subnilens et 
S. Pylaei. 

Le S. molle peut supporter une secheresse edaphique considerable 
en ete sur des pentes soumises h une forte insolation (Haute vallee des 
Aldudes, pentes du Monte Ames). 

Les echantillons de Monte Ames et celui du rio Negro sont d’un vert- 
jaune legerement lave de rose-violet, alors que ceux des Asturies et de 
La Garganta sont d’un rose-violet presque sombre. 

Les exemplaires provenant de nos localites espagnoles ont ete soumis 
5 un examen minutieux. Nous avons observe quelques variations tres 
legeres quant a la forme des feuilles caulinaires, variations qui portent 
surtout sur un plus ou moins grand elargissement de la partie moyenne 
de la feuille (fig. 1). Les feuilles rameales, comme le decrit G. Dismier, 
sont munies dans la partie superieure de cellules marginales faisant saillie 
sur les bords de la feuille, qui semble ainsi garnie de petites dents allongees 


(1) I). K. Zerov, Viznatchnik sphagnovicb (torfovich) mochiv Ukralni (Contribution 
a la connaissance des Sphaignes de 1'Ukraine) (Wseukrainskaia Akad. Nuuk, Kiev. 1035, 

p. 18). 

(2) Dismier (G.), Flore des Sphaignes de France (Arch, de Bot.. I, Mem. n° 1. 1927, 
n. 23-241. 


(3) Allorge (P.), Muscineas nuevas para la flora e 
Hist. Nat, Madrid, 27, 1927, p. 457). 

(1) Allorge (P.), Muscinees des provinces du Nord 
Bryol., 7, 1934-1935, p. 206). 


ianola (Bot. de la It. Soc. rs;>. 
du Centre de l’Espagne (Rev. 


Source: MNHN, Pans 


SPHAGNUM MOLLE EN ESPAGNE ET VAR. I.IMBATUM DANS LES LANDES 165 


et espacees. Le sillon de resorption (Resorptionfurche) sur la marge 
externe des feuilles rameales a etc observe d’une fa?on constante sur 
un grand nombre de coupes transversales effectives sur plusieurs echan- 
tillons. II s’agit done du S. mollc typique (fig. 1, fig. 2, S. molle des Aldudes). 




Fig. 1. — A, Feuilles caulinaires x 35 du S. molle des Asturies ; B, Coupes transversales 
<k‘s feuilles ramiSales montrant le sillon de resorption : a, de Monte Ames, b, de Luarca, 


Dr. J. Lid fait remarquer quo sur un tres grand nombre de coupes, 
lorsque les sections passent au sommet de la feuille, on en trouve parfois 
quelques-unes sans sillon. 

Les nouvelles localites espagnoles dlargissent l’aire de dispersion de 



cetle espece atlantique. Comme nous l’avons vu, en dehors de l’Amerique 
du Nord, cette aire comprend : deux localites en Suede, en Hollande, 
en Belgique, dans le Jura suisse, en Angleterre, quelques localites en 
!• ranee. La station des Basses-Pyrenees fait relais avec les localites du 
Nord et de l’Ouest de l’Espagne. La localite portugaise est la plus meri- 
dionale. Enfin, les localites ukrainiennes marquent des avant-postes 
vers le Sud-Ouest de la Russie. 




166 


ALLORGE 


Sphagnum molle var. limbatum Wst. = americanum Wst. dans les Landes 

Nous avons reexamine les exemplaires de S. molle recoltes en 1930 par 
mon mari ct nos amis MM. R. Gaume et P. Jovet, au cours d’une excur¬ 
sion faite en commun dans une bruyere tourbeuse au bord du lac de 
Leon, pres de Bro, dans les Landes. Les echantillons que nous possedons 
dans noire herbier figurent sous lc nom de S. molle Sull. et c'est sous ce 
norn qu'il est cite dans l'article de Pierre Allorge : Muscinees des Landes 
ineridionales, paru dans le Bull, de la Soc. de Borda de Dax, pp. 25-37. 
1943. 

Les nombreux echantillons que nous avons examines presentent des 
feuilles caulinaires de 1,9 mm.-2,1 mm. de longueur sur 1,1 mm. dans 
la plus grande largeur ; elles sont toutes de memes dimensions ct se rap- 
prochent par leur forme de celles de S. molle typique, c’est-a-dire retrc- 
cics a la base, plus ou moins elargies vers le milieu, a bords legerement 
ondules, non dentes, a marge tres ctroite de 3-4 rangees de cellules a 
la base, de 1-2 au sommet qui est tronque et denticule (fig. 3). 




Fig. 3. — S', molle var. limbatum Wst. - americanum Wst. Feuilles caulinaires x 35 
et coupes transversales des feuilles rara&i les montrant les cellules marginales sans 
sillon de r&orption. 

Les feuilles rameales de 1,8 mm.-2 mm. de longueur sur 0,8-0,9 mm, 
de largeur possedent des bords legerement ondules, non dentes, a 1-2-3 
ranges de cellules marginales tres etroites. De nombreuses coupes trans¬ 
versales effectuees sur de nombreux echantillons preleves sur differenls 
exemplaires n’ont pas deccic la presence de sillons de resorption (fig. 3, 
montrant les cellules marginales sans sillon). Or c’est un caractere qui 
distingue la variete limbatum Wst. du S. molle type, dont les feuilles 
rameales sont pourvues de sillons de resorption. Dans son ouvrage : 
Sphagnales-Spluignacea.’, p. 132, Warnstorf s’exprime ainsi : « Si les 
autres caracteres anatomiques n'avaient pas une grande concordance 
avec cettc espece, on serait Lente de la s6parer au titre de S. americanum 
du S. molle, » 


Source: MNHN, Paris 



SPHAGNUM MOLLE EN ESPAGNE ET VAR. LIMBATUM DANS LES LANDES 167 

Les cchantillons de Leon appartiendraient done a la variete limbatum 
de Wst. = americanwn Wst. 

La variete limbatum Wst. = americanum Wst. exclusivement ameri- 
caine a etc decouverte en Europe presque simultanement dans deux 
regions largement separees : en Norvegc par Hugo Oswald a Andoya 
(Nordland), en 1925, et par Dr. J. Lid en Eeosse k Granvin dans le Har- 
danger (1925) et a Crianlarich, en 1925. 

Le Dr. J. Lid a reconnu comme 6’. americanum Wst. un echantillon 
de S. molle recolte a Wimbledon Common en 1900. Un exemplaire de 
cette Sphaigne a ete depose dans l’Herbier de British Museum de Lon- 
dres (1). 

Que l’on assigne a ce Sphagnum la valeur d’une espece autonome ou 
qu’on le considere comme variete, sa decouverte en France ajoute une 
localite nouvelle tres disjointe de celles deja connues et elargit son aire 
de dispersion beaucoup plus au Sud. Elle serait a rechercher dans la 
Peninsule Iberique. 


Bibliogbaphie 


Ali.orge (P.). — Muscineas nuevas para la flora espahola (Bol. de la R. Soc. 
exp. IJist. Nat., Madrid, 27. 1927. p. 457). 

— Muscinccs des provinces du Nord et du Centre de l’Espagne (Rev. bryol.. 
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de Fr.. 1934, p. 319). 

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Lid (Johannes). — Sphagnum strictum Sull. and Sphagnum americanum Wst. 

in Scotland (Journ. of Bot., juin 1929, p. 172). 

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le Jura (Rev. bryol., 33 e ann., 1905, n° 2). 

Renauld (F.) et Cardot (J.). — Musci Ainericae septentrionalis (Rev. bryol., 
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(1) Sherrin (W. R.), Note by Mr. W. R. Sherrin (Journ. of Bot., Juin 1929, p. 175). 


Etabliasements A. BRULLIARD. impiimeurs, St-Uizicr (H.-M.). C. O. L. 31.0557. — HIM 




Source: MNHN, Paris 


TABLES DU TOME QUATORZIEME 

[paru sous le titre: Travaux Bryologiques didiis a la MSmoire de 
Pierre-Tranquille Husnot (1944).] 


ARTICLES 

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Bimont (G.). — Excursion bryologique a la tourbiere de la Caiileuse 

(foretde Montmorency). 114 

Boros (A.). — Nachtriige zum Artikel: Ueber einige interessante Leber- 

moose aus Ungarn. 16o 

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gneraie du Cantal .. gg 

Gams (Helmut). Beitrage zur Kenntnis der nivalen Lebermoose der 

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Ernst-Schwarzenbacii (M me Marthe). — La sexuality et le dimor- 

pkisme des spores des Mousses.105 

Jovet (Paul et Suzanne). — Peuplement bryologique des bois pourris- 
sants et rochers ombrages des environs de Samoens (Haute-Savoie). 120 
I-e Testu (G.). — La correspondance de T. Husnot avec R. Lenormand. 1 

Magnusson (A. H.). — Key to Hue’s Aspicilia .149 

Persson (Herman). — Existence de Mousses au fond des lacs en Suede. 84 
Foxier de la Varde (R.). — Le Fissidens intralimbatus Rutke dans les 

Basses-Pyrenees. 81 

Sainsbury (G. 0. K.). — Nortkern Mosses in New Zealand. 30 


ESPACES NOUVELLES 

Muscinees 

Bryum Samuelssoni Tker., 17. 

< 'innpylopas haitensis Tker., 8. 

Cryptoneurum Tker. et P. de la V., genre nouveau, 22. 
f '■ryptoneurum acuminatum Tker. et P. de la V., 23. 
IHdymodon planijolius P. de la V. et Tker., 11. 
Grimnvia antillarum Tker., 13. 

Macfomilrium hailense Tli4r., 15. 

Microihamnium Ekmani Tker., 22. 

Physcomitrium Ekmani Tker., 16. 

Plagiochila Allorgei Herz. et Perss., 161. 

Pogonatum Ekmani Tker., 24. 

Pterobryopsis dentata Tker., 18. 

Ptilium orthothecium Tker., 21. 

Tortula doiningensis Tker.. 12. 

Trichostomum (f) Ekmani Tker., 10. 

Zygodon domingensis Tker., 14.